" Quand y aura-t-il des observateurs qui nous rendront compte de ce que font nos hirondelles au Sénégal et nos cailles en Barbarie ? "
- Comte de Buffon (France), 1737
" Avoir vu un éléphant n'est pas une question d'âge mais une question d'avoir parcouru la brousse "
- Roger Bila Kaboré (Burkina Faso)

dimanche 20 janvier 2013

20, un pouillot fitis dans l'eucalyptus


Ci-dessus: 2013 01 20 9h30, un pouillot fitis remonte dans l'eucalyptus riverain du Lampsar, après le bain du matin... 
/ ©  Photo par Frédéric Bacuez

* Bango. Berges du Lampsar d'eau douce -

MATIN, 9h30-

Du bord de l'eau monte vers les cimes du grand eucalyptus un pouillot qui sort visiblement du bain matinal. Dans les hauteurs de l'arbre, je le suis avec mes jumelles puis mon appareil photographique: oui oui, la queue échancrée, le corps un tantinet fuselé, la calotte peu prononcée, le sourcil et le trait discrets mais nets, les parotiques plus fades que chez le commun pouillot véloce, il s'agit bien d'un pouillot fitis (phylloscopus trochilus ssp. trochilus, willow warbler)... Le pouillot est, comme toujours, hyperactif, bien plus agité et 'tremblant' (ailes et queue) que les autres espèces de pouillots; il s'élance bientôt de branche en branche avant de disparaître...

Nota: l'observateur attentif pourra s'amuser à identifier les cinq espèces de pouillots qui peuvent stationner plus ou moins longtemps sous les latitudes deltaïques du fleuve Sénégal, de l'automne au printemps.

  • Le pouillot véloce (phylloscopus collybita), de loin le pouillot hivernant le plus commun, apprécie tous les milieux de la région, avec une affection particulière pour les ripisylves stratifiés dont les sous-bois sont des touffes épaisses de tamarix senegalensis. Le pouillot véloce est de moins en moins fréquent dès que l'on s'éloigne du Walo (basses terres) et des zones les plus humides du delta.
  • Le pouillot ibérique (phylloscopus ibericus) est beaucoup moins connu que son très proche parent véloce. Une petite population d'hivernants semble apprécier tout spécialement le bas-delta du fleuve Sénégal, notamment ses ripisylves mêlant gonakiers et tamarix.
  • Le pouillot de Bonelli (phylloscopus bonelli), à l'inverse du pouillot véloce, est par excellence le pouillot du Dieri (hautes terres): dans la brousse à acacias, notamment en zone pastorale, il est immanquable, toujours en mouvement et à la recherche d'insectes et de larves, souvent dans des positions acrobatiques ou suspendu, tête en bas, à l'extrémité d'une branche...
  • Le pouillot fitis (phylloscopus trochinus) est nettement moins fréquent que le véloce et le Bonelli, et souffre probablement de la raréfaction depuis quarante ans des grands arbres qu'il affectionne... On le rencontrera volontiers dans les allées et sur les berges fluviales encore arborées. Son erratisme hivernal lui permet d'aller chercher ailleurs la canopée qu'il ne peut plus guère trouver au Sahel. Les sujets les plus clairs nous viennent de Fennoscandie.
  • Le pouillot siffleur (phylloscopus sibilatrix) est un migrateur des passages automnal et printanier, rarement observé dans le delta et le long du fleuve Sénégal.
  • Un sixième visiteur, le pouillot à grands sourcils (phylloscopus inornatus) est une espèce accidentelle venue de la taïga sibérienne: une mention dans le bas-delta en décembre 2003.


En rappel sur OrnithondarLa halte joyeuse des pouillots fitis et véloces

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