" Quand y aura-t-il des observateurs qui nous rendront compte de ce que font nos hirondelles au Sénégal et nos cailles en Barbarie ? "
- Comte de Buffon (France), 1737
" Avoir vu un éléphant n'est pas une question d'âge mais une question d'avoir parcouru la brousse "
- Roger Bila Kaboré (Burkina Faso)

dimanche 23 janvier 2011

23, les alizés jettent un froid sur le Lampsar


Ci-dessus: le vieux pêcheur un peu zinzin et son épervier, l'aigrette garzette qui cède le passage, les vaguelettes du marigot réfrigéré par les alizés; l'hiver saint-louisien est bel et bien installé sur le delta / Photo par Frédéric Bacuez


* Bango. Marigot de Lampsar, coté saumâtre -

Ci-contre: 2011 01 23, 18h25; alcyon pie , aigrette garzette et mouettes à tête grise dans le 'froid' du Lampsar / Photos par Frédéric Bacuez

Les alizés agitent par saccades la surface des eaux du Lampsar, le ciel reste gris, il fait également quelque chose comme 14°, au bord de l'eau, tout le jour ! Hier soir, quelques bihoreaux gris (nycticorax nycticorax) étaient même descendu de leur bouquet de palétuviers plus tôt que d'habitude, en plein jour: j'en voyais trois au pied des racines aériennes, avec une envie de bouger qui ne leur ressemble pas, peut-être pour se réchauffer un peu - enfin j'imagine... En cette fin de journée, un petit groupe de chevaliers aboyeurs (tringa nebularia) est aligné derrière un autre bosquet, hors de l'eau, à l'abri du vent. Quelques hérons cendrés (ardea cinerea), échasses blanches (himantopus himantopus), une aigrette garzette (egretta garzetta) transie devant ma balustrade (cf. photos en haut et ci-dessus à d.), et les alcyons pies (ceryle rudis) qui profitent, eux, du vent de face pour mieux faire leur fameux sur place (cf. photo ci-dessus à g.) avant de plonger comme des torpilles sur les poissons du rivage. Dans les airs, quelques sternes, caspiennes (sterna caspia) surtout, et des mouettes à tête grise (larus cirrocephalus). Pas vu de balbuzard, même le pygargue vocifère (haliaeetus vocifer) s'en est allé bien avant l'heure crépusculaire, se mettre au chaud sur le Lampsar 'doux'. C'est le froid tropical, marin et présaharien, aux lisières d'un bled enfoui dans un silence rare, un jour de Magal, le pèlerinage mouride à Touba. D'insolites journées africaines comme celle-ci, j'en redemanderais volontiers plus souvent...

MATIN-
2 moineaux gris (passer griseus, northern grey-headed sparrow), adultes mâles, picorent au sol dans le jardin, juste sous les fenêtres; hier, vu 1 mâle en parade nuptiale dans le flamboyant, et sa belle sur la branche d'à coté, à deux mètres de la fenêtre de mon bureau
APREM'-
1 pouillot de Bonelli (phylloscopus bonelli, western Bonelli's warbler) très actif mais beaucoup plus discret que son cousin 'véloce', dans les profondeurs d'une vieille haie de bougainvillées épaisses
Sur la berge du marigot, des pouillots véloces (phylloscopus collybita, common chiffchaff) utilisent désormais les propagules de palétuviers qui ont pris racine pour s'y accrocher et observer herbes et tas de branchages proches afin d'y détecter leurs minuscules proies

Avec le vent, encore un nid de souïmanga à poitrine rouge (chalcomitra senegalensis, cf. photo ci-dessous à g.) décroché des grands arbres du jardin - eucalyptus ou nîîm ? Il y a quelques semaines, deux embryons de nids de tisserins minules (ploceus luteolus) avaient fini au sol, eux aussi. Cela n'empêche pas les tisserins gendarmes (ploceus cucullatus, village weaver) de pousser leurs crécelles nuptiales, hystériques depuis quasiment le début de l'année !




















Vents océans bien coupables...
- Ci-dessus:
embryons de nids de tisserins minules (ploceus luteolus) tombés d'un eucalyptus
- Ci-contre:
nid de souïmanga à poitrine rouge (chalcomitra senegalensis) tombé d'un nîîm ou d'un eucalyptus
/ 2011 01 24 matin, photos par Frédéric Bacuez

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