" Quand y aura-t-il des observateurs qui nous rendront compte de ce que font nos hirondelles au Sénégal et nos cailles en Barbarie ? "
- Comte de Buffon (France), 1737
" Avoir vu un éléphant n'est pas une question d'âge mais une question d'avoir parcouru la brousse "
- Roger Bila Kaboré (Burkina Faso)

vendredi 15 janvier 2016

15, dénombrement d'oiseaux au Parc national de la Langue de Barbarie: pas très pro, tout ça !

Pélicans gris, Sternes caugeks, Sternes royales, Sternes caspiennes, sur 'l'île aux oiseaux'
Parc national de la Langue de Barbarie (PNLB) 2016 01 15, 10h / © Photo par Frédéric Bacuez

* Parc national de la Langue de Barbarie (PNLB)-

15 janvier 2016. MATIN, 7h25-13h05-
En pirogue motorisée et à pied.
Avec Bakary Sonko (PN du Sénégal), Anta Diouk (écogarde), Arona Fall (écoguide), Tandakha Gaye (ASP), Morr Talla Sarr (piroguier) et, pour le retour, Assane Bâ (écogarde).

Espèces du jour:
Balbuzard pêcheur (pandion haliaetus) / Faucon pèlerin (falco peregrinus) / Courlis cendré (numenius arquata ssp. orientalis) / Huîtrier-pie (haematopus ostralegus) / Goéland d'Audouin (larus audouinii)

" Ecrire - glaner ce qui a été abandonné à la fin du marché, fin du monde. "
- Christian Bobin, in 'La grande vie', 2014

On m'a invité à participer du dénombrement mensuel des oiseaux du parc national de la Langue de Barbarie (PNLB). Précisons: Jean-Marie Dupart, qui gère le campement du Héron cendré appartenant au GIE des écogardes du Gandiolais - et dont il est le dixième membre actif, a gentiment convié Ornithondar à témoigner de l'opération. Le 15 janvier presque partout dans le monde, c'est traditionnellement le comptage, aussi et surtout, des oiseaux d'eau, sous l'égide de l'organisation Wetlands international. Le Sénégal est des pays qui participent de l'inventaire desdits oiseaux aquatiques. Dans notre delta septentrional, les 'activités' ont essentiellement lieu dans les limites de trois sanctuaires de très petite taille: le parc national des oiseaux du Djoudj (PNOD, 16 000 hectares), le parc national de la Langue de Barbarie (PNLB, 2 000 hectares), et le lagon de la Réserve spéciale de Gueumbeul (RSG, 720 hectares). L'inventaire touche moins régulièrement les lagunes saint-louisiennes, très irrégulièrement l'aire communautaire des Trois-Marigots ou la Réserve spéciale d'avifaune du Ndiaël (RSAN), et marginalement les autres sites de la vallée - par Ornithondar... En tout cas presque partout ce suivi est fait de manière incomplète, sans les outils et techniques nécessaires à de telles opérations, qui requièrent de la discipline, de la précision, du savoir-faire, et, accessoirement, des jumelles et des longues-vues ! Sans oublier une certaine connaissance des oiseaux dénombrés, cela peut aider... Hélas, mille fois hélas ! Ici on est au Sénégal 'émergent': le manque de participants, leur piètre maîtrise des espèces à compter, la faiblesse des effectifs en capacité de compter, la misère des moyens facilitant l'opération - aérien, comme cela se fit jadis, en voiture, en pirogue, à pied. Par habitude, par facilité, et parce que les opérations de comptage ont d'abord et surtout concerné les anatidés, dans une moindre mesure les limicoles. Parce qu'elles sont aussi 'accompagnées, encouragées et disciplinées' par des "partenaires" de l'Office national (français) de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) et de leurs associés (OMPO), venus tout droit de chez nos ancêtres les Gaulois, au premier rang desquels Patrick Triplet, le spécialiste patenté des canards de la Baie de Somme (France)... et du Djoudj (Sénégal) ! Ces inventaires du 15 janvier sont en tout cas très loin de permettre toute estimation pointue des oiseaux fréquentant une région qui va du lac de Guiers à l'ancienne embouchure du fleuve. On se contentera donc des oiseaux visibles, si possible de grande taille - et tant pis pour les oiseaux d'eau furtifs comme les rallidés et autres paludicoles... Quant aux espèces qui se ressemblent, elles passeront à la trappe ou seront comptabilisées parmi leurs cousines plus communes... Bécasseau minute et bécasseau de Temminck, blanc bécasseau bécasseau blanc ! Sérieux problèmes d'identification des gravelots, dans une moindre mesure des chevaliers... Et les bergeronnettes riveraines, on zappe sur les races ? Dès lors qu'on a de nombreux laridés d'espèces différentes à recenser, on sombre là dans l'erreur obligatoire ou dans l'oubli contraint par l'ignorance... Quant à ce qui sort de l'ordinaire, on s'en désintéresse avec superbe ! Bref, à quoi peut donc servir un comptage aussi peu scientifique ? Et à qui cela pourrait-il avoir une quelconque utilité pour approfondir nos connaissances, et faciliter la protection desdits oiseaux et leurs habitats inventoriés ? Aaaaaaaaaaah, les "activités" tropicalisées, c'est quelque chose...


7h25 à marée basse, 13h à marée haute...

Ci-dessous:
Depuis le ponton, embarcadère du parc national de la Langue de Barbarie
2016 01 15 / © Photos par Frédéric Bacuez




Inventaire à la Prévert, des erreurs et des oublis...

Dans la pirogue, je suis effaré de la tournure que prend ledit 'inventaire'. Pour être sincère, je m'y attendais un peu, hélas... Tout cela est d'une légèreté bien sympathique mais absolument improductive. Tout le monde compte, tout le monde note ce qu'il voit ou entend avoir été vu, tout le monde crie en même temps. Entre deux écritures, tête baissée sur les cahiers, entre deux discussions, entre deux communications téléphoniques, surtout, on jette un œil distrait sur la rive, mais pas toujours, ou droit devant soi quand remontent quelques escouades de pélicans ou de laridés. A la proue, un écogarde dès l'embarcadère s'est mis dans l'habit du chef de mission-qui-connaît... surtout le héron cendré, à l'évidence. Le vieux Sonko, venu de la Somone pour participer du comptage, et qui est assis à mes cotés, est aussi agacé que moi par la désinvolture mêlée de morgue méfiante (envers moi) de notre capitaine-de-pirogue: perfidement Sonko demande à notre vigie si elle a n'a pas besoin de jumelles pour mieux scruter la Langue de Barbarie... Que nenni ! Pour quoi faire ? Les yeux suffisent, évidemment. Surtout pour différencier les espèces de gravelots. Pas de chance, il y a une belle troupe de Gravelots à collier interrompu, là-bas sur la grève, avec les familiers grands gravelots... Je les vois bien... dans mes jumelles: une quarantaine, pas le temps d'affiner, il faut se dépêcher ! Je vocifère, pas certain que l'espèce soit connue de l'irritant chefaillon, devant, et de nos aimables scribouillards, derrière... Le must, c'est quand la proue annonce soudainement 45 Goélands d'Audouin, waouh ! A droite à gauche en haut, ma tête dodeline en tout sens, je ne vois que du goéland brun, un bon paquet d'immatures... Si les chiffres annoncés du goéland d'Audouin se répètent à l'envi chaque année, ici ou ailleurs au Sénégal, on comprend mieux pourquoi l'espèce vient d'être retirée de la Liste rouge de l'UICN des espèces en voie de disparition, ha ha ha ! En revanche, l'intérêt pour le balbuzard pêcheur semble émoussé, ici dans le parc de la Langue... Il y en a sans doute trop, en pagaille, et c'est une affaire de Toubabs, à l'évidence, au vu du défilé dans le pays des Britanniques, d'Espagnols et de Français rien que pour les beaux yeux, les bagues et les balises de nos rapaces piscivores... Très vite la fine équipe comprend que les balbus sont aussi notre cible prioritaire, à Sonko et à moi (avec les quelques oiseaux qui font l'actualité à cause de leur déclin, comme l'Huîtrier-pie et le Courlis cendrévoir ci-après- ou le Bécasseau maubèche - bientôt sur Ornithondar): tant mieux... Du coup, à chaque arrêt sur la plage tandis que mon compère de la Somone et moi courons dans les dunes de l'infinie Langue pour approcher les paquets de balbuzards au repos sur la plage, nos collègues les bras ballants font cercle sur l'estran et blablatent à voix forte, avant de rebrousser chemin et de nous attendre à la pirogue, moi qui tente de ne pas (trop) me faire remarquer, et surtout Sonko qui tient consciencieusement à comptabiliser le maximum de balbuzards... mais se fait attendre, et moquer... "Tu t'es perdu ?" lui lance à son tour l'équipage, mesquin... Le chef-de-pirogue, qui décidément a un programme chargé et va passer le reste du parcours pendu à son téléphone, nous aura peut-être punis de tant d'inopportune passion ornithologique: pas de comptage 'officiel' de la rive gauche, coté continent, na ! Pourquoi ? C'est comme ça ! Ici c'est Sunugal, on connaît ! (c'est inné...)...

Augmentation des ardéidés, déclin des limicoles

Sur les berges du fleuve coté Langue de Barbarie et dans l'ancienne embouchure fermée par le talus de sable, les Hérons cendrés (ardea cinerea) et les Balbuzards pêcheurs (pandion haliaetus) sont, de loin, les grosses espèces les plus communes. Visiblement, l'ardéidé et le rapace piscivores sont plusieurs centaines dans les limites du parc national, en particulier sur la Langue de Barbarie, du coté fleuve comme du coté océan. La densité est impressionnante dans les champs de dunes qui ont refermé l'ancienne embouchure. Il y a de toute évidence un bon nombre de hérons cendrés hivernants, ici. Les Aigrettes des récifs (egretta gularis) sont bien représentées, elles aussi. Depuis l'ouverture de la brèche artificielle, au seuil du sanctuaire (2003), on remarque un net accroissement des ardéidés et une diminution des traditionnels limicoles, à l'exception notable du Courlis corlieu (numenius phaeopus) et du Chevalier aboyeur (tringa nebularia), qui ne semblent pas affectés par la béance et me paraissent avoir ici une densité voisine de celle qu'Ornithondar constate sur l'ensemble du fleuve jusqu'au barrage de Diama. Idem pour le Tournepierre à collier (arenaria interpres) et le Pluvier argenté (pluvialis squatarola), cependant en effectifs aussi minimaux que sur les autres sites du fleuve deltaïque. Quant aux anatidés, ils ont quasiment déserté la zone - cinq Dendrocygnes veufs (dendrocygna viduata) sur la berge gauche, ce matin dans l'indifférence générale ! Dans un contexte international défavorable à la bonne santé des populations de limicoles, la brèche des hurluberlus de 2003 n'a fait qu'accentuer le déséquilibre en défaveur des échassiers de l'estran et des vasières. Très vite, avec l'élargissement de l'ouverture faite dans la Langue de Barbarie, plusieurs espèces ont vu leurs effectifs régresser dans l'embouchure, voire déserter les lieux au profit de zones plus favorables de la rive mauritanienne du fleuve, en amont de Saint-Louis. C'est en particulier le cas des Bécasseaux variable (calidris alpina) et maubèche (calidris canutus) dont le statut et les effectifs sont ici très perturbés depuis 2003 et l'ouverture de la brèche wadienne dans la Langue de Barbarie.

Fréquence estimée par Ornithondar
de quelques limicoles sur les rives du fleuve Sénégal 
à l'aval de la brèche dans la Langue de Barbarie
ce 2016 01 15 (par ordre décroissant):
  1. Grand gravelot (charadrius hiaticula)
  2. Gravelot à collier interrompu (charadrius alexandrinus)
  3. Chevalier aboyeur (tringa nebularia)
  4. Courlis corlieu (numenius phaeopus)
  5. Huîtrier-pie (haematopus ostralegus)
  6. Bécasseau sanderling (calidris alba)
  7. Chevalier guignette (actitis hypoleucos)
  8. Pluvier argenté (pluvialis squatarola)
  9. Bécasseau minute (calidris minuta)
  10. Courlis cendré (numenius arquata ssp. orientalis)
  11. Tournepierre à collier (arenaria interpres)
  12. Échasse blanche (himantopus himantopus)
Lire:
Conséquences de l'ouverture d'une brèche sur l'avifaune aquatique des lagunes de Saint-Louis-du-Sénégal, 
par Patrick Triplet (OMPO/SMBS) et Vincent Schrike (ONCFS), 2014, in Alauda Vol. 82 (3), pages 215-19
Et:
Evolution de quelques espèces d'oiseaux dans le delta du fleuve Sénégal - Période 1989-2010,
par Patrick Triplet, Maurice Benmergui, Vincent Schrike, in Faune sauvage n°289, 4e trimestre 2010
Alarming decrease of waterbird populations in West Africa, par Frederick Tendeng, in BirdLife International/Afrique, 2015 10 6
En rappel sur Ornithondar:
La Langue de Barbarie avalée par la mer !, 2012 10 19

Sur l'huîtrier pieListe rouge de l'UICN / Near Threatened
Sur le courlis cendréListe rouge de l'UICN / Near Threatened

Ci-dessous:
à d., Huîtrier-pie - haematopus ostralegus - à g., Courlis cendré - numenius arquata orientalis, et crabes violonistes - uca tangeri
2016 01 15 matin / © Photos par Frédéric Bacuez



Un pèlerin et cent quatre vingt balbus !

Sur la Langue de Barbarie, deux falconidés jouent ensemble au-dessus des filaos, dans le vent. Sonko et moi insistons pour que la pirogue ralentisse et se rapproche de la berge. Un Faucon crécerelle (falco t. tinnunculus) poursuit un jeune Faucon pèlerin (falco peregrinus ssp.) - en réalité c'est ce dernier qui le provoque ! Le pèlerin est un oiseau de l'année, de son premier hiver sénégalais. Avec le regain des populations européennes de l'espèce, le faucon pèlerin est un migrateur de moins en moins rare, au Sénégal, où il tient ses quartiers hivernaux indifféremment dans les agglomérations urbaines (Sanar ou île nord de Saint-Louis, mais aussi Dakar) et les habitats estuariens comme le bas-delta du fleuve Sénégal. Quant aux Balbuzards pêcheurs (pandion haliaetus), nouvelle confirmation de l'importance internationale du site pour l'hivernage des célèbres rapaces piscivores d'Europe: près de 180 individus dénombrés, ce matin ! Pas le temps de scruter les bagues et, surtout, de prendre du temps pour les lire... A vue de nez donc, il y a des sujets venus de France, d'Allemagne, surtout, et sans doute d'Ecosse*. 

* Lire:

Ci-dessous:
Faucon crécerelle et Faucon pèlerin de 1er hiver
Balbuzard pêcheur
Langue de Barbarie coté fleuve (PNLB) 2016 01 15 matin / © Photos par Frédéric Bacuez




Comptage 'confidentiel-défense' (Lol !) 

On débarque sur l'Île aux oiseaux, allez savoir pourquoi ! Notre chef est le premier à toucher terre, il saute de l'embarcation et se lance illico droit devant dans les envolées de laridés: monsieur veut atteindre l'autre bout de l’îlot, le premier, pour dénombrer les sternes royales, je crois, qui se regroupent sur le plus haut point pour une nidification à venir. Les dociles suivent, bon gré mal gré, avec peu d'empressement. Quant à Morr le barreur, Sonko et moi, nous restons sur la grève, perplexes. On n'est pas chez nous, laissons agir et s'agiter le spécialiste... L'équipe revient avec deux dépouilles d'oiseaux morts, mais bagués - une sterne caspienne (hydropogne caspia) plus une sterne caugek (sterna sandvicensis); et un nylon vert made in China. Vite, on remonte dare dare dans le bahut fluvial et les cadavres récupérés sont sous bonne garde. Au demeurant, je trouve la protection de l'île par des empierrements grillagés assez rudimentaire, même si pour le moment elle tient le nichoir à l'abri des vagues et de l'érosion; je ne donne pas cher de l’îlot quand la brèche, qui continue son travail de sape de la Langue de Barbarie, du nord vers le sud, se trouvera juste en face... De plus, les anfractuosités dans le gabion et sous les croisillons de fers sont de véritables pièges à poussins: nous en avons d'ailleurs sauvé un, de ces pulli de mouettes à tête grise, qui n'arrivait pas à s'extraire d'un de ces trous mortels...

De retour au ponton, ça se gâte... Le chef de mission nous abandonne sans autre forme de salamalecs, et court quasiment vers le PC, ses cadavres de sternes baguées à la main. Quand nous arrivons aux locaux du parc national, notre homme a déjà pris la poudre d'escampette - d'autres rendez-vous, de la plus haute importance, sans doute... Les bagues ont été arrachées aux tarses des oiseaux, lesquels ont été jetés derrière un bâtiment sans qu'on ne se souvienne, du coup, à qui appartenaient les bagues et sur quelles pattes elles avaient été scellées... Le conservateur-en-chef sort de ses appartements et me fait appeler, me demandant si j'ai pris des photos des oiseaux... quand ils étaient encore bagués. Hélas, une seule image (cf. ci-dessous), pas eu le temps, avec son sous-fifre... Mais ce qui l'intéresse, ce sont mes imprimés de tous les comptages effectués par les trois équipes du jour, et qui débordent d'une des poches de ma veste. Il me les retire illico, me disant que ces comptages sont confidentiels et doivent être acheminés vers la Direction des parcs nationaux. Soit, mais je lui rétorque que c'est bien une singulière habitude du Sénégal, et des pays francophones de la région, que de vouloir tout soustraire aux regards indiscrets, comme s'il s'agissait de stratégiques secrets d'Etat ! J'explique au fonctionnaire que ces affaires de comptage, dont j'ai une petite habitude, ici et ailleurs, sont partout et rapidement rendues publiques, avec évidemment des protocoles de protection des données les plus sensibles, et que cela avait son importance pour pouvoir stimuler l'intérêt pour "notre cause commune"... Ajoutant que la mouette à tête grise, tout de même, n'était pas non plus un... pic gris (kézako ?) ou une outarde de Denham, ha ha ha ! De toute façon "j'ai MON comptage personnel sur MON carnet, et ça, vous ne pouvez pas me les retirer ! Au revoir..." Heureusement, mes notes avaient compilé les observations (et les non observations ainsi que les erreurs) de toute l'équipée fluviale (cf. ci-après), ouf...

Sénégal/Dénombrement international des oiseaux d'eau - Wetlands international, la DAMPC et la DPN ont mutualisé leurs efforts, in Wetlands international 2016 01 20
50 ans du recensement international des oiseaux - Faisons le décompte !in Wetlands international 2016 01 8

Et, à l'attention du Conservateur-en-chef du PNLB:
Le dénombrement des oiseaux d'eau dans le parc national du Diawling (qui a un site web, lui !), en Mauritanie: bientôt ici sur PND.mr
Et, parmi des dizaines d'exemples, le dénombrement des oiseaux d'eau en Belgique, en accès libre: ici sur Aves.be
Sans oublier tous ces pays étranges qui ont adopté le système suisse Biolovision, et tous les sites de comptage de la migration prénuptiale et postnuptiale (voir Migraction, par exemple)... Mais bon, l'esprit du secret et du casernement reste une grande spécialité du Sénégal et des pays francophones d'Afrique... Inutile, improductif, stérile. Tout ça pour ne rien faire de ces inventaires folkloriques répétés chaque 15 du mois depuis des années, et passer toutes les autres journées à se tourner les pouces sur une chaise, une natte, un lit ! Mais en tenue camouflée. Avec ataya.
Etc.


Ci-dessous:
sur l''Île aux oiseaux', parc national de la Langue de Barbarie (PNLB)
Comptage mensuel des oiseaux, chaud devant !
2016 01 15 matin / © Photos par Frédéric Bacuez
- Cliquer sur les photos pour agrandir -




OISEAUX / 39 espèces cochées + 16 sp.
AUTRES / 4 espèces vues

Vu (exclusivement sur les deux berges du fleuve au sud de la brèche, et sur quelques points de la Langue de Barbarie, coté plage):
Entre [], comptage rapporté par l'équipage (du PN) / '+' à '+++', ordre des estimations supérieures au décompte noté

- Pélican blanc (pelecanus onocrotalus, great white pelican), [28+ ind.] en tout (cf. photos ci-dessous)
dont un groupe de onze sujets [Nota pers., probablement rajouter une dizaine d'ind. au comptage] 
- Pélican gris (pelecanus rufescens, pink-backed pelican), 35+ ind. (cf. photos ci-dessous et en haut de notule)
dont un groupe de sept sujets [34 ind.] [Nota pers., compte proche de la réalité, les effectifs semblent en augmentation dans le Gandiolais]
- Cormoran africain (phalacrocorax africanus, long-tailed cormorant), 1 seul ind. 
[non compté]
- Grand cormoran à poitrine blanche (phalacrocorax carbo lucidus, white-breasted cormorant), [26 ind.] (cf. photos ci-dessous)
[nota pers.: compte proche de la réalité]
- Héron garde-boeuf (bubulcus ibis, cattle egret), [4 ind.]
- Aigrette (dimorphe) des récifs (à gorge blanche, egretta gularis, western reef egret), [25++ind.]
[comptage sous-estimé, à mon avis]
- Aigrette garzette (egretta garzetta, little egret), [5 ind.]
- Grande aigrette (egretta alba, great egret), 2 ind. 
[1 ind.]
- Héron cendré (ardea cinerea, grey heron), 73 ind. [72+++ ind.] (cf. photo ci-dessus)
[largement sous-estimé malgré l'ardeur de certains à le dénombrer]
- Tantale ibis (mycteria ibis, yellow-billed stork), 2 ind. (cf. photo ci-dessous)
[= 2 ind.]
- Spatule d'Afrique (platalea alba, african spoonbill), 1 ind. 
[transmis aux cocheurs de l'équipage]
- Spatule blanche (platalea leucorodia, eurasian spoonbill), ~11 ind. 
[= 11 ind., probable compte]
- Dendrocygne veuf (dendrocygna viduata, white-faced whistling duck), 5 ind. 
[transmis aux cocheurs de l'équipage]
- Balbuzard pêcheur (pandion haliaetus, osprey), de 177++ ind. à [181 ind.]  (cf. photos ci-dessus)
- dont 1 + 1 + 1 + 1 + 1 + 3 (brèche) / + 1 + 1 / + 8 (plage) / + 3 + 2 + 2 + 2 + 1 + 2 + 1 + 2 + 3 + 1 + 1 / 16 + 11 (plage) / 1 + 1 + 2 + 3 + 2 + 1 + 2 / 18 + 5 + 6 + 10 (plage) / 1 + 1 + 1 + 1 + 1 + 1 + 1 / 5 + 2 + 1 + 1 + 1 + 4 + 3 + 24+ + 10 + 1 / 1 (berge continent) / 2 (presqu'île)
- Pygargue vocifère ('aigle pêcheur', haliaeetus vocifer, african fish eagle), 1 ind. adulte jeune 
[et un nid ?, obs. pers.] [non rapporté, oubli ?]
- Milan d'Afrique (parasiteà bec jaune, milvus parasitus, yellow-billed kite), 5 ind. 
dont deux sujets vus transportant des matériaux de recharge de nids, sur deux sites différents [2 ind.] 
- Faucon crécerelle (falco t. tinnunculus, common kestrel), 5 ind. (cf. photos ci-dessus)
- dont sujet jouant avec un jeune faucon pèlerin [4 ind.] 
- Faucon pèlerin (falco peregrinus ssp., peregrine falcon), 1 ind. immature (cf. photos ci-dessus)
jouant avec un faucon crécerelle sur la Langue [2 ind., erroné] 
- Huîtrier-pie (haematopus ostralegus, eurasian oystercatcher inscrit à la Liste rouge des animaux en danger de disparition de l'UICN dans la catégorie NT/Bientôt menacé), 32 ind. (cf. photo ci-dessus)
dont groupes de cinq sujets et un maximal de  neuf sujets [=30 ind.] 
- Échasse blanche (himantopus himantopus, black-winged stilt), 1 ind. 
[rive gauche, transmis aux cocheurs de l'équipage]
- Grand gravelot (charadrius hiaticula, common ringed plover), 42 ++++ind.  
[42 ind., effectifs largement sous-estimés car non systématiquement comptés comme l'ensemble des petits limicoles] 
- Gravelot à collier interrompu (charadrius alexandrinus, Kentish plover), 47+++ind. 
- dont un groupe de ~40 sujets (vus mais ignorés par les cocheurs, probablement assimilés à des charadrius hiaticula) et un sujet poursuivi par deux grands gravelots [46 ind., effectifs largement sous-estimés car non systématiquement comptés comme l'ensemble des petits limicoles] 
- Pluvier argenté (pluvialis squatarola, grey plover), 9++ind. 
[4 ind., effectif mal compté, par épisodes comme la plupart des limicoles de moindre taille] 
- Courlis corlieu (numenius phaeopus, whimbrel), [52+ ind.] 
[fourchette basse, rajouter probablement une quinzaine de sujets, au moins] 
- Courlis cendré (numenius arquata ssp. orientalis, eurasian curlew - inscrit à la Liste rouge des animaux en danger de disparition de l'UICN dans la catégorie NT/Bientôt menacé), 3 ind. (cf. photo ci-dessus)
[seul 1 ind. rapporté par les cocheurs suite à mes obs.]
- Bécasseau minute (calidris minuta, little stint), [8++ ind.] 
[malgré mes obs. transmises et notées in situ, effectifs sous-évalués même si ils semblent ici marginaux]
- Bécasseau sanderling (calidris alba, sanderling), 21++ind. 
par tout petits groupes [20 ind., nota pers.: uniquement comptés coté fleuve !] 
- Chevalier aboyeur (tringa nebularia, common greenshank), 44+++ind. 
dont groupe au repos de seize sujets à l'ancienne embouchure refermée et deux sujets en poursuite territoriale [37 ind., effectifs sous-évalués car comptage intermittent] 
- Chevalier guignette (actitis hypoleucos, common sandpiper), 10++ind. au minimum
[10 ind.] 
- Tournepierre à collier (arenaria interpres, ruddy turnstone), 2 ind.
- Goéland brun (larus fuscus ssp. fuscus essentiellement, lesser black-backed gull), 869 ind. [824 ind.] 
[chiffre minimum au vu des sites non inventoriés notamment sur la Langue et en bordure d'océan] dont deux groupes de 300+ ind. chaque (dont un pack de ~345 ind., comptage pers.) sur la plage et deux autres groupes respectivement de 45, 25 et 22 sujets et ~40 sujets sur l'ilot-nichoir 
- Goéland railleur (larus genei, slender-billed gull), [190++ind. 
dont un groupe de 160 sujets sur l’îlot de nidification [187 ind., chiffrage sous-évalué] (cf. photo ci-dessus)
- Goéland leucophée (larus michaellisyellow-legged gull), 1 ind. solitaire en lisière d'un groupe de ~345 goélands bruns [sur l'estran, coté plage océane]
- Goéland d'Audouin (larus audouinii, Audouin's gull),  3 ind. immatures observés par moi-même !
[le chiffre de 45 ind. d'un coup lancé par un des compteurs est totalement farfelu !
- Mouette à tête grise (larus cirrocephalus ssp. poiiocephalus, grey-headed gull), [1560+++ ind. dont ~1500 ind. avec poussins [îlot nichoir: estimation 700-2000 ind.]]
- Sterne caspienne (sterna caspia, caspian tern), [[107+ind.] 
dont 60+ ind. sur l'îlot de nidification] (cf. photo en haut de notule)
- Sterne royale (sterna maxima, royal tern), [45+++ind. dont 30+ ind. sur l'îlot de nidification - nota pers.: les deux chiffres sont sous-estimés] (cf. photo en haut de notule)
- Sterne caugek (sterna sandvicensis, sandwich tern), [405++++ind.]
[Nota pers.: chiffrage largement sous-estimé, dont 360 ind. sur l'îlot de nidification] (cf. photo en haut de notule)
- Alcyon pie (ceryle rudis, pied kingfisher), ~10 ind. 
[=10]


Ci-dessous, de haut en bas et de g. à d.:
 Grands cormorans à poitrine blanche, Pélicans gris et Pélicans blancs immatures -
Goéland railleur internuptial - Hérons cendrés sur la brèche -
Pélican blanc immature et Pélican gris - Tantales ibis
2016 01 15 matin / © Photos par Frédéric Bacuez




Et:
  • Tourterelle pleureuse (streptopelia decipiens, african mourning dove), 6 ind. [4 ind.] 
  • Tourterelle maillée (streptopelia senegalensis, laughing dove) [rive gauche]
  • Pigeon roussard (de Guinée, columba guinea, speckled pigeon) [villages rive gauche]
  • Coucal du Sénégal (centropus senegalensis, Senegal coucal), 5 ind. [=5] [dont Langue de Barbarie]
  • Martinet des maisons (apus affinis ssp. aerobates, little swift), ~8 ind.
  • (Petit) guêpier (vert) d'Orient (merops orientalis ssp. viridissimus, little green bee-eater), 2+ ind. [rive gauche]
  • Rollier d'Abyssinie (coracias abyssinicus, abyssinian roller),  1 + 1 + 2 ind. (presqu'île) + 1 ind. soit cinq sujets en tout [2 ind.] [dont Langue de Barbarie]
  • Calao à bec rouge (tockus kempi, western red-billed hornbill), 1 + 2 ind. [fortin des 'Caprices du fleuve'] 
  • Cochevis huppé (galerida cristata ssp. senegallensis, crested lark) 1 ind. [Langue de Barbarie]
  • Bergeronnette grise (motacilla alba, white wagtail), 1 ind. [rive gauche]
  • Fauvette passerinette (sylvia cantillans, subalpine warbler), 1 ind. [Langue de Barbarie]
  • Prinia modeste (prinia subflava, tawny-flanked prinia), 2 ind. (cf. photo ci-dessous) [Langue de Barbarie]
  • Pie-grièche à tête rousse (lanius senator, woodchat shrike), 1 ind. [Langue de Barbarie]
  • Corbeau pie (corvus albus, pied crow), 2 ind.
  • Choucador à oreillons bleus (lamprotornis chalybaeus, greater blue-eared glossy starling), 8 ind. [rive gauche]
  • Choucador à ventre roux (lamprotornis pulcher, chestnut-bellied starling), un petit groupe [rive gauche]

Prinia modeste - prinia subflava, Langue de Barbarie (PNLB)
2016 01 15, 8h20 / © Photo par Frédéric Bacuez

AUTRES:
  • (Petit) Monarque d'Afrique (danaus chrysippus ssp. chrysippuscommon plain tigerlesser wandererqueen butterfly, 'african queen'), 1 + 1 ind.
  • Mulet à grosse tête (mugil cephalusflathead mullet - deem wi en langue wolof)
  • Ocypode africain (crabe-fantôme, ocypode africanaafrican ghost crab)
  • Crabe violoniste (uca tangeri)

Parc national de la Langue de Barbarie (PNLB), PC de Mouit et 'Le Héron Cendré'
2016 01 15 aprem' / © Photo par Frédéric Bacuez


* Campement 'Le Héron cendré', lagune du Douti et PC du PNLB -

2016 01 14-15.
Avec Bakary Sonko (PN du Sénégal)

OISEAUX / 23 espèces cochées, 4 sp. entendues
AUTRES / 1 espèce vue

Vu:
  • Pélican blanc (pelecanus onocrotalus), vol pompant et cerclant de 10 ind. [à la verticale de la lagune du Douti]
  • Héron cendré (ardea cinerea) (cf. photo en bas de notule) [Douti]
    • Milan parasite (milvus parasitus), 7 ind.
    • Milan noir (milvus migrans migrans, black kite), 1 ind.
    • Faucon pèlerin (falco peregrinus), 1 ind. (probable) en vol du soir, brièvement passant {14 01}
    • Courlis corlieu (numenius phaeopus), quelques ind. (cf. photo en bas de notule) [Douti]
    • Pluvier argenté (pluvialis squatarola), 1 ind. sur les vasières à marée basse (cf. photo en bas de notule) [Douti]
    • Bécasseau variable (calidris alpina, dunlin), 1 ind. sur les vasières à marée basse [Douti]
    • Chevalier gambette (tringa totanus, common redshank), 1 ind. [Douti]
    • Grand gravelot (charadrius hiaticula), plusieurs ind. sur les vasières [Douti et Lawmar]
    • Rollier d'Abyssinie (coracias abyssinicus), 1 à 2 ind., ad.
    • Hirondelle rustique (hirundo rustica, barn swallow), ~3 ind. chassent au-dessus du 'Héron cendré'
    • Bergeronnette grise (motacilla alba), 1+ ind. + plusieurs troupesen vol du soir, comprenant chacune plusieurs dizaines d'ind. >dortoirs nocturnes dans les massettes du fleuve ou de ses lagons {14 01}
    • Bulbul (commun) des jardins (pycnonotus barbatus, common bulbul)
    • Crombec sitelle (sylvietta brachyura, northern crombec), 1 ind. [PC]
    • Choucador à longue queue (lamprotornis caudatus, long-tailed glossy starling) [PC]
    • Moineau gris (passer griseus, northern grey-headed sparrow), cc local [PC]
    • Tisserin à tête noire (ploceus melanocephalus ssp. capitalis, black-headed weaver)
    • Tisserin minule (ploceus luteolus, little weaver)
    • Amarante du Sénégal (lagonosticta senegala, red-billed firefinch)
    • Capucin bec-d'argent (euodice cantans, african silverbill), quelques ind. à la mangeoire [PC]
    • Combassou du Sénégal (vidua chalybeata, village indigobird), 1 ind. mâle en plumage nuptial [PC]
    • Serin à croupion blanc (serinus leucopygius ssp. riggenbachi, white-rumped sedeater), 2 ind. [PC]
    Entendu:
    Oedicnème du Sénégal (burhinus senegalensis, Senegal thick-knee), plusieurs ind. - JMD me dit qu'il y en a plusieurs dizaines qui stationnent derrière le rideau d'arbres du PC [coté lagune du Lawmar] / Martin-chasseur à tête grise (halcyon leucocephala, grey-headed kingfisher), 1 ind. / Pic goertan (dendropicos goertae, grey woodpecker), 1+ ind. / Gonolek de Barbarie (laniarius barbarus, yellow-crowned gonolek) /

    AUTRES:
    • Crabe violoniste (uca tangericf. photo en bas de notule) [vasières du Douti]

    Ci-dessous: 
    trois premières lignes: le comptage des oiseaux (d'eau) sur le fleuve, la brèche et dans la langue de Barbarie
    en bas, l'heure du tiep' au PC du PNLB (Mouit)
    2016 01 15 / © Photos par Frédéric Bacuez
    - Cliquer sur les photos pour agrandir -






    A l'heure de la sieste...
    Devant 'Le Héron Cendré', la lagune du Douti à marée basse

    Ci-dessous, de g. à d.: 
    Héron cendré et Courlis corlieu - Crabes violonistes en réunion - Pluvier argenté
    2016 01 15 aprem' / © Photos par Frédéric Bacuez

    Aucun commentaire:

    Enregistrer un commentaire

    Nombre total de pages vues