" Quand y aura-t-il des observateurs qui nous rendront compte de ce que font nos hirondelles au Sénégal et nos cailles en Barbarie ? "
- Comte de Buffon (France), 1737
" Avoir vu un éléphant n'est pas une question d'âge mais une question d'avoir parcouru la brousse "
- Roger Bila Kaboré (Burkina Faso)

vendredi 18 novembre 2016

18, promenade helvète au Ranch de Bango - au son des Rousserolles

Depuis le lodge du Ranch de Bango: le Djeuss et la plaine de Biffeche, leurs marais et typhaies après la saison des pluies
La mosquée est derrière le fleuve Sénégal, en Mauritanie...
2016 11 18 matin / © Photo par Frédéric Bacuez

* Dans les jardins et autour du Ranch de Bango -

MATIN, 7h05-10h40-
Avec Bram Piot (pour Senegal Wildlife et Xeno-Canto.org)
Et les enfants Géroudet ('Nos oiseaux', Suisse romande): Bastien, Christian, Cyril, Gottlieb, Manu
Temps: fond de l'air toujours relativement humide...

L'irrésistible étouffement par Typha australis: merci, Eiffage & Co !

Conséquences d'un réservoir du Djeuss en permanence rempli à ras bord - le grand oeuvre local d'Eiffage & Co, nous y reviendrons !-, les marais riverains ne connaissent plus d'étiage, gorgés qu'ils sont d'eau. Les typhas n'en demandaient pas tant: dopés par l'humidité et le coup de pouce des apprentis-sorciers lesquels n'apprendront décidément jamais des erreurs passées, ils colonisent tout le complexe, étouffant à pas de géant mares, trous, prairies, herbiers. Le paysage se referme. Au profit d'une seule espèce palustre, invasive, exclusive: typha australis. Avec tous les dommages collatéraux qui en découlent (sic): l'affaiblissement inéluctable d'une biodiversité végétale et surtout aviaire. Dans un premier temps, ce sont les canards qui en font les frais - plus de reposoir diurne, pas plus de sites pour la pâture noctambule... A leur tour, les rallidés et toutes les poules (Marouettes, Talèves, Gallinules, Jacanas, Rhynchées, Bécassines) abandonneront les marges sur lesquelles ils trouvent provisoirement un refuge précaire. Les champs de carex avalés par le roseau, il en sera fini des passereaux paludicoles: Gorgebleues à miroir (luscinia svecica), Rousserolles effarvattes (acrocephalus scirpaceus), Rousserolles africaines (acrocephalus baeticatus), Locustelles tachetées (locustella naevia); n'étaient les tamarix senegalensis des berges, qui leurs servent de perchoirs et d'abri, s'ils ne pourrissent pas dès lors qu'ils restent trop longtemps les pieds dans l'eau, les Phragmites des joncs (acrocephalus schoenobaenus), les Prinias aquatiques (prinia fluviatilis), les Cisticoles des joncs (cisticola juncidis uropygialis) et même les Pouillots véloces (phylloscopus collybita) iront voir ailleurs si le typha est in fine moins tyrannique... Pas gagné !

Perte de biodiversité: beaucoup de perdants, quelques gagnants

Les seules à y trouver leur compte, à condition en effet qu'il y ait des lisières, à ces forêts de typhas, outre les Hérons pourprés (ardea p. purpurea) et les Bergeronnettes (motacilla flava et alba) qui en font leur dortoir de prédilection, ce sont les afrotropicales Cisticoles du Nil (cisticola -galactotes- marginatus ssp. amphilectus) et les Rousserolles des cannes (acrocephalus rufescens ssp. senegalensis). Mais aussi la paléarctique Rousserolle turdoïde (acrocephalus a. arundinaceuset dans une moindre mesure la très discrète Locustelle luscinioïde (locustella l. luscinioides). Les quatre aiment à débusquer les insectes au pied des tiges si densément rapprochées les unes des autres que les oiseaux demeurent quasiment invisibles. Si les Cisticoles escaladent les typhas pour venir chanter à la cime, les Rousserolles des cannes préfèrent tintinnabuler au plus profond de la roselière. Bien que peu fréquente dans notre bas-delta (d'octobre à mai voire juin), et sujette à de fortes fluctuations dans ses effectifs, la Rousserolle turdoïde y sera en revanche moins farouche que sa cousine subsaharienne; elle n'hésitera pas à se mettre à découvert en lisière de la typhaie, pour donner du gosier, dans les semaines qui prolongent l'installation sur son site d'hivernage. C'est le cas ce 18 novembre dans le marais du lodge, au Ranch de Bango: outre l'habituelle Rousserolle des cannes (vue ! Cf. ci-après enregistrement sonore par Bram Piot pour Xeno-Canto, 2014 05 10qui glousse dans une autre roselière du site, une Rousserolle turdoïde (pas vue !) fraichement arrivée du nord fait ses gammes matinales, râpeuses, graves et lentes, "first singing quietly, then more loudly or closer by" (Bram Piot, enregistrement sonore pour Xeno-Canto, cf. ci-dessous):

Ci-dessous:
Rousserolle turdoïdeacrocephalus a. arundinaceus, au marais matinal, Ranch de Bango
2016 11 18 matin / Courtesy © Enregistrement sonore par Bram Piot pour Xeno-Canto


Ci-dessus:
Rousserolle des cannesacrocephalus rufescens ssp. senegalensis, marais du Ranch de Bango
2014 05 10 / Courtesy © Enregistrement sonotre par Bram Piot pour Xeno-Canto


Sarcidiornes, Souchets, Barges et Grues - tous ou presque à la douzaine !

Outre les classiques (ici !) fauvettes des marais et autres passereaux paludicoles, deux volées de canards, douze (12) Sarcidiornes à bosse (Canard à bosse, sarkidiornis melanotos) et autant (12) de Canards souchets (spatula clypeata) dans le ciel du Djeuss. Les anatidés cherchaient-ils vainement, en effet, un petit coin où reposer, dans ce fouillis végétal sans ouvertures ? Une cinquantaine de Barges à queue noire (limosa limosa), aussi; et, décidément le chiffre fétiche de la matinée, douze (12) Grues couronnées noires (balearica p. pavonina) en déplacement groupé vers l'amont de la rivière - pour la cuvette de Sanar, le N'Galam, le Djeuss ou le Lampsar ? A tous les coups là où il y aura des céréales à glaner sans dérangements intempestifs !

OISEAUX / 54 espèces cochées, 4 sp. entendues
MAMMIFÈRES / 1 sp. (empreintes)
REPTILES / 1 espèce
AUTRES / 1 sp. entendue

Vu:
  • Anhinga (roux) d'Afrique (anhinga r. rufaafrican darter), 1 ind. en vol passant [Djeuss]
  • Aigrette à gorge blanche (egretta g. gulariswestern reef-egret)
  • Héron cendré (ardea c. cinereagrey heron), 1 + 1 ind., en vol
  • Héron pourpré (ardea p. purpureapurple heron), 1 + 1 ind., en vol
  • Sarcidiorne à bosse (Canard à bosse, Canard sylvicole, sarkidiornis melanotosknob-billed duck, african comb duck), 1 ind. puis 11 ind. en vol - sept mâles et quatre femelles [Djeuss>amont]
  • Canard souchet (spatula clypeatanorthern shoveler), 12 ind. en vol [Djeuss]
  • Balbuzard pêcheur d'Eurasie (pandion h. haliaetuseurasian osprey), 1 ind. femelle ad. suivi par 1 ind. mâle juvénile (et 1 ind. perché sur la rive droite) [Djeuss]
  • Pygargue vocifère (haliaeetus vociferafrican fish-eagle), 1 ind. + 1 ind. transportant des matériaux de recharge pour l'aire (saison de reproduction imminente)
  • Busard cendré (circus pygargusMontagu's harrier), 1 ind. mâle chassant dans la plaine de Biffeche [vu depuis la terrasse du lodge, à la longue-vue]
  • Busard des roseaux (circus a. aeruginosuswestern marsh-harrier), 1 ind. mâle chasse au-dessus des roselières [marais face au lodge]
  • Francolin à double éperon (pternistis b. bicalcaratusdouble-spurred francolin), 1 ind. [Bango] + quelques ind. ici et là
  • Grue couronnée noire (balearica p. pavonina, -west africanblack crowned crane - Vulnerable/VU-Vulnérable,sur la Liste rouge de l'UICN des espèces menacées de disparition), vol de 12 ind. remontant le Djeuss à basse altitude
  • Marouette à bec jaune (Râle à bec jaune, zapornia flavirostrablack crake)
  • Jacana à poitrine dorée (actophilornis africanusafrican jacana), 4 ind. en vol [marais du lodge]
  • Vanneau éperonné (vanellus spinosusspur-winged lapwing), 2 ind.
  • Barge à queue noire (limosa limosablack-tailed godwit Near threatened/NR-Quasi menacésur la Liste rouge de l'UICN des espèces menacées de disparition), ~50 ind. en vol passant [Djeuss>amont]
  • Sterne caspienne (hydroprogne caspiacaspian tern), quelques ind. juvéniles en vol solo [Djeuss]
  • Sterne hansel (gelochelidon n. niloticagull-billed tern), 1 ind. en vol [Djeuss amont>aval]
  • Tourtelette d'Abyssinie (turtur abyssinicusblack-billed wood-dove), quelques ind.
  • Touraco gris (crinifer piscatorwestern grey plantain-eater), 2 ind. en vol bavard - cc local
  • Coucal du Sénégal (centropus s. senegalensisSenegal coucal), 2 ind. - cc local- + 3 ind. - cc local et juvénile- + 1 ind. [prairie du chenal] + 2 ind. [marais en face du lodge] + 1 second ind. juvénile
  • Martinet des maisons d'Afrique de l'ouest (apus affinis ssp. aerobateswest african little swift), 2 ind. chassant
  • Martinet des palmes (cypsiurus p. parvusafrican palm swift), 1 ind.
  • Martin-pêcheur huppé (corythornis cristatus ssp. galeritaMalachite kingfisher), 1 ind.
  • Martin-pêcheur pie (ceryle r. rudispied kingfisher), 1 ind. [marais du lodge]
  • Guêpier nain (merops p. pusilluslittle bee-eater)
  • Calao occidental (à bec rouge, tockus kempiwestern red-billed hornbill), duo chantant tandis que les Pygargues... vocifèrent !
  • Barbican de Vieillot (lybius vieilloti ssp. rubescenswest african Vieillot's barbet), 1 ind. [jardin de l'hôtel]
  • Hirondelle rustique (hirundo r. rustica, barn swallow), 1 ind. en vol passant
  • Bulbul des jardins (pycnonotus barbatus ssp. inornatusgarden bulbul)
  • Rougequeue à front blanc (phoenicurus p. phoenicuruscommon redstart), 1 ind., furtivement  
  • Rousserolle des cannes (acrocephalus rufescens ssp. senegalensis, greater swamp warbler), 1 ind. entendu, certes, mais aussi vu - par toute l'équipe, eurêka !
  • Rousserolle effarvatte (acrocephalus scirpaceus, eurasian reed-warbler), 1 ind. en mue d'automne
  • Pouillot véloce (phylloscopus c. collybita, common chiffchaff), 1 ind.
  • Fauvette à tête noire (sylvia a. atricapillablackcap), 1 ind. [jardin de l'hôtel]
  • Fauvette passerinette (curruca i. inornata, western subalpine warbler), 1 ind. mâle
  • Camaroptère à dos gris (camaroptera b. brevicaudatagrey-backed camaroptera), 1 ind.
  • Cisticole (roussâtre) du Nil (cisticola -galactotes- marginatus ssp. amphilectuswinding cisticola), 1 ind. [marais]
  • Prinia aquatique (à ventre blanc, prinia fluviatilisriver prinia), 2 ind. - cc local habituel
  • Pririt/Batis du Sénégal (Gobemouche soyeux du Sénégal, batis senegalensis, Senegal batis), 1 ind.
  • Souïmanga à poitrine rouge (chalcomitra s. senegalensisscarlet-chested sunbird), 1 ind. femelle + 1 ind. mâle et 2 ind. femelles [jardin de l'hôtel]
  • Souïmanga à longue queue (cinnyris p. pulchellusbeautiful sunbird), 1 ind. mâle et 2 ind. femelles
  • Gonolek de Barbarie (laniarius b.barbaruscommon gonolekyellow-crowned gonolek), 2 ind. (en sus de celui entendu) + 1 ind. [jardin de l'hôtel]
  • Tchagra à tête noire (tchagra s. senegalusblack-crowned tchagra), 1 ind. chanteur, bien en évidence [ruines]
  • Moineau gris (passer g. griseusnorthern grey-headed sparrow), nidification sous le auvent [balcon du lodge]
  • Moineau domestique (passer domesticus ssp. indicus, -indianhouse sparrow) [hôtel]
  • Alecto à bec blanc (bubalornis albirostris, white-billed buffalo-weaver)
  • Tisserin vitellin (masqué, ploceus v. vitellinusvitelline masked-weaver)
  • Tisserin gendarme de l'ouest (ploceus c. cucullatuswestern village weaver), 1 ind. femelle en compagnie d'un Tisserin mélanocéphale mâle enmue postnuptiale
  • Tisserin à tête noire (ploceus melanocephalus ssp., black-headed weaver), dont ind. mâle en mue postnuptiale perché aux cotés d'un Tisserin gendarme femelle
  • Euplecte franciscain (euplectes f. franciscanus, northern red bishop), 1 ind. mâle en plumage nuptial rouge virant à l'orangé... (début de mue) + 1 ind. mâle déjà en mue postnuptiale, lui !
  • Euplecte sp. (euplectes sp., bishop sp.), 1 ind.
  • Amarante (commun) à bec rouge (du Sénégal, lagonosticta s. senegalared-billed firefinch)
  • Combassou du Sénégal (vidua c. chalybeatavillage indigobird), 1 ind. 
Entendu:
Coucal du Sénégal (centropus s. senegalensis) / Huppe fasciée d'Afrique de l'ouest (Huppe du Sénégal, upupa -epopssenegalensis ssp. senegalensiswestern african hoopoe), 1 ind. au loin / Barbican de Vieillot (lybius vieilloti ssp. rubescenswest african Vieillot's barbet), 1 ind. / Bulbul des jardins (pycnonotus barbatus ssp. inornatus) / Hypolaïs obscure (iduna opacawestern olivaceous warbler), 1 ind. / Rougequeue à front blanc (phoenicurus p. phoenicurus), 1 ind. / Rousserolle turdoïde (acrocephalus a. arundinaceus, great reed-warbler), 1 ind. (encore) chanteur ! (cf. enregistrement sonore par Bram Piot pour Xeno-Canto, ci-dessus) [typhaie juste en face du lodge !] / Gonolek de Barbarie (laniarius b.barbarus), 1 ind. / Tchagra à tête noire (tchagra s. senegalus), 1 ind. /

AUTRES:

Empreintes d'Hippopotame amphibie (hippopotamus amphibiushippopotamus)
  • Varan de l'ouest africain (varanus niloticus, west african Nile monitor), 1 ind. traverse le Djeuss à la nage [obs. Bastien G.]
Entendu:
Batraciens de type Grenouilles

jeudi 17 novembre 2016

17, incursion express dans les Trois-Marigots - Aïe, le crâne d'un petit canidé qu'on aime bien !

Crâne de Renard pâle - Vulpes p. pallida
2016 11 17 - 12 1 / © Photo par Frédéric Bacuez

* Aire communautaire patrimoniale des Trois-Marigots -

SOIR-
En minibus, 'piloté' avec brio par El Hadj/Alagui...
Avec Bram Piot (Senegal Wildlife, Sénégal) et les enfants de Paul Géroudet (Lire ICI sur Ornithondar):
Bastien, Christian, Cyril, Gotlieb et Manu (Nos Oiseaux, Suisse)

Sur Ornithondar, si vous avez manqué les épisodes précédents...:
Du Renard pâle - le moins connu de tous les canidés !, 2016 01 31
La nuit dans le Ndiaël, camper entre Genettes et Grands-ducs, 2016 03 2
Une nuit et deux jours dans les Trois-Marigots - un Chat en lieu et place des Renards, 2016 03 5
Un Grand-duc de Verreaux en embuscade, 2016 06 4
Un piège photographique dans le 'bush', ça ne trompe pas..., 2016 07 9

J'avais averti, pour les tanières canines et féline: c'est loin, dans les profondeurs des Trois-Marigots; d'autant qu'en cette période post-mousson l'accès n'en était pas plus garanti... que la vision hasardeuse d'un Renard pâle (Vulpes p. pallida) ou d'un Chat ganté (Felis silvestris lybica) !... La tentation était trop grande, surtout pour Bram, que de pousser une pointe jusqu'aux repaires, même en fin de journée. Au pied du cordon dunaire, nous ne sommes pas encore descendus du minibus: venant des tannes déjà asséchées, un jeune Autour sombre (melierax m. metabates) poursuit un Vanneau éperonné (vanellus spinosus) qu'il tente en effet d'éperonner par le dessus, serres pendantes et en avant... Le harponnage manque de peu le limicole, qui n'a pas le temps de gueuler comme le forcené qu'il sait être, et toutes ailes devant tente de fuir le chasseur en slalomant du mieux qu'il peut... A quelques fractions de secondes près, le jeune rapace avait son dîner !

Pour gravir le cordon dunaire arbustif, c'est déjà la débandade, pas très discrète. Nos petits prédateurs nocturnes auraient tôt fait de retourner au plus profond de leurs trous. Après les pluies, j'ai quelques hésitations erratiques pour retrouver le réseau des tanières, camouflées sous les herbages qui couvrent les sables. Les tumulus de terres ocres ont été emportés par les averses d'août et septembre; la plupart des terriers se sont effondrés pendant l'hivernage et je ne suis pas certain que les souterrains sont encore occupés, si ce n'est par quelques opportunistes et peut-être le Chat sauvage. La lumière décline déjà. Nous décidons d'arpenter la brousse voisine, là où j'observe régulièrement des Oedicnèmes tachards, des Rémiz du Soudan et même la Prinia à front écailleux. Il faut faire vite et je déteste ça. Pas fui l'Europe pour en conserver ici la rythmique effrénée, moi, ha ha ha ! Un chant de Tchagra à tête noire (tchagra s. senegalus), un Agrobate mineur (cercotrichas m. minor) et un mâle de Brubru africain (nilaus a. afer), il faut rebrousser chemin avant la nuit pour rejoindre le véhicule et notre chauffeur. Tiens, dans le bosquet, un crâne, à l'évidence celui d'un canidé... Un crâne mais rien d'autre. Hélas oui, il s'agirait bien de la petite tête caractéristique d'un Renard, presque à l'identique de celle de notre familier Vulpes vulpes d'Europe... J'ai l'impression que nous sommes ici sur une scène de crime; je collecte le crâne du défunt, qui a perdu son maxillaire inférieur, direction l'expertise légiste, à la maison...

Un crâne et trois trous au coté gauche

Vérifications faites, il s'agit bien d'un crâne de Renard pâle (Renard blond des sables, Vulpes pallida ssp. pallidapale fox, african sand foxpallid fox, cf. photo ci-après). Sa structure est strictement semblable à celle d'un crâne de Renard roux, exception faite de l'aire faciale, moins développée chez Vulpes pallida que chez Vulpes vulpes (cf. photo et dessin ci-dessous). Tiens tiens... Il y a deux petits trous ronds au niveau du parétal, ainsi qu'une déchirure horizontale derrière la malaire, au bas du temporal et au-dessus du conduit auditif externe (cf. photos ci-dessous et en haut de notule). Et si le petit canidé avait été attaqué et tué, éperonné à son tour par chasseur autrement plus costaud qu'un Autour - qui n'a peur de rien, il est vrai, même de proies plus volumineuses que lui ? Des perforations typiques de serres plantées dans le crâne par l'arrière... Mais oui, et si le meurtre était le fait du (terrible) Grand-duc de Verreaux (bubo l. lacteus, Verreaux's eagle owl) qui hante ce cordon dunaire ?!

La signature du Grand-duc de Verreaux ?

Le 4 juin dernier, faisant découvrir à Eddy G. cette partie excentrée et sauvage des Trois-Marigots, je remarquais de loin la forme rondelette et imposante d'un Grand-duc de Verreaux (bubo l. lacteus), perché et immobile sous la canopée d'un grand acacia raddiana (cf. photo ci-après). Le malin ! Le rapace était à l'affût, ostensiblement tourné vers un second réseau de tanières à Renards pâles de ma connaissance (cf. photo en bas à d.), toujours sur le même alignement dunaire et à quelque deux kilomètres au maximum des terriers (cf. photo en bas à g.) où Ornithondar avait observé, et photographié, canidés et félidé... Il était évident que le redoutable et redouté prédateur des nuits sahélo-soudaniennes ne se reposait pas ici par hasard; il était en embuscade, prêt à fondre sur tout animal qui sortirait du labyrinthe souterrain en fin de journée - divers petits rongeurs, écureuil terrestre, lièvre des buissons, mangouste, chat sauvage, renard pale voire même un marcassin de phaco'... Non seulement ce Grand-duc-là est l'oiseau nocturne au sommet de la chaîne alimentaire aviaire d'Afrique (apex predator); mais il est aussi le plus grand rapace nocturne du continent, le troisième plus costaud au monde - deux (2) à  trois (3) kilogrammes ! Ses puissantes serres tenues par des tarses exceptionnellement volumineux tuent sans échappatoire, quasi instantanément ! Le domaine vital de Bubo lacteus étant d'environ 7 000 hectares, auxquels il reste fidèle vaille que vaille (d'où sa disparition des régions les plus émergentes et une distribution ouest-africaine devenant fragmentée), il est impossible que le roi de la nuit ne couvre pas nos deux aires locales à Renards/Chats... Un Renard pâle (45 cm, 25-30 cm de queue), c'est pas bien gros mais tout de même deux (2) à trois (3) kilos (contre 4,5 à 7 voire 10 kg pour son cousin eurasien le Renard roux), comme le Grand-duc subsaharien ! C'est dire l'inégalable force du rapace !

Noctambules - les Petites gerboises d'Egypte ont colonisé le nord du Sénégal

Il fait nuit quand nous reprenons les pistes du retour... Une première tentative de traversée du marigot, le passage au milieu des tamaris est sous l'eau; deuxième possibilité, ça passe, juste une rigole à franchir... Ici un engoulevent à longue queue (caprimulgus c. climacurus) dans la lumière d'une lampe; là, sur le talus sablonneux, les yeux qui brillent, à la fourche d'un arbre: une Genette (genetta genetta ssp. felina), peut-être... Au bord des chemins qui paraissent interminables, dans l'obscurité, les Lièvres des buissons (lepus saxatilis) sont à découvert mais restent tétanisés dans les phares ou le faisceau des torches; idem pour les Petites gerboises d'Egypte (Gerboise des steppes, Gerboise du désert, jaculus jaculus)*, aux longues pattes arrière comme des propulseurs (2 à 10 cm). Pour fuir, ces kangourous miniatures (4-26 cm pour 50-70 grammes) peuvent pousser des pointes à 25 km/h... Dire que ces rongeurs sahariens étaient inconnus du Sénégal jusqu'aux grandes sécheresses des années '70-80 du siècle passé... Venues de la Mauritanie en franchissant le fleuve par je ne sais quelle stratégie - et pour quel projet, hi hi hi..., elles occupent aujourd'hui l'intégralité du Sahel sénégalais au nord du 15°30. Dans le bas-delta, à l'instar de tous les petits rongeurs granivores, la Petite gerboise bénéficie de conditions particulièrement favorables: des hauteurs gavées de sables (Dieri), pour faire son trou, et des vallées toutes consacrées au dieu Riz (Walo) - un miracle, en plus des insectes, racines, plantes et fruits sauvages qui diversifient son alimentation !

Une Petite gerboise d'Egypte, in Ornithondar 2011 01 28

Épilogue: encore un Renard pâle, mort sur la petite route des Niayes...

* Route des Niayes, au sud de Lompoul -

Le 18 novembre, repartant vers Dakar et la Petite Côte par la jolie route des Niayes, Bram et ses visiteurs suisses ont trouvé sur le bitume, au niveau des dunes boisées où nous avions cassé la croûte le 16 novembre dernier (Lire aussi ICI sur Ornithondar), la dépouille d'un Renard pâle percuté par un véhicule...* Décidément, de mauvais jours pour ce petit carnivore discret bien que pas rare, réputé être le canidé le moins connu de la planète ! C'est aussi sur cette même voie que les Helvètes en goguette ont découvert, à la montée, puis retrouvé à la descente, les restes d'un Engoulevent doré (caprimulgus eximius ssp. simplicior, Zinder golden nightjar), une rareté afrotropicale présente dans une étroite bande sahélienne depuis les marges sénégalo-mauritaniennes jusqu'au Soudan. Soyons cyniques: les routes tuent mais permettent de belles coches (si on a l'oeil)... Nul doute que Nos Oiseaux voyageurs reviendront tôt ou tard sur leurs exploits sénégalais ! Selon radio-trottoir à Dakar, Bastien G. n'en finirait pas de dresser des listes exotiques, dans les frimas de sa Romandie...

* A la fin des années 2000, déboulant des ondulations sablonneuses à la nuit tombée c'est entre Mpal et Rao que j'ai vu dans les phares de notre véhicule mon premier Renard pâle, traversant la route nationale la queue à l'horizontale... Ce soir-là, anormalement chaud, des centaines de Scorpions cavalaient en tout sens sur le bitume, et craquaient à notre passage sous les pneus...

Ci-après:
en haut: crâne de Renard pâle - Vulpes p. pallida, récupéré dans les Trois-Marigots 2016 11 17 soir
2016 12 1 / © Photo par Frédéric Bacuez
 en-dessous: crâne de Renard roux - Vulpes vulpes
On remarquera l'aire faciale moins développée chez le Renard pâle que chez le Renard roux
In http://rocbo.net/technique/illustr_tech/30.html
 Ci-dessus:
en haut: Renard pâle devant l'une des nombreuses entrées et sorties de son réseau souterrain
en bas, de g. à d.: tanières n°1 - Grand-duc de Verreaux à l'affût - tanières n° 2
2016 01 31 et 06 4 / © Photos par Frédéric Bacuez

OISEAUX / 19 espèces cochées, 4 sp. entendues
MAMMIFÈRES / 5 à 6 espèces cochées + 1
AUTRES / 1 espèce

Vu:
  • Autour sombre (melierax m. metabatesdark chanting-goshawk), 1 ind. juvénile cherchant à attraper un Vanneau éperonné - carrément !
  • Francolin à double éperon (pternistis b. bicalcaratusdouble-spurred francolin), 1 + 1 + 6 + 4 + 1 + 1 ind.
  • Oedicnème du Sénégal (burhinus senegalensisSenegal thick-knee)
  • Vanneau éperonné (vanellus spinosus, spur-winged lapwing), dont sujet attaqué et poursuivi par un jeune Autour sombre !
  • Vanneau (caronculé) du Sénégal (vanellus s. senegallus, -africanwattled lapwing), 1 + 2 + 3 ind.
  • Tourterelle masquée (Tourterelle à masque de fer, oena c. capensisNamaqua dove)
  • Tourterelle maillée (spilopelia/streptopelia s. senegalensislaughing dove)
  • Tourterelle pleureuse (streptopelia decipiens ssp. shelleyi, -Nigermourning collared-dove)
  • Coucal du Sénégal (centropus s. senegalensisSenegal coucal), 1 ind.
  • Engoulevent à longue queue (caprimulgus c. climacuruslong-tailed nightjar), 1 ind. [cordon dunaire des 'terriers'] + 1 ind. à l'envol nocturne [au nord et à l'orient du 2e marigot]
  • Coliou huppé (à nuque bleue, 'oiseau-souris', urocolius m. macrourusblue-naped mousebird), 6 et 2 ind. [cordon dunaire des 'terriers']
  • Huppe fasciée d'Eurasie (upupa e. epopseurasian hoopoe), 1 ind. [cordon dunaire des 'terriers']
  • Hirondelle rustique (hirundo r. rusticabarn swallow), 1+ ind. [2e marigot]
  • Agrobate mineur (cercotrichas m. minorafrican scrub-robin), 1 ind. [cordon dunaire des 'terriers']
  • Pie-grièche à tête rousse (lanius s. senatorwoodchat shrike), 1 ind. + 2 ind. [cordon dunaire des 'terriers']
  • Crombec sitelle (sylvietta b. brachyuranorthern crombec), 2 et 1 ind. [cordon dunaire des 'terriers']
  • Brubru africain (nilaus a. aferbrubru), 1 ind., mâle [cordon dunaire des 'terriers']
  • Choucador à ventre roux (lamprotornis pulcherchestnut-bellied starling), 10+ ind. [cordon dunaire des 'terriers']
  • Tisserin vitellin (masqué, ploceus v. vitellinusvitelline masked-weaver)
Entendu:
Grue couronnée noire (balearica p. pavonina, -west africanblack crowned crane - Vulnerable/VU-Vulnérable,sur la Liste rouge de l'UICN des espèces menacées de disparition), 1 à 2 ind. [rarement entendue au nord du 2e marigot !] / Martin-chasseur strié (halcyon c. chelicutistriped kingfisher), 1 ind. [cordon dunaire des 'terriers'] / Coliou huppé (urocolius m. macrourus) [cordon dunaire des 'terriers'] / Agrobate podobé (cercotrichas p. podobeblack scrub-robin), 1 ind. [cordon dunaire des 'terriers'] / Crombec sitelle (sylvietta b. brachyura) [cordon dunaire des 'terriers'] / Tchagra à tête noire (tchagra s. senegalusblack-crowned tchagra), 1 ind. chanteur [cordon dunaire des 'terriers'] /

AUTRES:
  • Phacochère commun (phacochoerus africanuscommon warthog), 1 + 1 + 7 ind.
  • Patas 'singe rouge' (erythrocebus pataspatas monkey), 1 + 1 ind.
  • Lièvre des buissons (à oreilles de lapin, de Crawshay, lepus saxatilisscrub hare), 1 ind. à la lampe-torche [tannes au nord du 2e marigot] + 1 ind. dans les phares du véhicule [piste]
  • Petite gerboise d'Egypte (gerboise du désert, jaculus jaculuslesser egyptian jerboa), au total 3 ind. passant dans les phares [à la nuit, piste à l'occident du 2e marigot]
  • Gerbille sp. (gerbillus sp.) / Mérione sp., 1 à 2 ind. dans les phares
Des yeux dans la nuit, assez bas à la fourche d'un arbre: une (1) Genette commune (d'Afrique, genetta genetta ssp. felina, common genet) ??
Et un (1) crâne de Renard pâle... (cf. photos ci-dessus et en haut de notule) (Renard blond des sables, vulpes pallida ssp. pallidapale fox, african sand foxpallid fox)
  • Bousier sp., 1 ind. noctambule

17, confirmation: l'Hirondelle de Guinée colonise un bas-delta plus favorable à son installation

Hirondelle de Guinée - hirundo l. lucida, parc national des oiseaux du Djoudj (PNOD)
 2015 12 / Courtesy © photo par Balades naturalistes et Sophie Mériotte pour Ornithondar

* Parc national des oiseaux du Djoudj (PNOD). Zone de Gainthe -

MATIN-
Avec la contribution de Balades naturalistes (France), la participation de Nos Oiseaux (Suisse) et Senegal Wildilfe (Sénégal), ainsi que la complicité de Daniel Nussbaumer (France)

Cette fois, on peut (enfin) l'affirmer: les Hirondelles de Guinée (hirundo l. lucida, red-chested swallow) élargissent leur aire de distribution dans notre Sahel, désormais à l'aval de Richard-Toll et du lac de Guier d'où elles étaient déjà connues des Morel & Co ! Repérées ces trois ou quatre dernières années de façon récurrente dans le bas-delta du fleuve Sénégal, en au moins cinq endroits différents*, il fallait s'assurer qu'elles étaient présentes pour ou partie de l'année, en saison sèche comme en saison humide; qu'elles nidifiaient, surtout, sur au moins un de ces sites, et qu'on en vérifierait les suites: des juvéniles nées dans cet aval du fleuve ! Toutes choses apparemment bien faites et constatées par plusieurs observateurs ! Bien qu'on ne sache trop si ces hirondelles sont des migratrices afrotropicales remontant sur nos marges subsahariennes à la faveur de la saison humide... S'il s'agit de résidentes partielles, c'est à dire qu'un certain nombre de sujets, après la reproduction, refluent vers les régions méridionales du pays, en gros au sud du 15e parallèle ? Ou si, in fine, cette espèce est en passe de coloniser l'intégralité de la vallée, à l'année ? Wait and see.

* Réservoir d'eau douce du Djeuss (Bango) + Digue et 'hôtel Bellevue' de Bango + cuvette rizicole de Sanar + tannes de Bango-'champ de courses' / Vannes du canal de Bombol, réserve spéciale d'avifaune du Ndiaël (RSAN) / Ouvrage d'art de N'Digue / Locaux administratifs du parc national de la Langue de Barbarie (PNLB) + Gandiolais / Gainthe, parc national des oiseaux du Djoudj (PNOD) /

Nos observations d'Hirundo lucida lucida 
dans la basse vallée du fleuve Sénégal (2013-2016)
Février / Avril - Mai - Juin - Juillet - Août / Novembre

  • 2016 11 17, Gainthe - parc national des oiseaux du Djoudj (PNOD): ~10 ind. dont au moins une moitié de juvéniles
  • 2016 08 21, cuvette de Sanar et 'mare des Pygargues' (Bango-Sanar): 1 et 1 ind.
  • 2016 07 31, digue-barrage de Bango et marigot du Djeuss: 4 à 6 ind. 
  • 2016 07 20, lagune de Douti et locaux administratifs - parc national de la Langue de Barbarie (PNLB): 5+ ind.
  • 2016 06 14, Gandiolais: 2 + 1 ind.
  • 2016 04 8, Gainthe - parc national des oiseaux du Djoudj (PNOD): 4 ind. 
  • 2016 04 8, N'Digue: ~9 ind. dont quatre couples formés
  • 2015 12, Gainthe - parc national des oiseaux du Djoudj (PNOD): 1 ind. [in Balades naturalistes]
  • 2015 05 14, canal de Bombol - réserve spéciale d'avifaune du Ndiaël (RSAN): 1 ind. ad. 
  • 2013 02 5, réservoir d'eau douce du Djeuss à Bango: 1 ind.

Données d'Hirundo l. lucida (2013-2016) à l'ouest du lac de Guier
Ornithondar, avec Google Earth
- Cliquer sur la carte pour agrandir -

Nota 1: le 8 avril 2016, Daniel Nussbaumer et Ornithondar constataient la présence d'au moins quatre spécimen d'Hirundo lucida lucida dans la plaine sablonneuse limitrophe de la 'forêt' de Gainthe, au coeur du parc national des oiseaux du Djoudj (PNOD). Les hirondelles chassaient activement les insectes ailés au-dessus des barkhanes proches, dans une steppe à termitières du genre isoptères; elles voltigeaient ostensiblement sur un périmètre restreint, au ras du sol. Sept mois plus tard, ce 17 novembre strictement au même endroit, ce ne sont plus quatre mais dix à douze Hirondelles de Guinée qui se présentent à notre équipe d'ornithos surarmés (Nos Oiseaux, Senegal Wildlife et Ornithondar); non seulement les belles tournoient et chassent autour de nous mais elles sont accompagnées par plusieurs juvéniles. Ces derniers sont aisément reconnaissables, quand ils perchent, aux tâches blanchâtres qui ponctuent leur manteau et aux pointillés blancs sur la queue, plus grands que chez les adultes. Les oisillons semblent émancipés mais utilisent en effet un arbrisseau nu comme reposoir bien plus régulièrement que les adultes. Fin décembre 2015 nos camarades Sophie et Sébastien de Balades naturalistes photographiaient sur le même site du Djoudj une de ces Hirondelles (cf. photo en haut de notule), un sujet immature donc d'une génération précédente, à moins qu'il ne fût un adulte en plumage de non reproducteur. Preuve s'il en était besoin que nos Hirondelles n'en sont pas à leur coup d'essai, à Gainthe ! Le 8 avril dernier, toujours en compagnie de Daniel Nussbaumer, nous avions assisté à la nidification (probablement un nourrissage de poussins) d'une petite colonie d'au moins quatre couples formés, à l'évidence installés sous un petit ouvrage d'art à quelques dizaines de mètres du village de N'Digue*1. C'est un étroit passage de béton sous la digue-piste ici surélevée, qui relie les eaux du marais voisin aux typhaies et fleuve Sénégal; si l'on ne s'y arrête pas, l'ouvrage reste quasi indétectable. Les oiseaux allaient et venaient inlassablement entre l'abri (inaccessible pour nous) et le marais, entrant et sortant parfois à plusieurs. La durée de stationnement sous l'ouvrage était plus ou moins longue, n'excédant jamais quelques minutes. Immanquablement, deux innocents garçonnets ont surgi et, accrochés à la balustrade ont commencé à pêcher... Dans la même région, le 14 mai 2015 je notais la présence d'une Hirondelle de Guinée adulte, en plumage parfait, perchant sur les barbelés au niveau des vannes du canal de Bombol (cf. photo en bas de notule), au seuil de la réserve spéciale d'avifaune du Ndiaël (RSAN).

" Pairs usually breed solitarily or in small loose colonies. 
Mud nest and open cup, plastered to overhanging surface of natural or artificial site, often under bridges. "
- Nik Borrow & Ron Demey, 
in Birds of Senegal and the Gambia, Helm Field Guide, Ed. Christopher Helm, Londres 2011

A quelque cinquante kilomètres plus au sud, dans l'estuaire saint-louisien, les Hirondelles de Guinée sont aussi à la conquête de nouveaux sites. N'étaient leurs visiteurs, pardon... leurs partenaires qui ont l'œil et que les histoires d'hirondelles intéressent, donc pas grand monde, vraiment pas grand monde ici, les braves agents camouflés (sic) du parc national de la Langue de Barbarie (PNLB) ne devraient pas savoir qu'il y a des Hirondelles de Guinée à domicile, directement dans les locaux de leur office ! Ces petites choses-là à plumes, c'est affaire de Blancs, picci toubab ! Bref, quelques unes de ces Hirundo lucida, des oiseaux subsahariens il faut le rappeler, entrent et sortent par les fenêtres d'un local des Eaux & Forêts dont je ne sais s'il s'agit d'un bureau, d'un centre opérationnel de commandement ou d'un débarras - pervers que je suis j'opterais bien pour cette dernière hypothèse; mais je plaisante... Il semblerait même que ces hôtes, peut-être quatre couples, y sont à demeure depuis quelques années, maintenant, me rapportent quelques uns de mes petits camarades ornithos qui ont eu à passer par ici, par politesse ou/et pour un énième projet... du donner sans recevoir...
Il y a probablement d'autres sites occupés dans le Gandiolais et même le saint-louisien, au vu de ces hirondelles observées en train de voler ici et là, vers Ndiebène par exemple, ou entre Ngallele et Bango. A Bango d'ailleurs, on assiste plutôt à une installation récente: le 5 février 2013, je cochais ma première Hirundo lucida locale chassant au-dessus du Djeuss; un peu par hasard, en visionnant mes photos... A l'instar de nos camarades de Balades naturalistes (cf. ci-dessus) avec leur hirondelle de Gainthe - on n'est pas là pour plastronner tant les ressemblances sont fortes, au premier coup d’œil, ou à la volée, entre Hirundo lucida (Afrotropicale) et sa cousine très proche Hirundo rustica (Paléarctique)*2... Lors de la dernière mousson, quatre à six sujets voltigeaient au niveau de la digue-vannée sur le Djeuss, toujours à Bango: les hirondelles passaient et repassaient à toute vitesse sur le terre-plein devant les hauts murs de l'hôtel Bellevue, entre le plan d'eau d'eau douce (amont) et le marigot (aval). Ayant habité à quelques mètres d'ici de 2008 à 2012, c'était la première fois, en cette fin juillet 2016, que j'observais la présence d'Hirondelles de Guinée sur ce site...

*1 Des Hirondelles de Guinée nidifient à N'Digue, c'est certain - et peut-être à Gainthe..., in Ornithondar 2016 04 8
*2 Une Hirondelle de Guinée avec deux Hirondelles rustiques, in Ornithondar 2013 02 5

Nota 2: depuis leur station ornithologique de Richard-Toll, dans les années '60-80 du siècle passé, le couple Morel et Francis Roux avaient documenté la présence d'Hirundo lucida dans la moyenne vallée du fleuve, à l'est du lac de Guier. La reproduction des hirondelles sur quelques sites fragmentés, de Richard-Toll à Matam, avait été constatée de mars à juillet mais aussi en décembre. Notre ami François Baillon avait également listé l'espèce dans son inventaire des oiseaux du lac de Guier (mai 1991, avec Jean Yves GacLire ICI).

"A la vérité, nous possédons peu d'informations sur la distribution de l'Hirondelle de Guinée. Au Sénégal, on estime qu'elle réside au sud du 15e et surtout du 14e parallèle; y compris dans la péninsule dakaroise du cap Vert où notre collègue Bram Piot de Senegal Wildlife me dit qu"elle (...) doit nicher à Ngor ou aux Almadies car je la vois régulièrement"; et où mon ami Jérémy Calvo l'a photographiée, volant au dessus des marais du Technopôle, le 9 mars dernier. Jugée "abondante" en Gambie. Mais avec une aire de répartition "très morcelée en Afrique occidentale" pour la plupart des observateurs, "uncommon to locally common and sometimes abundant" [del Hoyo et al., 2004] - avec ça on est bien avancé ! Pas mieux quant au statut du passereau: uniquement résident ? Ou bien migrateur afrotropical partiel ? "Mainly resident. Movements occur in some parts of West Africa, e. g. in C. Ghana and S. Benin". Soit. (...) On pense que cette espèce anthropophile serait partout en augmentation, bénéficiant de la multiplication des ouvrages d'art, en ville comme en brousse... "Le développement de structures artificielles comme les ponts ont procuré de nouveaux sites de nidification et permis à cette espèce d'accroître ses populations." [Daniel Le-Dantec, 2012 - Lire ICI] Même si l'Hirondelle de Guinée vit en très petites colonies voire en couples isolés, il est pour nous évident que l'espèce va étendre, et étend déjà son aire géographique quand les conditions l'y autorisent: les sites d'accueil, certes, mais aussi les ressources alimentaires", fortement composées de Termites ailés du genre isoptera... Le radoucissement à marche forcée de la basse vallée du fleuve - endiguements, artificialisation du système hydraulique, explosion rizicole !- encourage certainement la colonisation par Hirundo lucida de périmètres jadis soumis aux remontées salines, moins favorables aux hirundinidés et à leurs proies... 
- In Ornithondar 2016 04 8

" The population is suspected to be increasing owing to the availability of artificial nest sites. "
- Del Hoyo et al., 2004, Voir ICI sur IUCNredlist.org

Ci-dessous:
Hirondelles de Guinée - Hirundo l. lucida, jeunes et adultes à Gainthe
parc national des oiseaux du Djoudj (PNOD) 2016 11 17 / © Photos par Frédéric Bacuez
En bas:
Hirondelle de Guinée - Hirundo l. lucida, adulte au canal de Bombol
réserve spéciale d'avifaune du Ndiaël (RSAN) 2015 05 14 / © Photo par Frédéric Bacuez

16-17, berges du Gorom (PNOD): des surprises - au crépuscule, à la nuit... et à midi !

Ci-dessus:
Effraie (des clochers) d'Afrique - Tyto alba ssp. affinis, au zénith dans... son cocotier
Hôtel du Djoudj, PNOD 2016 11 17 après-midi / © Photo par Frédéric Bacuez

* Autour de l'hôtel du Djoudj -

SOIR-
A pied. Avec Bram Piot (pour Senegal Wildlife et Xeno-Canto) puis Bastien, Christian, Cyril, Gottlieb et Manu (Nos Oiseaux)
En lien: Des enfants de Géroudet au parc national des oiseaux du Djoudj (PNOD), in Ornithondar 2016 11 18
Temps: quelques gouttes de pluie nocturne...

" La nuit n'est pas ce que l'on croit, revers du feu,
chute du jour et négation de la lumière,
mais subterfuge fait pour nous ouvrir les yeux
sur ce qui reste irrévélé tant qu'on l'éclaire. "
- Philippe Jaccottet (Suisse, né en 1925), 'Au petit jour, l'ignorant', in Poésie: 1946-1967

A l'heure des Engoulevents (à longue queue)

Le long du Gorom, deux promenades pédestres, crépusculaire puis nocturne, la première en compagnie de Bram Piot, la seconde avec quelques membres de l'équipée helvète de 'Nos Oiseaux'. Originellement nous étions partis pour surprendre le réveil de l'Engoulevent à longue queue (caprimulgus c. climacurus, long-tailed nightjar) et en tirer quelques enregistrements sonores pour Xeno-Canto (écouter ci-après). Chose faite, et bien faite: les deux cris caractéristiques de l'espèce, surtout entendus au crépuscule et au petit matin, sont dans la boîte - un appel en staccato suivi de cet interminable et monotone cliquetis ronronné en guise de chant, qui emplit la brousse dès la nuit tombée; juste avant que les noctambules ailés ne décollent de leur cachette (un tas de branchages en sous-bois, un buisson de tamaris) pour une longue nuit de voltiges. Mais d'abord gagner l'abreuvoir avant que de se mettre à chasser les insectes - seulement après s'être bien désaltéré en rasant l'eau du marigot (obs. pers., marigot du Djeuss, Bango). Ou plutôt, le plus souvent, faire quelques mètres hors du repaire invisible, se poser immédiatement sur le sable, à découvert, avec un faible pour le chemin, une piste, une route, histoire de s'ébrouer, quelques secondes, quelques minutes, avant l'envol décisif vers le point d'eau le plus proche (obs. pers., bas-delta du Sénégal; avec Jérémy Calvo, près du Ranch de Bango).

Ci-dessous:
Appel puis chant d'Engoulevents à longue queue - Caprimulgus c. climacurus
Au sud de la rivière Gorom, parc national des oiseaux du Djoudj (PNOD)
2016 11 16 soir / Courtesy © enregistrements sonores par Bram Piot pour Xeno-Canto

L'Effraie, même pas peur !

Enfin l'occasion de voir - l'entendre, j'ai l'habitude, à la maison !- le fameux couple d'Effraies africaines (tyto alba ssp. affinis) qui hante l'hôtel délabré du Djoudj, avec les Nyctères et les Rhinopomes (respectivement 50+ et 30+ au dortoir, est. Cyril) ! Dans les parages, au jour finissant (11 16), les chuintements de l'envol puis à intervalles irréguliers au cours de la nuit jusqu'aux toutes premières lueurs du jour suivant (11 17). On entrevoit la 'dame blanche' planant au-dessus des arbres pour partir à la chasse* tandis qu'Oedicnèmes, Hérons pourprés et Bihoreaux gris réveillent le clair-obscur... Au retour des marais, le lendemain au zénith, voici le couple sommeillant, chacun dans son cocotier au-dessus de la piscine inerte (cf. photo en haut de notule), entrouvrant difficilement les yeux pour nous jauger, bipèdes du jour, au pied des grands fûts, aussi indifférentes à nous que nous sommes dans l'effroi du Beau - cette face en forme de coeur, quelle trouvaille ! Adieux, il est l'heure de prendre la piste qui traverse le saccage humain, pardon, le Développement et son Émergence...

De l'Effraie africaine, lire et voir sur Ornithondar:
Dérangée par l'Homme, l'Effraie est houspillée par les petits oiseaux, 2015 11 7
Chouette ! L'Effraie chuinte dans le jardin..., 2015 11 31
Du régime alimentaire de l'Effraie au parc national des oiseaux du Djoudj, 2011 02 4

Effraie d'Afrique - Tyto alba ssp. affinis
Sine Saloum / Courtesy © photo par Simon Cavaillès 

Trois Chats gantés - un adulte et deux chatons bondissants
Trois Mangoustes à queue blanche - deux à pointe sombre, une à pointe blanche

18h40, la lumière décline. Alors que Bram approche un buisson dans lequel sautillent ce que nous pensons être des Erémomèles (eremomela sp.), au loin là-bas au pied d'un autre massif, des formes devenues familières: les chats sauvages d'Afrique, trois Chats gantés (felis silvestris ssp. lybica) ! De grands signes des bras à Bram afin qu'il abandonne ses sylvidés et me rejoigne. Mieux, rejoignant aussi le chat adulte, deux petits choses accourent en jouant... Deux chatons ! Hélas, un villageois à vélo passe sur la digue proche et c'est la débandade des petits, la mère (?) optant pour le camouflage statique dans le paysage, sa robe beige totalement aplatie sur la terre de même teinte... Le cycliste au large - il n'a rien vu !- et la prudence étant une marque de fabrique chez tous les félins, la chatte à pas feutrés et lestes, pattes pliées et le corps au plus près du sol, préfère rebrousser chemin; les pelotes de poil innocentes dans le sillage, bondissantes ! Quelques fractions de minute du plus bel effet et hop !, dans les fourrés ! Malgré nos recherches, pas revu les félins. En revanche, on a réveillé trois jeunes Phacochères communs (phacochoerus africanus), dont on ne sait s'ils avaient le groin encore mal débouché ou parce qu'ils étaient admiratifs devant mes propres ronflements... Plus tard, les feulements et les grognements auraient pu être le face à face inopiné entre la belle - felis et ses chats- et la bête - phacochoerus, trois pour le prix d'une verrue... Seulement imaginer la scène me plaît, à défaut d'être rigoureusement et sans doute aucun, confirmée... Derrière le Gorom, la meute locale des Loups africains (canis lupus lupaster) hurle à la nuit venue. Allez, on rentre... ça le fait bien, vous ne trouvez-pas, d'écrire ou dire 'Loups' depuis que nos matois Chacals dorés ont perdu leur ADN au profit des méchants Loups gris ?! La meute des Chacals hurle, bah, c'était d'un commun... Elle jappe, ouais ! Entendez la différence, maintenant !

Du Chat ganté, lire et voir sur Ornithondar:
Une nuit et deux jours dans les Trois-Marigots: un Chat en lieu et place des Renards, 2016 03 5
Un Chat ganté dans les dunes du Fouta, 2014 01 25

Chat ganté aux abois...
Réserve spéciale d'avifaune du Ndiaël (RSAN)
2015 05 9 / © Photo par Frédéric Bacuez


















Vers 21-22h, exactement au même endroit, au buisson près. Les Lucioles en plus. Dans la lueur des torches, en lieu et place des Chats, trois Mangoustes en maraude noctambule, de fourré en fourré. Pas des Herpestes ichneumon, c'est certain, mais le débat est vif entre nous pour savoir s'il s'agit d'Atilax paludinosus - la Mangouste des marais, ou d'Ichneumon albicauda - la Mangouste à queue blanche... Bien que j'insiste sur le fait que pour moi il s'agit de Mangoustes à queue blanche... dont seul un sujet, dans le trio, est en effet doté de la touffe blanchâtre, les deux autres ayant la queue uniformément brune. Après vérifications et retrouvailles de ma mémoire burkinabè (cf. photos ci-après), il s'avère qu'en Afrique occidentale nombre de ces Mangoustes ont à la vérité un pelage peu contrasté et, surtout, une bizarrerie naturelle de plus, souvent le panache uniformément brunâtre voire sombre (cf. photos ci-dessous): des Mangoustes à queue blanche mais noire, en somme ! Des espèces de viverridés régionaux, Ichneumon albicauda est la plus grande et la plus haute sur pattes des Mangoustes. Celle qui a le plus l'aspect d'un petit chien, quand elle se déplace - et dont on voit le mieux les pattes, pas ou peu camouflées par les longs poils tombants qui caractérisent souvent nos maraudeurs de la nuit. Elle est aussi l'un des prédateurs de la nuit qu'on rencontre le plus aisément, en zone soudanienne des savanes; ça ne manquait presque jamais, au fameux pont qui enjambe le Nazinon, dans le parc national Kaboré Tambi (Burkina Faso): quand je passais à la nuit par là, jadis, il y en avait presque toujours deux au rendez-vous, parfois même installées sur les parapets, comme des vigies bientôt remplacées par des commandos armés moins débonnaires... Autant le jour la rend invisible, à la différence de sa cousine d'Egypte (herpestes ichneumon), autant la nuit est sienne: ce soir, passés les premiers instants de surprise et d'agacement envers nos faisceaux, les trois trottinettes omnivores nous ont vite négligés, toutes à leurs urgences du moment, même à quelques dizaines de mètres de nos agitations: trouver pitance, insectes, scarabées, sauteriaux, petits rongeurs, petits reptiles, petits oiseaux, œufs, baies - il y a le choix !

De la Mangouste à queue blanche:
White-tailed Mongoose/ichneumia-albicauda/in Arkive.org

Trois espèces de Mangoustes (avérées) dans le bas-delta sénégalais

Des trois grandes Mangoustes de la zone soudano-sahélienne Ornithondar n'avait observé, dans le bas-delta sénégalais, que l'Herpestes ichneumon, toujours et partout en milieux secs ou dégradés la plus commune, la plus visible même dans la journée. Nos Oiseaux helvètes ont, dans leur court circuit nordiste, noté deux cadavres de Mangoustes (11 16) percutées sur la route N2 qui va de Saint-Louis à Richard-Toll, comme souvent dans la portion qui longe la réserve spéciale du Ndiaël (RSAN)... C'est sur cet axe particulièrement mortifère pour la faune qu'ils ont donc identifié la dépouille d'une Mangouste ichneumon/d'Egypte (Herpestes ichneumon) ainsi que d'une Mangouste des marais (Atilax paludinosus). Cette dernière a d'ailleurs été inscrite à la Liste des espèces du Ndiaël, l'an passé, par une équipe de chercheurs de... Phragmites aquatiques (acrocepholus paludicola), le passereau le plus rare d'Europe (bientôt sur Ornithondar). Avec nos trois Mangoustes à queue blanche de la nuit, voilà donc, dûment répertoriées et photographiées (par les Suisses) trois espèces d'Herpestidés pour le bas-delta et le septentrion sénégalais. Il restera à savoir si la petite Mangouste rouge (galerella sanguinea ou herpestes sanguineus) y est présente, et où - ou pas !?

Mangouste à queue blanche / Mangouste des marais / Mangouste ichneumon
Chat ganté,
in Interface Biodiversité - Informations & Connaissances sur les milieux côtiers du Sénégal, Institut de recherche pour le développement (IRD, France)


Ci-dessous:
Mangoustes à queue blanche - ichneumia albicauda
'Ferme d'animaux sauvages' de Wedbila, Koubri, Burkina Faso 2006 02 & 4 / © Photos par Frédéric Bacuez

Vu:
  1. Bihoreau gris (nycticorax n. nycticoraxblack-crowned night-heron) [ENTENDU et VU]
  2. Blongios nain ou Blongios africain (ixobrychus minutus ssp. minutus ou payesii, -africanlittle bittern) [VU]
  3. Gardeboeuf d'Afrique (bubulcus i. ibiscattle egret) [ENTENDU]
  4. Héron pourpré (ardea p. purpureapurple heron)  [ENTENDU]
  5. Oedicnème du Sénégal (burhinus senegalensisSenegal thick-knee) [ENTENDU]
  6. Marouette à bec jaune (Râle à bec jaune, zapornia flavirostrablack crake) [ENTENDU]
  7. Effraie d'Afrique (tyto alba ssp. affinis, african barn owl) [ENTENDU et VU]
  8. Coucal du Sénégal (centropus s. senegalensisSenegal coucal) [VU]
  9. Engoulevent à longue queue (caprimulgus c. climacuruslong-tailed nightjar) [VU et ENTENDU]
  10. Hirondelle de rivage (riparia r. ripariacommon sand martin) [VU]
  11. Erémomèle à croupion jaune (eremomela icteropygialis ssp. alexanderiChad yellow-bellied eremomela) [VU] ?
  12. Fauvette passerinette (curruca i. inornata, western subalpine warbler) [ENTENDU]
  13. Fauvette grisette (curruca c. communiscommon whitethroat) [ENTENDU]
  14. Prinia sp. (prinia sp.) [ENTENDU]
  15. Travailleur à bec rouge (quelea queleared-billed quelea) [VU]
  1. Loup d'Afrique (Loup africain, Loup doré/gris d'Afrique, canis lupus lupasterafrican wolf) [ENTENDU]
  2. Chat ganté (chat sauvage d'Afrique, felis silvestris ssp. lybica, african wild cat) [VU et ENTENDU]
  3. Mangouste à queue blanche (ichneumia albicaudawhite-tailed mongoose) [VU]
  4. Phacochère commun (phacochoerus africanuscommon warthog) [ENTENDU et VU]
  5. Nyctère de Thébaïde (nycteris thebaicaCape long-eared batEgyptian slit-faced bat) [VU]
  6. Patas 'singe rouge' [VU]
  7. Grand Rhinopome (rhinopoma microphyllum, greater mouse-tailed bat) [VU]
  1. Luciole sp. 

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