" Quand y aura-t-il des observateurs qui nous rendront compte de ce que font nos hirondelles au Sénégal et nos cailles en Barbarie ? "
- Comte de Buffon, 1737
" Mal nommer les choses, c'est ajouter au malheur du monde "
- Albert Camus

dimanche 1 mai 2016

Le 1er mai, c'est le syndicat des pesticides qui l'emporte !

Flamants nains - phoeniconaias minor, et Flamants roses - phoenicopterus roseus, au marais Korée
Entre riz et canne à sucre, la cuvette a encore son utilité...
Zone tampon de la Réserve naturelle communautaire de Tocc Tocc 2016 05 1, 15h55 / © 
Photo par Frédéric Bacuez

1er mai 2016. 10h15-18h15-
Avec Alix & Daniel Mignot
En véhicule 4x4 et à pied + pique-nique sur la rive gauche du Nyéti Yone (RSAN)
Temps: 20/21°-32°, assez couvert sur le littoral puis plein et vif soleil dans le Ndiaël et les confins du lac de Guiers

En préambule: 
la vallée du Sénégal, naturellement c'est (presque) la fin !

Il faudra désormais avertir le voyageur - et l'hypothétique visiteur. Et faire ce que l'on peut encore pour ne pas le décevoir. Dans la vallée du fleuve Sénégal, c'est acté: on ne verra pas plus d'oiseaux, on ne croisera pas plus de mammifères que dans un pays normal(isé), c'est à dire anthropisé, remembré, assujetti à la seule volonté des Hommes de faire du blé - par le riz. Sans partage - les bêtes et les plantes, ça crève ou alors ça se mange ! En l'état, le spectacle est encore plus attristant car, cette fois, les nouveaux travaux d'Hercule (après ceux des années '60 puis '80 puis '90) en finissent enfin avec la poisse naturelle. On a les moyens, au XXIe siècle - et les spécialistes ont les reins solides. La France en possède quelques uns, de ces fleurons efficaces, peu avares, en plus, en bondieuseries des temps modernes: l'obole culturelle voire 'environnementale' (si si !), ici - un festival de musiques, une biennale d'art 'contemporain', un jardinet urbain...-, le rafraîchissement d'un dispensaire, là, et quelques risettes très humanistes, partout. Certes, on connaît l'argument, ces gens-là savent tout: "il n'y a rien, ou plus rien, dans ces espaces" en friche, on ne peut pas dire en effet que les steppes sahéliennes ont toujours été des merveilles de beauté de la nature; elles avaient seulement leur sens, leur utilité, leur ingéniosité, leurs réponses intelligentes à un climat rudoyant... Mais cette fois, au seuil du Sahara et dans les brumes de sables, on pourrait dépasser la laideur minimaliste de la Beauce française ! Au nom du Développement désintéressé, évidemment. Pour l'emploi; l'alimentation; et le drapeau. Paysages dévastés, terres sens dessus dessous, au milieu desquels les carrés verts de riz font peu à peu place nette, arrachant les arbustes, détournant les eaux, asséchant les bas-fonds et les marais, laissant aux remontées de sel le bonheur de parachever le grand oeuvre. En faisant fi de la prochaine Grande sécheresse trentenaire: aujourd'hui au-delà de deux ans, c'est une éternité, pas le moment d'y penser, on verra ça en temps et heure !... Puisse-t-elle reprendre le plus tôt possible, la calamité 'naturelle' qui nourrit sa revanche, tel est, hélas, mon souhait le plus pervers, et mon ultime et probablement vain recours ! Quant aux effluves pestilentielles - pesticides, herbicides, fongicides, mélasses, intrants et urées divers et variés-, on en a pour le déplacement, maintenant: tous en accès libre, et sans précaution aucune, dans le vent, on respire à pleins poumons ! Toute la vallée fleure bon les cancers, tumeurs et débilités à venir... En attendant l'onirique émergence, avec cette eau volée qui arrose l'or vert puis emporte à grands flots ce qu'elle doit emporter dans les nouveaux chenaux et canaux, bien pratiques, on se douche, on lave son linge, on boit et fait boire Hommes et animaux à satiété. C'est toujours limpide, le Progrès 'transparent'... Dans la logique égalitariste et relativiste de l'époque, à chacun son tour de profiter de la chimie pour tous, sans risques ni danger. Puisqu'on vous le dit. Ce développement-là n'est que philanthropie !


Vautours africains - gyps africanus, en mue
Au-dessus du Nyéti Yone, réserve spéciale d'avifaune du Ndiaël (RSAN) 2016 05 1, 13h20 / © Photo par Frédéric Bacuez



* Réserve spéciale d'avifaune du Ndiaël (RSAN) et zones tampons.
1/ Nyéti Yone rive gauche et piste de Béllel Mbaye jusqu'à Ngnith
2/ Mares saisonnières du Bombol

Ci-contre: quelque part dans le Ndiaël...
2016 05 1, 11h57 / © Photo par Frédéric Bacuez



Aigrettes ardoisées et Gravelots pâtres par dizaines
- et huit Vautours africains à la verticale !

Aujourd'hui, on descend le Nyéti Yone par sa berge orientale, depuis la mare de Nyonré, au nord de la 'réserve spéciale', jusqu'à la piste-digue de Bellel Mbaye, au centre du joyau. En cette saison, le marigot ne coule plus, réduit à de moribondes mares bientôt asséchées. Des points d'eau boueux qui attirent tout ce que la région compte de troupeaux domestiques - aujourd'hui ce sont des dizaines d'ânes, en plus des moutons et des vaches, qui ont envahi les berges du filet d'eau. Officiellement des travaux doivent avoir dragué et reconfiguré le lit de la rivière, afin d'irriguer à nouveau la cuvette du Ndiaël, dans les sables depuis des décennies, quand les développeurs de l'époque en avaient détourné les eaux nourricières et laissé les canaux s'embourber puis se refermer derrière les typhas. A l'évidence, ça ne suffira pas à faire la soudure, tout cela sera bientôt à sec... trois mois avant les premières pluies...

Je me demande toujours comment font les oiseaux d'eau pour survivre à la sécheresse, en attendant la mousson, en bout de course par ici. En ce premier jour de mai, on sait qu'il faudra au moins trois mois, et plutôt quatre que trois pour espérer de l'eau nouvelle dans les mares, les dépressions et autres marigots de la région. Dans le lit du Nyéti Yone, là où il reste quelques nappes de boues comme des vasières, ce sont les limicoles afrotropicaux qui dominent, désormais: des dizaines de gravelots pâtres (charadrius pecuarius) rivalisent d'ardeur, et de poursuites, pour défendre leur bout de territoire contre leurs congénères. Au sud de la digue traversière et vannée de Bellel Mbaye, le chenal creusé à l'amont de l'ouvrage, à sec, redevient ici un marigot qui a déjà plus l'air naturel... A la courbe, il y a des dizaines d'ardéidés à la curée (cf. photo ci-après): au moins cent dix grandes aigrettes (egretta alba), plus de vingt-cinq aigrettes garzettes (egretta garzetta), une douzaine d'aigrettes intermédiaires (egretta intermedia) et surtout une cinquantaine d'aigrettes ardoisées (egretta ardesiaca) dont certaines en train de pêcher à l'abri de leurs ailes ramenées comme une ombrelle au-dessus de la tête. En fin de journée vers le Bombol, quelques centaines d'anatidés, des oies surtout (majoritairement des plectropterus gambensis, avec quelques alopochen aegyptiaca, cf. photos ci-après) reposent sur les tannes remises en eau comme chaque année à cette période. Rechargées par les vidanges des casiers rizicoles, de l'autre coté de la grand'route, qui utilisent évidemment le canal de Bombol comme un déversoir de leurs eaux usées, et du coup le sanctuaire du Ndiaël comme un recycleur, au mieux; comme un dépotoir, au pire... Mais chuuuut, on ne veut pas voir, encore moins savoir; et de toute façon, c'est pareil ailleurs, nous voilà donc bien, et dans le vent, ha ha ha !

Au zénith et à la verticale du Nyéti Yone, huit Vautours africains (gyps africanus, african white-backed vulture) surgissent soudainement dans le bleu du ciel grivelé des sables en suspension. Les charognards cerclent et survolent le lit du marigot durant quelques instants avant de repartir vers l'orient d'où ils arrivent à peine (cf. photos ci-dessus et dessous). A l'ouest du lac de Guier et au nord du Diambour les vautours afrotropicaux ne font que de brèves apparitions, il faut croire que la vallée ne leur convient pas. Leur observation est d'autant plus rare que les grands voiliers sont passés, en l'espace d'une quinzaine d'années seulement, du statut d'espèce commune et indissociable du paysage d'Epinal de l'Afrique à espèce sérieusement menacée de disparition, partout au sud du Sahara*. Dans nos contrées désespérément horizontales, tant qu'il n'y aura pas un gardien sous chaque acacia dans lequel les vautours tentent de nidifier, la destinée de nos charognards est de définitivement disparaître des cieux ouest-africains... autour de 2030-2040... Après l'émergence !

* Lire:
Le triangle des vautours, in Ornithondar 2014 01 24


OISEAUX / 57 espèces cochées
MAMMIFÈRES / 2 espèces cochées
REPTILES / 1 espèce
AUTRES / 1 espèce

Vu:
  • Pélican gris (pelecanus rufescens, pink-backed pelican), 8 ind. [Nyéti Yone à l'aval de la digue de Bellel Mbaye]
  • Cormoran africain (microcarbo africanusreed long-tailed cormorant), 2 ind. [Nyéti Yone amont]
  • Bihoreau gris (nycticorax nycticoraxblack-crowned night heron), 1 à 2 ind. + 1 ind. perché [Nyéti Yone amont] + 1 ind. [Nyéti Yone à l'aval de la digue de Bellel Mbaye]
  • Héron garde-bœuf (bubulcus ibiscattle egret), 1 ind. avec un mouton, dans le lit du Nyéti Yone [pique-nique]
  • Aigrette ardoisée (egretta ardesiacablack heron), 4 ind. dans le lit du Nyéti Yone [amont] + ~50 ind. à la curée (cf. photo ci-dessous) [Nyéti Yone à l'aval de la digue de Bellel Mbaye]
  • Aigrette à gorge blanche (dimorphe, des récifs, egretta gulariswestern reef egret), 1 ind. dans le lit du Nyéti Yone [amont]
  • Aigrette garzette (egretta garzettalittle egret), 2 ind. [Nyéti Yone amont] + ~25 ind. à la curée (cf. photo ci-dessous) [Nyéti Yone à l'aval de la digue de Bellel Mbaye]
  • Aigrette intermédiaire (egretta intermedia, intermediate egret), ~12 ind. à la curée (cf. photo ci-dessous) [Nyéti Yone à l'aval de la digue de Bellel Mbaye]
  • Grande aigrette (egretta albagreat egret), 110+ ind. à la curée (cf. photo ci-dessous) [Nyéti Yone à l'aval de la digue de Bellel Mbaye] + 1 ind. perché sur un gonakier décapité et mort [dans le lit du Nyéti Yone amont]
  • Héron cendré (ardea cinerea, grey heron), 1 ind. + 1 ind. [Nyéti Yone] + 14 ind. stationnés, tous immatures [Nyéti Yone à l'aval de la digue de Bellel Mbaye] + quelques ind. [mares saisonnières du Bombol]
  • Tantale ibis (mycteria ibisyellow-billed stork), 1 ind. immature/subadulte stationné [mares saisonnières du Bombol]
  • Ibis sacré (threskiornis aethiopicussacred ibis), 2 ind. [Nyéti Yone à l'aval de la digue de Bellel Mbaye] + 10+ à 20 ind. stationnés [mares saisonnières du Bombol]
  • Ouette d'Egypte (alopochen aegyptiaca, egyptian goose), 2 à 3 ind. [Nyéti Yone à l'aval de la digue de Bellel Mbaye] + quelques ind., parmi les oies-armées, dont groupe de 7 ind. (cf. photos ci-dessous) [mares saisonnières du Bombol]
  • Sarcidiorne à bosse/Canard casqué (à bossesarkidiornis melanotosknob-billed duck), 1 ind. solitaire [Nyéti Yone amont]
  • Oie-armée de Gambie (plectropterus gambensisspur-winged goose), quelques centaines d'ind. stationnées (cf. photos ci-dessous) [mares saisonnières du Bombol]
  • Dendrocygne veuf (dendrocygna viduatawhite-faced whitling duck), quelques ind. ici et là dans le lit du Nyéti Yone [amont] + ~80 et 20 ind. (cf. photo ci-dessous) [Nyéti Yone à l'aval de la digue de Bellel Mbaye] + 6 ind. en vol (fin d'aprem') [mares saisonnières du Bombol]
  • Vautour africain (gyps africanus, african white-backed vulture  - inscrit à la Liste rouge de l'UICN des espèces menacées de disparition, dans la catégorie Critically Endangered/CR-En danger critique), 8 ind. tous en mue cerclant à la verticale du Nyéti Yone (13h20), venus de l'est et y repartant après inspection locale... (cf. photos ci-dessus et dessous) [pique-nique]
  • Marouette/Râle à bec jaune (zapornia ex amaurornis flavirostrablack crake), quelques ind. [Nyéti Yone amont]
  • Gallinule poule d'eau (gallinula chloropuscommon moorhen), quelques ind. dans le lit du Nyéti Yone [amont]
  • Talève (sultane) d'Afrique (porphyrio madagascariensisafrican swamphen), 1 ind. dans le lit du Nyéti Yone [amont]
  • Échasse blanche (himantopus himantopusblack-winged stilt), quelques ind. solitaires [mares saisonnières du Bombol] 
  • Oedicnème du Sénégal (burhinus senegalensisSenegal thick-knee), 3 ind. à l'envol du lit du Nyéti Yone, occupé par des dizaines d'ânes ! + 1 ind. [Nyéti Yone à l'aval de la digue de Bellel Mbaye]
  • Courvite de Temminck (Temminck's courser, cursorius temminckii), 1 ind. (cf. photo ci-dessous) [piste de Bellel Mbaye, à l'est du Nyéti Yone]
  • Glaréole à collier (glareola pratincolacollared pratincole), au moins 1 ind. stationné [mares saisonnières du Bombol]
  • Grand gravelot (charadrius hiaticula ssp., common ringed plover ssp.), plusieurs ind. [mares saisonnières du Bombol]
  • Gravelot pâtre (charadrius pecuariusKittlitz's plover), 18+ ind. [Nyéti Yone amont] + 20+ ind. dans le lit du Nyéti Yone [pique-nique] + quelques ind. [Nyéti Yone à l'aval de la digue de Bellel Mbaye] + 1 ind. immature/internuptial [mares saisonnières du Bombol]
  • Vanneau (caronculé) du Sénégal (vanellus senegallus, african wattled lapwing), 1 ind. + 1 ind.  [berges du Nyéti Yone] + 2 à 3 ind. [mares saisonnières du Bombol]
  • Vanneau éperonné (vanellus spinosus, spur winged lapwing), quelques ind. [dans le lit du Nyéti Yone et à l'aval de la digue de Bellel Mbaye] [mares saisonnières du Bombol]
  • Bécasseau minute (calidris minutalittle stint), 1 ind. solitaire dans le lit du Nyéti Yone [pique-nique]
  • Combattant varié (calidris ex philomachus pugnax, ruff), quelques ind. solitaires [mares saisonnières du Bombol] 
  • Chevalier aboyeur (tringa nebulariacommon greenshank), 1 ind. [Nyéti Yone amont] + ~5 ind. dans le lit du dans le lit du Nyéti Yone [pique-nique]
  • Chevalier guignette (actitis hypoleucoscommon sandpiper), 1 ind. dans le lit du Nyéti Yone [amont] + 3 ind. dans le lit du Nyéti Yone [pique-nique]
  • Ganga à ventre brun (pterocles exustus, chestnut-bellied sandgrouse), 1 ind. à l'ombre d'un combretum (cf. photo ci-dessous) [piste de Bellel Mbaye, à l'est du Nyéti Yone]
  • Tourterelle masquée (oena capensisNamaqua dove) [Nyéti Yone]
  • Tourterelle maillée (spilopelia senegalensis, laughing dove)
  • Pigeon roussard (de Guinée, columba guineae, speckled pigeon), 1 ind. + 2 ind. dans le lit du Nyéti Yone [amont]
  • Tourterelle pleureuse (streptopelia decipiens ssp. shelleyi, african mourning dove), quelques ind. ici et là perchés [Nyéti Yone amont]
  • Martin-pêcheur pie (ceryle rudispied kingfisher), 1 ind. [Nyéti Yone à l'aval de la digue de Bellel Mbaye]
  • Guêpier nain (merops p. pusilluslittle bee-eater), 2 ind. [berges du Nyéti Yone] + quelques ind. [Nyéti Yone à l'aval de la digue de Bellel Mbaye]
  • Coliou huppé (à nuque bleue, 'oiseau-souris', urocolius macrourusblue-naped mousebird)
  • Rollier d'Abyssinie (coracias abyssinicus, abyssinian roller), cc local dans le lit du Nyéti Yone [pique-nique]
  • Huppe fasciée d'Afrique de l'Ouest (upupa epops ssp. senegalensis, western african hoopoe ssp.), 1 ind. dans la ripisylve du Nyéti Yoned [pique-nique]
  • Calao à bec rouge (tockus kempiwestern red-billed hornill)
  • Cochevis huppé (galerida cristata ssp. senegallensis, crested lark)
  • Moinelette à oreillons blancs (eremopterix leucotis ssp. melanocephalus, chestnut-backed sparrow lark)
  • Moinelette à front blanc (eremopterix nigriceps ssp. albifronsblack-crowned sparrow lark), 1 ind. mâle ad. [piste de Bellel Mbaye, à l'est du Nyéti Yone]
  • Hirondelle de rivage (riparia ripariacommon sand martin), ~20 ind. chassant (fin d'aprem') [mares saisonnières du Bombol]
  • Agrobate podobé (cercotrichas podobe, black-scrub robin), 1 ind. dans le lit du Nyéti Yone [pique-nique]
  • Hypolaïs polyglotte (hippolais polyglotta, melodious warbler), 1 ind. migrateur prénuptial stationné, dans un arbuste proche [du Nyéti Yone amont]
  • Cisticole du désert (cisticola aridulus, desert cisticola), 1 à 2 ind. [piste de Bellel Mbaye, à l'est du Nyéti Yone]
  • Pie-grièche à tête rousse (lanius senator, woodchat shrike), 1 ind. perché [dans le lit du Nyéti Yone amont]
  • (buphage) Piqueboeuf à bec jaune (buphagus africanusyellow-billed oxpecker), 1 ind. dans le lit du Nyéti Yone, avec les ovins [pique-nique]
  • Choucador à oreillons bleus (lamprotornis chalybaeusgreater blue-eared starling) [Nyéti Yone]
  • Moineau gris (passer griseus, northern grey-headed sparrow)
  • Moineau doré (passer luteusSudan golden sparrow)
  • Travailleur à bec rouge (quelea queleared-billed quelea)
  • Cordon-bleu à joues rouges (uraeginthus bengalus, red-cheeked cordon-bleu), 2 ind. dans le lit du Nyéti Yone [pique-nique]
  • Bengali zébré (ortygospiza subflavuszebra waxbill) [Nyéti Yone, pique-nique]

Entendu:
Prinia modeste (prinia subflavatawny-flanked prinia) / Brubru africain (nilaus afer, brubru), 1 ind. [Nyéti Yone, pique-nique] /

Ci-dessous:
Vautours africains à la verticale du Nyéti Yone, Ndiaël
Réserve spéciale d'avifaune du Ndiaël (RSAN) 2016 05 1, 13h20 / © Photos par Frédéric Bacuez




Ci-dessus:
Courvite de Temminck - Dendrocygnes veufs, Aigrettes ardoisées et autres ardéidés à la curée, sur le Nyéti Yone - Ganga à ventre brun, à l'ombre d'un combretum
Réserve spéciale d'avifaune du Ndiaël (RSAN) 2016 05 1, 13h55-14h30 / © Photos par Frédéric Bacuez

Ci-dessous:
Oies-armées de Gambie, Ouettes d'Egypte et Dendrocygnes veufs sur les tannes du Bombol
Réserve spéciale d'avifaune du Ndiaël (RSAN) 2016 05 1, 17h-17h15 / © Photos par Frédéric Bacuez


AUTRES:

  • Patas 'singe rouge' (erythrocebus pataspatas monkey), ~15 ind. (cf. photo ci-dessous) puis, un peu plus loin ~8 ind. [Nyéti Yone amont] + 1 ind. courant parmi les bovins [Nyéti Yone à l'aval de la digue de Bellel Mbaye]
  • Écureuil terrestre du Sénégal (xerus erythropusstriped ground squirrel), 1 ind. [Nyéti Yone amont]
  • Varan du Nil (varanus niloticusNile monitor), 1 ind. [Nyéti Yone à l'aval de la digue de Bellel Mbaye]
  • Cétoine sp., premier ind. de saison ! [ripisylve du Nyéti Yone]

Ci-dessous:
Patas sur le tertre de gravillons latéritiques
Réserve spéciale d'avifaune du Ndiaël (RSAN) 2016 05 1, 11h25 / © Photo par Frédéric Bacuez


Marais Korée
Zone tampon de la réserve naturelle communautaire de Tocc Tocc 2016 05 1 / © Photo par Frédéric Bacuez

* Zone tampon de la Réserve naturelle communautaire de Tocc-Tocc (Lac de Guier) 

En périphérie du lac de Guier, quelques mares (trop) saumâtres survivent encore à la colonisation par le Typha et au saccage par l'Homme. Dans cette partie de la vallée, l'exploitation foncière bat son plein et l'emprise agraire prend des proportions exclusives, dans l'anarchie, la magouille et l'idéologie tyrannique de l'époque: faire de la vallée au seuil du Sahara un nouvel eldorado de l'agro-business, comme on le fit des plaines d'Almeria en Espagne et du Souss au Maroc, dans la dernière partie du siècle passé. Sans surprise, officiellement on parle de développement au profit des populations indigènes (sic) et de la nécessité de relancer l'agriculture pour nourrir le brave peuple (re sic). Avec l'envie furieuse de s'inscrire dans le concert des nations (re re sic), et toute la logorrhée qui sied, l'harangue patriotique, la contribution (énième sic) des partenaires au Développement (avec un grand D), l'onirisme culturel aussi, l'agit-prop politicien, et in fine, la récupération des terres par ceux qui savent, les holdings des agro-businessmen qui déjà occupent les meilleurs sols, expérimentent, et démontrent qu'ils connaissent, eux, ils en ont les moyens, et tout le cynisme. Parallèlement, l'endettement des petits riziculteurs locaux en pauvres bougres néophytes et incompétents, que l'on prétend encourager à grands renforts de prêts tout sourire puis de menaces de plus en plus appuyées pour faire rendre gorge, l'accroissement de la misère (mais avec le smartphone et peut-être une djakarta ruineuse et vite cassée), puis les suicides, l'abandon des carrés impossibles à tenir si l'on n'y déverse pas des tonnes d'intrants chimiques, et si l'on n'y installe pas des canons explosifs pour faire fuir singes et oiseaux granivores. Et qu'on ne possède aucune tradition ancestrale pour faire fructifier le riz miraculeux: on l'avale quotidiennement mais on ne sait pas le faire pousser, ici aux portes du Trarza mauritanien - 70 000 km2 de dunes rouges en embuscade !

Un mélange de pesticides et de mélasse picotent et collent à la peau !

Pour aller chercher les mangues filandreuses d'un minuscule verger en bord de goudron du coté de Richard-Toll, à cent kilomètres de Saint-Louis, on parcourt des pistes et des routes, on traverse des villages, des champs et des bosquets qui exhalent les effluves phytosanitaires à plein nez ! C'est effrayant ! L'air est tellement chargé de mélasse (des forêts de canne à sucre) et de pesticides (des rizières et des maraîchages) que les miasmes finissent par coller à la peau, au point même de la brûler ! Contraint de remonter la vitre, de me protéger les narines par un chèche filtrant, je regarde défiler ces contrées retournées et abîmées de partout, ces vilains hameaux au coeur de l'émergence mais toujours aussi rustiques et qui, en plus des sables qu'ils ingèrent une grande partie de l'année se voient désormais contaminés par la sur-utilisation de la chimie sans aucun contrôle ! Il y a même, partout dans la région, de pauvres hères qui vont par les chemins, de champs en carrés, la turbine au dos et le lance-flammes à la main, sans masques ni gants, pour proposer leur merde assassine au paysan qui se lamente de ne pas y arriver, attaqué par la vermine, le mange-mil et tous les nuisibles du Diable ! Allez, c'est le miracle qui passe, une p'tite vaporisation et le tour est joué... Pour quelques jours... Et dans le vent, permanent dans le Sahel, qui emporte la délivrance chimique, là-bas, plus loin, pour tous ! 

2 400 Flamants nains au marais Korée

Un petit coup d’œil rapide aux marges du lac de Guier et à la zone tampon de la réserve naturelle communautaire de Tocc Tocc, le dernier né des sanctuaires sénégalais (2010) et cinquième site RAMSAR du pays (septembre 2013), censé protéger ici le Lamantin d'Afrique (trichechus senegalensis) ainsi qu'une espèce rare de tortue aquatique, la Péluse d'Adanson (pelusios andansonii)*. Sur le marais Korée, l'une des trois tannes (Tolleu, Sapeul, Korée) qui font partie des sites satellites de ladite réserve naturelle, il y a une grande troupe de flamants en train de filtrer la vase ou de se reposer parfois couchés à même l'eau saumâtre. La vision de ces grands échassiers au loin est embellie par le fait qu'il y a là une écrasante majorité (90% !) de Flamants nains (phoeniconaias minor), la plus pinky, la plus spectaculaire et globalement la plus rare des deux espèces qui fréquentent notre bassin sénégalais. Une évaluation à la louche me permet de dénombrer 2 400 flamants nains sur le marais, cet après-midi - pas mal !

* En rappel: ICI sur Ornithondar (Lamantin d'Afrique) et  LA sur Ornithondar (Péluse d'Adanson)
Voir: ICI site Ramsar et Page Facebook: ICI

Nota: c'est dans l'Aftout es saheli mauritanien, à l'extrémité septentrionale du bas-delta du fleuve Sénégal que les Flamants roses (phoenicopterus roseus) et les Flamants nains*2 (phoeniconaias minor) se reproduisent au plus proche de la zone qui (pré)occupe Ornithondar. La saison de nidification sur le seul site connu de reproduction ouest-africaine du menacé Flamant nain s'étend de mi-février à début mai, la fin mars étant le moment paroxysmique de l'incubation. Avec l'assèchement total de l'Aftout, ces Flamants se dispersent alors sur les lagunes du parc national du Diawling (Mauritanie), du parc national du Djoudj et des berges du lac de Guier (Sénégal). Des 15 000 à 25 000 flamants nains estimés en Afrique occidentale, la quasi totalité voire 100% des effectifs ne fréquentent que la seule région du bas-delta du fleuve Sénégal, plutôt du coté mauritanien en hiver et en période de nidification, plutôt du coté sénégalais pour tous les sujets non reproducteurs et au plus fort de la saison sèche - à partir du mois de mars... Seule une infime minorité de ces flamants est en capacité de se reproduire, avec un très fort taux d'échec à l'incubation: la prédation, par chacals et phacochères, le braconnage, aussi, et tout dérangement vouent la reproduction à un irrémédiable fiasco, la plupart du temps. Depuis la fin des années 2000, un programme hispano-mauritanien*1 fort heureusement tend, avec un certain succès, à empêcher ces échecs de reproduction à répétition. En protégeant les accès aux îlots par des barrières et barbelés, en capturant les prédateurs, et en assurant un suivi humain de la nidification. Du coup, avec un meilleur taux de réussite dans l'envol des oisillons, on pourrait avoir dans les années qui viennent un relatif accroissement des effectifs du magnifique échassier tout rose ! Les bonnes nouvelles 'naturalistes' étant rarissimes dans le bas-delta, et paradoxalement venant le plus souvent du voisin mauritanien pourtant peu réputé pour sa bienveillance envers la biodiversité, on ne boudera pas notre plaisir... Au Sénégal, on émerge, on 'peut pas tout faire, surtout de ces choses périphériques, zut alors ! L'environnement, ça commence à bien faire, comme disait l'autre 'progressiste'...

Lire:
*1 A breeding colony of the Near Threatened Lesser Flamingo in western Africa: a conservation story of threats and land management, par R. Moreno-Opo, Z.E. Ould Sidaty, J.M. Baldo, F. Garcia, D. Ould Selha Daf & L.M. Gonzalez, in Bird Conservation International, p. 1-11, BirdLife International 2012
Et:
*2 ~8 000 Flamants nains, 148 Chevaliers arlequins, 19 Grues couronnées [PNOD 2/2], in Ornithondar 2016 03 2


OISEAUX / 25 espèces cochées
MAMMIFÈRES / 1 espèce cochée

Vu:
  • Pélican gris (pelecanus rufescens, pink-backed pelican), 1 ind. stationné avec les flamants [marais Korée]
  • Cormoran africain (microcarbo africanusreed long-tailed cormorant) [dans les casiers rizicoles et marais, au seuil de la zone tampon de Tocc Tocc]
  • Héron garde-bœuf (bubulcus ibiscattle egret) [dans les casiers rizicoles, au seuil de la zone tampon de Tocc Tocc]
  • Aigrette intermédiaire (egretta intermedia, intermediate egret), quelques ind. avec les hérons garde-boeufs [dans les casiers rizicoles, au seuil de la zone tampon de Tocc Tocc]
  • Héron cendré (ardea cinerea, grey heron) [marais Korée]
  • Ibis sacré (threskiornis aethiopicussacred ibis), 5 à 6 ind. [dans les casiers rizicoles, au seuil de la zone tampon de Tocc Tocc]
  • Balbuzard pêcheur (pandion haliaetusosprey), 1 ind. survole [les parages du lac de Guiers]
  • Pygargue vocifère (haliaeetus vociferafrican fish eagle), 1 ind. survole [les parages du lac de Guiers]
  • Elanion blanc (elanus c. caeruleusblack-shouldered kite), 1 ind. [pistes vers Tocc Tocc]
  • Ouette d'Egypte (alopochen aegyptiacaegyptian goose), quelques dizaines d'ind. dans les marais de la zone tampon, dont groupe de 25 à 30 ind. sur une tanne [Tocc Tocc]
  • Flamant rose (phoenicopterus roseusgreater flamingo), 100+ ind. avec les flamants nains (cf. photos ci-dessous) [marais Korée]
  • Flamant nain (phoeniconaias minorlesser flamingo - inscrit à la Liste rouge de l'UICN des espèces menacées de disparition, dans la catégorie Near Threatened/NT-Bientôt menacé), ~2 400 ind. (cf. photos ci-dessous et en haut de notule) [marais Korée]
  • Marouette/Râle à bec jaune (zapornia ex amaurornis flavirostrablack crake), 2 ind. dans les marais de la zone tampon [Tocc Tocc]
  • Échasse blanche (himantopus himantopusblack-winged stilt), quelques ind. dans les marais de la zone tampon [Tocc Tocc] [marais Korée]
  • Ganga à ventre brun (pterocles exustus, chestnut-bellied sandgrouse), 1 ind. revient de boire [à l'ouest du lac de Guiers] + 3 jeunes ind. sur la piste [de Tocc Tocc]
  • Vanneau éperonné (vanellus spinosus, spur winged lapwing) [dans les casiers rizicoles, au seuil de la zone tampon de Tocc Tocc]
  • Pigeon roussard (de Guinée, columba guineaspeckled pigeon), ~10 ind. [pistes de Tocc Tocc]
  • Coucal du Sénégal (centropus senegalensisSenegal coucal), 1 ind. [dans les casiers rizicoles, au seuil de la zone tampon de Tocc Tocc]
  • Guêpier nain (merops p. pusilluslittle bee-eater), 1 ind. [canal de Moutorki]
  • Coliou huppé (à nuque bleue, 'oiseau-souris', urocolius macrourusblue-naped mousebird), 1 ind.
  • Irrisor noir (rhinipomastus aterrimus, black scimitarbill), 2 ind. [vers N'Gnith]
  • Cochevis huppé (galerida cristata ssp. senegallensis, crested lark)
  • Cisticole des joncs (cisticola juncidis ssp. uropygialis, fan-tailed cisticola), 1 à 2 ind. [dans les casiers rizicoles, au seuil de la zone tampon de Tocc Tocc]
  • Cisticole du désert (cisticola aridulusdesert cisticola), 1 ind. dans les steppes à tamarix senegalensis [pistes vers Tocc Tocc]
  • Choucador à oreillons bleus (lamprotornis chalybaeusgreater blue-eared starling)

Entendu:
Cisticole roussâtre (cisticola galactotes ssp. amphilectusgreater blak-backed cisticola), quelques ind. [dans les casiers rizicoles, au seuil de la zone tampon de Tocc Tocc] /

Ci-dessous:
Flamants nains au marais Korée
'Zone tampon' de la Réserve naturelle communautaire de Tocc Tooc 2016 05 1, 15h55 / © Photos par Frédéric Bacuez 

AUTRES:

  • Écureuil terrestre du Sénégal (xerus erythropusstriped ground squirrel), 1 ind. [canal Lac de Guier-Nyéti Yone]

Rizerie et Réserve spéciale d'avifaune du Ndiaël (RSAN)...
Oies-armées de Gambie sur les mares saisonnières du Bombol 2016 05 1, 17h20 / © Photo par Frédéric Bacuez

* N2, Richard-Toll-Bango -

OISEAUX / 17 espèces cochées
MAMMIFÈRES / 2 espèces cochées

Vu:
  • Cormoran africain (microcarbo africanusreed long-tailed cormorant), 1 ind. en vol [casiers rizicoles entre Richard-Toll et Rosso]
  • Crabier chevelu (ardeola ralloidessquacco heron), 1 + 1 ind. [casiers rizicoles, N2]
  • Héron garde-bœuf (bubulcus ibiscattle egret), [dans les casiers rizicoles, N2]
  • Aigrette intermédiaire (egretta intermedia, intermediate egret), quelques ind. [dans les casiers rizicoles, N2]
  • Dendrocygne veuf (dendrocygna viduatawhite-faced whitling duck), plusieurs ind. dont la tête émerge du riz !
  • Elanion blanc (elanus c. caeruleus, black-shouldered kite), 1 ind. [N2, 'terres des Italiens'] + 1 ind. en querelle avec un rapace indéterminé de type falconidé [au nord de Ross-Bethio] + 1 ind. perché [Bari Diam]
  • Rapace sp. indéterminée de type falconidé, 1 ind. [N2]
  • Vanneau (caronculé) du Sénégal (vanellus senegallus, african wattled lapwing), 2 + 2 ind., en vol
  • Vanneau (coiffé) à tête noire (vanellus tectus, black-headed lapwing), 1 + 1 ind. dans un boisement clair habituel [au sud de la rizerie]
  • Glaréole à collier (glareola pratincola, collared pratincole), 1 ind. en vol [casiers rizicoles entre Richard-Toll et Rosso] + 1 + 1 ind., en vol [N2]
  • Ganga à ventre brun (pterocles exustus, chestnut-bellied sandgrouse), 1 ind. en vol [casiers rizicoles]
  • Pigeon roussard (de Guinée, columba guineaspeckled pigeon), 1 ind. en vol
  • Martin-pêcheur pie (ceryle rudispied kingfisher), 2 ind.
  • Cochevis huppé (galerida cristata ssp. senegallensis, crested lark)
  • Choucador à longue queue (lamprotornis caudatus, long-tailed glossy starling)
  • Moineau doré (passer luteusSudan golden sparrow
  • Travailleur à bec rouge (quelea queleared-billed quelea)
1 hirondelle sp. indéterminée [rond-point N2 Rosso/Richard-Toll] 

Entendu:
Oedicnème du Sénégal (burhinus senegalensisSenegal thick-knee), quelques ind. [rond-point N2 Rosso/Richard-Toll] /

AUTRES:

  • Patas 'singe rouge' (erythrocebus pataspatas monkey), au moins 2 ind. immatures (matin) + 13+ ind. (soir) sur les buttes de terre excavée de casiers rizicoles en cours d'aménagement... [N2] + troupe non comptée (fin d'aprem') [ferme vers Lampsar]
  • Écureuil terrestre du Sénégal (xerus erythropusstriped ground squirrel), 1 ind. traverse la route (N2)
Cadavres de Zorilles sp. (ictonyx sp., zorilla polecat sp.), 1 + 1 ind. à quelques mètres de distance [au nord de Ross-Béthio]
+ dépouille de type canis sp.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Nombre total de pages vues