" Quand y aura-t-il des observateurs qui nous rendront compte de ce que font nos hirondelles au Sénégal et nos cailles en Barbarie ? "
- Comte de Buffon (France), 1737
" Avoir vu un éléphant n'est pas une question d'âge mais une question d'avoir parcouru la brousse "
- Roger Bila Kaboré (Burkina Faso)

mercredi 10 février 2010

10, une femelle du raréfié busard pâle, marquée


* Parc national des oiseaux du Djoudj (PNOD) -


Au zénith du jour, François Marmeys observe (cf. photo ci-contre) 1 busard pâle femelle subadulte, circus macrourus, pallid harrier), survolant les steppes du Grand Lac, dans les limites du parc national du Djoudj. Le rapace porte deux 'marques alaires jaunes' (left and right wings tags, LW-Y et LR-Y). Deux autres espèces de busards (busard des roseaux, circus aeruginosus, commun; busard cendré, circus pygargus, assez commun) sont plus fréquemment observées dans le delta du Sénégal, une troisième, le busard Saint-Martin (circus cyaneus), n'y étant qu'accidentellement notée. Depuis 30 ans, le busard pâle a fortement régressé dans ses aires de nidification (Eurasie) comme d'hivernage (Afrique soudano sahélienne d'ouest en est, Afrique orientale et sous-continent indien), de plus en plus fragmentées. Le rapace est inscrit à la Liste rouge de l'UICN [espèce quasi menacée (NT)].

Ci-dessus: 2010 02 10 midi, PNOD; busard pâle femelle en vol
/ Courtesy photo par François Marmeys, tous droits réservés

Particularismes notables: outre le traquet isabelle, le busard pâle est l'une des seules espèces hivernant dans le delta à nous arriver de l'est, des vastes plaines eurasiennes des ex républiques soviétiques, de la Mer noire aux confins de la Mongolie...
Étudié depuis peu seulement (une mission récente dans les steppes du nord Kazakhstan, où se situent probablement ses effectifs les plus importants), après avoir quasiment disparu d'Europe (de la Hongrie à la Roumanie) comme espèce nicheuse, le rapace est également sous obervé en raison de sa ressemblance quasi parfaite avec le busard cendré (bien observé en Europe) dès lors qu' il ne s'agit pas du mâle adulte (pour les différences entre busard cendré et busard pâle, voir l'excellente expertise de Valéry Schollaert sur http://www.ornithomedia.com/pratique/identif/ident_art30_3.htm)
Même si l'on a plus de chance de l'observer en Israël, en Italie et en Tunisie lors de sa migration en direction des régions d'hivernage ouest africaines, c'est au Sénégal -du delta au Ferlo surtout- et dans une moindre mesure dans le Sahel malien et burkinabè que l'on aura le plus de chance d'admirer ses évolutions aériennes au dessus des plaines sèches en quête de micromammifères, souvent plus à l'écart de l'eau que les busards cendrés et des roseaux. Pour ma part, dans les plaines alluviales du delta au sud du barrage de Diama, c'est dans leurs parties les plus dégagées et souvent salinisées, avec buissons épars de tamarix senegalensis que j'ai la chance d'en apercevoir, tandis que les premiers survolent plus volontiers les étendues herbeuses, les jonchaies asséchées et les environs des rizières.
La très forte spécialisation alimentaire du busard pâle, très dépendant des fluctuations annuelles des populations de petits rongeurs, et la dégradation (naturelle comme anthropique) accélérée de ses habitats, du Sénégal à la Chine, pèsent fortement sur l'avenir de ce magnifique rapace.

Le site web en français des busards: http://www.busards.com/
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