" Quand y aura-t-il des observateurs qui nous rendront compte de ce que font nos hirondelles au Sénégal et nos cailles en Barbarie ? "
- Comte de Buffon (France), 1737
" Avoir vu un éléphant n'est pas une question d'âge mais une question d'avoir parcouru la brousse "
- Roger Bila Kaboré (Burkina Faso)

vendredi 29 octobre 2010

29, un psammophis elegans de 2 m dans la cour !

2010 10 29 midi, Bango. Venue du marigot tout proche, une belle couleuvre psammophis elegans dans le jardin / Photo par Frédéric Bacuez

* Bango. Marigot de Lampsar, coté limoneux -

Ce sont les moineaux domestiques (passer domesticus) qui nidifient sous le toit qui m'ont alerté. Descendant au sol sous les eucalyptus, bondissant et jacassant, les passereaux harcelaient en fait une très longue couleuvre de plus de 2 m, le psammophis elegans (elegant sand racer), qui se faufilait rapidement sur le sable de la cour. La couleuvre s'est alors dirigée vers un parterre d'aloe verae, se dressant parfois tel un périscope pour scruter alentour avant de se hisser sans effort dans un de mes bananiers, et disparaître par le feuillage d'un nîîm...

Nota: le psammophis elegans (décrit par Shaw en 1802) est l'un des quatre colubridae (de la famille des couleuvres, dont psammophis sibilans/phillipsi, décrit par Linnaeus en 1750, également commun; psammophis shokari, décrit par et psammophis sudanensis, décrit par Werner en 1919, plus rarement observé) du Sénégal, du nord au sud, l'une des 32 espèces de psammophis connues d'Afrique. Le psammophis elegans est aussi l'un des serpents le plus fréquemment rencontré au Sénégal (55 espèces de serpents actuellement recensées dans le pays, dont une quinzaine dangereuses, encore loin des ~70 espèces connues de Tanzanie, et des 81 espèces identifiées pour l'ensemble de l'Afrique occidentale soudano-sahélienne et sahélo-saharienne*). Souvent écrasé sur les routes du pays, c'est le seul que je croise régulièrement dans les plaines alluviales, y compris en pleine saison sèche. Mais pas de quoi frémir: ce gracieux serpent n'est pas vénéneux. De couleur gris-jaune, aisément identifiable par sa minceur extrème et les trois bandes longitudinales soulignées de noir qui en renforcent la finesse, cette couleuvre - qui mesure en moyenne 1,70 m- a une tête aplatie aux reflets de couleur jaunâtre, ponctués de noir. Le psammophis elegans se nourrit essentiellement de lézards (scinques, geckos, acanthodactyles).

* Voir: 'Guide des serpents d'Afrique occidentale - savane et désert', par Jean-François Trape et Yousouph Mané (IRD Editions, 2007)
Sur les serpents du Sénégal: http://www.pathexo.fr/documents/articles-bull/T95-3-Env4.pdf

Ci-après: quizz ! Cherchez le serpent - la tête surtout !!! 
2010 10 29 midi, psammophis elegans des berges bangotines à l'assaut d'un bananier (à d., bien chercher l'alpiniste de haute voltige !) /
/ Photos par Frédéric Bacuez


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