" Quand y aura-t-il des observateurs qui nous rendront compte de ce que font nos hirondelles au Sénégal et nos cailles en Barbarie ? "
- Comte de Buffon (France), 1737
" Avoir vu un éléphant n'est pas une question d'âge mais une question d'avoir parcouru la brousse "
- Roger Bila Kaboré (Burkina Faso)

jeudi 27 décembre 2012

27, le même jour, les 8 espèces de chevaliers de notre hiver !

Ci-dessus: 2012 12 27 7h55 du matin, un chevalier arlequin fait trempette / Photo par Frédéric Bacuez

* Plaine alluviale du fleuve Sénégal -


Vu aujourd'hui la totalité des huit espèces de chevaliers présentes saisonnièrement au Sénégal, dont le grand et élégant chevalier arlequin (tringa erythropus, spotted redshankcf. photo ci-dessus), qui nous vient de la taïga et de la toundra péri-arctique, malheureusement dans son sobre habit d'hiver - comme le combattant varié, autre limicole chatoyant de l'été. Le bel échassier solitaire remuait activement les fonds vaseux du marais, la tête sous l'eau, barbotant et nageant avec plaisir là où elle avait encore un peu de profondeur. C'est dire combien la plaine alluviale est généreuse, cette année; je n'y ai jamais vu autant de limicoles à cette période quand en décembre ceux-ci ont généralement rejoint des havres humides plus durables. Si les petits limicoles de vasières (calidris minuta, charadrius hiaticula, charadrius dubius) y sont naturellement les plus nombreux, les plus hauts sur pattes ne sont pas en reste: aux habituels chevaliers sylvains, chevaliers culblanc et chevaliers aboyeurs qui se tiennent dans la plaine tout l'hiver, vaille que vaille, on y observe aussi un nombre élevé de chevaliers gambettes et de combattants variés - ainsi que quelques barges à queue noire (limosa limosa). Aujourd'hui, j'y ai même rencontré, par deux fois, le peu fréquent et eurasien chevalier stagnatile (tringa stagnatilis, marsh sandpiper). Quant au chevalier arlequin, c'est la première fois que je l'y observe en plein décembre quand je ne le voyais d'habitude qu'en transit migratoire, d'août à octobre. Paradoxalement, c'est le plus commun de tous les chevaliers (avec le sylvain) qui se fait discret, cette fois: le guignette se tient jusque là à distance de ces bourbiers et autres marais cernés d'herbes denses; j'en ai vu trois, aux marges de la vaste plaine, entre un canal d'irrigation et une vasière étale, sans végétation riveraine, à l'horizon déjà dégagé...

Par ordre de fréquence (ce jour et ici):
  1. Chevalier sylvain (tringa glareola, wood sandpiper)
  2. Combattant varié (philomachus pugnax, ruff)
  3. Chevalier culblanc (tringa ochropus, green sandpiper)
  4. Chevalier gambette (tringa totanus, common redshank)
  5. Chevalier aboyeur (tringa nebularia, common greenshank)
  6. Chevalier guignette (actitis hypoleucos, common sandpiper)
  7. Chevalier stagnatile (tringa stagnatilis, marsh sandpiper)
  8. Chevalier arlequin (tringa erythropus, spotted redshank)
7h45, envol d'un chevalier aboyeur (à g.) et d'un chevalier arlequin (à d.)
2012 12 27 / Photo par Frédéric Bacuez

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