" Quand y aura-t-il des observateurs qui nous rendront compte de ce que font nos hirondelles au Sénégal et nos cailles en Barbarie ? "
- Comte de Buffon (France), 1737
" Avoir vu un éléphant n'est pas une question d'âge mais une question d'avoir parcouru la brousse "
- Roger Bila Kaboré (Burkina Faso)

jeudi 20 décembre 2012

20, de la péloméduse au python, pas de quartier !

2012 11 à Bango, retour de pêche et gloriole villageoise: on a pris un python de 4 mètres !
/ Photo Ornithondar,  droits réservés


* Fleuve Sénégal et affluents -

Dans l'impasse Gustave Pelloux, ce midi, je croise trois gamins qui rentrent d'un pas alerte, tenant dans une bombonne plastique emplie d'eau limoneuse leur trophée du jour: une péloméduse roussâtre* (ou péluse rousse alias péloméduse à cou caché, pelomedusa subrufa, african helmeted turtle, marsh terrapin), une petite tortue d'eau douce que l'on peut trouver dans les marais du delta. Je leur demande ce qu'ils comptent en faire: "(la) Manger !" " c'est boooon !" crient-ils en coeur, hilares...

* Voir la notule d'OrnithondarUne péloméduse roussâtre remise en liberté

On m'a apporté hier soir quelques photos et vidéos d'une capture miraculeuse faite début novembre, dans le Lampsar d'eau douce, tout près, dans les parages de chez Gatien Dardenne: un python de Seba (python sebae, african rock python) long de quatre mètres, pris dans les filets dormants et que les jeunes hommes qui font la pêche ont massacré à grands coups de tout ce qui traîne dans une pirogue, sur la gueule du boidé captif. De retour de leur chasse pécheresse  les Tartarins du cru n'ont pas manqué de rameuter les alentours et de faire la pose, qui la botte sur la bête, qui tirant l'animal par la queue, qui s'enlaçant du cadavre reptilien qui pèse pourtant son poids (cf. vidéos ci-après). Dans la pléthorique famille de nos pêcheurs d'eau douce, certains ont goûté à la chair du serpent, d'autres pas. La peau, elle, n'a pas tardé à trouver le chemin d'un commerce qui fait florès, en toute impunité.

Nota: décidément, nos braves pêcheurs qui se ceinturent d'amulettes et, la nuit, vocifèrent leur dévotion aux saints locaux dans de poussifs haut-parleurs, sont probablement les plus grands destructeurs de biodiversité que le Sénégal a engendrés: les plus incultes, les plus archaïques, les plus rétifs à toute discipline éco-citoyenne ! A eux seuls ils ont éradiqué le lamantin (d'Afrique occidentale, trichechus manatusafrican manatee) du bas-delta (1992) et en auront bientôt fini non seulement avec le poisson, mais aussi avec les pythons et autres tortues; tout ce qui bouge et nage est bon à prendre, quelque soit sa race ou sa taille; tout ce qui  vole aussi, puisque les enfants ont la charge de contribuer à la soupe familiale en pêchant les oiseaux (sic), ou en vidant les mares post mousson de ce qui peut encore y survivre, on se demande comment ! C'est aussi chez eux qu'on aura toutes les chances de trouver, avant qu'ils ne satisfassent le commerce des bêtes de décorum ou ne finissent dans la marmite faute de 'collectionneurs', des pélicans blancs (pelecanus onocrotalus), des goélands d'Audouin (larus audouinii), des ibis sacrés (threskiornis aethiopicus) et toute espèce, protégée ou pas - sur le papier !, qui a le malheur de se faire prendre par les palangrottes ou des filets non réglementaires qui occupent pourtant tout ou presque l'espace aquatique des affluents du fleuve Sénégal.

Ci-dessous: 2012 11, retour héroïque à Bango ! / Vidéos Ornithondar, droits réservés

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