" Quand y aura-t-il des observateurs qui nous rendront compte de ce que font nos hirondelles au Sénégal et nos cailles en Barbarie ? "
- Comte de Buffon (France), 1737
" Avoir vu un éléphant n'est pas une question d'âge mais une question d'avoir parcouru la brousse "
- Roger Bila Kaboré (Burkina Faso)

mercredi 17 novembre 2010

17, le doucereux chant du tchagra à tête noire


* Ripisylve à gonakiers -



Ci-dessus: à g., xeno-canto de tchagra senegalus, parc national kruger, république d'Afrique du Sud / Enregistrement par Don Jones
- à d., tchagra senegalus au parc national des Deux Balé, Burkina Faso / Photo par Yvan Perre pour African Bird Club


Sans confusion aucune, c'est l'un des chants les plus mélancoliques des brousses d'Afrique (écouter ci-dessus); des plus puissants, des plus envoûtants aussi. Et je ne vous dis pas ce qu'il en est quand un couple, le matin et le soir, se juche sur un buisson et de concert se met à chanter ! Toute la journée, la mélodie m'a escorté dans ma promenade entre savane arborée et ripisylve d'acacias niloticas. Au matin, recherchant son émetteur, un tchagra à tête noire (téléphone tchagra, tchagra senegalus, black-crowned tchagra), dans une petite savane herbeuse et arborée (son habitat de prédilection, cf. photo ci-après), c'est grâce à lui que j'ai pu découvrir sur un tout petit périmètre: un torcol fourmilier (jynx torquilla), une chouette effraie (tyto alba), une huppe fasciée (upupa epops) et, enfin, le tchagra chanteur voletant d'un petit arbre à l'autre, sa large queue typiquement ouverte en éventail. Assis dans les herbes jaunissantes, j'ai réussi à observer l'oiseau dans son lamento pendant une dizaine de minutes... avant que, las de se faire tout petit à trois ou quatre mètres de moi, un francolin (francolinus/pternistis bicalcaratus) ne s'envole brutalement; non sans  laisser quelques plumes duveteuses accrochées aux épis ! A son tour le tchagra - le moins furtif des tchagras africains - gagnait le couvert de la forêt-galerie proche, où je partais, ça tombait bien, me protéger du zénith ardent.

Appartenant à la famille des laniidae, celle des pies-grièches, le tchagra à tête noire est l'un des trois représentants ouest-africains des six espèces de tchagras du continent. Il est le seul à avoir une distribution large, fréquentant toutes sortes de milieux relativement ouverts avec une préférence pour les savanes parsemées de buissons et petits arbres. Une sous-espèce très voisine habite le Maghreb - oiseau phare du parc national de l'oued Massa, au Maroc-, dans les forêts de chênes-liège, les arganeraies, les taillis d'euphorbes, les dunes côtières à génévriers de Phénicie. Comme toutes les pies-grièches, le tchagra est un redoutable chasseur de sauteriaux - très nombreux dans les plaines alluviales, cette année -, qu'il saisit au sol en sautillant.

Ci-dessous: 2010 11 17, 10h45, savane herbeuse et arborée, à proximité de la ripisylve de gonakiers (à d.) / Photo par Frédéric Bacuez

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1 commentaire:

  1. Bonjour Frédéric, le tchagra senegalus est un dragueur né, on se croirait sur un boulevard quand une touriste passe, superbe partage merci; Amitiés:thibault

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