" Quand y aura-t-il des observateurs qui nous rendront compte de ce que font nos hirondelles au Sénégal et nos cailles en Barbarie ? "
- Comte de Buffon (France), 1737
" Avoir vu un éléphant n'est pas une question d'âge mais une question d'avoir parcouru la brousse "
- Roger Bila Kaboré (Burkina Faso)

jeudi 30 mai 2013

22-31, la canicule s'infiltre dans le bas-delta

2013 02 17, 7h30, lever de soleil sur la plaine de Biffeche / Photo par Frédéric Bacuez

* Vallée du fleuve Sénégal et Ferlo -

Au Sahel, il fait chaud, très chaud, en cette période: rien que de plus normal, au bout de l'interminable saison sèche, qui va encore durer deux mois sur les franges les plus septentrionales de ces terres violentes, ingrates, dures pour les Hommes comme pour les bêtes, de Ross-Bethio à Djibouti, de l'autre coté du continent. En zone de savanes, à quelque trois à quatre cents kilomètres plus au sud, la pluie des mangues a rajouté la moiteur à la chaleur, et les premières poussées du Front Intertropical de la mousson (FIT*) livrent leurs averses momentanément réconfortantes - comme à Ouagadougou, demain... 

J'écris 'Ross-Bethio' - gros bourg agricole à 40 kilomètres de Saint-Louis à l'intérieur des terres du bas-delta, car près de la côte sénégalaise et mauritanienne, le temps est en général plus clément, y compris en cette saison. Quel aficionado du festival de jazz de la cité n'a pas souvenir d'y avoir porté, quasiment chaque année, une petite laine sur les épaules ? Cette fois, pourtant, le ndar-ndar est à son tour concerné par les rigueurs de l'hinterland: la canicule des lointains peuhls et sarakolés est dans la place ! Si les températures dépassent les 45° du coté de Matam, la Météorologie nationale prévoit tout de même 39° à Saint-Louis, vendredi, à l'heure de la grande prière... Et comme il faut en moyenne rajouter quatre degrés aux températures maximales de Bango, il fera 43° sur les berges du Lampsar, avant que le feu ne redescende à 31° samedi puis 28° dimanche - ouf !

L'insoutenable canicule saisonnière est impitoyable, cette année, dans la haute vallée du fleuve et dans le Ferlo: 45° de maximale moyenne relevés à Matam, Bakel, Podor, Ourossogui, Kanel, Thilogne - avec des pointes approchant les 50° par endroits ! Elle est surtout persistante, dans la durée: voilà bientôt quinze jours que le cagnard abrutit les terres assoiffées, et les prévisions ne sont guère optimistes. Plusieurs dizaines de personnes âgées n'y ont pas résisté. Quant aux animaux, ils se terrent. Les oiseaux du Paléarctique hivernant sous nos latitudes, eux, sont partis, les oiseaux afro-tropicaux ne sont pas encore sortis de leurs vertes forêts du Golfe de Guinée. Les premiers coucous didrics (chrysococcyx caprius) et autres guêpiers à gorge blanche (merops albicollis) ne sauraient attendre trop longtemps pour nous annoncer, avec leur arrivée tonitruante dans le ciel du delta, enfin la remontée prochaine d'un grain salvateur... Inch'Allah ?

* Voir: IRD, le FIT

2 commentaires:

  1. Ouedraogo Sidiki Boukary31 mai 2013 à 00:41

    Oh oui c'est vraiment la canicule, ici ! Dire qu'on parle d'inondation ailleurs...
    En tout cas ça chauffe ici...
    Bise.
    Sidiki

    RépondreSupprimer
  2. Ouedraogo Sidiki Boukary1 juin 2013 à 16:14

    Il a fait une de ces chaleurs, ici, aujourd'hui !!... En plus de ça, coupure d'électricité à deux reprises... Le développement, quoi !...

    RépondreSupprimer

Nombre total de pages vues