" Quand y aura-t-il des observateurs qui nous rendront compte de ce que font nos hirondelles au Sénégal et nos cailles en Barbarie ? "
- Comte de Buffon (France), 1737
" Avoir vu un éléphant n'est pas une question d'âge mais une question d'avoir parcouru la brousse "
- Roger Bila Kaboré (Burkina Faso)

mardi 9 août 2011

9, quelea quelea, par centaines de mille !


Ci-dessus: 2011 08 9 matin, 500 travailleurs à bec rouge par-dessus le Lampsar, des centaines de milliers dans le delta !
/ Photo par Frédéric Bacuez


* Bas-delta du fleuve Sénégal. Passe de Thiolet -


Nota: la migration intrafricaine (ou intertropicale, qui n'est souvent qu'une remontée d'oiseaux de la savane vers les confins sahélo-sahariens au rythme de la poussée vers le nord du Front inter tropical et de ses vents de mousson) bat son plein; c'est ainsi après les grandes pluies qui changent tout, l'atmosphère, les cieux, les eaux, la steppe comme les plaines fluviales, en quelques heures ou quelques jours. Dès la fin du déluge, ou dans les vingt-quatre heures qui suivent, des nimbes descendent des martinets noirs, pâles et bientôt alpins; du sud des nuées d'oiseaux autrement rares sous nos latitudes débarquent en masse ou passent d'un jet pour des contrées encore plus riveraines du grand désert. Aujourd'hui, ce sont des centaines de milliers de travailleurs à bec rouge, soit des millions sur le bas-delta, qui remontent comme les nuages vers les rizières et les plaines alluviales du grand fleuve. Ce matin, les cratéropes et les alectos à bec blanc sont aussi de la transhumance, tandis que des oies-armées de Gambie et de jeunes rolliers d'Abyssinie continuent d'arriver chez nous, pour les semaines à venir ou, pour certains - comme le font certains rejetons d'espèces du paléarctique,  pour une à deux années avant l'âge de reproduction - c'est le cas des rolliers. La plupart pourtant n'arrivent que pour nicher et vite repartir vers le sud: deux mois environ, jusqu'en octobre, pour des espèces difficiles à voir par ici¨en dehors d'août et septembre; encore plus bref que les limicoles du grand nord qui à peine arrivés au Groenland en mai en repartent  dès juillet aussitôt que leurs poussins volent à peine: même si ces courlis corlieu et autres limicoles, qui sont eux-aussi déjà parmi nous, parcourent des distances autrement plus impressionnantes que nos oiseaux tropicaux.

MATIN-
- 8h, 1 grue couronnée noire (balearica pavonina ssp. pavonina, western black crane) décolle probablement des marais du Lampsar 'doux' et claironne puissamment en volant lourdement au-dessus des mangroves de Thiolet [>fleuve Sénégal, île aux Bois ou steppe de la péninsule de Thiolet ?] / 1 échasse blanche (himantopus himantopus, black-winged stilt) en vol O>E / 1 rollier d'Abyssinie (coracias abyssinicus, abyssinian roller) juvénile en vol S>N par-dessus le marigot.
- 9h15 dans le jardin: 1 coucou didric (chrysococcyx caprius, didric cuckoo) s'est posé sur une branche d'un eucalyptus et a ouvert queue et ailes en éventail pour repousser les tisserins minules (ploceus luteolus, little weaver) qui veulent l'en chasser: c'est que nos petits oiseaux ont bien compris le stratagème; le coucou femelle cherche à 'confier' son oeuf à un nid douillet et accueillant, ici la boule d'herbes sèches des tisserins qui n'ont vraiment pas envie de devenir des parents adoptifs... Le coucou tentera donc sa chance ailleurs: c'est pourquoi, depuis deux jours, les coucous didric sont particulièrement hystériques dans les parages: on voit enfin aisément les beaux oiseaux parasites filer dans le ciel du Lampsar et de Bango, en tous sens, en quête de pouponnière tolérante !
- 9h30-10h30, des centaines de milliers de travailleurs à bec rouge (quelea quelea, red-billed quelea), absolument tous en gros vols S>N, essentiellement par le delta, via la passe de Thiolet ou les rivages mauritaniens de Thiong. Ce que je vois défiler comme des nuées de criquets vaut facilement les 1 à 2 millions d'individus, en moins d'une heure.
Egalement, avec les flots de quelea: 11 cratéropes sp. (turdoides sp, babbler sp.) en vol S>N / 3 alectos à bec blanc en AR S>N / ~16 alectos à bec blanc (bubalornis albirostris, white-billed buffalo weaver) en vol S>N + ~8 ind. à 11h15 en vol retour N>S, vers Bango / 16 puis ~8 oies-armées de Gambie (plectropterus gambensis, spur-winged goose) en vol S>N [delta, fleuve Sénégal]
- Plusieurs tourterelles maillées (streptopelia senegalensis) mais surtout des tourterelles pleureuses (streptopelia decipiens, african mourning dove) porteuses de brindilles dans le bec. Eddy Graëff me signale que chez lui un couple de ces pleureuses avait élu domicile derrière une fenêtre moustiquaire et que le nid (sommaire) porte depuis peu des oeufs.

1 coucal du Sénégal (centropus senegalensis, Senegal coucal) traverse le marigot / Revu 1 martinet pâle (apus pallidus) ou noir (apus apus) parmi les martinets des maisons (apus affinis).
10h30, un couple de grands cormorans à poitrine blanche (phalacrocorax carbo ssp. lucidus, white breasted cormorant) nage et pêche au milieu du marigot / Un couple de martins-pêcheurs huppés (alcedo cristata, malachite kingfisher) traverse le marigot [S>N]
11h15, 3 pélicans gris (pelecanus rufescens) cerclent à la verticale de Bango.
1 balbuzard pêcheur (pandion haliaetus, osprey) plane à la verticale de la berge bangotine [caserne>Lampsar 'doux'].

MIDI-
Le héron cendré (ardea cinerea, grey heron) qui passe tout l'été devant les bosquets de palétuviers, tout seul: vu deux fois en vol.
12h50, 7 pélicans gris (pelecanus rufescens, pink-backed pelican) cerclent au-dessus des mangroves de Thiolet.

Pluies: Louga, 10,0 mm

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