" Quand y aura-t-il des observateurs qui nous rendront compte de ce que font nos hirondelles au Sénégal et nos cailles en Barbarie ? "
- Comte de Buffon, 1737
" (...) la biodiversité, très sincèrement, tout le monde s'en fiche, à part quelques-uns ! "
- Nicolas Hulot, 2018 03 21

lundi 25 décembre 2017

25, c'est Noël, voici mon premier percnoptère d'Egypte au Sénégal. Et un nouvel aigle de Bonelli.

Vautour percnoptère - neophron percnopterus, 1ère AC
En danger d'extinction (UICN 2016) !
2017 12 25, 12h29 / © Photo par Frédéric Bacuez

* Quelque part dans les Trois-Marigots -
MIDI-

Au seuil des vasières desséchées, craquelées, courues par les bergeronnettes printanières, les glaréoles à collier et  les gravelots pâtres cryptiques. Je me suis dégoté un semblant d'ombre sous l'arbuste isolé qui me contraint le moins aux contorsions. Sandwichs, pomme et gorgées d'eau réparatrices. Les yeux brûlés dans le ciel blanc piqueté de milliards de particules fines. Aveuglant. Irritantes. Mais c'est le moment des grands voiliers, les deux meilleures heures pour les surprises de taille. Parfois; régulièrement si l'on est patient et attentif, obstiné, imperméable aux agressions du soleil et des sables. A l'écrasante oppression de la chaleur et de la sécheresse, qui donnent inévitablement envie de somnoler; d'abandonner, de s'abandonner. N'importe où, même sur les crevasses de l'argile momifiée. La paire de jumelles à portée de mains, tout de même... Au cas où, entre deux entrebâillements de paupières amorphes.

Un tout jeune vautour percnoptère en vol N/NO-S/SE

Quasiment 12h30. Ce n'est pas une chance, mais un rendez-vous: il arrive pile poil de la dune riveraine d'en face; pas à quelques centaines de mètres à gauche, à droite, il aurait été invisible ou impossible à identifier dans les suspensions sablonneuses. Sans dévier, il plane droit vers moi, assez haut, peu à peu déportant cependant vers ma droite, c'est à dire son orient. Je saisis les jumelles, convaincu qu'il s'agit là d'un jizz d'exception: la forme de la queue, évidemment, cela ne peut être que lui, le vautour percnoptère (percnoptère d'Egypte, neophron percnopterus, egyptian vulture) ! Comme il est tout sombre, avant de m'enthousiasmer, le 'palpitomètre' au maximum, je prie seulement qu'il ne s'agit pas d'un vulgaire vautour charognard (necrosyrtes monachus), pourtant à son tour en déclin comme rarement espèce n'a connu chute d'effectifs en un quart de siècle... Cette fois, quasiment à ma verticale, je devine les premières dorures de sa queue cunéiforme, le jaune de ses pattes: c'est bel et bien un percnoptère, a priori un jeune sujet en début de mue de 2e AC - bien qu'il est difficile de donner un âge à l'oiseau sur la base de livrées très variables jusqu'à sa 5e/6e année. Cela dure deux à trois secondes et le voilà déjà disparu dans les profondeurs des Trois-Marigots, en direction du lac de Guiers. Vagabondera-t-il dans la région deltaïque ou connaîtrait-il l'adresse du Boundou, cette 'réserve naturelle communautaire' (RNCB) dont Gabriel Caucanas est le chargé des suivis écologiques pour le CORENA, son Conservatoire financé par le Conseil départemental de l'Isère (France) ? Les 25 et 26 novembre 2017, "pas moins de 36 percnoptères, 3 oricous, 1 Rüppell et 2 charognards (...) ont été dénombrés (...) dans le Boundou" (Voir ICI et LA sur la page Facebook de la Réserve communautaire du Boundou). Ce qui, en ce qui concerne les percnoptères, pourrait être un record anachronique pour le Sénégal 'contemporain', moderne et émergent. Avec cette question sous-jacente: percnoptères afrotropicaux ou/et percnoptères paléarctiques ?

Additif: en décembre 2016, notre ami John Wright a photographié un balbuzard pêcheur agressant un immature de vautour percnoptère sur la Langue de Barbarie, dans les limites du parc national du même nom (PNLB) ! "Osprey chasing an immature Egyptian Vulture. First time I have seen this vulture in Senegal." On se sent moins seul... (Voir ICI sur Ornithondar)


Sénégal septentrional le 25 décembre 2017
Un percnoptère au-dessus de l'aire communautaire patrimoniale des Trois-Marigots
Pas moins de 36 percnoptères (...) dans le Boundou ", 
une réserve naturelle communautaire du Sénégal oriental
 les 25-26 novembre 2017


Nota: à la fin du mois d'octobre 2016, c'est par ici qu'un percnoptère français radio-pisté a disparu. Celui-ci venait d'un centre de récupération des vautours accidentés; et avait été équipé en 2015 avant que de passer une saison 2015-2016 sans souci en Espagne. A l'automne 2016, le percnoptère opte comme tant de ses congénères pour la grande aventure africaine. Après avoir franchi le détroit de Gibraltar, survolé le Maroc puis la Mauritanie, notre oiseau avait disparu des radars quelque part dans les Trois-Marigots. Les mêmes marigots où j'observe, un an plus tard, mon premier jeune percnoptère au Sénégal - et même en Afrique de l'ouest.

Lire et voir:
Egyptian vulture (Neophron percnopterus) in Vulture Conservation Foundation (VCF)
Egyptian Vultures found breeding in Niger, 2015 08 in Vulture Conservation Foundation (VCF) 
58 percnoptères stationnent autour du Djebel Moussa (Maroc) lors de la migration prénuptiale, in Magornitho 2016 05 9
Egyptian vulture in France in 2016 – a summary: smaller population but average breeding productivity and a good number of young ringed, 2017 01 in Vulture Conservation Foundation (VCF)

Ci-contre:
un voyage sans retour qui s'est achevé du coté des Trois-Marigots...
Ci-dessous:
2016 10 / Courtesy © Conservation Vulture Foundation (VCF)
vautour percnoptère - neophron p. percnopterus, 1ère AC en déplacement N/NO-S/SE... Direction le Boundou ?
Trois-Marigots 2017 12 25, 12h29 / © Photos par Frédéric Bacuez


Nota: la majorité des percnoptères rencontrés dans les régions saharo-sahéliennes et sahélo-soudaniennes de l'Afrique de l'ouest sont vraisemblablement des hivernants venus du Paléarctique occidental - essentiellement Portugal, Espagne (1300/1500 couples, 40% de l'effectif reproducteur européen); et France (80-87 couples territoriaux dont 76 ont a minima pondu, saison 2016). Partout, à l'exception de la Catalogne et de Minorque (Espagne), de la France et... de l'île de Socotra (Yémen), les effectifs du percnoptère continuent de décliner: 50-79% sur trois générations en ce qui concerne les populations européennes, avec une forte mortalité, notamment juvénile, lors des migrations et stationnements en Afrique (in BirdLife International, 2017; & Oppel et al., 2015) ! Les vautours percnoptères continentaux ont disparu de pans entiers de l'Afrique (australe, orientale, occidentale); et même dans son bastion éthiopien (cf. photo d'un sujet adulte ci-après), ses effectifs tendent à décliner depuis quelques années. On ne sait si les oiseaux reproducteurs récemment re-découverts au Maroc dans le Moyen-Atlas oriental*1 et ceux qui survivent dans les massifs sahariens (Maroc, Mauritanie) sont des migrateurs, partiels, complets ou pas du tout. En Afrique occidentale, les quelques couples installés dans les falaises entre Kita et Kayes (Mali), et les possibles reproducteurs de la région de Kédougou (Sénégal) étaient déjà en train de disparaître du paysage au début des années 70' du siècle passé (in Morel & Roux, 1973). L'ultime population relictuelle nicheuse connue a sans aucun doute déserté les pitons d'Hombori (Mali) au début de ce siècle mortifère - un seul individu en août 2004 !- avant que des percnoptères soient observés dans le massif du Termit et, ô miracle, deux paires avec aire dans le massif du Koutous (Niger) en 2015. Ailleurs, il en est ainsi pour tous les vulturidés comme pour la plupart des rapaces subsahariens, ce sont nos oiseaux-à-nous qui occupent en hiver ciels et terres dont leurs cousins autochtones ont été extirpés, faute d'arbres ou de falaises pour s'établir, coupés courts ou impitoyablement dénichés... Jean-Marc Thiollay nous avait déjà révélé l'ampleur de l'hécatombe silencieuse dès 1971-1973 et, surtout, en 2004 après un mémorable transect ornithologique de 3688 kilomètres d'ouest en est dans la bande saharo-sahélienne*2... "From Adrar [Mauritanie] to Ténéré [Niger], just one Egyptian Vulture Neophron Percnopterus was recorded in 2004 (vs 75 in 1970s), but it was still common in the oases of Kawar (27 vs 38) [dans une falaise de 150 kilomètres au nord-est du Niger, ndlr.]" Depuis ? Depuis, ça ne s'arrange pas, et ne risque pas de s'arranger: les arbres continuent de rapetisser et d'avoir toujours plus d'espace pour... végéter puis dépérir, pour une cuisine à nulle autre pareille dès lors qu'elle se fait par terre et au charbon d'acacia; les moindres recoins granitiques sont ratissés au gros peigne, au nom des savoirs de la médecine rebouteuse et incantatoire; et les dépouilles d'animaux domestiques sont truffées de poisons, avec ou sans patente, contre de fantomatiques rôdeurs... Mais on lutte ! 

Les vautours percnoptères d'Europe traversent le détroit de Gibraltar de la mi-juillet à la mi-octobre, croisent à la verticale de la Mauritanie de mi-août à novembre et de février à mai (in Oiseaux de Mauritanie, par P. Isenmann, M. Benmergui, P. Browne et al., 2010). Ils stationnent au sud du Sahara généralement jusqu'en fin janvier, de moins en moins 'nombreux' jusqu'en mars. Les percnos' juvéniles séjourneront sous nos latitudes dans une fourchette d'une année et demi à trois ans. A leurs risques et périls. Sur la base des informations données par différents percnoptères suivis par balises depuis quelques décennies (Paul Isenmann évoque des oiseaux français radio-pistés en 1997 ayant séjourné dans le sud-est mauritanien !), les quartiers d'hiver commencent à être mieux identifiés: le Hodth, donc (Mauritanie), puis le parc national de la boucle du Baoulé et zones voisines (Mali), la réserve d'Ansongo-Menaka (Mali), les vastes étendues de Gadabedji-Termit (Niger) sont des hotspots régulièrement fréquentés par les vautours suivis par satellite. Si  mes petits camarades du Boundou renouvellent leur comptage historique de percnoptères, il est fort à parier que cet oriental sénégalais soit alors, lui aussi, un nouvel hotspot pour l'hivernage de nos chères Poules des Pharaons ! Je ne trouve en revanche pas de données significatives indiquant un quelconque et significatif hivernage dans les steppes littorales ou bas-deltaïques de Mauritanie au Sénégal alors que les Borrow & Demey, tant dans leur dernière version du 'Western Africa' (2014) que dans l'édition 'Senegal-The Gambia' (2011) indiquent un vagabondage côtier chez nos voisins et même un stationnement hivernal dans notre fief... rizicole et maraîcher ! Étrange...

*1 Significant population of Egyptian Vulture Neophron percnopterus found in Morocco,
par Mohamed Amezian (Université Abdelmalek Essaâdi) & Rachid El Khamlichi (GREPOM/BirdLife Maroc)
*2 Severe decline of large birds in the Northern Sahel of West Africa: A long-term assessment,
par Jean-Marc Thiollay in Bird Conservation International (2006), 16:353-365, BirdLife International 2006

Lire aussi:
Neophron percnopterus, in The IUCN Red List of Threatened Species, 2017-3
Rapaces.lpo.fr/vautour-percnoptère, in Ligue pour la Protection des Oiseaux (France)
Egyptian vulture (Neophron percnopterus), in Vulture Conservation Foundation (VCF)


Ci-dessous:
aire de distribution du vautour percnoptère 
in Multi-species Action Plan to Conserve African-Eurasian Vultures / Final Draft, par Nick P. Williams et al., 2017
CMS/Raptors Mou/BirdLife International/Vulture Conservation Foundation/Vulture Specialist Group

Ci-dessus, de g. à d.:
vautour moine Lucie, Buclon (chaîne du Bargy, France) 2015 05 27, 13h50 / © Photo par Frédéric Bacuez
vautour percnoptère adulte, Ziway (Ethiopie) 2015 01 19, 11h41 / © Photo par Frédéric Bacuez, avec Pascal Bacuez
vautour à tête blanche, hauts-plateaux abyssins (Ethiopie) 2014 11 8, 9h29 / © Photo par Frédéric Bacuez, avec Pascal Bacuez
- Cliquer sur les photos pour agrandir -


Remarque: des huit 'authentiques' vulturidés déjà recensés au Sénégal*1, il m'en reste deux à y rencontrer: l'afrotropical et splendide vautour à tête blanche (trigonoceps occipitalis, white-headed vulture), probablement devenu le vautour le plus rare du pays mais aperçu en Casamance par l'inévitable Bram Piot pour SenegalWildlife, en octobre 2016; j'ai eu la chance de l'observer et photographier dans d'excellentes conditions, pour ma part, sur les plateaux abyssins (Ethiopie, cf. photo ci-dessus à d.). Et l'eurasien vautour moine (aegypius monachuscinereous vulture), documenté à deux reprises (également rapporté de janvier 2005 et du 13 février 2013): entre Touba et Louga, un sujet bagué photographié par Jos A. Vroege (2005 02 23)*3; puis entre Kaolack et Touba par notre camarade Simon Cavaillès avec la LPO-Isère (France), ce second oiseau immature ayant été photographié par Laurent Puch (2013 01 23)*2. A l'instar du vautour fauve (gyps fulvus fulvus), le regain démographique du vautour moine dans ses bastions ibériques et maintenant en France laisse présager que ces premières coches de l'hiver sénégalais ne resteront pas longtemps de singulières anecdotes. De cette dernière espèce aussi, j'ai eu la chance d'en 'immortaliser' plusieurs jeunes erratiques, dans mes montagnes de Haute-Savoie (mai 2012; mai, juillet, août 2015, dont Lucie, une femelle marquée à l'aile - cf. photo ci-dessus à g.; juin 2017 - pour LPO-74, France).

*1 Neophron percnopterus percnopterus / Necrosyrtes monachus / Trigonoceps occipitalis / Gyps africanus / Gyps rueppellii rueppellii / Gyps fulvus fulvus / Torgos tracheliotus tracheliotus / Aegypius monachus / [Gypohierax angolensis]

Lire:
*Second observation of cinereous (black) vulture for Senegal, par Paul Robinson in SenegalWildlife 2013 02 27
*Immature Cinereous Vulture Aegypius monachus in Senegal in February 2005, par Jos A. Vroege in Bulletin de l'African Bird Club (ABC) 21-2, p. 223-224, septembre 2014
Additif 2018 01: First record of Cinereous Vulture (Aegypius monachus) for Mauritania, par Mohamed Amezian in Maghreb Ornitho 2018 01 14


Frottements immatures:
le pygargue vocifère et un nouvel aigle de Bonelli préfèrent ne pas se heurter

12h40. Dix minutes après le passage du vautour percnoptère; sur le même site, depuis le même ombrage arbustif, sous la même chape de plomb. Dans les altitudes poussiéreuses, un immature de pygargue vocifère (haliaeetus vocifer, african fish eagle) cercle à la verticale de la grande dépression. Plus haut dans les troubles vaporeux, un rapace de taille égale, plus svelte, impossible à identifier. Il cercle aussi, tout en surveillant l'aigle pêcheur, à prudente distance. Le pygargue descend soudainement par paliers, pattes tendues, il s'agit d'un sujet bigarré de peut-être 3e AC; il vient se poser au sol, sur la vasière en cours d'assèchement d'un lagon dégagé de toute végétation. Il y restera environ un quart d'heure avant de reprendre les airs, immédiatement survolé par... un aigle de Bonelli (aquila fasciata fasciata, Bonelli's eagle) lui-même houspillé par un busard des roseaux (circus a. aeruginosus, western marsh harrier); comme le 13 décembre dernier. Le duo, que dis-je, le trio s'élève de concert, évitant cependant de se rapprocher de trop les uns des autres; je délaisse le subsaharien pour me concentrer sur l'euro-méditerranéen: mais oui, ce Bonelli sans l'ombre d'un doute ne ressemble en rien à celui que j'ai observé et photographié non loin d'ici, par deux fois cet automne, les 20 novembre et 13 décembre 2017. Il s'agissait alors d'un juvénile au plumage parfait de moins de trois ans; celui de ce midi est un immature de 3 à 4 ans. La teinte des couvertures dit tout.

Voilà donc qu'un second aigle de Bonelli a choisi de 'mûrir' par ici, dans ces Trois-Marigots promis à la braderie, à la découpe, physique, financière et administrative; à la colonisation, humaine (les serfs) et économique (les agro-businessmen). Les années passées, j'avais bien pensé reconnaître, dans les cieux du territoire convoité, le jizz d'aigles d'âges différents, des Bonelli voire un fascié (aquila spilogaster). Hélas, faute de documentation irréfutable, j'en étais resté à mes dubitations. Cette fois, on a les preuves... Et tac !

Voir les notules d'Ornithondar avec tag/libellé 'Aigle de Bonelli': ICI

Ci-dessous:
en haut, aigle de Bonelli - aquila fasciata fasciata, 3e/4e AC (12h51)
en-dessous à g., pygargue vocifère - haliaeetus vocifer, 2e/3e AC (12h54) VS le même aigle de Bonelli - aquila f. fasciata, 3e/4e AC (12h51), à d....
Au zénith dans les limbes poussiéreuses des Trois-Marigots 2017 12 25 / © Photos par Frédéric Bacuez 
Ci-dessus, au milieu:
" Aigle de Bonelli  (aquila f. fasciata) - et de deux ! 
Sur des sites différents d'un même vaste secteur...
[moi, quand je fais une fixette, je suis comme un roquet, je ne lâche plus; 
et le de Bonelli en hivernage sénégalais, ça fait quelques années qu'il me titille, çui-là !] 
- un premier [de la saison 2017-2018, ndlr.] les 20 novembre et 13 décembre: 
2e vers 3e AC en plumage parfait (à g.) [me trompé-je ?]
- un second le 25 décembre: 
3e vers 4e AC avec secondaire manquante à l'aile gauche (à d.) [me trompé-je encore ?] "

Ci-dessus:
pygargue vocifère - haliaeetus vocifer, 2e/3e AC
2017 12 25, 13h25 / © Photos par Frédéric Bacuez

25 décembre 2017: huit espèces de rapaces

Entre 13h et 13h25. Par deux fois dans les suspensions poussiéreuses qui écrasent la vaste dépression, l'immature de pygargue tente d'approcher un jeune balbuzard pêcheur (pandion h. haliaetus, european osprey), histoire de l'impressionner, croit-il naïvement, afin de lui faire lâcher prise, en l'occurrence un poisson pourtant de taille modeste. Peine perdue, le balbu' piaule et s'éloigne à chaque fois vers les boisements proches pour se poser au sol, les serres ostensiblement posées sur sa proie - ça, c'est à moi ! 
Entre 13h50 et 14h15. J'ai changé d'ombre précaire, des craquelures de la cuvette dénudée au marais herbeux et buissonnant - le ressenti est plus frais, moins rugueux, moins agressif... Juste au-dessus de ma tête, deux adultes de pygargue vocifère (haliaeetus vocifer, african fish eagle)... vocifèrent en volant, de grands cercles à basse altitude, à distance mais bien en vue de l'autre ! La parade nuptiale, c'est la fin de saison (novembre-décembre, parfois janvier), est plutôt mollassonne; les affaires sont sans doute déjà réglées. Monsieur en tout cas donne encore un peu du coffre, lève la tête, joue des bras, pardon, des ailes, ostensiblement bloquées, tantôt relevées tantôt rabaissées (cf. photos ci-dessous). 

Huit espèces de rapaces diurnes contactées aujourd'hui, la plupart aux heures chaudes, comme souvent: six (6) espèces du Paléarctique, deux (2) de l'Afrotropical. Ce n'est pas si fréquent, dans ce Sahel où les prédateurs ailés autochtones sont devenus rares, que l'Ornithondar atteint un tel chiffre.

  • Balbuzard pêcheur d'Eurasie (pandion h. haliaetuseurasian osprey), 1 jeune ind. en vol avec une modeste prise dans les serres [vaste cuvette au nord d'un lagon libre de végétaux] puis en rivalité avec un pygargue immature qui lui piquerait bien son butin (13h25)
  • Pygargue vocifère (haliaeetus vociferafrican fish-eagle), 1 ind. immature (3e AC ?) cercle avec un aigle de Bonelli (2e>3e AC), tenu à respectable distance avant de se poser sur les vasières asséchées d'un lagon temporaire (12h40, qu'il quitte à 12h55); après 13h15, en rivalité avec un balbuzard pour des bisbilles de poissonniers, le mets convoité se trouvant dans les serres de l'eurasien... + 2 ind. ad. en paresseux vol de parade (13h50-14h) [marigot]
  • Vautour percnoptère (d'Egypte, neophron p. percnopterusEgyptian vulture - Endangered/EN-En danger d'extinctionsur la Liste rouge de l'UICN des espèces menacées de disparition, depuis 2007 et En danger/EN sur la Liste rouge française, 2016), 1 ind. juvénile en vol N/NO>E/SE passant pile poil au-dessus de mon arbuste solitaire, l'ombrelle de mon pique-nique ! (12h29)
  • Milan d'Afrique à bec jaune (Milan parasite, milvus aegyptius ssp. parasitusyellow-billed kite), 1 ind. à la verticale de la vaste cuvette (13h10)
  • Busard des roseaux (circus a. aeruginosuswestern marsh-harrier), 1 ind. houspille un aigle de Bonelli, en altitude (+ 1 ind. - le même ?- vu au loin au-dessus des herbiers)
  • Circaète Jean-Le-Blanc (circaetus gallicusshort-toed snake-eagle), 1 ind. survole un homme menant une chèvre en laisse vers le marché puis reste longuement perché [cuvette nord très dégagée, très sèche, mais avec boisement isolé dense]
  • Aigle de Bonelli (aquila f. fasciataBonelli's eagle - Préoccupation mineure/LC sur la liste rouge de l'UICN des espèces menacées de disparition mais Near Threatened/NT-Quasi menacé sur la Liste rouge européenne de BirdLife International, 2015 et En danger/EN sur la Liste rouge française, 2016), un ind. de 3e>4e AC avec rémige secondaire manquante à l'aile gauche cercle à distance réglementaire avec un immature de pygargue vocifère. Il sera bientôt houspillé par un busard des roseaux (scènes de 12h30-13h)
  • Faucon crécerelle (falco t. tinnunculuscommon kestrel), 1 ind. fait le Saint-Esprit [cuvette]

Ci-dessous:
adulte de pygargue vocifère - haliaeetus vocifer, en vol de parade nuptiale
Trois-Marigots 2017 12 25, 14h03 / Photos par Frédéric Bacuez
- Cliquer sur les photos pour agrandir -

25, béni soit Issa, c'est un jour miraculeux: un nouveau spot à pic gris & une passée de 1400 barges - entre autres (1/2)

Mâle de pic gris au petit déjeuner dans un balanites aegyptiaca
Plus petit qu'un épeichette européen, son nom so british dit tout: little sahelian grey woodpecker !
Il est l'une de nos quelques rares vedettes authentiquement sahéliennes, un incontournable de la coche ornitho !
2017 12 25, 8h17 / © Photo par Frédéric Bacuez

* Quelque part dans l'Aire patrimoniale communautaire des Trois-Marigots -


25 décembre 2017 - Part. 1, 5h20-16h-
A pied.
Temps: 15-29/30°, globalement couvert / Lever du soleil, 7h30 [la nuit la plus longue de l'année] / UV 7, élevé / 
Vent d'est jusqu'à 20 km/h (à partir de 9h30) / Humidité, 24%
5h, 16° / 6h, 15° / 9h, 17° / 13h, 26° / 15h, 29° /
Température maximale ces 30 dernières années: 39° (1997) / Température moyenne maximale: 30°
Température minimale ces 30 dernières années: 14° (1988) / Température moyenne minimale: 20°
Ci-contre, en haut: 'Salut ! FB' 2017 12 25, 9h29 / © Photo par Frédéric Bacuez
Ci-contre, en bas: Out of Africa sahélien, sans Robert & Meryl... Pas plus d'antilopes, de fauves et d'herbages à l'horizon... / © Photo par Frédéric Bacuez

La nuit était la plus longue de l'année ! Pour moi quand elle tire à sa fin, plus d'une heure à la frontale dans l'obscurité, la lampe torche dans une main pour balayer les alentours, moins d'une autre dans le clair-obscur de l'aube à ne savoir que faire avec les torches - allumer, pas allumer...-, avant la moire de l'aurore. C'est long. Car pas grand-chose pour dessiller les yeux écarquillés, à l'exception du classique et noctambule lièvre des savanes (lepus - microtis - victoriae); de trois œdicnèmes du Sénégal (burhinus senegalensis) au trot qui finissent par décoller - on aurait bientôt frôlé le crash ! Et d'un duo de grues couronnées noires (balearica pavonina) dérangées au gagnage dans les herbiers du marigot - à les entendre trompeter dans l'obscurité, elles m'ont l'air bien courroucées par mon passage.

Enfin des terriers de renards pâles occupés, ceux-là !

Dieux savent combien j'ai arpenté cette ondulation dunaire entrecoupée de replats boisés. A l'époque, on l'a parcourue de long en large, quelques années à pied avant d'y avoir patrouillé en véhicule 'hors des sentiers' - merci Daniel [cf. photo ci-dessus en médaillon] ! Aux premières lueurs du matin, c'est un retour pédestre qui me remet en mémoire quelques souvenirs sympathiques même si je n'ai jamais ici fait d'observations hors de l'ordinaire. A l'exception d'un des loups/chacals qui survivent encore dans les parages; plus pour longtemps. Pour ceux qui connaissent, il y a sur l'un des belvédères du domaine une pittoresque vue plongeante sur la piste qui descend raide dans la vaste dépression asséchée; regarder le tracé du chemin se perdre, tout de zigzags, dans le lointain brumeux, en fait à chaque fois un spot photogénique. D'autant que les quelques acacias raddiana qui encadrent le panorama en rajoutent opportunément à la carte postale. On y rejouerait bien un Out of Africa version sahélienne; avec quelques grands mammifères diurnes, tout de même - on peut rêver ! Autres que les survivants de la systématique éradication, cet ultime grand remplacement, j'ai nommé les réfugiés dans la nuit: quelques discrets viverridés, félidés et canidés (très) rarement visibles; mais ils sont encore là. Résistants.

Ci-dessous:
sous les acacias raddiana, sur la dune au-dessus de la vaste dépression, à la croisée des chemins...
les sables, ici orangés (9h27-32), là-bas jaunâtres (10h36)...
2017 12 25 matin / © Photos par Frédéric Bacuez
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Dans les toutes premières lueurs bleutées de l'aube, je tombe sur une sorte d'esplanade totalement dégagée, au sommet d'un cordon. Au beau milieu, il y a la souche décapitée de ce qui fut un gros arbre. Un traquet motteux (oenanthe o. oenanthe) l'occupe ostensiblement, telle une tour de guet stratégique, à partir de laquelle il monte en l'air, descend au sol ou file droit pour saisir ses proies. Le fût est toujours bien planté, et devait avoir de profondes racines. Car alentour, il y a là plus d'une douzaine de tas de sable orange devant lesquels ont été creusés des tunnels au rectangle, étroits et en pente raide virant à environ cinquante-quatre vingt centimètres de profondeur vers des couloirs et chambres. Sans erreur possible, je me trouve bien (par hasard au bout de la nuit noire !) sur un site à renards pâles (vulpes p. pallida). Certains terriers plus arrondis semblent indiquer que mes canidés préférés ne sont pas seuls, que des tanières ont été réquisitionnées par des voisins de la nuit; de fortes probabilités qu'il s'agisse du chat ganté/sauvage (felis silvestris lybica ou sp.), que nous avions déjà identifié et vu (plus que le renard !) sur d'autres sites de la région. Toutes les entrées ou presque sont foulées d'ailleurs par plusieurs types d'empreintes; celles des rongeurs nocturnes (gerbilles et petite gerboise d'Egypte, jaculus jaculus), et deux types de coussinets ayant imprimé le bac à sable: avec le vent qu'il a fait ces derniers temps, pas de doute, les galeries sont bel et bien occupées ! Le jour se lève rapidement, espérer quelque chose ici à cette heure est peine perdue; il faudrait que je revienne affûter pour titiller la chance, voire provoquer un second miracle, comme celui que nous avions vécu en attendant, cette fois, le chat sauvage, dans les profondeurs des Trois-Marigots: observer, ne serait-ce qu'apercevoir ou même deviner le canidé le plus discret au monde, le moins documenté aussi. On prend rendez-vous, Ornithondar aussi...

Ci-dessous:
un nouveau site de tunnels à renard(s) pâle(s) et... probable chat ganté ou similaire 
et quelques empreintes
- à suivre sur Ornithondar, bientôt...
2017 12 25 au petit matin / © Photos par Frédéric Bacuez


La passée ... des barges à queue noire

Je finis à peine de faire le tapeur dogon sur les sables du renard pâle que dans le ciel retentit le caquètement guttural d'une volée de gangas à ventre brun (pterocles exustus): à 7h20, deux groupes, de trente deux (32) puis dix-huit (18) qui filent droit au point d'eau, plein est, assez haut dans le ciel violacé. Aussitôt à la suite, c'est parti pour vingt minutes (7h25-7h45) d'un impressionnant défilé de barges à queue noire (limosa limosa) accompagnées de quelques combattants variés (calidris pugnax), en vol et formation est/nord-est. Dans leur déplacement extrêmement rapide, même en altitude, les groupes passants laissent dans leur sillage comme un souffle, quelque chose de magique: à ma verticale et jusqu'où mon regard porte - il fait à peine jour, et le soleil sort timidement de sa tanière brumeuse à 7h30-, je compte mille quatre cents (1 400) de ces limicoles, en une dizaine de groupes comprenant chacun de quelques vingtaines à plusieurs centaines d'unités (cf. photos ci-dessous).

Nota: rappelons ici que la barge à queue noire est inscrite depuis 2006 à la Liste rouge de l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN/IUCN) dans la catégorie des espèces quasi menacées d'extinction. Les causes de la raréfaction du grand limicole: rétrécissement et artificialisation de ses sites de nidification ou de gagnage; mécanisation exclusive d'une agriculture intensément capitalistique (le profit, rien que du profit !) tant sur polders (en Europe) que sur rizières (en Afrique, une coupe mécanique des céréales devenue trop haute); mais aussi une chasse outrancière, tout singulièrement en France mais encore en Afrique subsaharienne; dans le delta intérieur du fleuve Niger (Mali), par exemple, elles sont de ces dizaines de milliers de sarcelles et de limicoles à être capturées nuitamment, bien qu'en plus faible quantité, au filet tendu dans les bourgoutières et les casiers rizicoles pour être mangées ou vendues sur les marchés où leur chair est prisée et... pas chère ! Au Sénégal, je ne sais pas si les chasseurs éthiques - il paraît qu'il y en a !- continuent de les tirer mais j'ai ouïe dire que certains de nos jolis représentants toubabs - et dieux savent que nous en avons de bien gratinés, sous ces tropiques faciles !- sont des adeptes impunis des grandes tueries de tout ce qui bouge et vole - des glaréoles aux œdicnèmes, il n'y a pas de raison que ces amoureux de la nature ne s'offrent pas des cartons pleins de barges, n'est-ce-pas ? A croire que tout le milieu sait, sauf les chargés d'y faire la police, dans cette nature "magnifiée" à la moindre occasion, en ville... Mais "nous luttons, nous luttons" ! Pour une bonne protection de notre biodiversité, en avant ! L'essentiel est que nos chers partenaires qui viennent nous rendre visite, pour un séminaire ici, un comptage là, une expertise là-bas n'en sachent rien, et n'y voient rien ou, pire, ne veulent rien voir: NOUS LU-TTONS ! Continent de l'illusion et des faux-semblants par excellence, l'Afrique noire... C'est de ma faute, je sais - mea culpa mea culpa. En revanche sachez, l'engagement naturaliste subsaharien francophone restant encore trop rare pour ne pas être dit et salué, qu'une jeune femme Sénégalaise, Khady Gueye pour la nommer, est en passe de devenir une spécialiste reconnue de la barge à queue noire*1 - et elle ne le doit en rien à JMD, le célébrissime "collaborateur des parcs nationaux" et "universités du Sénégal" (dans ses délires) ! Comme quoi, il reste quelque espoir... On remerciera pour elle, celles et ceux qui d'Europe ont permis à ses qualités personnelles de s'épanouir. Ornithondar prépare une notule pour lui rendre hommage, à elle - et à ses limicoles préférés.

Au Sénégal, si les barges à queue noire passent essentiellement l'hiver au sud du 15e parallèle (Petite Côte, Casamance et Guinée Bissau), de petits bataillons stationnent aussi dans notre bas-delta., avec de grandes fluctuations dans leur nombre hivernant, et nettement un déclin très prononcé après les années 2000: au Djoudj (PNOD) par exemple, les effectifs restent désormais bien en-deça des trois mille (3 000) sujets parfois totalisés jusqu'en 2000. Imagine-t-on aujourd'hui un regroupement de onze mille (11 000) barges comme cela a encore été vu dans le Ndiaël (RSAN) en 1993 ?*2 Quant aux Trois-Marigots et aux lagunes de Saint-Louis, ce ne sont jamais plus de quelques centaines d'individus qui y sont recensées, et encore pas chaque année. Mon bel effectif de ce matin, du jamais documenté depuis plusieurs décennies dans la région de Saint-Louis, et les quelques autres groupes de moindre quantité revus exactement à la verticale de ce même spot et aux mêmes heures les 31 décembre 2017 et 1er janvier 2018 sembleraient indiquer que cet hiver les barges nous sont arrivées plus massivement que les années précédentes... Un rigoureux début d'hiver en Europe serait-il la cause de cet afflux ? Une meilleure protection des sites de reproduction en Europe (Pays-Bas et Allemagne surtout) porterait-elle ses premiers fruits ? Aux spécialistes de confirmer. Ou d'infirmer. Scientifiquement. Sur le terrain. Khady, à l'aide !

*1 Lire: Gerrit and Khady: a Black-tailed Godwit romance
par Obaka Torto in BirdLife international/Africa 2014 06 30 ou ICI sur le blog 'Dear Kitty' 
* in Les oiseaux d’eau dans le delta du fleuve Sénégal (rive gauche).  Bilan de 25 années de dénombrement hivernaux (mi-janvier 1989-2014
par Patrick TripletIbrahima DiopSeydina Issa Sylla & Vincent Schricke, ONCFS/France-DPN/Sénégal, juin 2014

Ci-dessous:
au point du jour, la passée des barges à queue noire
2017 12 25,  7h26-38 / © Photos par Frédéric Bacuez
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Boisements pas (encore) dégradés = foultitude de petits oiseaux

Dans les cordons dunaires boisés, il faut d'abord chercher les deux arbres magiques, si vous souhaitez approcher et observer des passereaux butineurs et/ou insectivores; bref, des p'tits oiseaux au mœurs délicates qui adorent, comme moi, les parfums ! Si tous nos arbres et arbustes ont une période d'inflorescence plus ou moins marquée, comme les acacias et autres mimosées aux boutons d'or, il en est deux qui attirent plus que tous les autres végétaux, au Sahel: je vous parle de balanites aegyptiaca et de salvadora persica. Ces deux caractères bien trempés (façon de parler: ils adorent les milieux secs et hostiles !) sont remarquables à plus d'un titre, mais ont tous deux pour caractéristiques d'être des durs-à-cuire, robustes comme aucun autre, avec des racines profondes, si profondes qu'on utilise volontiers ces arbres miraculeux pour fixer la dite avancée du désert.

  • Salvadora persica est vulgairement 'traduit' en français par arbre-brosse-à-dent; comme celles du balanites aegyptica mais plus encore, les populations sahéliennes ont coutume d'utiliser ses tiges, racines et écorces (cf. photo ci-dessous) comme d'authentiques frottements dentaires - garantis sans produits chimiques ! Les arbres ont la particularité, un peu comme certaines variétés de palétuviers, de s'étendre par bouturage: les branches basses en s'affaissant vers le sol s'y enfoncent et permettent ainsi à l'arbre de s'étaler parfois sur des dizaines de mètres, formant parfois de gigantesques buissons. Ceux-ci servent d'abri réfrigérant à une multitude d'oiseaux et surtout aux mammifères sauvages, dont les phacochères (phacochoerus africanus) qui y creusent de confortables litières dans un sable parfois presque froid, entre les multiples racines à la fois aériennes et profondes, à l'abri des regards extérieurs. Quant aux fleurs de l'arbre ombrageux, elles sentent si fortement que leur parfum peuvent vous donner le tournis voire la nausée. Les oiseaux en savent quelque chose - demandez aux choucadors (lamprotornis 3 sp.) et aux souïmangas (chalcomitra et cinnyris sp.) ! Il faut alors les voir dans la frondaison, dans quel état, comme ivres... 
  • Balanites aegyptiaca est en français (comme souvent) improprement nommé dattier du désert, savonnier au Tchad, alors qu'on trouve aujourd'hui l'arbre de plus en plus en profondeur dans la zone des savanes dite soudanienne - dans le sud du Burkina Faso, je le trouvais assez fréquemment dans les parties les plus sèches du parc national Kaboré Tambi, sur un isohyète de 800 mm a minima ! Si balanites aegyptica fleurit au coeur de la saison sèche et chaude (mars-mai), ses fruits, des drupes très charnues, apparaissent pendant la saison humide (juillet-octobre), devenant goûteux en début de saison sèche et pendant l'hiver subsaharien. Aujourd'hui ce sont les colious huppés (à nuque bleue, urocolius macrourus) et le pic gris (à calotte rouge, dendropicos elachus) qui viennent voir où en est ladite fructification (voir texte et photos ci-après). A l'évidence encore un peu dure, l'enveloppe, mais on ne saurait trop attendre pour la déchirer... Ah oui, autant les chèvres sont une plaie (entre autres) pour le feuillage bas du salvadora persica, lui ôtant du coup ses vertus réfrigérantes pour mes amis phacochères, autant les innombrables caprins permettent à l'arbre une expansion à nulle autre pareille dans le règne végétal si durement malmené par les Hommes et leurs bêtes, au Sahel... Il faut les voir, ces chèvres-là, se hisser de tout leur long sur leurs pattes arrière (cf. photos ci-dessous, 2017 12 31), mamelles au vent, étirer leur langue et d'un coup d’enlacement tournant enlever le fruit désiré aussi vite glissé entre leurs lèvres; ou bien ramasser la moindre drupe tombée, la mâchouiller pendant des heures, l'avaler, digérer la fine couche de pulpe et finir par rejeter le noyau 'fécondé' par l'original système germinatif de leur estomac... Ah, les saletés de biquettes, comme quoi elles peuvent avoir leur utilité...

Ci-dessus:
salvadora persica endommagé par la 'pression' caprine...
2017 12 25, 10h38 / © Photo smartphone Frédéric Bacuez

Ci-dessous:
à g., drupes de balanites aegyptiaca, Sine Saloum 2013 05 / © Par Roger Culos, pour le Muséum d'histoire naturelle de Toulouse (France),  05_MHNT.BOT.2009.13.5
au centre., drupes et tiges de balanites aegyptiaca, 'sticks and seeds, détail' 2015 01 / © Par T.K. Naliaka 
à d., chèvres sur jeune acacia raddiana 2017 12 31, 16h56 / © Photo par Frédéric Bacuez
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Ci-dessus:
coliou huppé à nuque bleue - urocolius macrourus
2017 12 25, 8h15 / © Photo par Frédéric Bacuez
Urocolius m. macrourus alias 'oiseau-souris' 
a été choisi par les spécialistes de la bioclimatique
 pour être, chez les oiseaux, un étalon marqueur 
de la transition biome sahélien/biome soudanien 
- dès que vous les rencontrez ou entendez leurs chants plaintifs caractéristiques, 
c'est que vous êtes au Sahel !

Qu'y rencontre-t-on, dans ces boisements dunaires à acacias au milieu desquels s'épanouissent de nombreux bosquets de balanites aegyptiaca et d'énormes fourrés de salvadora persica ? Sans concurrence aucune, en hiver ce sont les pouillots de Bonelli (phylloscopus bonelli) qui tiennent le podium - comme l'avaient noté Gérard MorelFrancis Roux en 1966, ils sont "le sylviidé typique des frondaisons claires de la savane arbustive à acacia tortilis (...)" (ssp. raddiana, ndlr.). Avant même que de les voir s'activer en tout sens, d'abord on les entend, et pas qu'un peu ! Et ça tombe bien, car je nourris un réel engouement pour cette espèce, son allure délicate, avec sa pâle joliesse, les reflets verdâtres de ses rémiges et le gris cendré de son manteau, son air intelligent voire polisson et surtout son exceptionnelle agilité - on laissera la vélocité à son cousin le pouillot véloce (phylloscopus collybyta ssp.), commun dans notre région aux passages migratoires, avec de plus ou moins longs stationnements surtout automnaux, je n'en ai vu aucun ce jour ! Les Bonelli sont omniprésents. Il y en a bien un pour cinq ou six arbres, surtout les épineux de type acacia, tortilis raddiana et seyal, mais aussi dans les inflorescences des balanites et des salvadoras, évidemment; à deux reprises, ils sont même deux par arbre et ça  finit inévitablement en poursuites de haute voltige... Les fauvettes (passerinettes) de Tschusi (curruca inornata ssp.) sont moins nombreuses mais bien là, plus mobiles aussi d'un arbre à l'autre, d'un buisson l'autre. Autre star des ondulations arborées sur dunes anciennes, la fauvette orphée (curruca hortensis); j'en repère deux sujets, aujourd'hui. Cette fauvette typiquement méditerranéenne n'est jamais commune mais on a toutes les chances d'en rencontrer un ou plusieurs exemplaires hivernaux, si on a l’œil, dans ce biotope vallonné largement dominé par les acacias raddiana, quand ces derniers sont encore nombreux et sains, pas trop abîmés par les Hommes, avec leur voûte pittoresque en forme de parasol - même si on peut rencontrer l'orphée, lors de ses déplacements alimentaires, dans tous les arbres environnants. Morel & Roux estimaient en 1966 que seule "une population relativement clairsemée" stationnait "sur cette frange septentrionale de l'aire d'hivernage" de l'espèce, soit "un oiseau pour dix hectares environ de savane arbustive claire."*

* LES MIGRATEURS PALEARCTIQUES AU SENEGAL Il. PASSEREAUX ET SYNTHÈSE GÉNÉRALE
par G. Morel & F. Roux, in La Terre et la Vie, 20, 1966, p. 19-72

Deux des plus menus représentants de la faune aviaire sahélienne fréquentent les parages, ce sont des must ornithologiques, et ils sont afrotropicaux: à défaut de la fameuse rémiz du Soudan (anthoscopus punctifrons), notre plus petit oiseau sahélien (7,5 cm !) mais loin d'être rencontrée à chaque sortie - je l'ai cochée pas loin d'ici exactement dans ce type de milieu !-, ce sera ce matin l'érémomèle à croupion jaune dite du Tchad (eremomela icteropygialis ssp. alexanderi), à peine plus grosse que la rémiz (10 cm). Dans un salvadora tout en fleurs, il y en a une qui dispute les branches odorantes à un mâle de fauvette passerinette, et ça ne rigole pas; la nordique prend vite le dessus sur la sudiste. Et puis il y a les traquets motteux (oenanthe oenanthe), autrement plus ubiquistes que je ne le croyais: on les trouve aussi dans les boisements denses, perchant indifféremment autant sur les branches basses ou les souches que sur leurs mottes locales, les bouses sèches des bovins. Singulièrement, ils ne rechignent pas à se frotter aux autres passereaux, je ne sais si c'est par curiosité, une forme d'empathie (!) ou au contraire une façon de marquer leur présence territoriale; en tout cas, dès qu'apparaît une huppe fasciée d'Afrique occidentale (upupa epops senegalensis) ou un agrobate menu (cercotrichas m. minor), plus rondouillard, moins élancé que son parent nord-africain l'agrobate roux, hôte quasi indécelable de nos latitudes en hiver, et préférentiellement au voisinage d'un buisson de salvadora, ou toute autre représentant des passereaux dans ce type de milieu, voilà que le motteux rapplique ! Chercherait-il à leur subtiliser leurs trouvailles ? Plus loin, ce sera l'autre agrobate, un agrobate podobé (cercotrichas podobe): aucune des deux espèces, connues pour la beauté de leur vocalises, ne chante pour le moment, et c'est bien dommage. En revanche, je suis abreuvé des bavardages de la crombec sitelle (sylvietta b. brachyura). De quelques appels du tchagra à tête noire (tchagra senegalus) et du brubru africain (nilaus afer), des bafouillages du pririt du Sénégal (batis senegalensis); et des obligatoires pleurs de bébés des adorables colious huppés (urocolius macrourus, cf. photo ci-dessus), à vous faire fondre en larmes ! Ces cinq-là je les entends systématiquement, ils font partie intégrante des bruits de 'la savane africaine': la brousse qui paraît le plus souvent vide de vie 'sauvage', à l’œil, leur doit beaucoup pour être en fait très animée; d'ambiances sonores à nulle autre pareille ! Sans oublier, dans un secteur voisin, les 31 décembre et 1er janvier à venir, le réveille matin, très matinal, des trois ou quatre martin-chasseurs striés (halcyon chelicuti) connus ici depuis près de dix ans - un peu comme à la caserne ou, plutôt, un terrain de sport !

Ci-dessous, de haut en bas et de g. à d.:
pouillot de Bonelli - phylloscopus bonelli, en pleine action
fauvette orphée - curruca hortensis, dans un vénérable acacia raddiana 
fauvette (passerinette) de Tschusi - curruca inornata ssp., poursuivant une érémomèle à croupion jaune
érémomèle à croupion jaune - eremomela icteropygialis ssp. alexanderidans un salvadora persica en fleurs
traquet motteux - oenanthe oenanthe, femelle; et agrobate menu - cercotrichas minor
2017 12 25 matin, 8h36-11h17 / © Photos par Frédéric Bacuez

Le pouillot de Bonelli - phylloscopus bonelli bonelli
" le sylviidé typique des frondaisons claires de la savane arbustive 
à acacia tortilis, acacia seyal et balanites aegyptiaca "

- Gérard Morel & Francis Roux, 1966
In La Terre et la Vie, 20, 1966, p. 19-72

La fauvette orphée - curruca hortensis hortensis
" sur cette frange septentrionale de l'aire d'hivernage, 
ne demeure qu'une population relativement clairsemée:
un oiseau pour 10 hectares environ de savane arbustive claire "



Pic gris: une nouvelle observation sur un nouveau spot    

8h15-8h40, mon cadeau de Noël ! Je suis en train de fureter, en tâchant d'éviter les lacérations épineuses, au coeur d'un dense peuplement de balanites aegyptiaca. Voici que déboule sans crier gare, pas même un de ces cris hystériques typiques des picidés, un tout "petit chose ébouriffé", grisâtre, strié, à la calotte et croupion rouge - pas l'ombre d'une seconde de doute, je sais immédiatement que c'est lui, le pic gris (dendropicos elachus, sahelian woodpecker), mon quart d'heure magique de la journée !  Je dois vous l'avouer: celui-là, c'est mon oiseau fétiche, mon petit chéri, mon protégé... J'ai longuement écrit sur cette espèce, des quelques incontournables emblèmes ornithologiques de de la biodiversité sahélienne. Je vous invite à parcourir et voir quelques unes de mes photographies dans les notules* liées à nos précédentes rencontres, parfois partagées avec mes visiteurs et ami(e)s. Avec plaisir. Ma découverte matinale sur ce cordon dunaire ouest-est particulièrement  allongé (pas moins de vingt-six kilomètres !) en fait le troisième spot bas-deltaïque où j'ai rencontré le peu fréquent picidé. Le premier, où j'ai en outre pu constater la nidification puis la reproduction de l'espèce, se trouve dans les brousses de l'arrière-pays du Gandiolais. Le pic gris de la Nativité est mon second rencontré dans les immensités des Trois-Marigots, sur deux sites sans aucun lien entre eux. A celles et ceux qui n'auraient pas l'idée saugrenue de perdre leur temps sur Face-de-bouc, voici ce que j'en ai succinctement dit, ce jour de la Noël:

" C'est Noël (ici ça le fait moins) et je tenais à vous présenter mon lutin préféré, j'ai nommé monsieur pic gris (dendropicos elachus, ~12 cm, plus petit encore qu'un épeichette européen), un diablotin insaisissable mais jamais farouche, quoique toujours difficile à rencontrer dans l'étroite bande sahélienne qu'il occupe, dans ses parties les plus boisées. Celui-ci, d'angelot, voulait fêter aussi: il piquetait toutes les dattes de trois balanites aegyptiaca pour tenter d'y faire un trou et d'en aspirer le suc très sucré - c'est l'époque ! Je dois l'admettre, je nourris un petit faible pour ce minuscule chose ébouriffé comme un gosse, avec son regard toujours vif et curieux, billes toutes rondes quand il vous regarde, brièvement, vite indifférent à votre présence, si tant est qu'elle est respectueuse de ses acrobaties arborescentes, tête en bas, accroché comme une plume aux brindilles les plus menues et aux épines les plus acérées de l'arbuste... Joyeux Noël à tous les enfants du monde qui ressemblent à mon lutin ! "
- In Facebook 2017 12 25, 20h41

* Voir les notules d'Ornithondar avec le libellé/tag 'Pic gris':
Ornithondar.blogspot.sn/Pic-gris

Ci-dessous:
un mâle de pic gris - dendropicos elachus, little/sahelian grey woodpecker...
buffet sucré dans trois balanites aegyptiaca
2017 12 25, 8h17-33 / © Photos par Frédéric Bacuez



OISEAUX / 74 espèces cochées, 6 sp. entendues
MAMMIFÈRES / 4 espèces vues
ODONATES / 1 espèce

Vu:
  • Crabier chevelu (ardeola ralloidessquacco heron), 1 ind. + au minimum 5 ind. dans les herbiers, tous ou presque des afrotropicaux en plumage nuptial [marigot]
  • Gardeboeuf d'Afrique (bubulcus i. ibiscattle egret), 1 ind. en vol passant puis 2 ind. avec troupeau de vaches matinales (7h20+ et 8h+) + 1 ind. en vol [cuvette]
  • Aigrette ardoisée (egretta ardesiacablack heron), ~50 + ~100 ind. stationnés [marigot]
  • Aigrette à gorge blanche (egretta g. gulariswestern reef-egret), ~5 ind. stationnés [marigot]
  • Aigrette garzette (egretta g. garzettalittle egret),~20 ind. stationnés dans les herbiers + 1 cadavre victime des filets de pêche [marigot]
  • Aigrette intermédiaire (à bec jaune, egretta intermedia ssp. brachyrhynchaafrican intermediate egret), ~15 ind. stationnés, pour une fois assurément plus nombreux que les grandes aigrettes
  • Grande aigrette (ardea alba ssp. melanorhynchoswestern great egret), 1 ind. poursuivant un héron cendré + 10+ ind. stationnés dans les herbiers [marigot]
  • Héron cendré (ardea c. cinereagrey heron), 1 ind. poursuivi par une grande aigrette + 6 ind. stationnés [marigot]
  • Héron pourpré (ardea p. purpureapurple heron), 1 ind. à l'envol des herbiers [marigot] + 1 ind. [pont sur le N'Galam]
  • Ibis sacré (threskiornis aethiopicussacred ibis), 5 ind. stationnés, avec des aigrettes ardoisées [marigot]
  • Balbuzard pêcheur d'Eurasie (pandion h. haliaetuseurasian osprey), 1 ind. en vol avec modeste prise dans les serres [vaste cuvette au nord d'un lagon libre de végétaux] puis en rivalité avec un pygargue immature qui lui piquerait bien son butin (13h25)
  • Pygargue vocifère (haliaeetus vociferafrican fish-eagle), 1 ind. immature (3e AC ?) cercle avec un aigle de Bonelli (2e>3e AC), tenu à respectable distance avant de se poser sur les vasières asséchées d'un lagon temporaire (12h40, qu'il quitte à 12h55); après 13h15, en rivalité avec un balbuzard pour une histoire de poisson alors dans les serres de l'eurasien... + 2 ind. ad. en paresseux vol de parade (13h50-14h) [marigot]
  • Vautour percnoptère (d'Egypte, neophron p. percnopterus, Egyptian vulture - Endangered/EN-En danger d'extinctionsur la Liste rouge de l'UICN des espèces menacées de disparition, depuis 2007 et En danger/EN sur la Liste rouge française, 2016), 1 ind. en vol N/NO>E/SE passant pile poil au-dessus de mon arbuste isolé du pique-nique ! (12h29)
  • Milan d'Afrique à bec jaune (Milan parasite, milvus aegyptius ssp. parasitusyellow-billed kite), 1 ind. à la verticale de la vaste cuvette (13h10)
  • Busard des roseaux (circus a. aeruginosuswestern marsh-harrier), 1 ind. houspille un aigle de Bonelli, en altitude (+ 1 ind. - le même ?- vu au loin au-dessus des herbiers)
  • Circaète Jean-Le-Blanc (circaetus gallicusshort-toed snake-eagle), 1 ind. survole un homme menant une chèvre en laisse vers le marché puis reste longuement perché [cuvette nord très dégagée, très sèche, mais avec boisement isolé dense]
  • Aigle de Bonelli (aquila f. fasciata, Bonelli's eagle - Préoccupation mineure/LC sur la liste rouge de l'UICN des espèces menacées de disparition mais Near Threatened/NT-Quasi menacé sur la Liste rouge européenne de BirdLife International, 2015 et En danger/EN sur la Liste rouge française, 2016), un ind. de 3e>4e AC avec rémige secondaire manquante à l'aile gauche cercle à distance réglementaire avec un immature de pygargue vocifère. Il sera bientôt houspillé par un busard des roseaux (scènes de 12h30-13h)
  • Faucon crécerelle (falco t. tinnunculuscommon kestrel), 1 ind. fait le Saint-Esprit [cuvette]
  • Outarde de Savile (lophotis savileiSavile's bustard), 1 ind. femelle... sur zone inattendue (et à partir du véhicule emballé, ~15h40 !)...
  • Échasse blanche (himantopus himantopusblack-winged stilt), 1 + 1 + 1 ind. [marigot]
  • Oedicnème du Sénégal (burhinus senegalensis, Senegal thick-knee), 3 ind. détalent dans la nuit et finissent par décoller... [marigot]
  • Glaréole à collier (glareola p. pratincolacollared pratincole), 2 + ~4 + 1 + 4 ind. [cuvette] + 1 ind. stationné sur digue-traversière [marigot]
  • Gravelot pâtre (charadrius pecuarius, Kittlitz's plover), 2 + 1 + 1 + 1 ind. extraordinairement mimétiques avec le sol - on buterait dedans ! [vaste cuvette en ses parties de vasières asséchées] 
  • Vanneau (caronculé) du Sénégal (vanellus s. senegallus, -africanwattled lapwing), 2 ind. - cc local- avec une bergeronnette flavéole
  • Vanneau éperonné (vanellus spinosusspur-winged lapwing), 1 ind. levé en fin de nuit + 3 ind. + 2 + 2 + 2 ind. + 2 ind. - cc locaux [voisinage du marigot] + 2 ind. + 1 ind. + 1 et 1 ind. [piste Mengueye-N2]
  • Barge à queue noire (limosa limosablack-tailed godwit Near threatened/NR-Quasi menacésur la Liste rouge de l'UICN des espèces menacées de disparition, 2006), impressionnant défilé entre 7h25 et 7h45 en vol SO>E-NE d'~1400 ind. en une dizaine de groupes parfois suivis par de petites bandes de combattants variés
  • Bécasseau minute (calidris minutalittle stint), 1 + 1 + 3 ind. [marigot]
  • Combattant varié (calidris pugnaxruff), petits bandes de 2 à 6 ind. chaque, à l'exception d'une formation de ~30 ind., suivant le déplacement oriental des barges à queue noire + 2 ind. stationnés dans les herbiers [marigot]
  • Chevalier sylvain (tringa glareola, wood sandpiper), 1 ind. en vol passant [cuvette] + 1 ind. en vol passant + 3 ind. [marigot]
  • Mouette à tête grise (chroicocephalus cirrocephalus ssp. poicephalusgrey-headed gull), quelques ind. au matin [marigot]
  • Ganga à ventre brun/châtain (Ganga sénégalais, pterocles e. exustuschestnut-bellied sandgrouse),  passée de 32 + 18 ind. en vol SO>NE-E (7h20)
  • Tourterelle masquée (Tourterelle à masque de fer, oena c. capensisNamaqua dove), premier envol à l'aube
  • Tourterelle maillée (spilopelia/streptopelia s. senegalensislaughing dove)
  • Tourterelle pleureuse du Niger (streptopelia decipiens ssp. shelleyi, -Nigermourning collared-dove)
  • Coucal du Sénégal (centropus s. senegalensisSenegal coucal), 1 ind. [marigot]
  • Engoulevent sp. (caprimulgus sp., nightjar sp.), 1 à 2 ind. à l'envol , fin de nuit
  • Martin-pêcheur pie (ceryle r. rudis, pied kingfisher), 2 ind. [marigot]
  • Martin-pêcheur huppé (corythornis cristatus ssp. galeritaMalachite kingfisher), 1 ind. [marigot]
  • Guêpier nain (merops p. pusilluslittle bee-eater), 1 ind. à seulement 11h30 ! + 1 ind. [cuvette] + 1 + 2 ind. [marigot]
  • Guêpier de Perse de l'ouest (merops persicus ssp. chrysoconoswestern blue-cheeked bee-eater), 2+ ind. + 1 et 1 ind. + 1 ind. et 2 ind. perchés [vaste cuvette herbeuse] + 2+ ind. [marigot] + 2 ind.
  • Coliou huppé (à nuque bleue, 'oiseau-souris', urocolius m. macrourusblue-naped mousebird), 1 ind. ad. perché à proximité du pic gris + vol de 6 ind. + 4 ind. + 10 ind.
  • Rollier d'Abyssinie (coracias abyssinicusabyssinian roller), 1 ind. [boisement isolé dans la cuvette] + 1 ind. sur arbuste isolé + 1 ind. [vaste cuvette herbeuse] + 1 ind. [marigot]
  • Huppe fasciée d'Afrique de l'ouest (Huppe du Sénégal, upupa -epopssenegalensis ssp. senegalensiswestern african hoopoe), après avoir brièvement pupulé (~7h30), 1 ind. à l'envol (8h+) + 1 ind. avec un traquet motteux
  • Calao occidental (tockus kempiwestern red-billed hornbill), 2 ind. + 2 ind. - les deux cc en compagnie de leur écureuil terrestre - comme d'hab'... + 1 ind. + 2 et 1 ind.
  • Pic goertan (mesopicos goertaegrey woodpecker), 1 ind. en vol passant [cordon dunaire boisé]
  • Pic gris (Petit pic gris, dendropicos elachuslittle grey woodpeckersahelian woodpecker), 1 ind. mâle très occupé à tenter de percer les dattes de trois balanites aegyptiaca (matin)
  • Cochevis huppé du Sénégal (galerida cristata ssp. senegallensis, -Senegalcrested lark)
  • Moinelette à front blanc du Sahara (eremopterix nigriceps ssp. albifronssaharan black-crowned sparrow-lark), quelques ind. revenant de boire - première bande de la saison sèche !
  • Hirondelle de rivage (riparia r. ripariacommon sand martin), quelques ind. venant chasser dans les alignements dunaires d'abord à partir de 8h30, après avoir bu, puis vers 9h45, et enfin et surtout autour de 12h30 + centaines d'ind. après 13h au ras des herbiers en leur partie humide [cuvette]
  • Hirondelle rustique (hirundo r. rusticabarn swallow), 1 ind. en vol
  • Bergeronnette printanière (motacilla f. flavablue-headed wagtail), 3 ind. accompagnant quelques vaches (8h+) + 1 ind. en compagnie d'un traquet motteux + dizaines d'ind. moucheronnent [aux lisières de la vaste cuvette herbeuse sèche]
  • Bergeronnette flavéole (motacilla flava ssp. flavissimayellowish-crowned wagtail), 1 ind. avec un cc de vanneaux caronculés + 1 ind. + quelques ind. avec un groupe de chèvres ! [tous dans le système dunaire arboré]
  • Pipit sp. (anthus sp., pipit sp.), 1 ind. en vol
  • Bulbul des jardins (pycnonotus barbatus ssp. inornatusgarden bulbul), 2 ind.
  • Traquet motteux (oenanthe o. oenanthenorthern wheatear), bien installé pour l'hiver ! rencontré 13 ind. - dont un sujet avec un agrobate menu, et un autre avec une huppe fasciée; et un mâle magnifique, presque 'comme là-bas' !
  • Traquet du Groenland (oenanthe o. leucorhoa, Greenland wheatear), 1 ind. (probable)
  • Agrobate menu (cercotrichas m. minorafrican scrub-robin), 1 ind. [cordons dunaires boisés]
  • Agrobate podobé (cercotrichas p. podobeblack scrub-robin), 1 ind. [cordons dunaires boisés]
  • Erémomèle à croupion jaune du Tchad (eremomela icteropygialis ssp. alexanderiChad yellow-bellied eremomela), 2 ind. - dont sujet agressé par une fauvette de Tschusi sur salvadora persica en fleurs [cordons dunaires boisés]
  • Pouillot de Bonelli (phylloscopus bonelli, western Bonelli's warbler), enfin ! Nombreux et omniprésents ind. dans les boisements dunaires à acacia raddiana, salvadora persica et balanites aegyptiaca, surtout là où les trois sont réunis: une pure merveille de grace, et un régal visuel ! Pourcentage élevé de sujets juvéniles.
  • Fauvette (passerinette) de Tschusi (curruca inornata ssp. inornata ou/et iberiaewestern subalpine warbler), dès 7h du tout petit matin, furtivement; ensuite, quelques ind., pas très nombreux en définitive + 1 ind. bavard + 2 ind. se poursuivant [grande cuvette avec buissons épars]
  • Fauvette orphée (curruca h. hortensis, western orphean warbler), 1 ind. + 1 ind. [dunes arborées à dominante d'acacia raddiana]
  • Crombec sitelle (sylvietta b. brachyuranorthern crombec), entendu mais vu 1 ind. chanteur
  • Cisticole des joncs du Nigeria (cisticola juncidis ssp. uropygialisnigerian zitting cisticolafan-tailed cisticola), 1 ind. en plumage frais [marigot]
  • Prinia modeste (prinia s. subflavatawny-flanked prinia), 1+ ind. [marigot]
  • Pie-grièche à tête rousse (lanius s. senatorwoodchat shrike),  au total 3 ind. [système dunaire] + 7 ind. dont un sujet mâle ad. [cuvette] + 1 ind. [marigot]
  • Brubru africain (nilaus a. aferbrubru), 1 ind. en vol (comme toujours) rapide et droit
  • Choucador à oreillons bleus (lamprotornis c. chalybaeusgreater blue-eared glossy-starling), groupe de 27 ind. à l'envol d'un salvadora persica (8h) et quelques ind. restés, entendus + 2 ind. (aprem')
  • Choucador à ventre roux (lamprotornis pulcherchestnut-bellied starling), ~5 ind. + 2 ind.
  • Moineau doré (passer luteusSudan golden sparrow), quelques petites tribus...
  • Alecto à bec blanc (bubalornis albirostris, white-billed buffalo-weaver), 5 ind.
  • Tisserin à tête noire (ploceus m. melanocephalus, black-headed weaver)
  • Tisserin vitellin (masqué, ploceus v. vitellinusvitelline masked-weaver)
  • Amarante (commun) à bec rouge (du Sénégal, lagonosticta s. senegalared-billed firefinch), 3 ind.

Et 2 oiseaux sp. indéterminée levés en fin de nuit

Entendu:
Pygargue vocifère (haliaeetus vocifer), à l'aube, premier ind. entendu [vers N'Galam/Ndam Ndam] + 2 ind. après 13h15 [cuvette] / Francolin à double éperon (pternistis b. bicalcaratusdouble-spurred francolin), en toute fin de nuit, c'est l'heure du réveil vocal ! / Gallinule poule-d'eau (gallinula c. chloropus, common moorhen) / Talève d'Afrique (porphyrio madagascariensisafrican swamphen) / Grue couronnée noire (balearica p. pavonina, -west africanblack crowned crane - Vulnerable/VU-Vulnérablesur la Liste rouge de l'UICN des espèces menacées de disparition, depuis 2010), cc local en train de pâturer dans les herbiers humides, en fin de nuit + à nouveau à 15h14 / Vanneau du Sénégal (vanellus s. senegallus), 1 ou 2 ind. au matin (7h30+) / Cochevis huppé du Sénégal (galerida cristata ssp. senegallensis), les premiers oiseaux à se manifester, en toute fin de nuit / Pouillot de Bonelli (phylloscopus bonelli), ici les premiers passereaux paléarctiques à se manifester dès 7h du petit matin, en même temps que des fauvettes / Crombec sitelle (sylvietta b. brachyura), 3 ind. / Pririt du Sénégal (batis senegalensis, Senegal batis), 1 ind. au petit matin / Tchagra à tête noire (tchagra s. senegalusblack-crowned tchagra), 1 chanteur tout juste après 7h du matin / Brubru africain (nilaus a. afer), au moins un cc local au matin (~7h15 puis ~8h10) /


AUTRES:

  • Phacochère commun (phacochoerus africanuscommon warthog), 4 ind. - femelle ad., immature et deux jeunes (cf. photos ci-dessous)- + 2 ind. dans les amas coquilliers sous le cagnard (cf. photo en bas de notule), revenant de l'abreuvoir [lagon]
  • Patas 'singe rouge' (erythrocebus pataspatas monkey), 2 ind. puis ~9 ind. glanent dans la vaste cuvette herbeuse + 1 ind. revenant de l'abreuvoir (cf. photo ci-dessous à d.) [marigot] + 3+ ind. assis [N2 Ndiawdoune]
  • Lièvre des savanes (lepus - microtis - victoriae, african savanna hare), 1 ind. en fin de nuit + 1 ind. démarre dans mon dos +  1 ind. levé d'un buisson d'armoise 
  • Écureuil terrestre du Sénégal (xerus erythropusstriped ground squirrel), 1 ind. + 1 ind. - tous deux en compagnie de leurs calaos - comme d'hab'... + 1 ind.

Empreintes de renard pâle (renard blond des sables, vulpes pallida ssp. pallidapale fox, african sand foxpallid fox)
Découverte de deux nouveaux réseaux de galeries souterraines (les deux complémentaires) du renard pâle - et ceux-ci sont à l'évidence bien actifs ! Les seconds tunnels, peut-être de repli, sont à proximité dans un bas-fond et me paraissent en cours de creusement (les deux sites sont organisés autour de deux gros troncs d'arbres morts, guillotinés).
Additif, 31 décembre 2017: c'est en effet sur ce second site que par deux fois (aurore et soir) je verrai en ce dernier jour de 2017 et à la lampe frontale, la silhouette, le museau, les yeux, et la queue touffue d'un renard pâle dans son tunnel, carrément !

  • (petit) Monarque d'Afrique (danaus chrysippus ssp. chrysippuscommon plain tigerlesser wandererqueen butterfly, 'african queen'), 1 ind. (11h32) + 1 ind. (12h30+) + 1 ind. (15h50, N2)
Ci-dessous:
phacochères sous les acacias, phacochères et patas dans les amas coquilliers
2017 12 25 / © Photos par Frédéric Bacuez
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