" Quand y aura-t-il des observateurs qui nous rendront compte de ce que font nos hirondelles au Sénégal et nos cailles en Barbarie ? "
- Comte de Buffon, 1737
" Mal nommer les choses, c'est ajouter au malheur du monde "
- Albert Camus

vendredi 5 mars 2010

5, départ imminent des balbuzards du Lampsar ?

 
Ci-contre: 2010 02 19. Un balbuzard pêcheur en transit prénuptial, dans les plaines alluviales du parc national du Diawling, Mauritanie
/ Courtesy photo par François Marmeys, pour Ornithondar, DR


* Bango. Marigot de Lampsar -
Fin de saison hivernale 2009-2010 pour les balbuzards-au-Sénégal: après le passage S>N en altitude moyenne de 3 couples de balbuzards pêcheurs (pandion haliaetus, osprey, aguila pescadora), il y a tout juste un mois -le 4 février entre 17h30 et 18h30*2-, 'mon' duo/couple de balbuzards du Lampsar saumâtre (un mâle et une femelle) n'a pas vraiment bougé de son domaine hivernal, entre la pointe Thiolene et les palétuviers de la mangrove. Par contre, comme à la fin novembre, une augmentation des effectifs de balbuzards semble importante au Djoudj sénégalais (et au Diawling mauritanien*1, cf. photo ci-contre) depuis la fin janvier, avant la remontée prénuptiale vers l'Europe (les oiseaux marocains des Bokkoyas étant sédentaires).
*1 Correspondance privée de François Marmeys, du 9 mars: "(...) celui de la photo [2010 02 19, ndlr., cf. ci-dessus] était près de la piste, à environ 2 km à vol d'oiseau du fleuve Sénégal, en tout cas vers les limites sud-est du parc [national du Diawling]. Il ne me semblait pas en migration mais plutôt en chasse: pas de vols hauts, se posant un peu plus loin comme lorsqu'on le dérange. Sur la photo il vient de décoller d'une pierre, dans un milieu aride ou asséché. (...)"
*2 Le 16 février, Diego Jerez Abad signale le passage en vol NO de 5 balbuzards, par dessus la ville de Melilla (Maroc) (cf. http://gomac.megaplog.com/)

Ci-contre: 2010 02 5 7h32, 'mon' balbuzard femelle du Lampsar saumâtre, au petit matin sur son reposoir, un palétuvier rouge
/ Courtesy photo par François Marmeys, pour Ornithondar, DR

La paire de balbuzards du Lampsar a affronté les dérèglements climatiques de février sans fuir: la deuxième canicule de l'année les avait fait descendre du haut de leur reposoir respectif, distant de quelques dizaines de mètres (en général: jeunes palétuviers mêlés à de grandes tiges de joncs, pour le mâle, moins visible; un bloc de palétuviers rouges, pour la femelle, très en évidence, cf. photo ci-contre): aux heures anormalement étouffantes, les deux rapaces s'étaient rapprochés l'un de l'autre plus qu'à l'accoutumée, blottis sur les racines aériennes du palétuvier fétiche de la femelle, juste au dessus des eaux du marigot. Au plus fort des actuelles bourrasques d'alizés marins, du 27 février au 1er mars matin, les rapaces avaient temporairement délaissé leurs perchoirs, se réfugiant probablement au long de l'encaissé bolong de Dakhar-Bango, à l'abri. Avec la raréfaction saisonnière en cours du poisson (ramassé en masse dans d'immenses filets cerclants par les pêcheurs bangotins ou descendu vers le fleuve Sénégal) sur ce bout de marigot, les balbuzards sont moins assidus, élargissant visiblement leurs ultimes parties de chasses avant départ: ce matin, j'ai vu cependant la femelle plonger à quelques encablures de son bloc de mangrove, et saisir un poisson dès la deuxième tentative... avant de s'ébrouer vigoureusement en vol au dessus des palétuviers de Thiolene. En début d'après-midi, vers 14h45, tandis que l'un luttait laborieusement contre un vent du nord tenace et sablonneux, au dessus des mangroves du bolong de Dakhar-Bango, l'autre s'était déplacé du bloc de palétuviers n°6 au bloc n°5 précédent (en se rapprochant de la digue de Bango), abandonné depuis le 26 ou 27 février par le pélican gris qui l'avait monopolisé pendant plusieurs semaines.
J'ai remarqué que 'mes' deux balbus 'jouaient' ensemble plus volontiers en cette fin de séjour sénégalais, après au moins trois mois de voisinage certain mais distant: le 2 mars (entre 18h30 et 19h15), ils ont très longuement volé ensemble, parcourant l'intégralité de leur domaine hivernal, le plus gros et plus foncé (la femelle, avec sa collerette complète; ailes plus larges) légèrement en dessous de l'oiseau plus clair et moins gros; sur les deux rives du marigot: au dessus de la caserne et du quartier riverain de Bango (où j'habite), berges sud; sur les mangroves du bolong de Dakhar-Bango et de la pointe Thiolene coté fleuve Sénégal, berges nord; en face de la maison, un peu sur la baie de Lampsar-bolong de Khaye, passant par deux fois de l'autre coté de la digue, en 'eau douce' du Lampsar, revenant à chaque fois au bout de dix minutes vers les mangroves saumâtres. Le même soir, avant de rejoindre le dortoir nocturne, l'un des deux rapaces (le plus frêle ?) s'est amusé à voler pattes pendantes et corps presque vertical, tête très en avant; les deux se sont poursuivis autour du palétuvier, très vite au ras des eaux près des racines aériennes. Par deux fois en février, l'un des deux balbus a poussé plusieurs séries de petits cris aigus -le 4, juste au dessus de moi et du jardin, à faible altitude !

Nota: lire mes infos et celles d'une autre "vigie", Cécile Bloch du zoo de Dakar, avec ses photos, reprises par François Baillon sur: http://balbuzard.over-blog.net/
Et aussi, le site du Groupe Pandion: http://se172429.deckpoint.net/pandion/www/groupe.htm
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3 commentaires:

  1. Bonjour,
    Pour réalimenter de temps en temps notre site sur le Balbuzard et lui donner un petit goût exotique nous sommes preneurs de clichés et/ou petits textes sur toutes informations autour de l'espèce au Sénégal, Djoudj et environs en particulier. Même si ces derniers sont en train de quitter, pour un temps, le pays...
    Bien amicalement.
    Le webmaster

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  2. Voilà, j'ai mis quelques lignes sur le blog du Groupe Pandion (http://balbuzard.over-blog.net/)en reprenant vos dernières infos d'hier sur l'hivernage du Balbu chez vous. En retour vous verrez que les premiers balbus sont déjà de retour en France continentale !
    Bien cordialement.
    François Baillon, IRD

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  3. Bonjour Frédéric, ainsi de la hune de ton journal,vigie, nous annonces-tu le bal des balbuzards ? sais tu à qui je pense, quand je te lis ou que je pense à toi? au "Rivage des syrtes" de Gracq à bientôt,thibault
    ps "tu te souviens (la vigie) au maroc ? je viens seulement d'y penser)

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