" Quand y aura-t-il des observateurs qui nous rendront compte de ce que font nos hirondelles au Sénégal et nos cailles en Barbarie ? "
- Comte de Buffon (France), 1737
" Avoir vu un éléphant n'est pas une question d'âge mais une question d'avoir parcouru la brousse "
- Roger Bila Kaboré (Burkina Faso)

mardi 12 février 2013

12, au crépuscule: deux Blongios nains dans les herbiers du Djeuss bangotin

Blongios nain de la race afrotropicale Payesii, à baguer !
Parc national du Djoudj (PNOD) 1002 03/ © Photo par  Peter Dedicoat pour African Bird Club

* Bango. Djeuss d'eau douce -

SOIR, 18h40-19h40-
Temps: après-midi pas loin d'être soudainement caniculaire, 34° - et 36° le lendemain, les oiseaux les ont ressentis, eux-aussi !

Peut-être était-il en train de boire ou plus surement chassait-il les grenouilles qui abondent dans les herbiers ? Il a longuement patienté, immobile et droit comme un i de trente centimètres, au milieu des herbes aquatiques et au pied du ponton sur lequel je me tenais pour photographier la passée du soir. Il a bien attendu dix à quinze minutes, à moins de  quatre mètres ! Et soudain, il s'est envolé précipitamment en criant, pattes tombantes vers le bouquet de typhas tout proche... C'est un Blongios nain (Ixobrychus minutusLittle Bittern) ! L'appareil photo sur le ventre, oublié, je le regarde partir, fasciné: je ne sais pas trop s'il s'agit d'un mâle de la sous-espèce européenne Minutus ou de la sous-espèce sub-saharienne Payesii, plus contrastée que la race nominale du Paléarctique; le noir du manteau est ici, me semble-t-il, profond, le roux de la poitrine, surtout, est évident sur les quelques mètres à découvert que parcourt le plus petit des Hérons - et l'un des moins communs, même si la race africaine est sans aucun doute beaucoup plus fréquente que sa cousine européenne !
Impossible à déceler, le Blongios continue de râler fortement dans les roseaux. Peu à peu il se remet sans doute de ses émotions, la colère s'estompe, comme le jour. Et voici qu'un autre Blongios, que je pense être une femelle, s'élance des herbes riveraines du Djeuss; le mâle quitte l'abri de la roselière et la suit. Derrière l'écran des Typhas, j'entends les protestations de Crabiers chevelus et des Gardeboeufs d'Afrique du soir; la femelle traverse alors le réservoir au ras de l'eau pour gagner les Typhas d'en face, sur la berge nord; le mâle repasse devant moi en longeant, quant à lui, la berge bangotine pour rejoindre les roseaux qui bordent le petit embarcadère du quartier; je l'entends encore pousser quelques râles et puis, plus rien, seules les grenouilles redoublent d'ardeur crépusculaire...



Additif 2013 02 14:

J'ai tenté, dès le lendemain et aux mêmes heures, de déceler la présence des deux Blongios nains sur mon bout de marigot: en vain... Je me pose donc cette question (qui n'aura jamais de réponse): ne s'agirait-il pas, alors, de Blongios européens en halte migratoire prénuptiale ? A contrario, l'époque me semble précoce pour la migration printanière de Blongios européens (départs généralement fin mars-avril). Le site de leur présence est par ailleurs très favorable pour l'accueil de Blongios tropicaux  résidents: herbiers immergés dans une eau peu profonde, touffes de roseaux parsemées de buissons inextricables de plantes rampantes, petit point d'eau dégagé à proximité, nourriture abondante (batraciens, alevins).

Lire: Migraction.net/Blongios nain et Oiseaux.net/Blongios nain

Ci-contre: 2009 07 à Bamako. Blongios nain récupéré sur le marché de la capitale malienne... 
/ Courtesy © photo par Thierry Helsens pour Oiseaux.net

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