" Quand y aura-t-il des observateurs qui nous rendront compte de ce que font nos hirondelles au Sénégal et nos cailles en Barbarie ? "
- Comte de Buffon (France), 1737
" Avoir vu un éléphant n'est pas une question d'âge mais une question d'avoir parcouru la brousse "
- Roger Bila Kaboré (Burkina Faso)

mercredi 13 novembre 2013

13, une épomophore s'époumone dans le flamboyant

2013 11 13 17h45, épomophore de Gambie mâle criant dans un flamboyant / © Photo par Frédéric Bacuez

* Bango. Impasse Gustave Pelloux. Chez Eddy & Fatou -

Fin APREM'-
A partir de 17h dans le jardin, une chauve-souris pousse des cris stridents qui me sont familiers. Hier soir, l'une d'elles, plus grosse que les microchiroptères habituels, voltigeait le long des baies vitrées du salon. Je repère rapidement l'animal suspendu à une branche du flamboyant, la tête en bas, secouant les ailes pour se ventiler tout en émettant ces appels si caractéristiques de l'Afrique - les mêmes sonorités que j'entendais dans la nuit ouagalaise, il y a quelques années, plus aiguës, plus sifflantes et monotones que les cris de la célèbre roussette paillée (eidolon helvum), une migratrice intrafricaine présente en nombre sur les franges soudano-sahéliennes uniquement en saison des pluies (un peu avant, beaucoup pendant et après jusqu'en novembre) ... Il s'agit bien d'une épomophore de Gambie (epomophorus gambianis, gambian epauletted fruit bat), les épaulettes et le ventre blancs typiques, avec son impressionnante gueule de chien - ou de chameau... C'est un mâle, qui lance ses appels plaintifs à la cantonade - comme s'il essayait d'attirer des congénères, de sexe féminin... Ce mégachiroptère frugivore comme les roussettes a une large distribution africaine, en zone de savanes (cf. carte ci-dessous) mais ne se rencontre normalement pas sous nos latitudes sahéliennes proches du Sahara ! Cette observation est donc hors zone de répartition: notre mammifère volant affectionne normalement les grands arbres des savanes et forêts, plus au sud !

Nota: Ah oui, j'oubliais (merci à Christian qui s'étonnait de ces "deux brosses à dents de chaque coté" de la gueule !): les deux épaulettes immaculées qui ont donné leur nom anglais au chiroptère sont involontairement de précieux outils de dissémination des pollens et autres graines de fruits qui s'y accrochent quand les épomophores, aussi gourmandes que leurs parentes roussettes, dévorent les fruits dont elles raffolent (goyaves, tomates, bananes, figues, nîîms)...

Distribution ouest-africaine de epomophorus gambianis selon l'UICN
et localisation de l'observation d'Ornithondar (point rouge)

Ci-dessous: 2013 11 13 17h45, épomophore de Gambie à Bango, rive sud du Lampsar, delta du fleuve Sénégal / © Photos par Frédéric Bacuez

1 commentaire:

  1. Great observation & great pictures!

    Would you add your bat photo as a citizen-science observation to the AfriBats project on iNaturalist?:
    http://www.inaturalist.org/projects/afribats

    AfriBats will use your observations to better understand bat distributions and help protect bats in Africa.

    Please locate your picture on the map as precisely as possible to maximise the scientific value of your records.

    Many thanks!

    RépondreSupprimer

Nombre total de pages vues