1.  Ci-dessus:
    à g., traquet de Seebohm, mâle adulte nuptial, plateau de l'Oukaïmeden, Haut-Atlas (Maroc)
    2018 04 24, 19h11 / Courtesy © photo par Jérémy Calvo
    à d., traquet de Seebohm, mâle internuptial, forêt de Bokhol, moyenne vallée du fleuve (Sénégal)
    2018 01 5, 8h28 / © Photo par Frédéric Bacuez

    * Du Haut-Atlas marocain au Sahel sénégalais
    Moyenne vallée du fleuve Sénégal: forêt de Bokhol et berges de la Doué -

    Pour accompagner deux remarquables articles de Bram Piot sur le traquet de Seebohm (Oenanthe seebohmi, Seebohm's Wheatear), un passereau typique des montagnes de l'Atlas (Maroc, Algérie) hivernant dans la région sahélienne (Mauritanie, Sénégal et Mali):
    Status & Distribution of Seebohm’s Wheatear in Senegal / Part II
    par Bram Piot, in Senegal Wildlife 2019 02 23
    Identification of Seebohm’s Wheatear in Senegal / Part I
    par Bram Piot, in Senegal Wildlife 2019 02 17

    Une petite galerie comparative, par Jérémy Calvo et Frédéric Bacuez... 
    (d'autres photos sont aussi dans les deux articles sus-cités)

    A gauche, en mode nuptial (MAROC)... A droite, en mode internuptial (SENEGAL)...

    De haut en bas, colonne de gauche (MAROC):
    mâle nuptial, l'Oukaïmeden 2018 04 24, 19h48 / Courtesy © photo par Jérémy Calvo
    mâle en mue nuptiale, l'Oukaïmeden 2018 04 24, 18h05 / © Photo par Frédéric Bacuez
    femelle nuptiale, l'Oukaïmeden 2018 04 24, 18h04 / Courtesy © photo par Jérémy Calvo
    femelle nuptiale, l'Oukaïmeden 2018 04 24, 18h00 / Courtesy © photo par Jérémy Calvo
    femelle, l'Oukaïmeden 2018 04 24, 18h07 / © Photo par Frédéric Bacuez
    De haut en bas, colonne de droite (SENEGAL):
    mâle internuptial, forêt de Bokhol 2018 01 5, 9h53 / © Photo par Frédéric Bacuez
    mâle internuptial mais déjà plus avancé, forêt de Bokhol 2018 02 12, 13h06 / © Photo par Frédéric Bacuez
    mâle 1er hiver ?, berge de la Doué 2015 12 4, 7h54 / © Photo par Frédéric Bacuez 
    mâle internuptial, forêt de Bokhol 2018 01 5, 9h56 / © Photo par Frédéric Bacuez
    mâle internuptial mais déjà plus avancé, forêt de Bokhol 2018 02 12, 12h37 / © Photo par Frédéric Bacuez
    - Cliquer sur les photos pour agrandir -
    Ci-dessus:
    à g., biotope printanier du traquet de Seebohm sur le plateau de l'Oukaïmeden, Haut-Atlas, Maroc (fin avril)
    2018 04 24, 18h56 / © Photo smartphone Frédéric Bacuez
    à d., biotope hivernal du traquet de Seebohm dans la forêt de Bokhol, moyenne vallée du fleuve, Sénégal (décembre)
    2015 12 2, 14h30 / © Photo par Frédéric Bacuez

    Lire aussi sur Ornithondar:
    Sur la Doué, un pluvian d'Egypte et un traquet de Seebohm, 2015 12 5
    Kooya: prinias à front écailleux (diéri), traquets de Seebohm et du Groenland (walo), 2018 01 6

    Nota: sur la base d'une communication de B. N'DaoGérard Morel & Francis Roux avaient beau dire en 1973 que le traquet de Seebohm était "l'espèce la plus répandue en hiver dans la région de Podor"; Peter Browne pouvait en remettre une couche en affirmant en 1982 que 50 000 sujets (à la louche ?) de ce traquet nord-africain hivernaient à l'orient du sud-ouest mauritanien; et, last but not least, les équipes de Marc I. Förschler (2008) puis de Paul Isenmann (2010) pouvaient circonscrire sa zone d'hivernage, grosso modo entre 15°-18°N et au moins jusqu'au 9°W à l'orient, on ne peut pas dire aujourd'hui que le passereau atlasique court les sols nus entre Walo et Diéri sénégalais ! En effet il faut déjà atteindre la moyenne vallée à l'est de Dagana pour espérer en débusquer quelques uns. Bram Piot ne perdrait pas son temps, fort précieux et hyperbooké (les tropiques sont trompeuses !), à se fendre de deux billets sur l'oiseau s'il était aussi fréquent qu'un Quelea ou un moineau doré, ou même qu'un banal traquet motteux. Quoique, de ce coté-là, amusez-vous à chercher (et différencier) le groenlandais (Oenanthe oenanthe leucorhoa) au milieu des trois fois Oenanthe ! Bref, le Seebohm est tout de même un Graal local, d'autant que ce "Berbère" a l'art de tomber le burnous aussitôt qu'il nous arrive de ses hauts-plateaux alpestres du Maghreb (Haut et Moyen-Atlas au-dessus de 1500 m, peut-être Djebel Saghro, quelques sites du Rif et les monts Debdou, au Maroc; Djurdjura et Aurès, en Algérie)... Probablement overlooked dans le pays de la Teranga hivernale, où les innombrables transis d'oiseaux sont peu préparés (sic) à reconnaître ces petits choses post-nuptialement décolorés, surtout s'il sont jeunes, même mâles, a fortiori de sexe féminin. En tout cas, Bram relève dans son second article la faiblesse des mentions d'Oenanthe seebohmi dans ses quartiers d'hiver préférés, notre Sahel authentique (début novembre-fin mars), d'autant que les ornithos ne s'aventurent guère au-delà de... Podor, vers l'orient (et cela ne va pas s'arranger). Pour pallier cette médiocre pression d'observation, les données sénégalaises d'Ornithondar (avec celles de Senegal Wildlife en janvier 2018, sur trois sites du Kooya, de Bokhol et de Gamadji Saré) ainsi que les mauritaniennes de Birding for a Lark, le blog de notre regretté camarade Robert Tovey sont rapportées par Bram dans ses deux articles. Illustrés de quelques photos prises, entre autres, par Jérémy Calvo et moi-même. Au Maroc et au Sénégal.

    Ci-dessous:
    Bram Piot dans la forêt de Bokhol
    2018 01 5, 8h51 / © Photo smartphone Frédéric Bacuez
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  2. WANTED !
    Hyène tachetée - Crocuta crocuta
    The Zoological Natural History Museum, Addis Abeba, Ethiopie
    2015 01 31 / © Photo par Frédéric Bacuez

    Le déclin des grands mammifères d'Afrique est généralisé à l'ensemble des espèces et à toutes les régions du continent, au nord comme au sud, à l'ouest comme à l'est. Herbivores et carnivores. Peut-on même encore parler de déclin, terme qui pouvait être approprié jusque dans les années 70' du siècle passé avant qu'un premier collapse ne se fasse dans les années 80' et 90' ? Avec la seconde décennie de ce satanique XXIe siècle, ce n'est plus à un déclin mais à un effacement de la faune de régions entières y compris des sanctuaires réservés, et c'est bien ça qui est terrible, auquel nous assistons, au mieux impuissants au pire résolument indifférents. C'est que nous y avons mis les moyens: étalement de notre nombre métastatique, là-bas, tsunami démographique incontrôlé voire encouragé, ici. Avec notre génie idéologique partout, bête et méchant, pervers, hypocrite, obtus et surtout cupide, par la machinerie et l'inventivité mortifère, individuelle comme collective. Nous, seule espèce arrogante, incapable de vivre sans soumettre, piller et dévaster sa maison; y compris par et pour le plaisir. La nature et ses vies, voilà l'ennemi, finissons-en - et ça va aller !

    La 6e extinction des espèces n'est pas une marotte de quelques illuminés négatifs et réactionnaires. Les grands fauves*2 et autres 'prédateurs' (dieux que je hais le qualificatif, pour ces animaux !) sont parmi les plus menacés de disparition. De disparition... ad vitam aeternam. A court terme. Y compris les quatre espèces de hyènes qui peuplaient abondamment l'Afrique hors la cuvette congolaise: hyène tachetée (Crocuta crocuta), hyène rayée (Hyaena hyaena), et hyène brune (Parahyaena brunnea) plus protèle (Proteles cristata) pour l'Afrique australe et orientale. Discrètes et opportunistes, les deux premières sont les plus répandues; elles ont néanmoins été pratiquement éradiquées de l'Afrique occidentale, ne subsistant en effectif 'optimiste', en ce qui concerne la hyène tachetée, que dans le vaste complexe des réserves cynégétiques et parcs nationaux à cheval sur les frontières du Burkina Faso, Bénin et Niger. C'est d'ailleurs dans le parc national de la Pendjari (Bénin) que j'ai eu à voir mes seules hyènes tachetées d'Afrique de l'Ouest. En moindre nombre, des hyènes se maintiennent dans le parc national du Niokolo Koba et sur quelques îles du Sine Saloum, au Sénégal. La hyène rayée, sahélo-saharienne mais aussi maghrébine, a probablement été anéantie dans la majorité de son aire sahélienne, ne survivant ici et là que dans les Atlas (singulièrement en Algérie) et dans quelques coins reculés des massifs sahariens.

    Une nouvelle enquête pour une cartographie réactualisée et... rabougrie

    Face à un tel effondrement, le Groupe spécialiste des Hyaenidae à l'Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN)* a lancé une vaste enquête, à l'échelle de tout le continent, afin d'établir une nouvelle cartographie distributive des quatre espèces de hyènes africaines. Les dernières données disponibles quant au nombre et à la répartition desdits carnivores dataient de 1998... Vingt ans après, les cartes d'alors sont déjà antédiluviennes. 20 ans, c'est à dire rien à l'échelle du temps. En matière de destruction, l'Homme est rapide, du genre expéditif. L'enquête consiste aussi à rassembler toutes les données disponibles sur le statut de nos hyènes, y compris les observations par des particuliers ayant croisé le chemin de la bête entre 2010 et 2018. Toute info, directe mais aussi indirecte si elle est vérifiée ou vérifiable est la bienvenue afin d'établir une cartographie la plus exhaustive possible, tâche ardue s'il en est. Déjà plus d'un millier de données ont été collectées, dressant une première carte très signifiante (cf. ci-dessous). Dans le nord-ouest africain: l'Algérie, pour la hyène rayée; et en Afrique occidentale subsaharienne: le complexe W-Arly-Pendjari-Oti (WAPO - Burkina Faso, Niger, Bénin, Togo) pour la hyène tachetée. Ailleurs dans cette région naturellement en déperdition, c'est le grand vide (à cet instant) - et cela vous étonne ? Il y a évidemment des endroits ici et là en Afrique de l'Ouest où subsisteraient bien quelques hyènes, mais on peut parler dès lors de survivantes, en sursis. On espère toujours, fidèle aux miracles, en attendant quelques heureuses surprises. Des ratels (Mellivora capensis) ont bien été retrouvés, ces deux dernières années, dans la basse vallée du Sénégal ! Trépassés écrabouillés, butés par la route (à suivre sur Ornithondar)... Il y a donc de l'espoir, non ?!

    L'écologue Stéphanie Periquet résume pour Ornithondar l'ambition du projet:
    " Le groupe de l'IUCN (..) est donc en train de compiler toutes les données d'observations des 4 espèces de hyènes faites entre 2010 et 2018. Ces données formeront la base pour la construction de nouvelles aires de distribution et seront le premier pas pour mettre à jour le statut ainsi que le futur plan de conservation des hyènes.
    Les objectifs qui guident cette recherche sont les suivants:
    1/ mettre à jour les aires de distribution des Hyaenidae au niveau global
    2/ comparer ces nouvelles distributions à celles du plan d'action 1998
    3/ regrouper toutes les données existantes sur les densités de hyènes
    4/ identifier les menaces principales pour chaque espèce/région "

    pour une enquête (em)menée par Torsten Bohm, Andrew Jacobson, Stephanie M Dloniak & Florian Weise, 2018-2019

    Dans la basse vallée du fleuve Sénégal

    En ce qui concerne notre vallée du fleuve Sénégal, les très rares communications dont dispose Ornithondar, toutes indirectes (lire ci-après), datent des années 2006-2009 et en disent long sur le statut des deux Hyaenidae théoriquement présentes par chez nous, pour le coup et concrètement au seuil de l'extinction locale
    • Plusieurs contacts avec Crocuta crocuta exclusivement dans le Ndiaël (réserve spéciale d'avifaune du Ndiaël, RSAN) signalés et rapportés par des éleveurs et résidents Peuhls de/dans ladite réserve, dans la première décennie du XXIe siècle, et notamment en 2009-2010. La hyène tachetée n'y avait plus été contactée depuis 1952. 
    • Selon les éleveurs du même Ndiaël, une (1) hyène tachetée (Crocuta crocuta) aurait attaqué un troupeau de bovins et mortellement blessé un veau, vers février 2009 (rapporté en février 2010)
    • Cheikh Aïdara, un ami de Bango sortant régulièrement sur le terrain avec moi au début de cette décennie, m'a confié avoir vu une (1) hyène tachetée morte suite à une collision au niveau du grand carrefour de Rosso-Richard Toll, au nord du Ndiaël. La scène daterait de 2006 ou 2007.
    • En rappel, une (1) hyène tachetée (Crocuta crocuta) avait été trouvée morte suite à un empoisonnement dans la réserve d'avifaune du Ndiaël (RSAN), c'était en 2003, le fait divers avait été rapporté par un media local.
    • Pour ma part, un terrier à grande gueule et bords arrondis que j'ai découvert dans le nord du Ndiaël pourrait bien être la tanière de hyènes - ou de ratels...
    • Encore moins utile à l'inventaire actuel mais à titre d'info' locale (à la rubrique des chiens écrasés ?): il y a quelques semaines le zoologue français François Baillon me racontait qu'à son époque il y avait encore des tanières et des hyènes tachetées à l'orient du lac de Guiers. C'était au tout début des années 90' du siècle passé; la Préhistoire...

    Encore plus loin dans le temps, des années 70' Boulière, Morel et Galat* nous rapportent qu'à la différence d'aujourd'hui c'était la hyène rayée et non la hyène tachetée qui aurait été la moins rare (au XXe siècle) dans notre septentrion. La "seule hyène de la région sahélienne, tant au nord qu'au sud du fleuve" (rapporté par Poulet, 1972); un sujet aurait été observé dans le parc national des oiseaux du Djoudj (PNOD, par Ndao et Dupuy, 1973), où en revanche la hyène tachetée n'a jamais été contactée bien que sa présence deltaïque "aurait" été attestée jusque 1970 environ. Tout cela aurait été... et n'est plus.

    * 'Les grands mammifères de la basse vallée du Sénégal et leurs saisons de reproduction', 
    par F. Bourlière, G. Morel & G. Galat, in Mammalia, tome 40, n° 3 (1976)

    Nota: à ma connaissance aucune donnée ou mention de la hyène rayée (Hyaena hyaena) dans la région du bas-delta sénégalais à l'occident du lac de Guiers depuis le début de ce siècle. Un sort probablement et définitivement scellé. Sale bête !

    Ci-dessus:
    Cartographie ouest-africaine et afro-asiatique 
    des toutes premières données (2018) de hyène tachetée et hyène rayée 
    collectées par le Groupe spécialiste des Hyaenidae à l'UICN / SSC
    à g. Hyène tachetée - Crocuta crocuta
    à d., Hyène rayée - Hyaena hyaena

    Ci-dessus:
    hyène tachetée - Crocuta crocuta, vers Palmarin (Petite Côte)
    2016 11 24 / Courtesy © photo par Bram Piot (SenegalWildlife)

    Ailleurs au Sénégal - et au-delà de l'Afrique occidentale

    Au Sénégal, c'est dans le Sine Saloum qu'on aura le plus de chance d'observer la maraude de quelques hyènes tachetées (Crocuta crocuta, Spotted Hyaena); même de jour, c'est un bon signe. Statut autrement précaire pour celles qui errent un peu plus haut sur la Petite Côte, récemment signalées avec sensationnalisme par les torchons locaux du Net, vers Thialewne (Rufisque !) et vers Kaolack. Les plus connues (et quelque peu sous protection) demeurant celles qui fréquentent les vasières de Ndiafatte autour de la fameuse île aux crécerellettes et nauclers. Des rares mentions avec photographies après 2010, celles des camarades Simon Cavaillès, sur Kousmar (2010), et Bram Piot du coté de Palmarin (2016): par "deux fois", dont "une femelle avec deux petits !" [com. pers. 2019 01 15]. Dans l'oriental sénégalais aux confins sahélo-soudaniens, les derniers inventaires (par transects) de la réserve communautaire du Boundou (RNCB) emmenés par Gabriel Caucanas (CORENA) ont donné une seule observation indirecte en saison des pluies (empreinte à la mare de Wendou Féto - 2017 08), neuf (2018 04) et quinze contacts indirects (2017 04) au coeur de la saison chaude et sèche (empreintes, fèces); et surtout une observation nocturne de quatre (4) sujets à l'abreuvoir en période d'harmattan, sèche et 'fraîche' (barrage de Koussan - 2018 01). On se contente de très peu, et d'indices de (sur)vie, de nos jours. Quant au fameux Niokolo, cette vaste boucherie pourvoyeuse de bonnes viandes (toutes...) et d'occultisme (presque toutes ont leurs vertus...) pour nos "émergés" et autres "arrivés" new look de la bourgeoisie dakaroise...

    Discussion vraie vraie du jour [2019 01 15]
    avec quelqu'un qui connaît parfaitement la situation au coeur - et pour cause...:

    " Moi: 
    - Au cas où tu aurais des données que je n'ai pas
    Correspondant(e):
    - Ah. Les vivantes, je ne sais pas...
    - En effet
    - Les mortes, il y en a dans tout Dakar. A la pelle sur les tables de vente.
    - Vrai ??? Dans Dakar ????
    - Et dans tout le pays, d'ailleurs
    - Sorcellerie ?
    - Oui
    - Comme au Faso et ailleurs...
    - Oui malheureusement
    - Pffffff... "


    En Afrique orientale également, la bête se raréfie à grandes enjambées, victime des empoisonnements au même titre que tous les grands nettoyeurs comme les vulturidés; impitoyablement traquée, au Kenya, en Tanzanie comme en Ouganda (cf. ci-dessous), et en tout lieu du continent piégée, mutilée, torturée car accusée d'attaquer le bétail, cet allié de l'explosion démographique des Hommes. Braconnée partout (cf. dialogue ci-dessus) pour ses prétendues vertus aphrodisiaques ou je ne sais quel perlimpinpin de la grande médecine rebouteuse. La hyène est aussi impactée par les collisions nocturnes, y compris au Sénégal (cf. plus haut), c'est récurrent sur la mortelle balafre routière qui déchire le parc national du Niokolo Koba (PNKK). En Ethiopie son bastion, ses spectaculaires rires se faisaient toujours entendre en 2015, depuis les pentes d'Entoto jusque dans le cloaque urbain d'Addis Abeba, dans lequel elle n'hésite pas à descendre visiter les immondices; hélas, là comme ailleurs en Afrique on découvre régulièrement sa dépouille sur le bord des routes bondées d'engins tonitruants et... tue-la-mort...

    En Ouganda, " la bête est devenue rare. 
    Elle se fait piéger de partout. 
    Même dans le Kidepo, je ne l'ai entendue qu'une seule fois et de très loin... 
    Et dans le Pian Upe, une hyène bien esseulée se fait annoncer tous les soirs près du camp ! "
    - Pascal à Frédéric Bacuez 2019 01 9 & 15

    Dernier avatar d'une insoutenable rubrique mortuaire, cette malheureuse hyène rayée (Hyaen hyaena, Striped Hyaena) abattue dans les monts des Béni Snassen de l'oriental marocain, il y a quelques semaines. D'abord imputé à une vidéo algérienne, le crime aurait été commis lors d'une battue administrative dite de régulation des sangliers... Comme en France, les fines gâchettes chérifiennes gèrent, régulent, imposent leur diktat, bref elles ont la vue bien basse (et courte): ici le dégât collatéral aura été une hyène, là-bas c'est un cheval, une vache, un cycliste, un trailer... Gloire éternelle à l'Homme, le prédateur ultime !

    " Ca fait vraiment mal au coeur, un animal si sympathique. 
    [au contraire de ce que tend à faire croire le trophée ci-après d'une folle enragée, ndlr.]
    Et puis ses complaintes nocturnes sont si bouleversantes. "
    - Pascal à Frédéric Bacuez 2019 01 15


    par Michel Louis in Manuel de gestion des aires protégées d'Afrique francophone, dir. Patrick Triplet (2009)
    La hyène rayée, in Ecologie.ma [Maroc] 2012 09 12
    AndIn defence of hyenas – they’re not just scavengers, in The Conversation 2019 02 22

    Ci-dessous:
    à g.,  hyène tachetée et hyène rayée, planche par P.-L. Dekeyser in L'Encyclopédie berbère (1984)
    - à d., hyène rayée - Hyaena hyaena et hyène tachetée - Crocuta crocuta
    The Zoological Natural History Museum, Addis Abeba, Ethiopie 2015 01 31 / © Photo par Frédéric Bacuez
    En bas de notule:
    hyènes tachetées - Crocuta crocuta, la nuit près de notre bivouac.
    Vers Abidjatta-Shalla National Park, Ethiopie 2015 01 23-24 / © Piège-photo Frédéric Bacuez
    2

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  3. Ci-dessus:
    les lieux de la découverte et 'nos' oiseaux virevoltant...
    2018 01 5, 14h32 et 14h41 / © Photos par Frédéric Bacuez

    * Doué vers Gamadji Saré, moyenne vallée du fleuve Sénégal -

    Indubitablement l'événement ornitho de 2018 au Sénégal. Il y a un an jour pour jour (huit mois pour sa 'certification' officielle), trois heureux naturalistes*, Filip, Bram et Fred découvraient un 'groupe aérien' d'une espèce afrotropicale jusque-là inconnue du Sénégal, le martinet horus (Apus horus, Horus Swift), précisément sur les rives du/de la Doué, un effluent du fleuve Sénégal dans sa moyenne vallée. Une première non seulement pour le pays mais aussi la sous-région. A quelque 1600 kilomètres du point d'observation le plus proche (Ghana) et, comme l'écrit justement Bram Piot dans son bilan de la saison ornitho 2018 au Sénégal [cf. ci-après], à plus de 3000 kilomètres de sa première zone connue de reproduction (Cameroun). Bien contents, quant à nous, d'ajouter une 676e espèce à la liste sénégalaise de ses 677 oiseaux, récemment revue et... augmentée par notre indispensable Bram, décidément. Avec tous nos meilleurs vœux ornithos pour 2019 !

    Bram Piot [SenegalWildlife] & Frédéric Bacuez [Ornithondaravec Filip Verroens, 5-6 janvier 2018
    Frédéric Bacuez [Ornithondaravec Daniel Nussbaumer, 12-13 février 2018
    Bram Piot [SenegalWildlifeavec Vieux Ngom, in Northern Senegal after the rains, 3-7 Oct. (Part I), 5-6 octobre 2018

    Breaking news !
    Et de toutes récentes données suite à nos publications (qui en ont opportunément inspiré certains):
    35+ ind. observés in situ par Wim van Zwieten, 7 janvier 2019, in Gambia and Senegal Birding (Groupe Facebook)
    25 ind. observés in situ par Andrew Spencer, Jay McGowan, Nathan Pieplow & Tayler Brooks, 30 décembre 2018, in eBird Ckecklist

    " We’ll start with the best of all: the discovery of what appears to be an isolated (?) population of Horus Swifts (Martinet horus), some 3,000 km from the nearest known breeding sites and more than 1,600 km from the nearest observations of the species (in northern Ghana). This is probably one of the least expected range extensions uncovered in West Africa in recent years, and something we’re of course quite excited (and rather proud!) of. We found these birds during an epic 4-day trip up north together with Frédéric Bacuez and visiting birder Filip Verroens from Belgium, in early January. Needless to say, the year started off with a bang! Read up the full story here and on Frédéric’s Ornithondar blog (in French). A few of these neat swifts were seen again in February by Frédéric and Daniel Nussbaumer, then in October by Vieux Ngom and myself when some 50 birds were present, again showing signs of local breeding and confirming that these birds are most likely residents here, and just last week a group of visiting American birders saw about 25 birds at Gamadji Sare. "
    - Bram Piot in SenegalWildlife 2019 01 4

    Ci-dessous:
    Martinet horus - Apus horus, dans les sables éoliens de l'harmattan saisonnier
    Au-dessus de la Doué 2018 02 12, 16h27 / © Photo par Frédéric Bacuez, avec Daniel Nussbaumer

    Précédemment, et chronologiquement (inversé) - Lire, voir, écouter...
    Year in review: 2018, par Bram Piot in SenegalWildlife 2019 01 4 [en Anglais]
    Northern Senegal after the rains, 3-7 Oct. (Part I), par Bram Piot in SenegalWildlife 2018 11 2
    Those Mystery Swifts: Horus, New to Senegal, par Bram Piot in SenegalWildlife 2018 04 10 [en Anglais]
    Horus Swift · Apus horus, enregistrement sonore in situ par Bram Piot in Xeno-Canto 2018 01 6

    Et aussi:
    La liste ornitho sénégalaise, revue et corrigée par Bram... 
    Of lists, listing and listers: how many bird species in Senegal?, par Bram Piot in SenegalWildlife 2018 07 21
    Ma liste ornitho pour le nord du Sénégal...
    Oiseaux, moitié nord du Sénégal, par Frédéric Bacuez in Ornithondar [Pages]

    Ci-dessous:
    de Dagana à Ndioum/Gamadji Saré
    Filip Verroens, Bram Piot et Frédéric Bacuez dans la moyenne vallée du fleuve Sénégal
    2018 01 4-7 / © Photos par Filip Verroens et Gilles Le Ouzon [Fort de Dagana]
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  4. Crocodile d'Afrique de l'Ouest - Crocodylus suchus
    'Canal de décharge' vers Mboubeune 2018 12 25 / Courtesy © photo par Daniel Mignot 

    * Plaine de crue du fleuve Sénégal. Canal de décharge -

    Encore une heureuse pioche des amis Alix & Daniel Mignot lors de leur dernière broussarde, le jour de Noël - quel cadeau, mieux qu'une ceinture en cuir ! En "(...) cette fin d'après-midi, rencontre imprévue avec un petit lézard...": un gracieux crocodile d'Afrique de l'Ouest (Crocodylus suchus, West African Crocodilecf. ci-après et photo en haut de notule) sur la vase du 'canal de décharge' du coté de Mboubeune, encore et toujours... Impromptue aussi, la rencontre, loin des parcs nationaux du Djoudj (PNOD, Sénégal) et du Diawling (PND, Mauritanie), ou du lac de Guiers dans lesquels se maintiennent laborieusement quelques dizaines de ces sauriens. Car ici dans la plaine de crue au sud de Diama, on n'est pas dans le marigot de Djoudj, seul endroit de la basse vallée du fleuve Sénégal où l'on est certain de voir traîner quelques beaux spécimens aux alentours du nichoir des pélicans. Partout ailleurs, les crocos ont déserté leur habitat, pris aux pièges des filets traînants, impitoyablement chassés par les pêcheurs et autres usagers des points d'eau, et joyeusement tirés comme des lapins, pour le plaisir - c'est vilain, c'est nuisible, c'est dangereux, vous connaissez l'antienne. Dans le cas du jour, soit l'aventurier suicidaire a remonté le canal après avoir descendu le fleuve, jeté avec les lâchers du barrage de Diama ou après s'être extrait du Diawling; soit il a pris le cours du Djeuss en provenance du Djoudj... Le percement par Eiffage & Co de multiples canaux au profit des riziculteurs pourrait avoir une conséquence inattendue: disséminer les reptiles, avec les effluents, ha ha ha ! J'ai toujours pensé que les camarades 'développeurs' étaient au fond de grands écolos qu'on ignore; ou qui s'ignorent. Maintenant, ce louable engagement pour la biodiversité plaira-t-il à leurs hôtes, telle est la question ? Vitale; pour le "caïman", qu'on se comprenne bien.

    Frédéric à Daniel:
    - Aïe, il vit dangereusement, ton lézard... J'ai peur pour lui !
    Daniel à Frédéric:
    - C'est clair qu'il n'a pas plus d'avenir que l'Homme moderne... 
    Lui il va finir en babouches...


    Nota: Crocodylus suchus a longtemps été considéré comme une sous-espèce du crocodile du Nil (Crocodylus niloticus). En 2015, Shirley et al. ont démontré par des analyses ADN que ces sauriens étaient génétiquement et morphologiquement différents de leurs congénères d'Afrique australe et orientale; fini leur rattachement au(x) Nahr mythique(s), nos reptiles occidentaux constituent désormais une nouvelle espèce ! Si les études ont d'abord été menées sur des sujets isolés du Sahara mauritanien, d'où leur surnom de 'crocodiles du désert', il est désormais admis que des trois espèces de crocodilidés répertoriées dans la région*, le crocodile d'Afrique de l'Ouest est distribué dans la quasi totalité des territoires favorables hors biome strictement forestier, au nord-ouest de la cuvette congolaise et dans toute l'Afrique du Golfe de Guinée jusqu'aux gueltas du Sahara atlantique, y compris le Draa marocain d'où il a disparu en 1951. Dans la vallée du fleuve coté mauritanien, l'association scientifique portugaise Biodeserts apporte sa contribution à la connaissance et à la protection de Crocodylus suchus sur ses spots sahariens mais aussi dans le parc national du Diawling (PND, cf. photo en bas de notule).
    Il faut savoir que semblable split a été opéré pour le varan du Nil (Varanus niloticus et formes phénotypiques forestières ornatus), devenu dans la même période "une espèce à part entière" de notre région: Varanus stellatus, c'est le nouveau pedigree du varan de l'ouest africain. Chers lecteurs, vous voilà désormais avertis des progrès de la Science moléculaire !

    * En Afrique occidentale, outre Crocodylus suchus, Mecistops cataphractus (crocodile à nuque cuirassée, faux-gavial d'Afrique de l'Ouest - CR/En danger critique d'extinction, récemment séparé d'un tout nouveau faux-gavial d'Afrique centrale, merci à Hugo Touzé pour l'info !), et Osteolaemus tetraspis (crocodile nain, VU/Vulnérable, que j'ai pu observer en... Haute-Volta puis au Gabon) - les deux dernières espèces étant absentes du Sénégal

    Sources:
    Crocodylus suchus - Crocodile d'Afrique de l'Ouest (2015)
    Fine scale patterns of genetic partitioning in the rediscovered African crocodile, Crocodylus suchus (Saint-Hilaire 1807),
    par Seth W. Cunningham, Matthew H. Shirley & Evon R. Hekkala, in PeerJ - The Journal of Life and Environnemental Sciences, PMC US National Library of Medicine & National Institute of Health, 2016

    Varanus stellatus - Varan de l'ouest africain (2016)
    Molecular data from contemporary and historical collections reveal a complex story of cryptic diversification in the Varanus (Polydaedalus) niloticus Species Group,
    par Stephanie A. Dowell, Daniel M. Portik, Vivian de Buffrénil, Ivan Ineich, Eli Greenbaum, Sergios-Orestis Kolokotronis & Evon R. Hekkala, in Molecular Phylogenetics and Evolution 94, p. 591-604, 2016
    Nile monitor taxonomy 2015, in Mampam Conservation


    Ci-dessous:
    Biodeserts dans le parc national du Diawling (PND), Mauritanie 2017 05
    en bas au centre, photo-montage d'époque, le fake est vieux comme l'Homme...
    en bas à g., crocodile du Nil - Crocodylus niloticus, Zoological Natural History Museum
    Addis-Abeba, Ethiopie 2015 01 31 / © Photo par Frédéric Bacuez
    en bas à d., varan de l'ouest africain sur tronc d'eucalyptus
    berges du Djeuss bangotin, Sénégal 2012 12 7 / © Photo par Frédéric Bacuez
    - Cliquer sur les photos pour agrandir -
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  5. La relève - enfin !? Trop tard ?
    Digue de Tylla sur le N'Galam, Trois-Marigots
    2016 03 4, 9h55 / © Photo par Frédéric Bacuez, avec Jérémy Calvo (dans le marais à l'autre bout de la lunette...)


    Lire, voir, écouter: une sélection critique 
    Le meilleur, le moins bon, le pis-aller - et le pire tout court !
    [oiseaux, mammifères, serpents, plantes etc.]

    Tout ou partie de ces documents est disponible 
    chez les éditeurs (encore) sérieux: NHBS (Grande-Bretagne) et Delachaux & Niestlé (Suisse)
    Egalement ici, un merveilleux fonds d'oeuvres souvent rares ou quasi introuvables ailleurs:

    L'oiseau, c'est une idée dans l'air. 
    - Jean Rollin

    Dans une (grande) poche, un sac à dos ou sur le tableau de bord de la voiture, ci-après les trois guides d'identification indispensables - et les moins volumineux possible:

    • Birds of Senegal and The Gambia, par Nik Borrow & Ron Demey (Helm Field Guides - Christopher Helm Editions, 2011)
    • Le guide ornitho - nouvelle édition, par Lars Svensson, Killian Mullarney & Dan Zetterström (Ed. Delachaux et Niestlé, 2015)
    • The Kingdon Pocket Guide to African Mammals - Second edition, par Jonathan Kingdon (Bloomsbury Natural History, 2015)

    On complètera ses observations du terrain par la consultation, à la maison, au campement ou à l'hôtel, des ouvrages d'identification suivants, un peu plus lourds mais fort utiles: 'Birds of Western Africa' (première parution 2001), des mêmes auteurs qui ont produit le nécessaire 'Birds of Senegal and The Gambia' (2011), se décline ici en trois versions: une anglaise (la toute dernière de 2014, sous la forme ci-dessous présentée, éviter l'édition 'Princeton' aux planches très sombres) et deux françaises pour le même ouvrage, 'Oiseaux de l'Afrique de l'Ouest' (2008 puis 2015 - ici présentée).
    La production livresque, y compris en guides de terrain, demeure pour l'Afrique de l'Ouest pas bien riche, n'autorisant guère de choix, objectifs ou subjectifs (affectifs). Il y aurait fort à dire sur la qualité de certaines planches des deux Borrow-Demey, en particulier sur les 'petits' oiseaux, on pense par exemple aux cisticoles et aux fauvettes paludicoles. Nous ne ferons pas la fine bouche néanmoins, le travail de présentation des espèces accompli demeure pour le moment inégalé (déjà mieux que le vieux Serle & Morel de mon adolescence...). Le Sénégal étant, c'est notre chance, un spot facile d'accès pour observer la migration et le stationnement hivernal des oiseaux paléarctiques, on sera très heureux d'avoir sur soi l'un des meilleurs guides d'identification au monde qu'est 'Le guide ornitho' (1999, nouvelle édition mars 2015); je vous assure qu'il est d'un grand secours ! Histoire de ne pas se focaliser exclusivement sur nos amis les oiseaux, on fera une petite place pour le guide d'identification de terrain des 'Mammifères d'Afrique' (version française 2e édition "revue et augmentée", octobre 2017 - voir les originelles anglaises ci-après) afin de ne pas confondre un patas avec un phacochère, ha ha ha ! Vu le nombre restreint d'espèces diurnes encore vivantes dans notre région sahélienne très appauvrie dans ce domaine, on pourra même attendre un retour at home, ici ou au-delà des mers, pour donner un nom aux rares quadrupèdes (non domestiques) rencontrés...

    • Birds of Western Africa - Second edition, par Nik Borrow & Ron Demey (Helm Field Guides - Christopher Helm Editions, 2014)
    • Oiseaux de l'Afrique de l'Ouest, par Nik Borrow & Ron Demey (Ed. Delachaux et Niestlé, 2015)
    • Mammifères d'Afrique - 2e édition revue et augmentée, par Jonathan Kingdon (Ed. Delachaux et Niestlé, 2017)

    Ci-dessous:
    à l'orient du lac de Guiers 
    2018 01 4, 15h09 / © Photo smartphone Frédéric Bacuez

    Quand y aura-t-il des observateurs qui nous rendront compte de 
    ce que font nos hirondelles au Sénégal et nos cailles en Barbarie ? "
    - Comte de Buffon, 1737

    Pour les ornithologues 'authentiques', les chercheurs et tous les curieux qui ont besoin, au-delà de la seule identification des espèces, d'infos précises, de recul historique, d'une expertise rigoureuse et longuement ancrée dans le pays, il faut aussi regarder vers les voisins et/ou les Anciens: la Mauritanie ('Oiseaux de Mauritanie', 2010, sous la direction de Paul Isenmann, pour un nordiste comme moi assurément le plus instructif des trois); la Gambie ('A field guide to the Birds of The Gambia and Senegal', 1997 puis 2006, sous l'autorité de Clive Barlow, principalement centré sur cette Gambie très dynamique d'un point de vue ornithologique); quant au Sénégal précurseur de l'ornithologie locale moderne, gloire à nos ancêtres Marie-Yvonne et Gérard Morel ! Référence obligée pour tous les ornithologues durablement basés dans le (nord du) pays, singulièrement dans la vallée du fleuve, 'Les oiseaux de Sénégambie' des époux Morel (1990) ne se trouve plus facilement, il faut donc aller le chercher chez les bouquinistes spécialisés; à défaut, se contenter des pages disponibles 'en ligne':

    • Oiseaux de Mauritanie/Birds of Mauritania, par Paul Isenmann, Maurice Benmergui, Peter Browne, Amadou Diam Ba, Cheikh Hamallah Diagana, Yelli Diawara & Zeine el Abidine ould Sidaty (Ed. MNHN-SEOF, 2010)
    • A field guide to the Birds of The Gambia, par Clive Barlow, Tim Wacher & Tony Disley (Pica Press Ed., 2006)
    • Les Oiseaux de Sénégambie, par Marie-Yvonne et Gérard J. Morel (IRD ex Orstom Editions, 1990)

    Impossible à trimballer sur le terrain mais incontestablement l'ouvrage le plus complet sur l'écologie des oiseaux dans leur univers sahélien. Mieux, considéré comme l'un des plus fameux bouquins naturalistes commis dans cette dernière décennie, à coup sûr la référence pour celles et ceux qui veulent comprendre les enjeux environnementaux de cette partie du monde, bref un beau livre doublé d'une mine d'infos de haute volée ! Superbe iconographie, érudition accessible: qui aime et parcourt (encore) le Sahel, du Sénégal au Tchad et même au-delà (profitez-en, ce sont les dernières années), ne peut que sacrifier au coût de cet exceptionnel 'Living on the Edge - Wetlands and Birds in a Changing Sahel' [2010, vivre au bord du gouffre mais aussi sur les marges/à la marge, interprétation intelligente du mot d'origine arabe Sahel signifiant 'bordure', 'lisière', traduit en français avec moins de nuances par 'Les ailes du Sahel - Zones humides et oiseaux migrateurs dans un environnement en mutation ', 2012]. Un livre primé à maintes reprises, le cadeau de Noël obligatoire !

    • Living on the edge - Wetlands and Birds in a Changing Sahel / Les ailes du Sahel - Zones humides et oiseaux migrateurs dans un environnement en mutation, par Leo Zwarts, Rob G. Bijlsma, Jan van der Kamp, Eddy Wymenga (KNNV Uitgverij, 2009 [version anglaise originale] et 2012 puis 2015 [versions françaises]), avec une synthèse PDF de l'ouvrage

    Depuis que le Sénégal et tout spécialement la péninsule dakaroise du Cap Vert ont été décrétés hotspot mondial pour les oiseaux pélagiques (on n'oublie pas les cétacés !), les passionnés des richesses océaniques locales peuvent se référer aux trois ouvrages suivants. L'observation pélagique étant un 'sport' difficile, elle nécessite matériels et bonnes connaissances; hélas, la documentation illustrative et pédagogique qu'on espère reste à venir; pour l'heure aucun ouvrage spécialisé n'est réellement et complètement satisfaisant:

    • Flight identification of European Seabirds, par Anders Blomdahl, Bertil Breife & Niklas Holmstrom (Christopher Helm Editions, 2007)
    • Seabirds, an identification guide, par Peter Harrison (Houghton Mifflin Editions, 1991)
    • Baleines, dauphins et marsouins - Le guide visuel de tous les cétacés à travers le monde, par Mark Carwardine & Martin Camm (L'oeil nature, Bordas Editions, 2000)

    Le Sénégal et notamment la vallée du fleuve sont des quartiers d'hiver connus et reconnus pour les limicoles et les anatidés paléarctiques: 3e site régional après le lac Tchad et le delta intérieur du fleuve Niger. Si les planches des Borrow & Demey cités plus haut peuvent suffire aux plus expérimentés, elles sont en revanche plus délicates à décrypter quand le visiteur essentiellement venu d'Europe est soudainement confronté à des oiseaux en plumage postnuptial et, pire, dans une de ces changeantes et très variables déclinaisons pré ou post-nuptiales. Le Guide ornitho est alors d'une bonne aide. On pourra compléter par les ouvrages suivants, d'identification ou d'expertise - en haut, identification des limicoles et des anatidés; en bas, atlas et inventaires des oiseaux d'eau, limicoles et anatidés dans l'Afrique subsaharienne y compris le bas-delta sénégalais.

    • Shorebirds, An Identification Guide to the Waders of the World, par Peter Hayman, John Marchant & Tony Prater (Houghton Mifflin Editions, 1991)
    • Guide des limicoles d'Europe, d'Asie et d'Amérique du Nord, par Don Taylor (Ed. Delachaux et Niestlé, 2006)
    • Guide des canards, des oies et des cygnes, par Steve Madge & Hilary Burn (Ed. Delachaux et Niestlé, 2006)
    • Atlas of Anatidae Populations in Africa and Western Eurasia, par Derek A. Scott & Paul Rose (Wetlands International Publications, 1996)
    • An Atlas of Wader Populations in Africa and Western Eurasia, par Simon Delany, Derek A. Scott, Tim Dodman & David Stroud (Wetlands International Publications, 2009)
    • African Waterbirds Census - Les dénombrements d'oiseaux d'eau en Afrique 1999-2000-2001, par Tim Dodman & Cheikh Hamallah Diagana (Wetlands International Publications, 2003)

    Pour les oiseaux de proie diurnes, les livres d'identification ne manquent pas et sont généralement bons, même si la production demeure l'apanage de l'Europe et de l'Amérique du Nord; en Afrique, l'unique effort d'édition provient de l'Afrique du Sud, nul n'en sera surpris. Le dernier livre que j'ai acheté est le magnifique African Raptors, justement salué par la presse spécialisée et les camarades qui suivent la migration des rapaces: textes, dessins et photographies (eh oui... - cf. plus bas) y sont de premier choix; un bémol, il est plutôt volumineux et trop beau pour être un compagnon de brousse... Les trois ouvrages ci-après ne décevront pas, le premier étant non seulement un classique mais aussi le plus proche d'un (excellent) livre d'identification de terrain (avec photos et planches, comme quoi, eh oui bis repetita !); le SASOL est l'unique ouvrage continental (Afrique du Sud, première parution 1991, dernière édition 2006) qui couvre, avec brio, l'intégralité des rapaces diurnes du continent:

    • Rapaces diurnes - Europe, Afrique du Nord, Moyen-Orient dernière édition, par Benny Gensbol (Ed. Delachaux et Niestlé, 2014)
    • SASOL Birds of  Prey of Africa and its Islands dernière édition, par Meg et Allan Kemp (Struik Publishers, Afrique du Sud, 2005)
    • African Raptors, de Bill Clark & Rob Davies (Helm Identification Guides, Christopher Helm Editions, 2018)

    Mammifères, petits et grands

    Ici on entre dans une catégorie d'animaux pour laquelle les publications sont légion, avec quelques références qui dépassent le cadre continental: on pense au monumental 'Mammals of Africa', en six volumes (2013, ci-dessous) sous la direction d'un des meilleurs sinon le meilleur spécialiste généraliste des mammifères africains, Jonathan Kingdon. J'ai eu l'occasion d'en parcourir les pages, c'est absolument bluffant de talent ! Quant aux informations, sur l'écologie et l'éthologie de chacune des espèces présentées, seuls les Britishs ont cette capacité de nous émerveiller avec de l'érudition scientifique - mais il faut avoir une bibliothèque, une denrée rare au Sahel... A défaut, on pourra sans démériter se rabattre sur le Field Guide (dernière édition, 2015), un juste milieu entre le Pocket guide de terrain cité en haut de page et la collection bibliothécaire sagement conservée 'au pays' (rangée aux cotés des non moins édifiants 'The Birds of Africa', huit volumes, ci-dessus, hélas pour la plupart out of print et à rechercher chez les revendeurs de la toile...). Très bonne initiative Yankee que cette publication sur les primates d'Afrique de l'Ouest ('Primates of Western Africa', 2010-2011, avec en prime sa sympathique brochure d'identification de poche), même si dans notre septentrion nous n'avons en tout et pour tout que deux cousins, le rouge et le vert... Avec, certainement dans l'oriental, quelques galagos non bûcheronnés.

    • Primates of Western Africa - A Field Guide and Natural History, par John F. Oates & Stephen D. Nash (Tropical Field Guide Series, Conservation International, USA 2011)
    • Primates of Western Africa - Pocket Identification Guide, par John F. Oates & Stephen D. Nash (Tropical Field Guide Series, Conservation International, USA 2010)
    • The Kingdon Field Guide to African Mammals - Second revised edition, par Jonathan Kingdon (Bloomsbury Natural History, 2015)
    • Mammals of Africa - Volumes I to VI, par Jonathan Kingdon et al. (Bloomsbury Natural History, 2013)

    Quand on les trouve encore, les deux bouquins 'Faune du Sahara' (1989, ça commence à dater...) et leurs illustrations que l'on doit au camarade Jean Chevallier sont toujours utiles au naturaliste sahélien - surtout quand il s'agit des p'tites bêtes... Serle, Morel, Le Berre (Jean est un gamin, même à barbe poivre et sel !), c'est avec les vieux de la vieille qu'on apprend, enfin, c'est ce qu'on racontait, avant cette époque calamiteuse ! Le baobab, la bibliothèque, Hampaté Ba, le sage de Bandiagara, vous connaissez la ritournelle...

    • Faune du Sahara 1 - Poissons, Amphibiens, Reptiles, par Michel Le Berre & Jean Chevallier (Terres africaines, Editions Chabaud-Lechevalier, 1989)
    • Faune du Sahara 2 - Mammifères, par Michel Le Berre & Jean Chevallier (Terres africaines, Editions Chabaud-Lechevalier, 1989)
    • Les rongeurs de l'Afrique sahélo-soudanienne, par Laurent Granjon & Jean-Marc Duplantier (IRD éditions, Marseille 2009) est accessible en format PDF [tout comme ce fascicule d'identification, plus ancien et par les mêmes auteurs: Les rongeurs du Sénégal (IRD ex ORSTOM)] 

    Je ne peux refermer la section 'Mammifères' sans partager avec vous mon inconsolable pessimisme quant à l'avenir de ce patrimoine 'vivant' (mais moribond) dont se contrefichent malheureusement 99% des Africains, élites au premier chef... J'aime le diptyque suivant qui annonce d'un trait les temps qui viennent, demain, là, c'est en cours...:


    Reptiles et chéloniens

    Précieux cadeau 'pédagogique' de l'Institut de Recherche pour le Développement (IRD ex ORSTOM): deux des trois livres ci-après sont libres d'accès sur la toile, en format PDF. Pas gratis, le dernier ouvrage, 'Guide des serpents d'Afrique occidentale - Savane et désert' (2006), est certainement le plus approprié à notre région sahélienne. N'ayez pas peur, ici ce n'est pas la Guyane, il y a longtemps que le coup de bâton indiscriminé et systématique a fait son oeuvre...:

    Voir aussi: ICI sur Ornithondar


    Lépidoptères

    • Butterflies of West Africa - Text volume, par Torben B. Larsen (Apollo Books ed., 2005)
    • Butterflies of West Africa - Plate volume, par Torben B. Larsen (Apollo Books ed., 2005)

    Flore

    L'Arbonnier, la référence incontestée - en même temps, il n'y a pas trop d'ombrage, sur ce créneau !- en ce qui concerne nos arbres, arbrisseaux, arbustes et autres buissons des biomes soudanien et sahélien. Encore un baobab de culture fort utile pour l'identification et la connaissance des ligneux de cette région subsaharienne - un prix monumental aussi, pas à la portée de tous les émondages et autres cognées...

    • Arbres, arbustes et lianes des zones sèches d'Afrique de l'Ouest, par Michel Arbonnier, 2000 - nouvelle édition à paraître, février 2019 (Muséum national d'Histoire naturelle, Editions Quae)
    • Ligneux du Sahel - Outil graphique d'identification, par Pierre Bonnet, Michel Arbonnier & Pierre Grard (Editions Quae, 2008) 

    Du son et de la pellicule...

    Attendons impatiemment que soit (bientôt) publique la bienheureuse et sénégalaise sonothèque aviaire élaborée par l'ami Bram Piot pour Xeno-Canto - et dont j'ai eu récemment la primeur d'écoute...
    Breaking news 2018 12 16: elle est désormais ICI, la sono de Bram !
    Et lire son article sur SenegalWildlife


    Quant au film-doc 'Picci Toubab' (pour lequel j'avais eu le nez creux en lui apportant mon obole), qui concerne les faucons crécerellettes, les nauclers et quelques autres patrimoines du Sine Saloum du coté de Kousmar, c'est aussi pour saluer Simon. Et inviter mes lecteurs à s'engager aux cotés des associations et de leurs bénévoles qui font un travail souvent méconnu, peu médiatisé mais ô combien crucial en ces temps qui s'annoncent sombres et nécessairement conflictuels si l'on veut vraiment sauver Mère Nature (et nous accessoirement)...  L'ignorance entretenue (ici au Sénégal et dans sa vallée, par exemple !), la réunionnite la consultite et la perdiémite, les groupes Face-de-bouc 'C'est merveilleux !' 'Merci !' et 'J'adoooore !', les bons sentiments et le "en même temps", les slogans oniriques et toute la guimauve du siècle, les grandes et petites tricheries avec la Vérité, et la politique de l'autruche (pauvre oiseau !) n'y suffiront pas.

    Le pire ("One of the worst books about birds ever published", quia scriptum est...)
    • Oiseaux du Sénégal, par Jean-Marie Dupart (Amalion Publishing, 2017)

    Il faut se méfier des 'ouvrages' d'identification qui se veulent didactiques par le biais de la seule photographie; c'est très rarement réussi, pour la simple raison que la photo ne correspond qu'exceptionnellement à la vision que l'on a de l'oiseau sur le terrain à l'instant T ! Et que l'imagerie choisie pour accompagner une description de l'espèce est rarement de qualité, c'est le moins qu'on puisse dire. Mais avec 'Oiseaux du Sénégal' (Dakar 2017), signé Jean-Marie Dupart (il faut lire l'interview de l'auteur, c’en est hilarant tant on y atteint des sommets de forfanterie, des abîmes d'imbécillité), abusivement présenté comme "fervent défenseur de l'environnement" (ah si vous saviez...), ingénieur multi-compétences, ornithologue, photographe, collaborateur des parcs nationaux et on en passe et des plus savoureuses, on est consterné par autant d'entourloupe, sur la forme (iconographie, mise en page, impression, présentation), et sur le fond (les textes, aaaaah les textes !), truffé d'erreurs d'identification grotesques. Cela pourrait ne pas être bien grave, chacun a le droit de se produire (sic), de nos jours, Face-de-bouc faisant le job pour la gloriole (en milieu confiné d'ébaubis crédules et 'likeurs', ouf !) même du plus ignorant de ce dont il est censé traiter - allez y comprendre quelque chose, cela relève de sciences et de médecines que je ne maîtrise pas. Cependant, dans un contexte subsaharien déficient en matière de transfert des connaissances et d'information sérieuse, l'impact de ces fake-books est calamiteux. Heureusement qu'on ne lit plus: on déroule compulsivement des images (sans rien y connaître non plus). Car le plus scandaleux dans cette production, c'est le ramdam qui a été fait autour du produit, et de l'imposteur, dans quelques cercles sénétoubab de la bien-pensance béate (mais commerçante) de Dakar et de Saint-Louis, pas au-delà entendons-nous et rassurez-vous, car ce genre de phénomène 'blanc', récurrent sous ces tropiques, ne ferait pas long feu hors de sa région d'adoption (illusoire). Tout cela est bien affligeant et ne peut que nous abasourdir, nous qui sommes quelques uns à tenter de faire la médiation entre scientifiques et "grand public": être des passeurs pour les curieux, les voyageurs naturalistes, les passionnés, les 'cocheurs', les avertis comme les novices - qu'importe..., et d'intéresser à cette Afrique occidentale (francophone !) d'une biodiversité souvent ignorée des uns (ceux du Nord) et encore plus des autres (les Sénégalais, les Africains eux-mêmes !). Avec pour seul credo, rigueur et honnêteté autant qu'il nous est possible - nous ne sommes ni "scientifiques" ni ingénieur. Si le faussaire au moins ne se manifestait que dans son grand oeuvre - hélas... Le mot de la fin, trouvé sur la toile: "arnaque totale. Livre d'amateur. Même ma vendeuse de thiéboudiène en bas de chez moi en sait plus sur les oiseaux du coin. " Je n'irais pas jusque là, mais c'est très drôle. Et bien senti.


    Et pour tout dire (et -en- finir)...

    • Les racines du ciel, par Romain Gary (Ed. Gallimard, 1956-1980; Folio, 1972) [Prix Goncourt 1956]
    • The End of The Game / La fin d'un monde, par Peter Beard, avant-propos de Paul Theroux (Ed. Taschen, 1989)
    • La terrible trilogie de Nick Brandt: On this Earth (2005) - A Shadow Falls / L'Afrique au crépuscule (2009-2014) - Across the Ravaged Land / Chronique d'une terre dévastée (2013-2014) sans oublier le dernier opus: Inherit the dust (2016)
    • The Myth of Wild Africa - Conservation without illusion, par Jonathan S. Adams & Thomas O. McShane (First Edition, 1992)
    • Pour ceux qui ne peuvent s'en passer et parce que c'est une copine [que le gugusse cité plus haut n'a cessé d'importuner en l'accusant de ne "pas" être "professionnelle" - si si, devinez pourquoi, et on ne vous dit pas tout, là !], Le Petit Futé / Sénégal, par Rozenn Le Roux, édition 2019 mais j'ai la version 2018 (avec sa couv' fromager) à laquelle j'ai modestement contribué (comme d'autres à Saint-Louis, précisons-le)... Ah Ndar, ton univers concurrentiel, compétitif, impitoyable, et tes premiers de cordée ha ha ha !...

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  6. Ci-dessus:
    variante subsaharienne du turnix mugissant paléarctique,
    un turnix d'Afrique - Turnix sylvatica lepurana, vers Mboubeune
    Bas-delta du Sénégal 2016 06 27 / Courtesy © photo par Daniel Mignot

    En attendant la disparition régionale du turnix (mugissant) d'Afrique (ssp. Turnix sylvatica lepurana) et du turnix de Meiffren (sp. Ortyxelos meiffrenii), en situation très défavorable dans la vallée du fleuve Sénégal...
    Rarement vu: un Turnix d'Afrique près du Canal de décharge, in Ornithondar 2016 06 28
    Chercher le Turnix, mugissant ou à ailes blanches - chou blanc !, in Ornithondar 2017 04 30

    ' Première espèce d'oiseau 
    à disparaître de l'Europe depuis 170 ans '

    De l'EUROPE au MAGHREB...
    Pas contactée depuis une quarantaine d'années. C'est donc officiel, voici la première extinction d'une espèce en Europe depuis celle, continentale et mondiale, du grand pingouin (Pinguinus impennis, Great Auk) au milieu du XIXe siècle: le turnix mugissant (Turnix sylvatica sylvatica, Small Buttonquail), une sorte de micro-caille à peine plus grosse qu'un cochevis, a été déclaré disparu du vieux continent. L'Andalousie y était son ultime refuge. Une population relictuelle survit au Maghreb, assurément au Maroc dans les plaines littorales des Doukkala (région de Oualidia notamment) mais peu vraisemblablement sur la côte algérienne à l'est de la capitale vers la frontière tunisienne. La destruction irréversible de son habitat a été la principale cause de l'éradication de l'espèce en Europe et bientôt en Afrique du Nord.

    ... et à l'AFRIQUE SUBSAHARIENNE...
    Au sud du Sahara dans la partie occidentale et atlantique du jeune continent, deux espèces et une sous-espèce de turnix (Turnix sylvatica ssp. lepuranaTurnix hottentottus et Ortyxelos meiffrenii) continuent de (sur)vivre; leur statut demeure délicat à évaluer tant la pression d'observation est faible dans cette région, la discrétion et la toute petite taille de ces oiseaux les rendant cryptiques et particulièrement difficiles à débusquer. Deux de ces races devraient à terme disparaître de la basse vallée du fleuve Sénégal, que nous connaissons bien et voyons, démunis, mise en coupe réglée par un agrobusiness florissant (exogène comme endogène), heureux et sûr de son fait car sans contrainte aucune. Après Almeria (Espagne) ou le Souss (Maroc), parmi tant d'autres plaines et vallées littorales défigurées, voici venue l'heure du Sénégal - c'est le Progrès universaliste, même pas en 'Green washing', l'escroquerie des communicants ce sera pour plus tard, un jour inch'Allah, si la 'société civile' locale s'extirpe de sa préférence pour le ronron autosatisfait, la gloriole des gugusses sans mordant et les journaleux à la solde, on prend bien garde à ce que cela n'arrive point ou trop tard: pas fous, les chercheurs d'eldorado qui rapporte vite et gros !

    Nota: peu de mentions du turnix (mugissant) d'Afrique, dans la vallée du Sénégal... Rien d'anormal, c'est partout le même constat, le mugissant est d'une discrétion légendaire. L'ayant levé en février 2018 dans la réserve naturelle de Popenguine, Bram Piot remarque qu'"il figurait déjà sur la liste des oiseaux de la réserve établie en 1984-'86 (...) mais je doute qu'il y ait eu beaucoup d'observations depuis. C'est sans doute un oiseau assez répandu au Sénégal, juste pas facile à voir !" Je serais pour ma part moins optimiste que mon camarade de Dakar; je le crois plutôt raréfié, en tout cas dans la vallée du fleuve Sénégal et probablement sur la Petite Côte, affecté par l'expansion urbaine et les remembrements agricoles qui laissent peu de place à ce que le turnix privilégie: les terrains secs parsemés de buissons - palmiers nains et asphodèles, au nord du Sahara. Et les zones de cultures traditionnelles, avec une préférence pour les champs de citrouilles - en zone méditerranéenne. Car au sud du Sahara, cela n'étonnera pas, on ne sait pas grand chose des mœurs et habitudes de la race lepurana du turnix mugissant. Il aurait un faible pour les dunes littorales buissonnantes, à Euphorbia basalmifera par exemple, avec au creux des carrés de cultures légumières... On imagine que le Gandiolais, la Grande Côte ou le pourtour du lac de Guiers seraient de bons endroits pour l'y débusquer. Pour ma part, j'ai rencontré l'autre turnix présent dans cette moitié nord du pays, le turnix à ailes blanches/de Meiffren alias caille-pluvier (Ortyxelos meiffrenii, African Lark Buttonquail, Quail-plover), une seule et unique fois en une décennie, un sujet au décollage dans mes pieds, tandis que mes camarades Alix & Daniel Mignot​ ont pu photographier un turnix (mugissant) d'Afrique (Turnix sylvatica lepurana, West African Small Buttonquail) dans un milieu en cours de saccage (cf. photo en haut de notule)... Le témoignage d'un temps finissant, en somme... Le monde sensible tel qu'il est va évidemment fondre en larmes.

    Ci-dessous: 
    à g., le torticelle de Meiffren, gravure d'époque...
    à d., in La Salamandre (Suisse) 2019 03

    - Lire (Europe et Maghreb):
    First European bird extinction for 170 years, in Birdguides 2018 11 14
    Andalusian Buttonquail legally declared extinct in Spain, in MaghrebOrnitho 2018 11 8
    Introduction or reintroduction? Last resorts for the latest bird to become extinct in Europe, the Andalusian hemipode Turnix sylvatica sylvatica, par C. Pertoldi, J. Negro, J. Munoz, F. Barbanera, H. Garrido, in Biodiversity & Conservation, novembre 2006, Vol. 15, Issue 12, p. 3895-3908
    Andalusian Buttonquail legally declared extinct in Spain, in MaghrebOrnitho 2018 11 9
    Chercher le Turnix d'Andalousie au Maroc, in Ornithomedia 2014 06 19
    Common Buttonquail (Turnix sylvaticus), in Handbook of the Birds of the World (HBW)

    - Lire (Afrique subsaharienne occidentale et Sénégal):
    Quail-plover (Ortyxelos meiffrenii)in Handbook of the Birds of the World (HBW)
    Rarement vu: un Turnix d'Afrique près du Canal de déchargein Ornithondar 2016 06 28
    Chercher le Turnix, mugissant ou à ailes blanches - chou blanc !in Ornithondar 2017 04 30
    Le Turnix hottentot pourrait être moins rare qu'on ne le croyaitin Ornithomedia 2018 07 16
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  7. Ci-dessus à g.: 
    Italie - Mer Tyrénéenne - Sicile - Mer Méditerranée - Libye - Algérie - Mali - Mauritanie - Sénégal
    le trajet effectué par le jeune balbuzard Olafia
    / © Courtesy Parco de la Maremma (Italie) et Mohamed Amezian (Maroc)


    Première migration prouvée d'un balbuzard pêcheur (Pandion haliaetus) d'Italie vers le Sénégal. Migration transversale. Les circaètes Jean-Le-Blanc (Circaetus gallicus) italiens, eux, font plutôt le grand tour par le littoral méditerranéen français et espagnol avant d'aborder l'Afrique par le détroit de Gibraltar. Le chercheur Flavio Monti* et Giampiero Sammuri, président du parc naturel régional de la Maremma*, en Toscane, signalent à notre camarade Mohamed Amezian de MaghrebOrnitho qu'un jeune balbuzard de 2018, né dans la réserve naturelle et appelé Olafia, a survolé la Méditerranée, franchi le Sahara et rejoint la moyenne vallée du Sénégal pour le premier hiver tropicalisé d'un séjour qui pourrait durer trois années avant son (éventuel) retour vers le bercail (si possible toscan). Le périple vaut d'être conté: mer Tyrénéenne, littoral occidental de la Sicile, touché terre en Libye puis soudainement viré vers l'ouest et l'Algérie. Descente vers le Mali et à nouveau déviation vers l'ouest et la Mauritanie, avant de pénétrer en territoire sénégalais un peu à l'ouest de Boghé. Tout cela en vol ininterrompu, paraît-t-il (!?). Entre 2013 et 2016, pas moins de quatre Toscans ont ainsi traversé la Méditerranée pour venir vagabonder sur les terres d'Afrique: un sujet a rejoint le barrage Sidi Mohamed Ben Abdellah sur le Bou-Regreg (région de Rabat, Maroc); un second a pris ses quartiers dans la région des lacs d'El Kala (Algérie orientale) tandis qu'un autre optait pour la périphérie pourtant fortement anthropisée d'Alger. Un seul avait choisi le trajet périlleux de la trans-saharienne, l'amenant en Mauritanie orientale au sud-est de Néma. Inspirant peut-être Olafia, pour le moment le balbuzard italien qui a poussé au plus loin vers le sud sa première migration.

    Les balbuzards pêcheurs avaient disparu de la botte italienne dans les années 1950-1960. Si le rapace connaît un regain partout dans l'Europe occidentale et continentale, sa situation sur le pourtour de la Méditerranée et dans ses îles demeure très précaire: moins de 100 couples reproducteurs localisés sur les Bokkoyas marocaines, le littoral algérien, les Baléares espagnoles et la Corse (où l'espèce connaît un nouveau déclin depuis 2010). Certaines de ces colonies (Maroc, Algérie) ne semblent pas concernées par un quelconque mouvement migratoire saisonnier ou postnuptial. En 2006, première translocation dans la Maremma toscane d'oisillons corses issus d'un fragile noyau de balbuzards de la réserve naturelle de Scandola. A ce jour, plusieurs dizaines de poussins ont été acclimatés à leur nouveau sanctuaire, avec succès. Premières naissances, premiers voyages transafricains... A lire ici:
    The Osprey reintroduction in Central Italy: dispersal, survival and first breeding data
    par Flavio Monti et al., in Journal Bird Study, Vol. 61, 2014 10 - Issue 4, p. 465-473
    Parco-maremma.it/studia/progetto-falco-pescatore/ ou Parco-maremma.it/en/study/osprey-project/

    Bon à savoir: pour les (rares) observateurs qui feraient le déplacement dans cette partie peu fréquentée du Sénégal, sachez que le baguage des balbuzards italiens est le suivant:
    Un tarse avec anneau Euring 'bleu italien' et l'autre tarse avec anneau alphanumérique encodé blanc (une lettre indiquant l'individu plus un numéro indiquant l'année du projet). Sans oublier l'équipement GPS qui a permis de suivre l'extraordinaire trajet d'Olafia !

    * Parco de la Maremma
    Descubre el parque de la Maremma: Naturaleza y playas vírgenes al sur de la Toscana, 2017 08 29

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  8. Ci-dessus:
    la sablière de Richard-Toll, en saison humide (en haut) et en saison sèche (en bas)
    2018 10 6 / © Photo par Bram Piot, avec Vieux Ngom
    2018 01 4, 16h48 / © Photo par Frédéric Bacuez, avec Bram Piot


    * Nord du Sénégal. Bas-delta et moyenne vallée du fleuve -

    Saison humide.

    Début octobre dans la basse et la moyenne vallée du fleuve Sénégal. Les migrateurs paléarctiques passent*1 et vont pour une grande part gagner (à leur rythme) des quartiers d'hiver en zone soudanienne, au sud du 15°N. Mais les estivants afrotropicaux*2 - certains sont des reproducteurs, d'autres de jeunes vagabonds- qui sont remontés chez nous avant ou avec le front inter-tropical (FIT) de la mousson ouest-africaine sont encore là. Double intérêt donc. Avec une forte probabilité de découvertes intéressantes (cf. ci-après) en raison d'une pression d'observation très faible - et c'est un euphémisme... Car la période d'après les pluies, bien que brève, demeure climatiquement et physiquement éprouvante: peu de chances qu'il pleuve encore, à cette latitude, ou alors de manière anecdotique, mais la grande moiteur estivale peut perdurer jusqu'au 15-20 octobre, surtout quand les averses, de plus en plus tardives, se sont concentrées sur les dernières semaines d'août et le mois de septembre*3... Une touffeur qui en refroidirait plus d'un. Tel n'est pas le cas de notre ami Bram Piot (SenegalWildlife), entraînant dans son périple l'écogarde Vieux Ngom (PNOD), de retour vers Gamadji Saré [2018 10 4-5] afin de documenter une éventuelle nidification des martinets horus (Apus horus) que nous avions ensemble découverts en janvier 2018, ajoutant pour le coup cette espèce jusque là inconnue du pays à la liste des oiseaux du/au Sénégal. Ornithondar reviendra sur cette mission-là, encore une réussite, dans un prochain billet.

    *1 A l'exception d'un milan noir et de deux aigles bottés, d'un busard cendré et de busards des roseaux, essentiellement des passereaux, dans cette première semaine d'octobre. De ceux qui vont plutôt continuer vers le sud: hirondelle de fenêtre, tarier des prés, hypolaïs polyglotte, fauvette des jardins, gobemouche noir, gobemouche gris, gorgebleue à miroir, rossignol philomèle, martinet pâle; de ceux qui vont plutôt rester dans notre Sahel: hirondelle de rivage, hypolaïs obscure, fauvette passerinette, fauvette orphée, pouillot de Bonelli; indifféremment: bergeronnette grise, bergeronnette printanière, rousserolle effarvatte, rougequeue à front blanc, avec une tendance tout de même plus nordique, et martinet noir plus fauvette grisette, avec une petite préférence pour le sud.
    *2 Quelques espèces afrotropicales saisonnières vues par Bram et Vieux Ngom, en ce début d'octobre: circaète de Beaudouin, blongios de Sturm, engoulevent à balanciers, martin-chasseur du Sénégal, guêpier à gorge blanche, coucou de Klaas, coucou de Levaillant. Mais toujours pas de martin-pêcheur pygmée (Ispidina picta) - mais où est-il bien passé, celui-ci ? Et des mâles enfin identifiables à la faveur de la saison des pluies: la veuve dominicaine !

    *3 Cette année du coté de Saint-Louis, grosso modo une pluie en juin (06 27), une autre en juillet (07 19) et un hivernage réel du 22 août au 29 septembre (08 22-09 29): 325 mm en bout de course; on ne peut faire plus ramassé, il n'y a pas de quoi se gargariser de la seule couleur de l'herbe sortie des sables... 

    - Dans la moyenne vallée du fleuve:

    Dans le Fouta de Thylle Boubakeur à Gamadji Saré via Podor, la grande mare de Ndiayène étant inabordable, à défaut d'anserelles naines c'est sous le pont de Ndiayène Pendao que deux (2) pluvians fluviatiles (Pluvianus aegyptius) sont notés [2018 10 4]. Mais pas sur les berges de la Doué en passe de devenir, avec nos différentes coches successives, un hotspot bientôt incontournable [2018 10 4-5] ! A l'actif de Bram, cette fois, outre l'ombrette africaine (Scopus umbretta), le faucon lanier (Falco biarmicus ssp. erlangeri) et le martinet pâle (Apus pallidus ssp. brehmorum), voici le bruant d'Alexander/de Gosling (Fringillaria goslingi), une espèce absente à l'ouest du lac de Guier et localisée aux biotopes de falaises ou d'amas rocheux, plus aisément observable du coté de Popenguine, sur la Petite Côte. Les parois et les failles de sable compacté de la Doué peuvent faire son affaire sans réticence. Et encore le guêpier à gorge rouge (Merops b. bulocki, en limite septentrionale et occidentale de sa distribution sénégalaise) plus un (1) torcol fourmilier (Jynx torquilla ssp.), ces deux derniers directement dans le jardin de la stratégique auberge du Fouta. Sur les rizières en contrebas du village, "species that in Senegal are trickly to see in one way or another": de la gorgebleue à miroir (Luscinia svecica ssp.), un des deux (2) tariers des prés (Saxicola rubetra) du périple; et, cerise sur le gâteau, un (1) toujours superbe et peu farouche blongios de Sturm (Ixobrychus sturmii). Ce héron, encore plus petit que le commun blongios nain (sous-espèces paléarctique et subsaharienne) est un authentique migrateur intra-africain, totalement absent du Sénégal hors la saison humide après qu'il a progressivement replié sur la zone équatoriale du continent. Même si l'ardéidé aux délicats tons bleutés fait partie de ces espèces aventurières qu'on a pu retrouver sur l'île de Sainte-Hèlène (décembre 2013), au sud, comme sur celle de Fuerteventura (Canaries janvier 2018), au nord...  Une première sénégalaise pour Bram Piot, et une coche de plus ! Pour ma part, je ne l'ai observé qu'une seule fois en dix ans, dans mon Septentrion, volant au ras de l'eau et le long des typhaies riveraines du Djeuss aval.

    " All in all, we got to see no less than 90 species in a single morning,
    all within walking distance from the guesthouse: pretty impressive I say. "
    - Bram Piot, in SenegalWildlife 2018 11 19


    Depuis les quais de Podor [2018 10 5], quelques hirondelles de Guinée (Hirundo lucida) au-dessus de la berge mauritanienne du fleuve confirment l'installation de l'espèce conquérante dans tout le septentrion et, dès lors, probablement sur des sites favorables de la rive d'en face... Avis aux innombrables cocheurs de l'autre bord. Bram a t-il revu les hirondelles de Guinée qui patrouillaient autour et sous le pont de Ndiayène le 6 janvier dernier ?

    Devant le Fort de Dagana [2018 10 5-6], toujours le même mouvement des cormorans et ardéidés au-dessus du fleuve, à l'aube comme au crépuscule. Leur dortoir, qui se trouve à l'est de la cité et pourrait être l'impénétrable forêt de Goumel, mériterait un inventaire exhaustif car il doit accueillir "several thousands of birds", cormorans africains (Microcarbo africanus), aigrettes et hérons dont les bihoreaux gris (Nycticorax n. nycticorax), résidents comme hivernants.

    Un (1) coucou de Klaas (Chrysococcyx klaas) chanteur entendu dans la forêt de Bokhol [2018 10 6]. Et un (1) juvénile de circaète de Beaudouin (Circaetus beaudouini) à Fanaye Dieri [2018 10 5]. Les données de coucou de Klaas et de circaète de Beaudouin sont rarissimes dans l'extrême nord du Sénégal. Quelques mentions du cuculidé, en effet, qui peut remonter par le littoral à la faveur des pluies, comme le font aussi coucou jacobin (noir et blanc, Clamator ex Oxylophus jacobinus ssp. pica, qui ne semblait pas nicher dans le pays jusqu'à la découverte le 9 octobre 2017 vers Guéréo, près de la Somone (Petite Côte), d'un juvénile à l'évidence né dans les parages, trouvaille faite évidemment par Bram), et coucou de Levaillant (Clamator ex Oxylophus levaillantii) qui n'y apparaît que pour se reproduire en saison humide, atteignant le lac de Guier, Richard-Toll et Dagana via les marges dunaires du bas-delta. En début de parcours, un Levaillant a été observé par Bram du coté de Mboro, dans les Niayes (Grande Côte) aux alentours du 15°N [2018 10 3]. Quant au rapace, si sa reproduction a été rapportée de la pointe sud de la Mauritanie voisine, son apparition dans le ciel de la moyenne vallée demeure épisodique et, là aussi, probablement dépendante de l'humidité ambiante et du potentiel alimentaire subséquent...

    Aux portes de Richard-Toll [2018 10 6], c'est encore la saison pour la colonie de guêpiers de Perse (Merops persicus ssp. chrysocercus) qui occupent en ce début d'octobre plus du quart des quelque 500 terriers d'une carrière de sable bien connue des ornithos de passage (cf. photos en haut de notule). En prime, deux (2) engoulevents à balanciers (Macrodipteryx longipennis) de type femelles, encore une fois sans 'standards' (on ne peut pas être chanceux à tous les coups et pour toutes les espèces !), ces extraordinaires pennes en bout d'ailes que traînent les mâles en période de reproduction. Mon ami François Marmeys et moi avons eu la chance de lever un mâle d'engoulevent à balanciers affublé de ses pennes. Mon unique expérience sénégalaise de ce Graal africain; c'était le 9 février 2017 dans les Trois-Marigots - en pleine saison sèche (!). Pas de photo hélas, l'obs. ne vaut donc rien, et on n'est pas obligé de nous croire ! Quelquefois que le Fred soit lui aussi un imposteur, il faut vraiment se méfier des ornithos ndar ndar, ha ha ha...

    - Dans le bas-delta:

    Sur la mare de Ross-Bethio [2018 10 6], précisément là où Vieux Ngom avait découvert en juillet un jacana nain (Microparra capensis, 2e mention pour le nord du Sénégal, 5e pour le pays), il y a des foulques macroules (Fulica a. atra) comme il y en avait deux (2) dans les Trois-Marigots quelques jours plus tôt [2018 10 3]. Très probable qu'il s'agisse de sujets désormais résidents; Ornithondar avait constaté et documenté la reproduction de l'espèce sur le marigot de Khant-nord. En revanche, arrivée très précoce de onze (11+) sarcelles marbrées (Marmaronetta angustirostris) et d'un (1) grèbe à cou noir (Podiceps nigricollis), ce dernier étant un hivernant régulier mais confiné à quelques points d'eau exclusivement du bas-delta sénégalo-mauritanien. 78 espèces ont été observées ce jour-là sur la cuvette de Ross-Bethio, un site humide d'importance malheureusement menacé (de pollution et de pompages intempestifs) par la folie rizicole environnante et qui mériterait, au vu de son potentiel et de ses singularités ornithologiques, d'être classé et protégé par l'Etat sénégalais - hélas...

    Dans le Ndiaël [RSAN, 2018 10 4], un (1) héron mélanocéphale (Ardea melanocephala) et deux (2) tourterelles des bois (Streptopelia turtur) - on pense deviner les lieux, de ces très rares spots deltaïques où l'on est quasiment assuré de contacter les deux espèces... Plus, c'est de saison, le chant du martin-chasseur du Sénégal (Halcyon senegalensis), présent dans cette partie du Sénégal et en petit nombre uniquement à la faveur des pluies. Les grandes sécheresses et le déboisement des latitudes sahélo-soudaniennes ont porté un mauvais coup à l'espèce, autrement plus rare aujourd'hui qu'avant les années '70 du siècle passé. 

    De Bango et à la belle liste de Bram, on ajoutera l'observation par Vieux Ngom d'un (1) rolle violet (Eurystomus glaucurus ssp.) à la fin du mois d'août alors que les pluies venaient tout juste de débuter (cf. ci-dessus), sauvant l'hivernage d'un désastre écologique et humain toujours en embuscade, une saison toujous plus tardive et raccourcie que jamais !... Cette espèce de rollier ne fréquente la moitié nord du pays qu'à la marge, poussée vers nos latitudes par le front inter-tropical (FIT), a priori vers la vallée fossile du Ferlo. Cette coche bangotine (illustrée par une photo même floue) vient enrichir une liste des oiseaux saint-louisiens de plus en plus fournie. Dès lors qu'on l'allège des tromperies du patrimonial JMD... Car si nos camarades Sénégalais s'y mettent à leur tour, maintenant, que va-t-il devenir, celui-là ?

    Pied-à-terre:
    Trois-Marigots, Ndiaël, Ross-Bethio: Lampsar Lodge
    Moyenne vallée 1: Fort de Dagana
    Moyenne vallée 2: Jardins du Fouta
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  9. Ci-dessus:
    à g., renard pâle - Vulpes pallida ssp. - à d., callitriche - Chlorocebus sabaeus, avec un calao occidental
    Trois-Marigots 2016 01 31 (à g.) & Gandiolais 2015 05 3 (à d.) / © Photos par Frédéric Bacuez

    * Nord du Sénégal, 15°N-

    Une tentative (appelée à modifications, additions et soustractions) de rassembler dans le listing suivant les mammifères d'hier et d'aujourd'hui fréquentant (ou ayant fréquenté jadis...) les biomes soudano-sahélien et sahélien du Sénégal au nord du 15°N:

    MAMMIFÈRES /
    Liste non exhaustive de 92 espèces de mammifères, cétacés exclus, de la vallée du fleuve Sénégal, du sud de la Mauritanie et du nord du Sénégal

    Quelques remarques:

    • L'extrême rareté des grands (et de la précarité des moins grands) mammifères diurnes, et leur presque totale éradication du 'paysage' sahélien. En lieu et place: chèvres, moutons, bovins - tsunami terrestre, bouffe-tout; partout (y compris dans le patrimonial Djoudj). Ce que l'on peut rencontrer sans effort, même avec le bétail des Hommes: phacochère commun, patas, écureuil terrestre. Éventuellement un lièvre des savanes. Épisodiquement un Canis. Localement. Point.
    • La disparition de quasi toutes les espèces d'ongulés herbivores, à l'exception de quelques gazelles à front roux rescapées à l'orient du lac de Guiers - la chasse et le braconnage, puis la tyrannie du bétail domestique ayant détruit la couverture herbacée et surtout la diversité de ses essences. On se demande hors de quels enclos les gazelles et oryx d'importation pourront-elles un jour inch'Allah être relâchées dans une 'vraie' nature ?
    • Idem pour les grands prédateurs: l'ultime lion abattu au tournant des années '60-70; deux à trois hyènes tachetées (il y a 30 ans encore bien présentes sur la berge orientale du Guiers) signalées cette dernière décennie - dont un sujet percuté par un véhicule; la mort d'un ratel, également après une collision, atteste qu'il en restait (au moins un !); le serval confiné à la réserve (clôturée) de Katané, le lynx caracal à ce qu'on dit encore présent dans le parc national du Djoudj (PNOD); tout cela sent l'épilogue, sans même l'espoir d'une sauvegarde mémorielle par un parc national ou une réserve classée - ici ce n'est pas l'Europe 'sauvage'. Les réserves, communautaires, spéciales, nationales et transfrontalières font du riz, sont des champs de patates et de maïs, de tomates et de butternuts, des slogans oniriques et des réceptacles pour eaux usées. Et les zones cynégétiques bradées au moins offrant. On ne badine pas avec le travail bien fait. On (se) développe. Faites des gosses !
    • Quel est le statut du chacal commun (chacal svelte du Sénégal ?) depuis que des analyses ADN tendent à démontrer qu'il y a désormais du loup doré africain, ici dans la vallée du fleuve Sénégal comme sur quelques autres sites de l'Afrique occidentale et septentrionale ?...
    • Seules quelques espèces inféodées aux biotopes marécageux du Walo ont survécu jusqu'au XXIe siècle (civette, mangoustes); les chambardements cupides de l'époque auront tôt fait de régler leur compte (et statut)
    • Singulièrement, des espèces nocturnes et même fortement noctambules, contraintes à une prudente et tacticienne discrétion, se maintiennent sur le Dieri des cordons dunaires; on pense notamment au renard pâle, au chat ganté et à la zorille commune 
    • Deux hippos en tout et pour tout le nord, eurêka - mais on veut leur peau, ils ont osé tuer des Hommes, sus aux monstres ! Quelques lamantins qu'on prétend sacrés bien en peine dans la moyenne vallée; et quid de la loutre ?
    • Très peu de données sur des espèces pourtant 'familières' du continent africain - comme le galago, le graphiure, le porc-épic et même le hérisson. Les abris naturels font de plus en plus défaut; tabula rasa et que l'harmattan emporte tout !
    • Près d'une vingtaine des 92 espèces (existantes ou disparues) sont des micro-mammifères (rongeurs, parfois insectivores voire omnivores); la monoculture 'progressiste' du riz fait exploser le nombre des rats, souris et gerbilles. Certaines de leurs espèces sont même en expansion territoriale. D'autres ont profité des sécheresses des années 70-90 du siècle passé pour franchir le fleuve Sénégal et étendre leur distribution dans le quart septentrional du pays
    • 17 espèces de chiroptères (traditionnellement peu abondants au Sahel) dont beaucoup sont très localisées ou confinées à certains milieux favorables (Niayes, bas-delta, Guiers et Djoudj)

    En rappel:

    Et, en collaboration avec SenegalWildlife:

    Ci-dessous:
    à g., traquet de Seebohm - Oenanthe seebohmi - à d., python de Séba - Python sebae
    Forêt de Bokhol 2018 02 12 & Bango 2011 12 20 / © Photos par Frédéric Bacuez
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  10. Ci-dessus:
     African Bird Club, Bulletin ABC Vol.25 n°2 (2018) - Recent reports, Sénégal

    " Up to c.16 Horus Swifts Apus horus at Gamadji Saré, east of Podor in the Senegal River valley, in January-February were the first record for Senegal; breeding was suspected and would represent a significant range extension. "*1

    La dernière livraison de l'African Bird Club (ABC - Recent reports, pages 244-247, par Ron Demey)*1 revient évidemment sur la découverte par Bram Piot et Frédéric Bacuez, avec Filip Verroens (2018 01 5-6) puis Daniel Nussbaumer (2018 02 12-13), d'une population de martinets horus (Apus horus, Horus Swift) dans la moyenne vallée du fleuve Sénégal, une première pour le pays*2-3. Cet événement, on peut déjà vous l'annoncer avant publication prochaine sur SenegalWildlife, a été renforcé les 4 et 5 octobre derniers d'une nouvelle session d'observations in situ, par Bram Piot cette fois accompagné de Vieux Ngom, avec pas moins de "45-50 martinets avérés Horus ! Aussi quelques Maisons (...), 3-4 Pâles dans le tas. Pas d'indice de nidif' mais nombreux oiseaux affleurant la falaise (...)" Ornithondar se fera la joie de relayer le prochain billet 'nordique' de Bram sur notre oiseau, 676e des 677 espèces recensées à cette heure au Sénégal*3. Ornithondar publiera par ailleurs, bientôt, une notule des quelques observations toutes fraîches (octobre 2018) d'espèces rarement documentées dans la vallée du fleuve Sénégal, toujours à l'actif de Bram et Vieux Ngom - y compris à Bango. 

    De ce bulletin de l'African Bird Club, qui couvre la période de janvier à juin 2018, avec quelques ajouts de novembre-décembre 2017, je retiendrai ceci, pour 'ma' moitié nord et de ses espèces:

    Primo. Goûtons notre plaisir septentrional de voir mentionner, aux cotés des curiosités ornithologiques de la période, les noms de quelques complices du terrain. L'omniprésence de Bram, évidemment, sans lequel l'ornithologie sénégalaise ne serait pas vraiment ce qu'elle est actuellement. Tiens tiens, les amis Alix & Daniel Mignot aussi, avec deux belles trouvailles à leur actif. Sans oublier la participation de Filip Verroens et de Daniel Nussbaumer, qui nous ont accompagné, Bram et/ou moi dans quelques-unes de mes/nos pérégrinations au nord du 15e parallèle.

    Les belles obs' sénégalaises au nord du 15°N...

    Par ordre chronologique:
    Oedicnème criard [2017 11 13-15] / Cratérope fauve [nicheur, 2017 11 13-15] / Faucon de Cuvier [2017 11 17] / (Percnoptère d'Egypte [2017 12 25]) / Alouette du Kordofan [2018 01 1] / Hirondelle de Guinée [2018 01 5-6] [2018 01 19] [2018 03-04] / Martinet horus [2018 01 5-6] [2018 02 12-13] / Foulque macroule [2018 01 7] / Martinet d'Ussher [2018 01 7] / Grand-duc du Sahel [2018 01 10] / Tadorne de Belon [2018 01 17] / Grand-duc ascalaphe-du désert [2018 01 20] / Buse féroce-du Maghreb [2018 01 21] / Hibou des marais [2018 01 22] [2018 02 27] / Vautour moine [2018 02 26] / Phalarope à bec étroit [2018 02 27] / Bruant du Sahara [2018 03 1] /

    • Un (1) grand-duc du Sahel (Bubo -africanus- cinerascens) photographié dans les Trois-Marigots [2018 01 10, cf. photo ci-après] - "few previous records from the north"; et un (1) hibou des marais (Asio f. flammeus) malheureusement découvert mort sur la N2 à hauteur de la réserve naturelle du Ndiaël [RSAN, 2018 01 22, cf. photo ci-après], observations faites par Alix & Daniel Mignot. On pourrait ajouter à leurs données mais chez les mammifères, ce ratel (Mellivora capensis), une espèce devenue fort rare dans le Sahel, trouvé mort comme le strigidé suite à une probable collision routière, également dans les parages du Ndiaël [RSAN, 2018 01 22] .
    • C'est à un (petit) afflux de hiboux des marais plus conséquent que d'habitude auquel nous avons eu droit au Sénégal durant l'hiver 2017/2018 (cf. photo par B. P. ci-après), sur au moins six sites du pays dont deux dans sa partie septentrionale: outre la donnée du Ndiaël sus-citée, un (1) sujet a été vu, bien vivant, dans le parc national des oiseaux du Djoudj [PNOD, 2018 02 27] par Miguel Demeulemeester et al. De cette 'invasion', Bram Piot prépare un article pour une revue ornithologique.
    • Année à Bubo ! Un (1) grand-duc ascalaphe (du désert, Bubo ascalaphus desertorum) a été photographié et filmé sur le spot ornitho' bien connu de l'aérodrome de Richard-Toll [2018 01 20] par Richard Ottvall, Erik Hirschfeld et al. Il s'agit de la 2e donnée pour le nord du Sénégal, la 3e pour tout le pays !
    • Le lendemain, Richard Ottvall, Erik Hirschfeld et al. notent une (1) buse féroce probable du Maghreb (Buteo -rufinus- cirtensis) dans la réserve naturelle du Ndiaël [RSAN, 2018 01 21]
    • Précieuse collecte nordique pour Miguel Demeulemeester, Jan Heip et al.: une (1) alouette du Kordofan (Mirafra cordofanica) est enfin revue et photographiée près de Richard-Toll [2018 01 1] - "first record in several years"; à la relecture de ce billet, Bram Piot me précise: "il s'agit des premières photos publiées" - cf. Bulletin d'ABC- "de cette espèce très peu connue et apparemment facile à confondre avec la Dunn" [Voir et lire l'article de Simon Cavaillès et Bram Piot sur SenegalWildlife, 2018 04 9]. Cinq (5) bruants du Sahara (Emberiza sahari) sont observés, toujours à Richard-Toll [2018 03 1], à ma connaissance la première donnée dans le nord du Sénégal d'oiseaux maghrébins et sahariens venus probablement de la Mauritanie voisine; et un (1) phalarope à bec étroit (Phalaropus lobatus) est contacté au parc national du Djoudj [PNOD, 2018 02 27]; il s'agit ici d'une observation exceptionnelle pour la Grande Côte, qui plus est dans les terres, les quelques données précédentes concernant la péninsule du Cap Vert, la Petite Côte et la Casamance.
    • Vers Richard-Toll, encore, la nidification d'un (1) cratérope fauve (du Sud-Ouest, Argya fulva ssp. buchanani) est un événement très rarement rapporté du Sahel sénégalais, ici par Morten HeegaardStig Jensen et Jon Lehmberg [2017 11 13-15]; aux alentours de l'aérodrome de la même cité, les ornithologues danois ont l'heur d'observer et documenter un rassemblement hors-norme de quatre-vingt dix (~90, oui, quatre-vingt-dix !) oedicnèmes criards (Burhinus oedicnemus) [2017 11 13-15]. Cette équipe, bien talentueuse, a ensuite observé un (1) faucon de Cuvier (Falco cuvierii) dans la zone des Trois-Marigots [2017 11 17]. Le faucon de Cuvier le plus nordique que j'ai pu contacter se trouvait dans les Niayes de Mboro, une obs' par Bram et moi-même [2016 11 16] faite dans cette période post-mousson néanmoins favorable aux incursions afrotropicales vers les bordures sahélo-sahariennes. 
    • Petit afflux hivernal, aussi, du tadorne de Belon (Tadorna tadorna) dont huit (8) sujets sont observés dans le parc national du Djoudj [PNOD, 2018 01 17] par Claude Ruchet et al. Ce sont peut-être les mêmes anatidés qui avaient été contactés quinze jours plus tôt dans le parc national du Diawling, sur la rive mauritanienne du fleuve [PND, 2017 12 30]
    • 7e mention - et non 6e [voir le billet de Bram Piot ICI sur SenegalWildlife, 2018 09 11]- d'un (1) vautour moine (Aegypius monachus) pour le Sénégal, près de Sagata à l'est de Kébémer [Louga, 2018 02 26], à l'actif de Nick Peeters et al. [Banc d'Arguin Reizen]. Photo à l'appui par Wietse Janse et info communiquée par Simon Cavaillès à notre camarade Mohamed Amezian de MaghrebOrnitho* [voir son billet ICI, 2018 03 18].  L'espèce est appelée à se faire de plus en plus régulière dans l'hiver sénégalais suite au regain de ses populations ouest-européennes. Attention à ne pas la confondre, de loin, surtout chez les oiseaux juvéniles et singulièrement dans la région de Louga, avec les quelques vautours oricou (Torgos tracheliotos) qui y survivent, au seuil de leur extinction locale...
    • L'observation par Frédéric Bacuez dans les Trois-Marigots d'un (1) jeune percnoptère d'Egypte (Neophron percnopterus), mention rapportée par le précédent Bulletin d'African Bird Club [2017 12 25] est complétée cinq jours plus tard par celle d'un (1+) sujet hors de mon périmètre, contacté par Jean-Louis Carlo et Maha Zein au sud vers Toubacouta [2017 12 30]
    • Deux (2) foulques macroules (Fulica a. atra, hivernant irrégulier et nicheur occasionnel dans la basse vallée du fleuve Sénégal) sont documentés à la station de lagunage de Saint-Louis [Gandiolais, 2018 01 7, cf. photo ci-après] par Bram Piot et Frédéric Bacuez accompagnés de Filip Verroens. Le même jour, un (1) martinet d'Ussher (Telacanthura u. ussheri) est observé près de Guéoul [sud de Louga, 2018 01 7] un peu au-delà de la limite nord de sa distribution sénégalaise, par Bram et Filip.
    • Trois (3) nouveaux sites de colonisation par l'hirondelle de Guinée (Hirundo l. lucida) sont identifiés dans la moyenne vallée du fleuve Sénégal [Gaya, Ndiayène et Podor, 2018 01 5-6] par Bram Piot et Frédéric Bacuez accompagnés par Filip Verroens - "confirming the species recent northward expansion". La découverte d'une présence toute récente de l'espèce dans les Trois-Marigots [2018 01 19, cf. photo ci-après] puis la confirmation de son installation durable à Bango [2018 03-04, cf. photo ci-après], documentées par Frédéric Bacuez, n'ont pas été reprises par le Bulletin d'ABC, qui s'intéresse ici à son expansion géographique plus qu'au renforcement d'une colonisation déjà acquise.
    • Last but not least et cerise sur le gâteau, la découverte vers Gamadji Saré [Doué, moyenne vallée du fleuve Sénégal] d'une petite population du martinet horus (Apus horus), une espèce jusqu'alors inconnue du Sénégal et par ailleurs très localisée en Afrique occidentale - son premier site connu, au Ghana, se trouve à près de 1500 kilomètres de notre hotspot !-, découverte faite par Bram Piot et Frédéric Bacuez accompagnés de Filip Verroens [2018 01 5-6, cf. photos en haut et en bas de notule] puis confirmée par Frédéric Bacuez accompagné de Daniel Nussbaumer [2018 02 12-13, cf. photo ci-dessous] - un authentique événement ornithologique au Sénégal et dans l'Afrique de l'Ouest: la 676e espèce des 677 espèces du Sénégal et d'une belle liste récemment (re)mise à jour par devinez qui... ? Bram Piot !*2-3

    Ci-dessous:
    Martinet horus - Apus horus, Horus Swift, au-dessus de la Doué à Gamadji Saré
    2018 02 12, 16h27 / © Photo par Frédéric Bacuez, avec Daniel Nussbaumer
    Ci-dessus, de g. à d. et de haut en bas:
    Foulque macroule - Fulica a. atra, Eurasian Coot- au milieu de dendrocygnes veufs
    Station de lagunage de Saint-Louis-du-Sénégal 2018 01 7, 8h55 / © Photo par Frédéric Bacuez
    Grand-duc du Sahel - Bubo -africanuscinerascens, Greyish Eagle Owl
    Marigot de Khant 2018 01 10 / Courtesy © photo par Alix Mignot pour Ornithondar
    Hibou des marais - Asio f. flammeus, Short-eared Owl
    Gandiolais 2017 12 25 / © Photo par Bram Piot pour SenegalWildlife et Ornithondar
    Hirondelle de Guinée - Hirundo l. lucida, Red-chested Swallow
    Marigot de Khant 2018 0119, 14h26 / © Photo par Frédéric Bacuez
    Hibou des marais - Asio f. flammeusShort-eared Owl
    N2 RSAN 2018 01 22 / Courtesy © photo par Daniel Mignot pour Ornithondar
    Hirondelles de Guinée Hirundo l. lucidaRed-chested Swallow
    Bango 2018 04 1, 17h17 / © Photo par Frédéric Bacuez
    - Cliquer sur les photos pour agrandir -


    Intéressantes aussi, ces mentions au sud du 15°N d'espèces habituellement confinées à la moitié septentrionale du Sénégal:

    • Cinq (5) courvites isabelles (Cursorius c. cursor) sont observés dans la région de Kaffrine [Maleme Hodar, 2018 03 1] par Patrick Albrecht, Alain Barbalat, Gottlieb Dandliker, Christian Huber, Bram Piot et al. - un probable record méridional pour cette espèce péri-saharienne et sahélienne
    • Une (1) fauvette à lunettes (Sylvia c. conspicillata) est observée nettement au sud de sa limite de répartition hivernale (moyenne et basse vallée du fleuve Sénégal), dans la région de Kaolack [2018 03 3] par Miguel Demeulemeester, Jan Heip et al.


    Secundo. le Sénégal est de loin le pays francophone subsaharien qui fournit le plus de données à l'ornithologie tropicalisée. Une tradition de longue date, une vieille histoire qui se perpétue depuis les Buffon et autres de Naurois. On ne refera pas ici la liste des observateurs qui ont bien enrichi, pour la seule période de novembre 2017 à juin 2018, l'inventaire ornithologique du Sénégal; on notera seulement la qualité des contributeurs, au nombre desquels de sacrées références... Sachant ce que la période suivante (d'été/d'hivernage) a aussi rapporté, je peux déjà vous révéler que les pointures se bousculent dans le pays en toute saison, et que leurs exploits s'y multiplient ! Un seul regret: très peu de 'cocheurs' sénégalais*, rien de nouveau sous ces latitudes, une quasi absence à laquelle il serait ici fastidieux d'apporter les raisons/causes/explications. S'il fallait rassurer nos hôtes, ces choses-là, les sciences, la passion du terrain et des livres, le partage des connaissances et l'engagement autre que politico-clanique, peinent partout au sud du Sahara à enthousiasmer l'émergent et le consommateur avides de rattraper le temps prétendument perdu. L'insondable conformisme ambiant faisant le reste. Un espoir, cependant, un grand motif de satisfaction pour l'avenir: le goût du Savoir déserte aussi les pays du Blanc; la tyrannie de l'opinion, les joies du fake news et la guimauve de la bien-pensance rêgnent désormais en maîtres sur chacun de nous, au Sud comme au Nord. Quant aux oiseaux, picci, et leurs habitats: encore des histoires de Blancs, ça reste leur affaire 'culturelle' - à mettre donc au pilori... Il faut bien admettre qu'il n'est pas toujours aisé de les comprendre, ces toubabs-là: entre les "progressistes" qui rasent gratis pour faire pousser du riz, de la tomate et des butternuts loin de chez eux, pour leurs propres affaires et pour cette boulimie prédatrice qui donne tant de sens à leurs/nos existences, et les "réactionnaires" qui voient le patrimoine du Vivant 'panafricain' se déliter plus (vite) que partout ailleurs dans le monde, dans l'indifférence générale des Africains eux-mêmes, on y perdrait bientôt son wolof...

    2e mention d'un jacana nain dans la moitié nord du Sénégal - et par des Sénégalais, eurêka !,
    in Ornithondar 2018 07 19

    *1 African Bird Club, Bulletin ABC Vol.25 n°2 (2018) - Recent reports:
    SENEGAL, pages 244-247 
    Signalons que Ron Demey a probablement été perturbé par nos premières interrogations de janvier après l'observation des "mysterious Swifts" de la Doué. La citation dans le Bulletin d'ABC d'une vingtaine de martinets cafres (Apus caffer) censés avoir été observés par nos soins début janvier est tout simplement une erreur. 

    *2 
    - Les billets d'Ornithondar:
    Grand-duc du Sahel / Grand-duc ascalaphe:
    Troisième mention d'un grand-duc du Sahel et deuxième d'un grand-duc ascalaphe dans la moitié nord du Sénégal, 2018 01 21
    Hibou des marais:
    Hiver 2017-2018 au Sénégal: un afflux exceptionnel de hiboux des marais, additif 2018 03 19
    C'est Noël, voici mon premier percnoptère d'Egypte au Sénégal. Et un nouvel aigle de Bonelli, 2017 12 25
    Foulque macroule:
    A la station d'épuration de Saint-Louis, on voit aussi des oiseaux - y compris des 'secretives' !, 2018 01 7
    Martinet d'Ussher / Faucon de Cuvier:
    Dakar-Djoudj par les Niayes de la Grande Côte - Part 1/2, 2016 11 16
    Hirondelle de Guinée:
    Kooya: prinias à front écailleux (diéri), traquets de Seebohm et du Groenland (walo), 2018 01 5
    Par le Walo, de Ndioum à la grande mare de Ndiayène via Podor, 2018 01 6
    Poursuite de la colonisation du nord par les hirondelles de Guinée: au tour du Khant !, 2018 01 19
    Le jardin de Véronique, la cocoteraie et ce qui reste du lac de Bango, 2018 04 3
    Confirmation: l'Hirondelle de Guinée colonise un bas-delta plus favorable à son installation, 2016 11 17
    Martinet horus:
    Le martinet horus, une espèce de plus à la liste des oiseaux du Sénégal [une découverte conjointe Senegal Wildlife & Ornithondar, 2018 01-02], 2018 04 11

    *3
    - Les billets de SenegalWildlife:
    Hibou des marais:
    Short-eared Owl in Senegal, 2017 12 2
    Alouette du Kordofan:
    Identification of Kordofan Lark and Status in Senegal, 2018 04 9
    Martinet horus:
    Those Mystery Swifts: Horus, New to Senegal, 2018 04 10
    Vautour moine:
    Cinereous Vulture in West Africa: from vagrant to regular visitor?, 2018 09 11

    *4
    - Un billet de MaghrebOrnitho:
    Vautour moine:
    New records of Cinereous Vulture (Aegypius monachus) in Senegal, 2018 03 18

    Et nos listes des oiseaux du Sénégal mises à jour:
    - Sur Ornithondar (par Frédéric Bacuez):
    677 espèces d'oiseaux pour le Sénégal, dont (potentiellement) 499 au nord du 15°N, 2018 08 2
    Liste des espèces d'oiseaux - nord du Sénégal
    - Sur SenegalWildlife (par Bram Piot):
    Of lists, listing and listers: how many bird species in Senegal?, 2018 07 21


    Ci-dessous:
    Martinets horus - Apus  horus, Horus Swifts
    vers Gamadji Saré 2018 01 6, 8h40 / © Photo par Frédéric Bacuez, avec Bram Piot et Filip Verroens
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