" Quand y aura-t-il des observateurs qui nous rendront compte de ce que font nos hirondelles au Sénégal et nos cailles en Barbarie ? "
- Comte de Buffon (France), 1737
" Avoir vu un éléphant n'est pas une question d'âge mais une question d'avoir parcouru la brousse "
- Roger Bila Kaboré (Burkina Faso)

lundi 18 octobre 2010

18, après le déluge...


* Bango, marigot de Lampsar, coté limoneux -

Ci-dessus: 2010 10 18. Coucher de soleil au lendemain d'un déluge (ultime ?) sur le Lampsar / Photo par Frédéric Bacuez, DR

- Comme si de rien n'était: après les pluies diluviennes de septembre et du 17 octobre, les habitudes aquatiques ont vite repris leur routine: les enfants inspectent les filets de pêche (cf. photo ci-dessus) à bord de la pirogue paternelle, avant de bientôt braconner les oiseaux qui vont arriver en nombre; et les hommes psalmodient et/ou "fraudent"... Bientôt la Tabaski, et si la Mauritanie livre généreusement du gaz à un état sénégalais éhonté  incapable d'accueillir des méthaniers prévisionnels au port de Dakar, les lointains Bangotins ne croient qu'en leurs marabouts et autres bouts de ficelle des petits trafics importés de l'autre rive du fleuve, du sucre, du sel, du thé, pendus au téléphone portable avec leurs cousins maures au bout du marigot, de l'autre coté de la passe de Thiolet...  

 Ci-contre: .alcyon-pie et aigrette des récifs au-dessus du Lampsar 2010 10 21 matin / Photos par Frédéric Bacuez

- Pendant ce temps, quid des oiseaux du marigot, en cet automne vert, humide, inondé ? Eh bien, on ne les voit pas tout de suite: les quelques hérons cendrés autochtones se cachent dans les mangroves; les alcyons pies (cf. photo ci-dessus à d.) et au moins 1 martin-pêcheur huppé sont à la fête, comme la résidente aigrette des récifs (cf. photo ci-dessus à g.), comme les visibles pygargues vocifères africains et les balbuzards pêcheurs déjà venus d'Europe. Chez les migrants, des bergeronnettes grises sont là, d'autres passent, et mon chevalier guignette a retrouvé la pirogue de Seyni comme poste d'observation, d'où il chante à tue-tête, peut-être pour effaroucher trois de ses congénères qui ne peuvent profiter de la berge encore noyée et dangereusement fournie en herbage. 9 échasses blanches font la navete entre le lac de Bango, exceptionnellement haut, et les rives du marigot qu'elles ne peuvent guère accoster. 1 corbeau et les milans patrouillent, comme d'habitude. J'ai entendu 1 courlis corlieu, entendu et apercu 1 chevalier aboyeur; seulement deux dizaines de dendrocygnes passent d'un Lampsar à l'autre; un premier groupe de cormorans africains est venu survoler la baie où ils se feront bientôt massacrer par les gamins; juste 3 sternes, une pierregarin, une caugek et une royale, tournent avec légèreté au dessus des eaux rouges. Dans les environs immédiats, j'ai entendu glousser les touracos gris, grincer les choucadors à longue queue. Dans le jardin luxuriant, un coucal, les bulbuls et un couple d'amarantes, certes, mais pas un passereau migrateur pour le moment: 1 pic goertan a tambouriné dans le flamboyant; 2 souïmangas, un adulte multicolore et un juvénile, 2 capucins bec-d'argent à l'abreuvoir, et tout juste 2 moineaux - bizarre... Dans les airs, le retour vers le village, par dessus les boeufs à heure fixe, de 3 buphages piqueboeufs... Ce n'est pas encore le rush aviaire: il n'y a pas d'Arche de Noë après le déluge...

- Nota: Ah si, j'avais oublié ! Dès le soir de mon retour, au loin dans la plaine alluviale: un 'poum ! poum' bientôt familier ! Rebelote, le 'chasseur' de phacochères a sans doute fait mouche, une fois de plus. Hors saison de chasse, comme à la veille de mon départ (cf. notule de 2010 07 27, 'Poum ! poum ! Et un phaco sur le dos du braco !!!'). Tout le monde s'en fout, c'est peut-être pour cela que je l'avais déjà oublié... Vivement un séminaire à perdiems sur la question du braconnage, organisé - et financé, cela va sans dire- par l'Office (français) de la chasse, ah ah !!! Quatre jours plus tard, c'est une peau de python de Seba(e) que l'on me propose d'acheter... Décidément, l'année internationale de la biodiversité bat son plein à Bango de Saint-Louis-du-Sénégal !

2 commentaires:

  1. Un drole d'oiseau est revenu a son nid

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  2. D'aucun(s) dirai(en)t: l'oiseau est rentré dans sa cage !!! Comment va Saintlouisdusenegal, la 'Venise' des tropiques ? Lol...
    F.B.

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