" Quand y aura-t-il des observateurs qui nous rendront compte de ce que font nos hirondelles au Sénégal et nos cailles en Barbarie ? "
- Comte de Buffon (France), 1737
" Avoir vu un éléphant n'est pas une question d'âge mais une question d'avoir parcouru la brousse "
- Roger Bila Kaboré (Burkina Faso)

samedi 5 janvier 2013

3 & 5, le pririt, petit clown des gonakiers

2013 01 3 dans la ripisylve à gonakiers: pririt du Sénégal, femelle / Photo par Frédéric Bacuez

* Plaine alluviale. Ripisylve à gonakiers -

Dans le silence de la forêt-galerie, deux petits oiseaux bariolés sautillent de branche en branche et d'arbre en arbre, sans aucune peur. On les entend d'abord, un cliquetis permanent du plus bel effet, avant que de les voir avec ravissement, immanquables dans leurs habits de carnaval: lui, en noir et blanc, elle en roux et blanc, les yeux cerclés de jaune comme des lunettes, la tête remuant en tout sens - souvent de biais. Ce sont des pririts (ex batis) du Sénégal (batis senegalensis, Senegal batis), des oiseaux endémiques d'Afrique*, relativement communs dans les savanes ouvertes mais (encore) boisées d'arbres respectables. C'est le cas ici dans cette ripisylve à gonakiers (acacia nilotica), seul spot avec la 'forêt' de Taba Tache où j'ai souvent l'occasion de les observer, toujours en binôme extrêmement agité.

les clowns du gonakier

Tandis qu'à quelques mètres de mon affût le martin-chasseur à tête grise (halcyon leucocephala) m'observe avec méfiance depuis sa branchette morte, immobile et silencieux, les deux clowns familiers se rapprochent si près que j'ai de grandes difficultés à les suivre dans les jumelles, et les immortaliser dans la boîte photographique ! Le couple est inséparable, uni à la vie à la mort, le mâle étant sans doute moins confiant, à peine plus distant que madame qui se pavane sous mon nez, bondissant sans cesse et picorant l'écorce de l'acacia, comme le font les pouillots véloces (phylloscopus collybita), plus bas, dans les buissons de tamarix senegalensis. Les deux espèces, l'une locale l'autre venue pour l'hiver depuis l'Europe sont d'insatiables consommateurs de petits insectes arboricoles, chacun à son étage... On se demande comment des oiseaux aussi menus (6 à 9 grammes pour 10,5 à 12 centimètres) peuvent ingérer autant de proies - plus d'un tiers de leur poids chaque jour !?

* Mieux distribué en Afrique occidentale qu'en Afrique orientale et australe, le pririt n'est pas, pour le moment, un oiseau en voie de disparition; sa population est cependant en déclin suite aux importantes modifications du paysage rural africain (disparition des grands arbres autochtones et des bosquets au profit d'arbres exogènes ou de... rien) et probablement des bouleversements climatiques en cours.

Ci-dessous: 203 01 3 & 5 dans la ripisylve à gonakiers: le couple des pririts du Sénégal 
/ Photos par Frédéric Bacuez (cliquer dessus pour agrandir)



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