" Quand y aura-t-il des observateurs qui nous rendront compte de ce que font nos hirondelles au Sénégal et nos cailles en Barbarie ? "
- Comte de Buffon (France), 1737
" Avoir vu un éléphant n'est pas une question d'âge mais une question d'avoir parcouru la brousse "
- Roger Bila Kaboré (Burkina Faso)

lundi 31 mai 2010

31, et encore un python de moins, un !


* Bango. Rivière Lampsar -


Encore la 'prise', cette fois-ci non 'accidentelle', d'un python de Sebae dans un jardin maraîcher, sur les berges du Lampsar, impasse Gustave Pelloux. Le reptile prenait l'habitude de se faufiler dans une volière de pigeons domestiques... L'incident est probablement un don d'Allah; l'enveloppe du grand serpent écorché a vite quitté les confins bangotins pour la 'Ville'...

Ci-dessus: python de Sebae du Djoudj (parc national des oiseaux du Djoudj, PNOD), février 2010
/ Courtesy photo par François Marmeys, DR

dimanche 30 mai 2010

'Performance environnementale': Sénégal, 143e/163



* Sénégal et Afrique de l'Ouest -
Tous les deux ans, les universités américaines de Yale et Columbia -et malheureusement pas celle de Saint-Louis-du-Sénégal qui fête ses vingt ans avec force bla bla autosatisfaits- s'associent pour publier leur classement des pays les plus "performants d'un point de vue environnemental" (EPI). Des tas de statistiques et de graphiques, bref du sérieux scientifique qui dresse le portrait parfois étonnant d'un monde souvent aux franges du désastre 'environnemental'. L'intérêt de l'étude réside dans le fait que les célèbres universités ne dissocient jamais la Nature de l'Homme: il en va pour preuve que les Etats qui ont tout misé sur la seule protection de leurs richesses environnementales (pour en tirer aussi des retombées financières très importantes) sont souvent mal classés dans le constat de Yale et Columbia: l'Afrique du Sud, paradis s'il en est des naturalistes, ne pointe qu'à la 115e place, sur 163 pays recensés, le Kenya à la 108e, la Tanzanie à la 126e, à peine mieux que le Burkina Faso, 128e, pauvre d'entre les pauvres et autrement moins 'carte postale' d'un point de vue touristique... Il n'en reste pas moins que le pire endroit en 'performance environnementale' reste l'Afrique, suivie de l'Asie centrale: à l'exception d'Haïti et du Turkmenistan, dix  pays africains ferment l'inventaire; même si l'île Maurice de l'océan indien est à la 6e place, juste devant la France (7e). 1er pays 'continental', l'Algérie caracole à la 42e place. Mais au sud du Sahara, chez "Nous les Africains", Djibouti est 75e, la Namibie 81e, c'est tout dire. Et dans le pire, les pays de l'Afrique sahélienne ont les indicateurs les moins 'performants', les blocs du delta du Niger-lac Tchad  et du fleuve Sénégal-Fouta Djalon étant les régions de la planète les moins enviables tant pour la 'Vitalité des écosystèmes' que pour 'La santé liée à l'Environnement'.
Le Sénégal, 143e sur 163, trône au coeur d'un ensemble de pays dont la 'réalité' environnementale est catastrophique. Si on peut pardonner son bonnet d'âne à la Sierra Leone, délabrée par des décennies de barbarie comme sa voisine libérienne - non classée, les 'positions' des trois riverains du fleuve Sénégal ont de quoi inquiéter. Mais n'étonneront pas 'l'observateur' qui... observe et comprend vite que l'environnement, ici, c'est 'les autres', et en 'société' absolument imperméable -voire réfractaire- au sens public, l'environnement on s'en fout tant qu'on ne se l'approprie pas !

En rappel: Islande, 1er / Suisse, 2 / Costa Rica, 3 / Suède, 4 / Norvège, 5 / Maurice, 6 / Autriche, 8 / Cuba, 9 / Colombie, 10
Et pour mes proches: France, 7e / Maroc, 52 / Gabon, 92 / Côte d'Ivoire, 102 / Madagascar, 120 / Yémen, 124 / Tanzanie, 126 / Burkina Faso, 128 / Bangladesh, 139
Et pour en savoir (beaucoup) plus: http://epi.yale.edu/
_____________________________________________________________________

vendredi 28 mai 2010

28, quelques échassiers restent dans les parages


* Bango. Marigot de Lampsar, coté saumâtre -


_____________________________________________________________________

jeudi 27 mai 2010

27 et 28, en bandes...

 
* Bango et marigot de Lampsar, coté saumâtre -

Brume de chaleur et forte moiteur...
Dans les ascendants:
- Des centaines de martinets noirs (apus apus, common swift; le 27 mai, 12h15-12h35 -cf. photo ci-après en bas à d., comme le lendemain 28 mai à 15h30), arrivent du sud et tournoient pendant quelques minutes au dessus des rives sud du Lampsar, chassant des insectes avant de poursuivre leur migration prénuptiale.
- Les milans parasites (à bec jaune, milvus migrans ssp. parasitus, yellow-billed kite) planent au milieu des martinets; dès qu'un des charognards collecte sur la berge ou sur l'eau quelque reste, tous les autres - jusqu'à 15 !- se mettent à le poursuivre en criant (cf. photos ci-dessous)
- Venant probablement de la sebkha de Khor, ~130 pélicans blancs (pelecanus onocrotalus, great white pelican) remontent vers le nord-est, par le Lampsar-Djeuss (le 27 mai, 12h15-12h35).
Mais aussi:
- Jusqu'à 28 guêpiers à gorge blanche (merops albicollis, white-throated bee-eater; le 28 mai, 18h15) font des aller et retour entre la lisière boisée de Bango et les mangroves de la berge nord du marigot, singulièrement sur le bloc n°4 qui leur sert de reposoir et de tremplin vers le ciel pour y attraper les insectes ailés dont ils raffolent. Ces guêpiers hautement migrateurs entre les tropiques africaines (sur les confins sahélo-sahariens, de mai à octobre en général, parfois un peu plus tôt et un peu plus tard) occupent exactement l'espace laissé depuis quelques mois par les guêpiers de Perse (merops persicus), espèce particulièrement erratique: ces guêpiers vagabondent plus qu'ils ne migrent, apparaissant ici pour quelque temps avant de disparaitre aussi soudainement qu'ils sont bruyamment apparus !
- Le passage des hirondelles rustiques (hirundo rustica, barn swallow) se fait très très chiche, exclusivement en toute fin d'après-midi; certaines sont visiblement encore des migratrices qui remontent au nord du Sahara, d'autres sont de jeunes estivantes qui passeront l'été/mousson dans le delta, vagabondes.
- Chez les résidents de Bango: toujours 7 colious huppés (à nuque bleue, urocolius macrourus, blue-naped mousebird), toujours plaintifs (le 29 mai, 14h); et 3 choucadors à longue queue (lamprotornis caudatus, long-tailed glossy starling), toujours éraillés...




Ci-dessus, 2010 05 27 après-midi:
- en haut, milans parasites à bec jaune se disputant des restes glanées sur la berge bangotine du Lampsar
- en bas, à g.: ~130 pélicans blancs en déplacement par dessus Bango - à d.: encore des centaines de martinets noirs en migration, chassant au dessus du quartier avant de poursuivre vers le nord
/ Photos par Frédéric Bacuez
_____________________________________________________________________

lundi 24 mai 2010

24, peu observé ici: un coucou jacobin par dessus le marigot


*Bango. Marigot de Lampsar, coté saumâtre -

MATIN-

Ci-dessus:
- à g., coucou de Levaillant, rives du Niger, Bénin / Photo par Agnès Giannotti pour African Bird Club, DR
- à d., coucou jacobin
_____________________________________________________________________ 

samedi 22 mai 2010

22, résurgence migratoire d'hirondelles rustiques


* Bango et marigot de Lampsar -

De trois espèces non répertoriées ici et pourtant là


Ci-dessus: 2010 05 22 au soir; un rat de Gambie autrement appelé 'rat voleur' fait le pique-assiette de mes nombreux chats, indifférents, et s'en met plein les bajoues avant de regagner un de ses trois terriers du jardin / Photo par Frédéric Bacuez

* Bango, berges du Lampsar -
SOIR-
_____________________________________________________________________

22, une rareté: un Bec-en-ciseaux d'Afrique 'écrème' le Djeuss

* Djeuss bangotin, des deux cotés -

Ci-dessus: 
à g., en Namibie 2006 11, © photo (détail) par Klaus Schindler pour African Bird Club
à d., à Sette Cama au Gabon 2006 10, © photo (détail) par John Caddick pour African Bird Club


MATIN-

Ça m'a pris de court, car quelle surprise ! A 8h25 depuis mon belvédère, je jetais un œil au loin sur la pointe Thiolet pour voir si nos Pélicans n'y étaient pas réinstallés (Voir ICI sur Ornithondar), quand un cri atypique attira mon attention vers la surface des eaux du marigot: eurêka ! un (1) Bec-en-ciseau(x) d'Afrique (dit 'coupeur d'eau', Rhynchops flavirostris, african skimmer, rayador africano) 'effleurait'  les eaux (to skim, in english...) pour gober les petits poissons, d'un vol rapide toutes ailes relevées.
Le temps de courir attraper un appareil photo, le laridé tropical avait disparu avec ses cris intermittents... Jusqu'à 8h50 quand de retour du Djeuss 'doux' le drôle d'oiseau est  repassé par dessus les Prosopis de la digue avant de redescendre au ras du plan d'eau vers le delta, toujours en 'écrémant' le marigot...

Ci-contre: au Botswana 2005 11 / © photo par Michel Watelet pour African Bird Club


Nota: les oiseaux afrotropicaux qui font la 'carte postale' des grands espaces du continent noir, on ne le dit pas assez, sont tous peu ou prou en déclin rapide depuis quelques décennies. Et quand on connaît un peu le 'terrain', et en dépit des extraordinaires avancées de l'expertise scientifique sur les uns et sur les autres, tous les (grands) oiseaux emblématiques y sont dramatiquement raréfiés. Il en est ainsi des Grues couronnées, des Vautours et des grands rapaces diurnes, entre autres; et des Becs-en-ciseaux, dont on ne peut voir encore les grands rassemblements que sur le Zambèze ou la Luangwa, dans le bassin de l'Okavango, en Tanzanie et au Kenya, sur les bancs de sable de leurs cours majestueux. Des 15-25 000 becs-en-ciseaux estimés, 8 à 12 000 individus seraient d'Afrique orientale et australe (mais disparus d'Afrique du Sud), 7 à 13 000 d'Afrique occidentale et centrale... dont 80% au moins, j'en suis convaincu et je ne risque pas de me tromper, en Afrique centrale à l'est et au sud du Tchad ! Car il suffit de se reporter aux enquêtes menées depuis plus de vingt ans sur les étendues aquatiques d'Afrique de l'ouest pour vite comprendre que le Bec-en-ciseaux n'y sera très vite qu'un lointain souvenir. Sur les confins nigerians du lac Tchad, Gustafsson et al. (2003) n'en ont compté aucun au début de ce (terrible) siècle ! Sur le Logone, le fleuve 'gidien' qui matérialise la frontière 'sauvage' entre Tchad, Cameroun et Centrafrique, encore noté à la fin des années 1950 le laridé tropical n'y a jamais été observé depuis 1980 lors des inventaires qui se sont succédé dans le complexe Waza-Logone  (Scholte et al., 1999). Plus à l'ouest, si Serle & Morel le trouvaient encore "localement commun au Mali et au Nigeria" jusque dans les années 1970, Morel & Morel remarquaient aussi que le Bec-en-ciseaux n'était plus, à la veille des années 80, qu' "assez commun mais sporadique sur le fleuve Sénégal" [ndlr, ?], "de l'embouchure à la Falémé".

vendredi 21 mai 2010

21, 200 pélicans stationnent à la pointe Thiolet















Ci-dessus, de 7h30 (en haut) à 9h (en bas à d., avec envol d'aigrette des récifs; et ci-dessous) et 11h (en bas à g.):
trois troupes de pélicans blancs autour du delta, se rassemblent pour une journée à la pointe Thiolet 
/ Photos par Frédéric Bacuez


* Lampsar/Pointe Thiolet/Passe de Thiolet/Delta -

Nota: retour du ciel bleu limpide ainsi que de la fraicheur nocturne et matinale sur le delta

A 7h30, rassemblement, exceptionnel à cet endroit, de dizaines de pélicans blancs (pelecanus onocrotalus, great white pelican) autour du delta, entre les iles Temesna mauritaniennes (2 groupes comprenant en tout 70+ individus entre Thiong et Bop Thior), la pointe Thiolet (~60 ind. très groupés au sec sur le sable), l'anse du Lampsar au débouché du bolong de Dakhar-Bango (35+ dispersés nageant et pêchant en compagnie de 3 pélicans gris - pelecanus rufescens, pink-backed pelican), et les vasières entre la pointe de la caserne (ci-contre sur la photo à g.) et les mangroves de Roup, d'où des dizaines (non visibles en station) s'envolent progressivement . 1 pygargue vocifère (haliaeetus vocifer, african fish eagle) surplombe les oiseaux qui se laissent porter par les courants, en haut d'un palétuvier au sortir du bolong de Dakhar-Bango.
A partir de 11h, les pélicans blancs de la pointe Thiolet - à cette heure 120+- sont rejoints progressivement par leurs congénères du delta (encore deux groupes de 25 chaque, coté mauritanien au sud de Thiong). A marée montante, les 3 pélicans gris nagent vers l'amont du marigot en longeant les blocs de palétuviers au pied desquels se tiennent encore (ce n'est plus de saison) 2 hérons cendrés (ardea cinerea), 5 grandes aigrettes (egretta alba), 1 aigrette garzette (egretta garzetta), tandis que passent, peu, quelques mouettes à tête grise (larus cirrocephalus) et cormorans africains (phalacrocorax africanus) [>Lampsar 'doux' essentiellement]
A 14h30, la marée est au maximum: tous les pélicans blancs se sont mis à l'eau, dans le Lampsar, et se laissent porter par les flux vers l'entrée du bolong de Dakhar-Bango. Ils forment une troupe compacte de plus de 200 individus. A 15h, avec le reflux, les pélicans se laissent revenir vers la pointe Thiolet, toujours coté Lampsar (à l'abri des alizés ?) d'où ils auront disparu à 16h !

















jeudi 20 mai 2010

20, et pourtant: avril 2010 mois le plus chaud sur Terre...


2010 05 20 au petit matin calme, sur le Lampsar 'saumâtre'; lendemain d'intrusion des vents de mousson...
 / Depuis le belvédère de la maison, photo par Frédéric Bacuez, DR
_____________________________________________________________________

samedi 15 mai 2010

15, un élanion blanc dans le ciel bangotin


* Bango. Marigot de Lampsar -

12-15, dans un grand vent de sable !


* Bango. Marigot de Lampsar, coté saumâtre -


Ci-dessus: 2010 05 14 à 18h, le sable tombe avec le soleil sur le marigot et la pointe Thiolene
/ Depuis le belvédère de la maison, photo par Frédéric Bacuez, DR
_____________________________________________________________________

vendredi 7 mai 2010

7 et 11, aparté: de l'art, en-veux-tu-en-voilà


* De Wogodogo à Ndar -

Pierre Garel, de Ouagadougou (Burkina Faso), m'écrit:
" Expo 'MATERIAU(X)' au Hangar 11 le mardi 11 mai 2010 à 18h (jusqu'au 22 mai).
Les meilleurs travaux de 15 artistes en herbe du stage du 1er et 2 mai animé par Abou Sidibé et Pierre Garel assistés de Innocent Ouédraogo
Découvrez le site du H11: http://www.hangaronze.com/

Et un petit docu sur Hangar 11 (réalisé il y a un an et diffusé ce mois) dans l'émission tv Afrik'art de Elisabeth Tchoungui, sur Canal+ Horizons (le 9/05 à 14h et le 12/05 à 16h10, ainsi que sur Canal Cinema le 8/05 à 17h45 et le 11/05 à 7h) " - ou sur Planète, en France. *
* Bon, pour le doc tv, en fait c'est moi qui ai informé... Pierre...

Nota:
mon fiston Inno "a demandé la route", enfin presque, comme on le voit. Après son expo perso de février au H11, une remise en selle au 'Cheval Mandingue' puis l'animation de ce stage artistique, il devrait rentrer... nous faire coucou, à son frère et moi, avant que de rejoindre sa 'chérie coco' à Madagascar, du coté de Tuléar. Pas de pot pour des transis d'humidité, c'est le seul coin de la Grande Île 'rouge' où il pleut autant qu'à... Saint-Louis, c'est dire que pour ça, 'seront pas dépaysés ! 
Cependant, dans notre delta éminemment culturel, la biennale Dak'Art 2010 décentralise aussi à Saint-Louis, dans le cadre du tricentenaire de la cité immergée, à partir de ce jour. On y annonce "une centaine"  d'artistes (14 nationalités), plus que  dans la capitale où la manifestation mère propose (dans son In) 28 artistes (16 nationalités) .


Ci-contre: ceci n'est pas une bouée mais deux tantales ibis... d'une péniche girondine...

/ Photo tirée du blog toute de délicate poésie "Images de Gironde", à http://33sauveterre.blogspot.com/

_____________________________________________________________________

jeudi 6 mai 2010

6 05 - 29 04, mes jours avec Jonathan Livingston...


* Bango. Marigot de Lampsar, coté saumâtre -

Le fameux 'hiver saint-louisien' n'est jamais venu, ou fugacement, cette année ! Peut-être has been, le climat local, comme la cité ruiniforme... Mais voici qu'avec les premières poussées de vents de mousson loin au sud-est, et les premières averses sur Bamako (Mali), Bobo-Dioulasso et Ouagadougou (Burkina Faso), la dissipation consécutive d'un harmattan agressif sur le Sahel a libéré les alizés marins, enfin, sur notre frange côtière ! Depuis fin avril, il fait bon, de plus en plus frais la nuit (sous les 18°, eurêka !) au fur et à mesure que nous nous rapprochons de notre presque virtuelle 'saison des pluies'... On a même sorti le petit pull over de sa naphtaline, c'est dire que nous allons attendre... pour l'aumône du ciel !! Dieu sait pourtant combien on éructe son nom dans les mégaphones, par ici...

La grande faucheuse africaine contre la Nature n'a pas encore atteint l'efficacité optimale, radicale et souvent invisible, de l'Occident: il y a donc parfois des rescapés, des éclopés. C'est ainsi qu'au matin du 29 avril, un goéland brun de la sous-espèce graellsi (larus fuscus ssp. graellsii, lesser black-backed gull) des îles britanniques et du nord-ouest européen hors Scandinavie, en plumage quasi nuptial, est récupéré par nos soins sur la berge où il vient, en nageant précipitamment, s'échouer. Allah est grand, pas d'enfants-sans-pitié en vue ! Visiblement, le laridé, un adulte jeune, vient d'échapper aux juvéniles gourmets en mal de (mauvaise) viande; ou de s'évader de l'incarcération qu'on lui faisait subir depuis quelque temps. Certains gamins en effet n'hameçonnent pas les oiseaux que pour les plumer et manger ! D'aucuns se mettent en tête d'en faire élevage, quelques plumes arrachées ou cisaillées - c'est le cas ici de tertiaires près du manteau-, traînés au bout d'une corde comme un kleb, les ailes souvent repliées et ficelées. Il n'y a que les âmes sensibles de l'Europe urbaine -donc écolo, et un brin hypocrites, qui pensent qu'en Afrique le braconnage, quelque soit le braconnage, n'est qu'affaire de survie. Ah ah, 'n'ont qu'à rejoindre les tables des villes festives comme Libreville, Abidjan ou Ouagadougou !!!
Bref; pendant huit jours, le goéland sans entraves (à part la nuit, enfermé dans la douche des enfants...) a réappris à battre des ailes dans le jardin, parfois encouragé par chiens et chats qui l'aidaient bien à cavaler, même si le volatile n'avait pas l'heur de titiller les papilles des carnassiers. Mon Jonathan Livingston avait vite fait de trouver la sinécure à son aise: sans jamais avoir perdu l'appétit, le goéland en était à adorer le jet d'eau du jardin !
Le 6 mai vers 18h, après un premier essai matinal qui s'était violemment heurté au tronc rugueux de mon palmier washingtonia, le laridé s'est définitivement envolé. Sans adieux larmoyants, dignement; j'étais dans le bureau. Bonne chance quand même !



Ci-dessus: extrait - 'Dear father'- du film (magique !) de Hal Bartlett: 'Jonathan Livingston seagull/le goéland' (1973)
Sur une musique (inoubliable !) de Neil Diamond
_____________________________________________________________________

mercredi 5 mai 2010

5, au couchant, passage d'ibis et de spatules


* Bango. Marigot de Lampsar, Thiolene -

Aprem'-
Dans le fond du jardin: toujours discrète mais bien présente, 1 rousserolle effarvatte (acrocephalus scirpaceus, european reed warber) reste stationnée depuis une quinzaine de jours, entre l'épaisseur feuillue d'un cerisier d'Afrique -en fruits, et les branches dégagée d'un jeune baobab -en jeunes feuilles.
1 buphage piqueboeuf à bec jaune (buphagus africanus, yellow-billed oxpecker) survole haut le quartier en chantant (également 1 le 2010 05 6 au matin)

Soir-
- RAREMENT VU sur ce bout de marigot: 18h45, au soleil couchant: un vol plutôt en ligne de 16 ibis sacrés (d'Egypte, threskiornis aethiopica, sacred ibis) au dessus des mangroves de Thiolene [venant du delta mauritanien>Lampsar 'eau douce'], suivis en l'espace de quelques minutes de 1 puis 2 puis un 3e ibis falcinelles (plegadis falcinellus, glossy ibis).
- RETARDATAIRES, après deux jours sans passage: 19h05, 2 hirondelles rustiques (hirundo rustica, barn swallow) adultes (brins) en migration prénuptiale [S>N]
- HORS SAISON: 19h10, un vol NE>S de 11 spatules sp. (platalea sp.) en file indienne; à contre lumière, je ne peux savoir s'il s'agit de spatules eurasiennes (platalea leucorodia, donc immatures en estivage ou ssp. balzaci du Banc d'Arguin mauritanien ?) ou de spatules d'Afrique (platalea alba).

Ci-contre: PNOD, ibis sacré (à g.) et spatules eurasiennes (à d.)
/ Courtesy photos par François Marmeys, DR

Divers:
Présence aviaire raréfiée sur le marigot, depuis quelques jours, suite au départ des migrateurs reproducteurs du paléarctique, dûe aussi à la hauteur des eaux, ne dégageant que faiblement et assez brièvement les vasières des mangroves:
Passage de cormorans africains (phalacrocorax africanus, long-tailed cormorant), des premières bandes constituées de pigeons roussards (columba guinea, speckled pigeon) et de quelques laridés, dont 2 sternes royales (sterna maxima, royal tern) et 1 sterne caspienne (sterna caspia, caspian tern). Passée des dendrocygnes (dendrocygna viduata, white-faced whistling duck) moins spectaculaire, plus en retrait du marigot, et par petites bandes, dans les deux sens du Lampsar.
1 + 1 + 1 souïmangas à longue queue (cinnyris pulchellus, beautiful sunbird), adultes mâles en livrée nuptiale, traversant le marigot
1 coucal du Sénégal (centropus senegalensis, senegal coucal) effraie les troupes compactes de tisserins à tête noire (ploceus melanocephalus ssp. melanocephalus, black-headed weaver) qui veulent franchir le marigot pour rejoindre leurs dortoirs de Thiolene
19h22, les 2 corbeaux pies (corvus albus, pied crow) -sur les deux couples qui habitent le périmètre, rejoignent leur nid dans l'enceinte de la caserne
_____________________________________________________________________

dimanche 2 mai 2010

2, tiens, les piqueboeufs buphages sont là !

Piqueboeufs buphages et hérons garde-boeufs, dans la plaine / 2010 02 5. Courtesy  © photo par François Marmeys pour Ornithondar

* Bango -

2010 05 2- 
MATIN, 8h40: dans le ciel bangotin, gagnant la plaine de Thiolene par dessus la maison et la digue des Lampsar, un vol chantant de 7 buphages piqueboeufs à bec jaune (buphagus africanus, yellow-billed oxpecker) [S>N]
SOIR, 17h15: 2 buphages rentrant des plaines [N>S]
2010 05 3- 
SOIR, 18h15: venant des plaines alluviales tandis que les boeufs rentrent par la digue, un vol chantant de 10 buphages les raccompagne vers Sinthiane, le quartier peuhl de Bango [N>S] 
[+ 2010 05 4 aprem', vu 1 / 
2010 05 6 matin, vu 1]

Ci-dessous: Piqueboeufs buphages et hérons garde-boeufs, dans la plaine
/ 2010 02 5. Courtesy © photos par François Marmeys pour Ornithondar

samedi 1 mai 2010

1, il y a trente ans, le crocodile du Maroum diassik

1991 06. Au Gabon, sur la route de Lambaréné... / © Photo par Frédéric Bacuez 

* Bango. Lampsar, des deux cotés -

Il y a tout juste trente ans, le 1er mai 1980, un crocodile du Nil (crocodilus niloticus, nile crocodile) de 4 mètres était pris dans les filets d'une des plus grandes familles de pêcheurs bangotins. Dans le Lampsar en eau douce, au débouché du ruisseau dit de Maroum diassik (littéralement la mare du crocodile) s'écoulant de la plaine marécageuse des berges nord dans le marigot, le saurien fut ficelé comme un gigot non sans avoir mordu un des pêcheurs d'eau douce qui s'étaient jetés sur le cuir -il n'y a pas de 'chasseur de crocos', par ici-, passé de la rive sauvage à la berge villageoise, égorgé puis dépeçé sans protocole. Deux mois après le sacrifice, une pirogue de la famille chavirait avec tout son armement, faisant deux morts. La nombreuse smallah - 150 personnes au moins- connut alors de durables divisions internes...
Vers 1970-1972, cette fois du coté saumâtre du Lampsar, au pied de la résidence du colonel commandant à l'époque la célèbre caserne de Bango (il y avait encore là une hostellerie...), un autre crocodile avait été accidentellement pris dans les filets. J'imagine que l'accident fut vite une occasion. Il y a tant d'accidentés dans les mailles sénégalaises, neuves ou anciennes...

" Un tronc d'arbre a beau séjourner dix ans dans le fleuve,
il ne devient pas pour autant crocodile
"

- Dicton d'Afrique


En rappel, outre les rumeurs (hallucinées) de présence du saurien, tantôt ici (mangroves de Roup), tantôt là (il y a d'autres Maroum diassik au long du fleuve, toutes nettoyées de leurs sauriens depuis au moins trente ans...), il faut rappeler aussi que la dernière fois qu'on vit un lamantin dans le bas-delta (au sud du barrage de Diama), ce fut au large du village mauritanien de Thiong, en 1991. Quant à la loutre, alors là !? Je ne sais même pas si son nom en wolof a même connu, un jour, les honneurs d'un dictionnaire de la langue nationale...

Biodiversité, parent pauvre de "l'Environnement" !


Sur un marché de Ouagadougou, Burkina Faso / Courtesy © photo par Gideon Vink pour Ornithondar

En cette année décrétée 'internationale de la biodiversité' - formellement et dans l'indifférence générale-, six des organisations de défense de la nature les plus connues en France (LPO, WWF France, Ligue ROC, Comité français de l'UICN, Fondation Nicolas Hulot, France Nature Environnement) lancent une pétition afin d'alerter, une fois de plus, "l'opinion publique" sur la raréfaction continue de la biodiversité à travers le monde. Malgré le blabla politocard et les angoisses de confort autocentrées sur l'environnement casanier... Sans jamais sortir, même sur le mode d'une petite fugue, de l'idéologie victorieuse: toujours plus, mais tout en vert ! Voitures vertes, usines vertes, parkings verts, supermarchés verts, pétroliers verts, nucléaire vert, mal-bouffe verte... petits hommes verts ? Toute cette vertitude en trompe-l'oeil, ça commence à me rendre vert de rage, voire rouge de colère...

... Je signe, tu signes, on signe quand même...


2010 04 30. Tiens, au moment où les Etats-Unis vont connaitre l'une des pires catastrophes écologiques de leur longue histoire de destruction, un rapport publié dans la revue Science vient fort à propos confirmer 'nos' inquiétudes en pointant l'échec des gouvernements mondiaux à concrétiser leurs engagements pris en 2002 à l'occasion de la Convention sur la diversité biologique (CBD).
Sur les trente indicateurs de biodiversité étudiés, "aucune réduction significative dans le rythme du déclin de la biodiversité" n'a été constatée. En revanche, depuis 1970:

  • déclin de 30% des populations animales; 
  • disparition de 20% des mangroves et autres herbiers marins; 
  • désagrégation de 40% des massifs coralliens. 

Heureusement, 'ils sont' sauvés, eux ! Nos responsables se réuniront le 10 mai prochain à Nairobi (Kenya) pour, promis juré craché, prendre d'engageants engagements pour faire des derniers six mois de l'année internationale de la diversité biologique une année pleine de... promesses.

Lire/Read: http://www.birdlife.org/news/news/2010/04/2010-CBD-biodiversity-target-fails.html



Nombre total de pages vues