" Quand y aura-t-il des observateurs qui nous rendront compte de ce que font nos hirondelles au Sénégal et nos cailles en Barbarie ? "
- Comte de Buffon (France), 1737
" Avoir vu un éléphant n'est pas une question d'âge mais une question d'avoir parcouru la brousse "
- Roger Bila Kaboré (Burkina Faso)

mardi 16 mai 2017

16, nouveau site pour les conquérantes: des Hirondelles de Guinée au Lampsar Lodge

Hirondelle de Guinée - Hirundo lucida lucida
Lampsar Lodge 2017 05 16, 14h22 / © Photo par Frédéric Bacuez


* Basse vallée du fleuve Sénégal, 3/4.
Lampsar Lodge -


APREM'
En véhicule de Senegalib'Tours, avec le chauffeur Morr
Avec Rozenn Le Roux, pour Le Petit Futé édition 2018


Ci-contre: Callitriche 'singe vert', femelle apprivoisée...
Lampsar Lodge 2017 05 16, 13h52 / © Photo par Frédéric Bacuez


Suite (3/4) d'observations intéressantes à l'occasion d'un déplacement express dans la basse vallée du fleuve, du Djoudj à Gueumbeul en passant par le marais de N'Digué, la mare de Ross-Bethio et le Lampsar... En tant qu'accompagnateur, un tantinet paternaliste, de notre jeune amie Rozenn chargée d'une remise à jour du guide touristique Le Petit Futé, édition 2018.

Une oasis au bord de la rivière, les vents atlantiques qui remontent doucereusement la vallée: le Lampsar Lodge, cent cinquante arbres plantés par un couple de toubabs retraités pour une heureuse halte quand le naturaliste s'est tapé le cagnard, et la steppe (pas "la savane", ça c'est à Sanar, ha ha ha !) voire le désert ou ce qui s'en rapproche, dans le Djoudj (PNOD) comme dans le Ndiaël (RSAN)... Miraculeuse trouvaille, sur le cours d'eau une terrasse sur pilotis accueille le visiteur, hélas trop rare, ici c'est Sénégal, pour la brise et la boisson 'température frigo' ! Mais là je fais le boulot de la camarade Rozenn*...

* Découvrir: le Lampsar Lodge


Un singe vert, une femelle Callitriche en pleine santé, vient nous tenir compagnie, discrètement et avec retenue, assise sur la rambarde, obsessionnellement occupée par l'entretien méticuleux d'un pelage sain et superbement brillant. La petite s'est un jour retrouvée ici, dans ce refuge, venue d'on ne sait où, nous confie le propriétaire des lieux. Elle a illico adopté ses hôtes. On rappellera que si les singes rouges (Patas, Erythrocebus patas) demeurent abondants dans la vallée du fleuve Sénégal, bien que perpétuellement repoussés par les agriculteurs, les singes verts (Callitriches, Chlorocebus sabaeus) ont quasiment déserté la moitié nord du Sénégal, durant les années de grandes sécheresses à répétition (1970-90'): les ripisylves à Gonakiers (Acacia nilotica), leur domaine de prédilection, avaient majoritairement dépéri ou tout bonnement été transformées en charbon de bois... Une petite troupe vagabonde encore dans l'arrière pays du Gandiolais, profitant de l'expansion des Figuiers de Barbarie (Opuntia ficus indica), de leurs fruits et d'un couvert arboré encore dense et stratifié, bien que désormais attaqué de toutes parts...


Trois Hirondelles de Guinée sous le auvent, une adulte et deux immatures

Soudain sous la toiture paillée du ponton, trois Hirondelles de Guinée (Hirundo lucida lucida, Red-chested Swallow) nous font la surprise ! Deux d'entre elles perchent aussitôt sur un fil suspendu et se mettent au toilettage, sans aucune méfiance envers leur environnement - c'est à dire nous, et le singe. Elles sont à quelques mètres seulement, pas farouches (cf. photos ci-dessous et en haut de notule). Le propriétaire de l'établissement me dit que plusieurs couples d'hirondelles nidifient ici, à l'auberge. Cette dernière est pour Ornithondar un nouveau site à Hirundo lucida (cf. carte ci-dessous), prouvant une fois encore que la colonisation du nord sénégalais par l'espèce se poursuit, inexorablement, pour notre plus grand bonheur. Pour une fois que le bétonnage favorise la faune ! Il me semble qu'il y a une adulte, on le voit aux filets, et deux immatures, peut-être des subadultes, aux brins plus courts et au collier plus tacheté, mais confus. Le matin même, en passant par le marais de N'Digué, j'avais repéré au moins trois de ces Hirondelles entrant et sortant du petit ouvrage bétonné sur lequel les voitures circulent par la piste-digue (Lire ICI sur Ornithondar). Au plus proche de cette (nouvelle ?) installation, nous avions photographié le 14 Mai 2014 un bel adulte perché sur les barbelés clôturant les vannes du canal de Bombol, à quelques kilomètres au nord de Ross-Bethio (cf. carte ci-après).

En savoir plus sur l'expansion d'Hirundo l. lucida dans la région du bas-delta sénégalais:
Ci-dessus:
géolocalisation des observations d'Hirundo lucida lucida dans la basse vallée du fleuve Sénégal
dont celle de 2017 05 16 / avec © Google Earth

Ci-dessous:
Hirondelles de Guinée - Hirundo l. lucida, au-dessus des tables et des bipèdes devant leur bière (fraîche !)...
Lampsar Lodge 2017 05 16, 14h22-14h30 / © Photos par Frédéric Bacuez
 

Vu:
  • Hirondelle de Guinée (hirundo l. lucidared-chested swallow), {subrepticement vu (en roulant) 3+ ind. entrant et sortant sous l'ouvrage hydraulique [reliant le fleuve au marais de Ndigué] +} 3 ind. pas du tout farouches, adulte et immatures venant se poser sur un fil sous la toiture paillée de la terrasse fluviale (cf. photos ci-dessus et en haut de notule) [Lampsar Lodge]
  • Bulbul des jardins (pycnonotus barbatus ssp. inornatusgarden bulbul), quelques ind. [Lampsar Lodge]
Entendu:
Cisticole (roussâtre) du Nil (cisticola -galactotes- marginatus ssp. amphilectuswinding cisticola), 1 ind. chanteur sur la berge du Lampsar [Lodge] /

AUTRES:
  • [Callitriche 'singe vert' (chlorocebus sabaeusgreen monkey callithrix), 1 ind. femelle apprivoisée (cf. photo en médaillon) [Lampsar Lodge]]

16, quelque trois cent Foulques macroules sur la mare de Ross-Bethio, encore en eau !

Deux à trois centaines de Foulques macroules - Fulica a. atra
à la mare de Ross-Bethio, encore en eau malgré la saison sèche très avancée...

* Basse vallée du fleuve Sénégal, 2/4.
Mare de Ross-Bethio -

APREM', 13h-13h20-
En véhicule de Senegalib'Tours, avec le chauffeur Morr
Avec Rozenn Le Roux, pour Le Petit Futé édition 2018

Suite (2/4) d'observations intéressantes à l'occasion d'un déplacement express dans la basse vallée du fleuve, du Djoudj à Gueumbeul en passant par le marais de N'Digué, la mare de Ross-Bethio et le Lampsar... En tant qu'accompagnateur, un tantinet paternaliste, de notre jeune amie Rozenn chargée d'une remise à jour du guide touristique Le Petit Futé, édition 2018.

Surprise, derrière la digue surélevée qui dissimule à la vue passante la mare dite de Ross-Bethio, à quelques kilomètres au nord-ouest de la capitale agricole du Walo: d'abord, il y a encore de l'eau, c'est un événement pour la saison ! Et de deux cent (200) à trois cent (300, peut-être plus) Foulques macroules (Fulica a. atra, Eurasian Coot) sont au reposoir, disséminées sur plusieurs plans d'eau libre séparés les uns des autres par des herbiers et des rideaux de Tamarix senegalensis. Ce qui rend le comptage forcément imprécis. Une chose est certaine: je n'ai jamais vu, en une décennie de séjours saint-louisiens, une concentration aussi importante dans le delta sénégalais de ce palmipède si commun en Europe qu'on ne l'y regarde guère, ni ne le dénombre avec enthousiasme. Ici, c'est une autre affaire: la Foulque macroule est réputée hiverner plus ou moins en nombre sur le pourtour méditerranéen, en fonction des rudesses hivernales dans la moitié nord de sa répartition européenne. Il lui arrive aussi de traverser le Sahara pour passer ces mois délicats sur certains sites favorables d'Afrique occidentale, du delta intérieur du fleuve Niger (Mali) au lac Tchad (Niger-Tchad), ainsi que dans le Sahel sénégalais, moyenne et basse vallée du fleuve (Sénégal-Mauritanie), lac de Guiers y compris. Cette présence en nombre de Fulica atra sur la mare de Ross-Bethio démontre, on le répétera encore ici pour rien, combien cette cuvette a son importance comme reposoir pour certaines espèces, entre le Djoudj et les Trois-Marigots: dont, en hiver, plusieurs centaines de Spatules blanches (Platalea leucorodia), mais aussi des oiseaux peu fréquents dans le système deltaïque sénégalais comme les Grèbes à cou noir (Podiceps nigricollis) et ces seize (16) Fuligules morillons (Aythya fuligula) observés avec SenegalWildlife et le GOBG, le 16 Novembre 2016.

 " Cette présence en nombre de Fulica atra sur la mare de Ross-Bethio démontre, 
on le répétera encore ici pour rien, 
combien cette cuvette a son importance comme reposoir pour certaines espèces (...) "

Nota: sur cette même mare de Ross-Bethio, le maximum de Foulques macroules qu'Ornithondar a pu dénombrer était jusqu'ici de treize (13) sujets, observation faite le 11 Novembre 2016 en compagnie de Bram Piot, pour SenegalWildlife (Dakar, Sénégal), et de ses camarades du Groupe Ornithologique du Bassin Genevois/Nos Oiseaux (Suisse). Sur le marigot de Khant-sud (Trois-Marigots), nous avions laborieusement repéré au moins huit (8+) Foulques, le 25 Octobre 2015 (avec Etienne Henry et Abdoulaye Sow). Les deux à trois cent voire plus Foulques d'aujourd'hui, si tard en saison, au seuil de la période humide, confirment non seulement que Fulica atra peut se rencontrer toute l'année sous nos latitudes (in Morel & Morel), mais que certains individus pourraient peut-être s'y reproduire plus fréquemment que constaté jusqu'alors (Lire ci-après): ces oiseaux paléarctiques nous feraient le même coup que les Échasses blanches (Himantopus himantopusLire et voir ICI sur Ornithondar) ou les Marouettes de Baillon (Zapornia pusilla), démontrant pour ceux qui seraient à cheval sur les normes, que la ligne de démarcation virtuelle entre le Paléarctique occidental et l'Afrotropical, celle du 21e parallèle nord, demeure une vue de l'esprit, rigide... et occidental. C'est ainsi qu'après une première donnée connue de 2001, Ornithondar découvrait surtout, en Janvier 2014 sur le marigot de Khant-nord (Trois-Marigots), aussi enthousiaste que ses anciens camarades de billebaude Alix & Daniel Mignot, une petite colonie d'une quinzaine (~15) de Foulques macroules, laquelle nous avait tenus en haleine et intrigués tout le mois... Avant que de nous dévoiler l'heureux événement, l'éclosion ici même constatée par nous de trois oisillons/juvéniles tropicalisés (observation du 12 Janvier 2014, Lire ci-dessous et ICI sur Ornithondar) ! Nous ne serions plus étonnés de voir, ou d'apprendre de la part d'un éminent 'collègue' ubiquiste désormais dans la place, et toujours à l'affût nombriliste, que quelques couples des centaines de Foulques présentes ce 16 Mai 2017 sur la grande mare de Ross-Béthio n'y mènent pas à terme quelques nidifications... Si le niveau d'eau, bas mais équilibré, se maintient in situ jusqu'aux premières pluies; rien n'est moins sûr... Et si les riziculteurs qui encerclent le site (cf. carte ci-dessous) n'y pompent pas le restant aquifère, ou n'y déversent pas leurs saloperies. Croisons les doigts. Et prions !

Nous écrivions encore dans Ornithondar, le 11 Mai 2015, après en avoir observé un sujet sur la mare de Ross-Bethio, "La Foulque s'installerait-elle dans le bas-delta sénégalais ?":
" Observée pour la première fois en 1958 dans le bas-delta du Sénégal, cette Foulque est dès lors notée chaque année comme hivernante régulière, bien que localement et exclusivement dans l’extrême nord-ouest du pays: de janvier à mars, elles étaient en général quelques centaines à hiverner dans le bas-delta, depuis le Djoudj jusqu'au seuil du Gandiolais; et quelques dizaines sur le lac de Guiers. Le 18 juillet 1979, une femelle adulte collectée sur ce même lac laisse alors supposer que des individus matures stationnent peut-être à l'année dans le nord du Sénégal. En 2001, une première preuve de nidification est rapportée du bas-delta. Et c'est en janvier 2014 qu'Ornithondar observe et documente la présence d'une quinzaine de Foulques sur le marigot de Khant-nord, acompagnées par au moins trois juvéniles incapables de s'être envolés du Paléarctique occidental pour suivre des adultes jusqu'ici ! Nous sommes convaincus que d'autres nidifications ont eu lieu dans notre région. La Foulque macroule du jour [2015 05 11, ndlr.] observée sur la mare de Ross-Béthio serait-elle l'avant-garde d'une implantation à l'année de Fulica atra atra dans le bas-delta sénégalais ? "

En rappel, sur Ornithondar:
- Mare de Ross-Bethio
Canards siffleurs d'Eurasie et Fuligules morillons, Grèbes à cou noir et Foulques macroules: des hivernants irréguliers au sud du Sahara - Part. 2/2, 2016 11 16-17
- Marigot de Khant-nord (Trois-Marigots)
Khant nord: 1ère preuve de nidification de la Foulque macroule au Sénégal depuis 2001 !, 2014 01 12


Ci-dessous:
la cuvette marécageuse de Ross-Bethio, avec ses plans d'eau plus ou moins durables (flèches bleues)
[étoile orange, notre position + étoile noire, les Foulques macroules observées]
/ © avec Google Earth
Grèbe castagneux, Tachybabptus ruficollis ssp. capensis - Foulques macroules, Fulica atra atra
Mare de Ross-Bethio 2017 05 16, 13h15 / © Photos par Frédéric Bacuez
- Cliquer sur les photos pour agrandir -

 Vu:
  1. Grèbe castagneux (tachybaptus ruficollis ssp. capensis, african little grebe), 2 ind. [mare de Ross-Bethio]
  2. Cormoran africain (microcarbo a. africanuslong-tailed cormorant), 2+ ind. [mare de Ross-Bethio]
  3. Anhinga (roux) d'Afrique (anhinga r. rufa, african darter), 2 ind. au perchoir sur Tamarix senegalensis immergés [mare de Ross-Bethio]
  4. Gardeboeuf d'Afrique (bubulcus i. ibiscattle egret)
  5. Milan d'Afrique à bec jaune (Milan parasite, milvus aegyptius ssp. parasitus, yellow-billed kite)
  6. Gallinule poule-d'eau (gallinula c. chloropus, common moorhen), 1 ind. [mare de Ross-Bethio]
  7. Talève d'Afrique (porphyrio madagascariensisafrican swamphen), 2 ind. dans les herbiers [mare de Ross-Bethio]
  8. Foulque macroule (fulica a. atraeurasian coot), ~300 ind. reposent sur les différentes étendues miraculeusement en eau [mare de Ross-Bethio]
  9. Jacana à poitrine dorée (actophilornis africanusafrican jacana), 1 ind. dans les herbiers [mare de Ross-Bethio]
  10. Cochevis huppé du Sénégal (galerida cristata ssp. senegallensis, -Senegalcrested lark)
  11. Moinelette à front blanc du Sahara (eremopterix nigriceps ssp. albifronssaharan black-crowned sparrow-lark), 4 ind. sur la piste [PNOD-Ross Bethio], à l'envol
  12. Tisserin gendarme (ploceus c. cucullatus, village weaver), quelques ind. [mare de Ross-Bethio]

16, rarement documenté en Afrique de l'ouest: un nid d'Échasses blanches avec ses œufs, quatre !

Nid et quatre œufs d’Échasses blanches - Himantopus himantopus
tanne saline près du Gorom, parc national des oiseaux du Djoudj (PNOD) 2017 05 16, 11h38 / © Photo par Frédéric Bacuez

* Basse vallée du fleuve Sénégal, 1/4.
Parc national du Djoudj (PNOD), près de la rivière Gorom -

MATIN, 11h35-11h45-
En véhicule de Senegalib'Tours, avec le chauffeur Morr
Avec Rozenn Le Roux, pour Le Petit Futé édition 2018
Et dans le PNOD, l'écogarde de service, aujourd'hui Yali Diop - c'est obligatoire, désormais...

Temps: 22-32°9h, 26° / 13h, 31° / Ciel laiteux, temps moite,plus tôt que d'habitude, hygrométrie 67%. UV, 12 extrême / Vent faible du NO, 20 km/h
Température maximale, 39° (1990) / Moyenne maximale, 28°
Température minimale, 18° (2006) / Moyenne minimale, 21°
Ces trente (30) dernières années, il a plu une (1) fois: 0,5 mm (2011)


Ci-contre: lagons saumâtres à l'entrée du parc national des oiseaux du Djoudj (PNOD)
2017 05 16, 11h44 / © Photo par Frédéric Bacuez 


Suite (1/4) d'observations intéressantes à l'occasion d'un déplacement express dans la basse vallée du fleuve, du Djoudj à Gueumbeul en passant par le marais de N'Digué, la mare de Ross-Bethio et le Lampsar... En tant qu'accompagnateur, un tantinet paternaliste, de notre jeune amie Rozenn chargée d'une remise à jour du guide touristique Le Petit Futé, édition 2018.

Parc national des oiseaux du Djoudj (PNOD)-
Peu documenté: les Échasses blanches nichent, et ont pondu !

L'écogarde Yali Diop donne dans la confidence, c'est suffisamment rare pour être porté à la connaissance du lecteur ! Il m'assure qu'hier, le 15 mai 2017, il a dénombré quinze (15) nids d’Échasses blanches (Himantopus himantopus, black-winged stilt) sur une tanne saumâtre au voisinage du Gorom. A ce qu'il me dit, plusieurs nids contiennent des pontes de deux, trois ou quatre œufs. Nous y faisons un bref arrêt (11h35-11h45), pour tenter de trouver des oiseaux au nid et d'en savoir un peu plus de cette reproduction peu observée car rarement aboutie sous nos latitudes - les jumelles suffisent amplement, c'est au bord immédiat de la piste. Pas aisé de déceler les petits tas végétaux coincés entre des tiges de massettes brûlées par l'extrême salinité du site, d'une blancheur aveuglante. Les Échasses ne sont pas en train d'incuber, elles arpentent les lagons ou stationnent sur la rive, de l'autre coté de la voie, attendant notre départ pour revenir. Quelques minutes pour trouver un nid visible, et tenter d'y déceler les signes (ou pas) d’une reproduction: banco ! En voilà un, de nid rudimentaire et pas bien large, fait de brisures de roseaux secs et de cristaux de sels rapportés, légèrement surélevé sur une touffe arasée, avec quatre œufs vert olive maculés de tâches brunâtres (cf. photos ci-après et en haut de notule). Il me semble que cette ponte se situe dans le même créneau temporel que dans le Paléarctique occidental, là-bas de mi-mai à mi-juin, l'incubation de la ponte étant courte (avec la fournaise du sel et sous le soleil sahélien, ça ne peut pas traîner, ici, une éclosion !), environ vingt-cinq jours, effectuée par les deux parents avec force démonstrations lors des relais. On ne sait d'ailleurs toujours pas si les Échasses observées de (Avril)-Mai à Août-(Septembre) au Sénégal sont des oiseaux originaires des régions méditerranéennes qui estivent et peuvent se reproduire à l'occasion sous les latitudes subsahariennes; ou s'il s'agit de sujets authentiquement africains. La première hypothèse est, pour l'heure, la plus acceptable.

Nota 1: la nidification de l’Échasse blanche dans l'Afrique de l'ouest est rarement constatée. C'est probablement sur ce même site "de débordement" du Gorom qu'il y a tout juste trois ans Patrick Triplet (OMPO/SMBS, Somme-France) a lui-même observé et documenté la reproduction des Échasses, c'était le 12 Mai 2014 (cf. encadré ci-dessous)*1. Trois nids avaient été dénombrés, dont un portait quatre œufs; "à moins de dix mètres de la piste", exactement comme le nôtre, ce 16 Mai 2017, et avec le même nombre d’œufs (en général quatre à cinq). Comme Patrick Triplet, nous sommes garés en double file, pas le temps, pas d'autonomie pour vérifier s'il y a bien ici quinze nids d’Échasses ! Et en Afrique subsaharienne, quand on a un 'guide' qui veut absolument expliquer ce qu'est un mirador (sic), un chauffeur qui est en train de vociférer au téléphone, et une journaliste qui collecte d'abord des adresses et compile les nouvelles tarifications, on se dit que la billebaude solitaire, à pied sous le cagnard, ça a du bon... Loin des parcs et réserves du cru, ça vaut mieux. Quant aux quinze nids d’Échasses, si Yali le dit, ma foi, il n'est pas de Marseille...

*1 Nidification de l’Échasse blanche (Himantopus himantopus) au parc national des oiseaux du Djoudj (Sénégal)
par Patrick Triplet, OMPO/SMBS - Abbeville (Somme, France), in Alauda, revue internationale d'ornithologie, 2014
Société d'études ornithologiques de France (SEOF), Museum National d'Histoire naturelle


Ci-dessus:
une notule de Patrick Triplet pour Alauda, revue internationale d'ornithologie, 2014
Société d'Etudes Ornithologiques de France (SEOF), Muséum National d'Histoire naturelle

Ci-dessous:
 Échasses blanches, sur le qui vive ou alarmante près du nid - Vanneau éperonné
Lagon saumâtre de la Station biologique du Djoudj, PNOD 2017 05 16, 11h38-11h42 / © Photos par Frédéric Bacuez
- Cliquer sur les photos pour agrandir -

1966-1990: près d'un quart de siècle 
pour constater la reproduction réussie
 d'Himantopus himantopus sous ces latitudes !*2

Nota 2: les preuves de nidification de l’Échasse blanche en Afrique occidentale se comptent sur les doigts des deux mains. Sauf nouvelles informations inconnues d'Ornithondar, elles proviennent seulement de deux pays: le Ghana et le Sénégal. L'unique compilation de ces données est due à notre ami François Baillon accompagné par Seydina Sylla, et elle date de 1990 (cf. lien ci-après). A la lecture du document (que François m'a opportunément envoyé et rappelé), on note que les tentatives de reproduction et les nids, ou les restes de coquilles brisées, sont rapportés exclusivement des mois de Juillet et Août (au Sénégal), de Mai et Juillet (au Ghana). Aucune donnée ne provient de la vallée du fleuve Sénégal et du Sahel proprement dit (in Roux & Morel, 1966). Nos trouvailles nordiques sont de Mai (2014, 2017) - et sont donc, toutes proportions gardées, de petits événements ornithologiques ! Les mentions par nos aînés proviennent toutes, sauf les deux du Ghana, du Sine Saloum, de la Petite Côte et du lac Retba sénégalais, à l'exception d'une observation de couple territorial et de brisures d’œuf faite par René de Naurois (oui oui, le célèbre résistant français et l'un de nos premiers grands ornithologues modernes au/du Sénégal !) dans les Niayes de Mboro, donc de la Grande Côte, en... 1969. Aucune donnée n'étant cependant venue prouver une reproduction d'Himantopus himantopus menée à terme - y compris en Juillet 1977, quand un nid avec deux œufs fut enfin découvert par Philippe Gowthorpe sur l'Île aux oiseaux, dans le parc national du Sine Saloum (PNSS) tandis qu'au Ghana de semblables observations étaient faites à la même époque par M.A. Macdonald (Juillet 1977, Mai 1978). Ou en Juillet 1985, quand un autre nid avec deux œufs est trouvé par Christophe Rothan au Lac Retba (Lac Rose), au nord de Dakar.
Il faut attendre 1988 et 1990 pour que Baillon & Sylla documentent la réussite d'au moins deux couvées ! Du Sine Saloum le 8 Septembre 1988, François écrit: "nous avons pu observer la présence d'un jeune non volant à proximité du nid, escorté par le mâle" (trois œufs, un poussin noté). Mais c'est encore dans les environs de la capitale sénégalaise, sur le lac Malika, que de mi-Juillet à mi-Septembre 1990 F. Baillon, S.I. Sylla et P.J. Dubois découvrent "huit nids" (Juillet) puis constatent, avec la présence in situ de six cent (600) Échasses blanches (Septembre) la nidification, l'incubation et l'éclosion de plusieurs pontes menées à leur terme - "le 14 Septembre 1990 (...), de nombreux jeunes sont présents", ouf !*2...

*2 Source:
Nouvelles données sur la reproduction de l’Échasse blanche au Sénégal,
par François Baillon (IRD ex Orstom) & Seydina I. Sylla (DPN Sénégal), 1990


Nota 3: dans la région de Saint-Louis au coeur de la saison humide de 2016, précisément le 21 Août, dans le bas-fond de Sanar-Ngallèle Ornithondar avait observé "dans l'eau qui reste au fond de la cuvette [la mousson n'avait pas encore délivré de pluie significative, ndlr.] quatre jeunes Échasses blanches [qui] entourent un sujet adulte. Ces mois derniers, j'avais remarqué qu'un couple s'était installé sur un îlot et avait tout l'air d'y vouloir couver (période de reproduction connue: Mai, Juin, Juillet)... Bingo ?"*. Les oiseaux, bien que déjà débrouillards, quémandaient et poursuivaient volontiers l'adulte. Le 8 Avril de la même année, Daniel Nussbaumer et moi remarquions, et ce n'était pas la première fois pour Ornithondar sur ce site proche de Mbéraye, "deux sujets peut-être en train de nidifier à moins qu'ils ne soient qu'au repos (?)." Tout indiquait, l'endroit choisi, légèrement surélevé, la position des oiseaux, que les échassiers étaient dans la configuration d'une nidification, en tout cas à venir. C'est d'ailleurs à partir de fin Mars et en Avril que j'ai souvent constaté ce simulacre ou ces tentatives de reproduction, dans le bas-delta sénégalais. Toujours à même le sol, cependant, le plus souvent sur des îlots de roches, cailloux et sables compactés (cf. photos ci-dessous), comme d'ailleurs l'a aussi documenté Paul Robinson en Juillet 2012 sur le marais du Technopôle, à Dakar (cf. photo et chapitre ci-dessous: et Voir ICI sur SenegalWildlife). Toutes les autres reproductions avérées, successivement rapportées par François Baillon, Seydina Sylla (1988, 1990), Patrick Triplet (2014) et enfin Ornithondar avec Yali Diop (2017) ainsi que partiellement par Bram Piot à Dakar (2015-2017, Lire ci-après) étaient faites sur des monticules d'herbes rases et sèches, avec ou sans sel (cf. plus haut). Le 10 Avril 2015 déjà, sur un site immédiatement voisin de la vallée du Djeuss reconfigurée, les Mignot Alix & Daniel et moi-même constations similaires agissements, ou les premières velléités de plusieurs reproductions potentielles, sur des tumulus immergés d'une sablière artificielle et inondée: des Échasses se tenaient là, les unes couchées sur les îlots (chacune le sien), les autres attentives et fébriles à proximité (cf. photo ci-dessous à d.)...

"Unusual nest on top of a rock - most are on earth mounds constructed by the birds."
- Paul Robinson, 'The first rains in Dakar', in SenegalWildlife 2012 07 9

Ci-dessous:
à g., Échasse blanche nichant sur îlot rocheux, marais du Technopôle, Dakar
2012 07 / © Photo par Paul Robinson pour SenegalWildlife
à d. Échasse blanche nichant (?) ou tentant de nidifier sur un îlot de cailloux et sables compactés, vallée du Djeuss
2015 04 10 / © Photo par Frédéric Bacuez pour Ornithondar


A Dakar, c'est en Juillet 2012 que Paul Robinson (BirdLife International/Sénégal) documente pour SenegalWildlife la première reproduction (vue) réussie de l’Échasse blanche sur le marais du Technopôle (cf. photo ci-dessus à g.): "chicks of various ages abound", "though birds probably bred there last summer" (2011). Notre camarade Bram Piot suit à son tour et photographie aussi les Échasses blanches locales dans leurs entreprises de nidification: le 18 Avril 2017, il note sur SenegalWildlife que "Black-winged Stilts seem to have started breeding again"; les 29 Avril et 1er Mai derniers il constate: "les Échasses blanches sont de plus en plus nombreuses à couver (...) sur l'un des nombreux îlots du plan 'ouest', derrière la Sonatel". Le 3 Juillet 2015, "Black-winged Stilts were particularly numerous (+700 !) with now a minimum of three occupied nests." Le 6 Août, "there were of course loads and noisy Black-winged Stilts including several locally fledged young." Le 15 Août, l’Échasse y est "omniprésente et très bruyante, avec un effectif de plusieurs centaines (500 ?) dont plusieurs jeunes locaux." Le 1er Mai de 2015, "les Échasses blanches deviennent de plus en plus territoriales mais je doute qu'elles n'arrivent à nicher cette année vu que le niveau d'eau est bien plus élevé que l'année dernière lorsque le plan d'eau 'ouest' était en grande partie à sec." La crainte de Bram était fondée: François Baillon expliquait en 1990 que l’Échasse blanche avait, sous nos latitudes comme dans le monde méditerranéen et au vu de ses exigences dans la reproduction, beaucoup de difficultés à mener sa ponte jusqu'à l'éclosion... La prédation par d'autres oiseaux (le Vanneau éperonné, par exemple), par des mammifères en maraude (Phacochères, Mangoustes, Loups d'Afrique, chiens errants); le piétinement des nids par le bétail domestique; et les aléatoires niveaux d'eau (tantôt trop vite à sec, tantôt soudainement inondé) font que les pertes sont sans commune mesure avec celles d'autres oiseaux y compris limicoles. Ceci expliquant peut-être la grande rareté des observations d'une couvée d'Himantopus himantopus en Afrique l'ouest, soumise aux rudesses climatiques et à la violence des éléments, a fortiori dans sa partie sahélienne. Et ça ne va pas aller en s'améliorant. Nous sommes donc chanceux.

Breaking news ! A Dakar sur le Technopôle, Bram Piot observe les premiers poussins d'Echasses blanches de la saison, le 25 Mai 2017 ! "A few hundred Black-winged Stilts including the first chicks of the year, only a few days old !" Il commence sérieusement à m'énerver, l'ami Bram, avec ses découvertes à répétition... ça suffit, maintenant ! Je vais finir par faire comme le célèbre JMD avec moi, l'éliminer de mon champ ornithologique, ha ha ha ! Et me retrouver seul, avec mes Échasses à moi, na ! Bon, il n'a pas vu de brisures de coquilles, c'est déjà ça pour mon ego décidément malmené...
Bram Piot m'écrit: "effectivement ici l’Échasse niche régulièrement mais en nombre variable d'une année à une autre, depuis 2011-2012. La doctorante Yvette, avec Bass & Co, font des comptages cette année pour déterminer le nombre de nids et poussins. En comparaison avec les années précédentes, l'Echasse semble avoir de l'avance cette année et la saison s'annonce bonne: au moins une quinzaine (~15) de familles/nids, avec premiers envols la première semaine de Mai."

Sur Ornithondar:
Échasses, Shikras, Rolliers - jeunesses d'une saison !, 2016 08 21


OISEAUX / ~44 espèces, 3 sp. entendues
MAMMIFÈRES / 2 espèces

Vu (liste non exhaustive):

  • Pélican blanc (pelecanus onocrotalusgreat white pelican), quelques ind. nageant sur le marigot de Djoudj + grosse pompe au loin de quelques centaines d'ind. [au NE, vus depuis la grande digue du PNOD]
  • Pélican gris (pelecanus rufescenspink-backed pelican), 2 à 3 ind. [lagon de la Station biologique du PNOD]
  • Gardeboeuf d'Afrique (bubulcus i. ibiscattle egret)
  • Aigrette garzette (egretta g. garzettalittle egret), 1 ind. sur les lagons saumâtres [Station biologique du PNOD]
  • Grande aigrette (ardea alba ssp. melanorhynchoswestern great egret), quelques ind. à l'envol et en vol passant [marigot de Khar, PNOD] + 3 ind. [piste du Grand Lac]
  • Héron cendré (ardea c. cinereagrey heron), 1 ind. [marigot de Khar, PNOD]
  • Tantale ibis (mycteria ibisyellow-billed stork), 2 ind. cerclant derrière le marigot [de Khar, PNOD]
  • Flamant rose (Phoenicopterus roseusgreater flamingo), 3 ind. immatures sur le lagon saumâtre [Station biologique, à l'entrée du PNOD]
  • Ouette d'Egypte (alopochen aegyptiacaegyptian goose), 1 ind. sur la vase [marigot de Djoudj, PNOD]
  • Sarcidiorne à bosse (Canard à bosse, Canard sylvicole, sarkidiornis melanotosknob-billed duck, african comb duck), 6 ind. femelles en vol passant [marigot de Khar]
  • Oie-armée de Gambie (plectropterus g. gambensisnorthern spur-winged goose), quelques ind. sur les berges du marigot de Djoudj [vus depuis l'embarcadère, PNOD] et à l'envol [marigot de Khar, PNOD]
  • Dendrocygne veuf (dendrocygna viduatawhite-faced whistling duck), quelques dizaines d'ind. sur la vase [marigot de Djoudj] et sur le lagon saumâtre [Station biologique du PNOD]
  • Balbuzard pêcheur d'Eurasie (pandion h. haliaetuseurasian osprey), 1 ind. perché sur arbre riverain du marigot de Khar, berge sud [PNOD]
  • Pygargue vocifère (haliaeetus vociferafrican fish-eagle), 1 ind. ad. cercle à la verticale des tannes du Khar [vu depuis la grande digue]
  • Milan d'Afrique à bec jaune (Milan parasite, milvus aegyptius ssp. parasitus, yellow-billed kite)
  • Marouette à bec jaune (Râle à bec jaune, zapornia flavirostrablack crake)
  • Échasse blanche (himantopus himantopusblack-winged stilt), plusieurs ind. ici et là dans toute la basse vallée dès qu'il y a des tannes et des cuvettes en eau + dizaines d'ind. sur lacs, marigots et salines du parc national du Djoudj (PNOD) - dont sujets en train de nicher et couver (Lire et voir ci-dessus)
  • Oedicnème du Sénégal (burhinus senegalensisSenegal thick-knee), entendu puis vu 2 ind. se poursuivant [marigot de Djoudj, PNOD]
  • Glaréole à collier (glareola pratincola ssp. fuelleborniafrican collared pratincole), entendu puis vu 1+ ind. en vol passant [marigot de Khar, PNOD]
  • (Pluvier) grand-gravelot (charadrius h. hiaticulacommon ringed plover), quelques ind. ici et là [basse vallée et PNOD]
  • Gravelot pâtre (charadrius pecuarius, Kittlitz's plover), 1 ind. en vol passant [Grand Lac, PNOD]
  • Vanneau éperonné (vanellus spinosusspur-winged lapwing), comme les Échasses, un peu partout à proximité de l'eau...
  • Bécasseau cocorli (calidris ferrugineacurlew sandpiper Near threatened/NR-Quasi menacésur la Liste rouge de l'UICN des espèces menacées de disparition), 10+ ind. migrateurs prénuptiaux stationnés sur les lagons [de la Station biologique du PNOD]
  • Sterne hansel (gelochelidon n. niloticagull-billed tern), quelques ind. en vol passant [marigot de Khar, PNOD]
  • Sterne naine (sternula albifrons ssp., little tern ssp.), 1 ind. en train de pêcher [Khar, PNOD]
  • Guifette noire (chlidonias n. nigerblack tern),  au moins 1 ind. en vol passant S>N [marigot de Khar] + 2 ind. en vol au-dessus des lagons [Station biologique du PNOD]
  • Ganga à ventre brun/châtain (Ganga sénégalais, pterocles e. exustuschestnut-bellied sandgrouse), 2 ind. - cc, en bord de piste [boucle de Gainthe-Khar, PNOD]
  • Tourterelle masquée (Tourterelle à masque de fer, oena c. capensisNamaqua dove)
  • Tourterelle maillée (spilopelia/streptopelia s. senegalensislaughing dove)
  • Pigeon roussard (de Guinée, columba guineaspeckled pigeon), quelques ind. au repos dans les gonakiés riverains [du marigot de Khar, PNOD]
  • Tourterelle vineuse (streptopelia vinacea, vinaceous dove), au moins 2 ind. dans les gonakiés riverains [du marigot de Khar, PNOD]
  • Tourterelle pleureuse (streptopelia decipiens ssp. shelleyi, -Nigermourning collared-dove), plusieurs ind. au repos dans les gonakiés riverains [du marigot de Khar, PNOD]
  • Coucal du Sénégal (centropus s. senegalensisSenegal coucal), 1 ind. dans les filaos [hôtel et campement du Djoudj]
  • Effraie d'Afrique (tyto alba ssp. affinis, african barn owl), 1 ind. dans un filao [campement du Djoudj]
  • Martinet des palmes (cypsiurus p. parvusafrican palm swift), 2 ind. chassant au-dessus des arbres de Gainthe [PNOD]
  • Guêpier nain (merops p. pusilluslittle bee-eater), dont 2 ind. aux abords des lagons saumâtres [Station biologique du PNOD]
  • Guêpier à gorge blanche (merops albicolliswhite-throated bee-eater), 1 + 1 ind. [steppes de Gainthe] + 2 ind. sur Gonakié riverain [marigot de Khar] + quelques ind. [piste du Grand Lac] + arrivée de ~15 ind. migrateurs en provenance du sud, deux sujet se posant sur les fils pour se reprendre... [digue proche de la Station biologique du PNOD]
  • Cochevis huppé du Sénégal (galerida cristata ssp. senegallensis, -Senegalcrested lark)
  • Hirondelle de rivage (riparia r. ripariacommon sand martin), au moins 1 ind. volant au-dessus du Gorom [vers la Station biologique du PNOD]
  • Hirondelle rustique (hirundo r. rusticabarn swallow), quelques ind. ici et là [basse vallée]
  • Hirondelle de Guinée (hirundo l. lucidared-chested swallow), subrepticement vu (en roulant) 3+ ind. entrant et sortant sous l'ouvrage hydraulique [reliant le fleuve au marais de Ndigué] 
  • Crombec sitelle (sylvietta b. brachyuranorthern crombec), 1 ind. chanteur [ripisylve de Gainthe, PNOD]
  • Prinia aquatique (à ventre blanc, prinia fluviatilisriver prinia), 1 ind. en vol [marigot de Khar]
  • Tisserin à tête noire (ploceus melanocephalus ssp., black-headed weaver)

Entendu:
Coliou huppé (à nuque bleue, 'oiseau-souris', urocolius m. macrourusblue-naped mousebird) [hôtel et campement du Djoudj] / Pic goertan (mesopicos goertaegrey woodpecker), 1 ind. dans les grands arbres [campement du Djoudj, PNOD] / Prinia aquatique (prinia fluviatilis), entendue dans les lisières de la vaste Typhaie [grande digue du PNOD] / Cisticole (roussâtre) du Nil (cisticola -galactotes- marginatus ssp. amphilectuswinding cisticola), 1 ind. chanteur entendu sur la lisière de la grande Typhaie [derrière la grande digue à hauteur de la Station biologique] /


Ci-dessus:
Guêpiers à gorge blanche, migrateurs intra africains & Guêpier nain, résident
Parc national des oiseaux du Djoudj (PNOD) 2017 05 16 / © Photos par Frédéric Bacuez
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 Les Guêpiers à gorge blanche, saisonnièrement à l'heure...
La Dame blanche, fidèle au rendez-vous...

Ci-dessous:
Effraie d'Afrique - Tyto alba ssp. affinis, dans un filao aux alentours de l'hôtel du Djoudj
2017 05 16, 12h43-12h50 / © Photos par Frédéric Bacuez

AUTRES:
  • Phacochère commun (phacochoerus africanuscommon warthog),  au total 26 sujets, exclusivement dans le PNOD (hors du réduit, le riz fait place nette) - dont 1 et 4 ind. [sur la berge nord du marigot de Djoudj] + 8 ind., la fameuse et toujours prolifique famille quasi domestique qui déambule en saison entre minibus, taxis et voitures autour de l'embarcadère [PNOD] + 1 ind. déambulant sur le marais asséché de Gainthe [PNOD] + 1 ind. [Khar, PNOD] + 1 ind. se frottant le cuir contre un pied de Tamarix senegalensis [zone du mirador du lac de Khar] + 3 et 2 ind. [Grand Lac à sec !] + 3 ind. dans les Sporoboles + 1 ind. [plaine du Grand Lac] + 1 ind. femelle en gestation [début de piste du Grand Lac]
  • Patas 'singe rouge' (erythrocebus pataspatas monkey), 1 ind. [zone du mirador du lac de Khar]

Ci-dessous:
Phacochère commun - Phacochoerus africanus, dans la plaine du Grand Lac (11h20) 
Parc national (des oiseaux) du Djoudj (PNOD) 2017 05 16 matin / © Photos par Frédéric Bacuez

16, parc national du Djoudj: toujours plus sous la pression anthropique, rizicole et bovine !

Pirogue de braconniers-pêcheurs incendiée par les agents du parc national
en bordure de la steppe de Gainthe (PNOD) 2017 05 16, 10h15 / © Photo par Frédéric Bacuez [tél. Samsung]


* Parc national des oiseaux du Djoudj (PNOD)-
~9h-~13h-
En véhicule de Senegalib'Tours, avec le chauffeur Morr
Avec Rozenn Le Roux, pour Le Petit Futé édition 2018
Pour le PNOD, trimbaler l'écogarde, aujourd'hui ce sera Yali Diop - et c'est obligatoire, désormais...

Ci-contre: hôtel du Djoudj, hors saison...
Parc national des oiseaux du Djoudj (PNOD) 2017 05 16, 12h37 / © Photo par Frédéric Bacuez


Les temps deviennent durs pour le joyau patrimonial de l'UNESCO et de Ramsar, une enclave tel Fort Bravo en milieu hostile, très hostile. Désaffection du tourisme. Incapacité à faire du domaine quelque chose qui ait de la gueule. Juste recevoir quelques subventions, de temps à autre, pour colmater l'îlot-nichoir artificiel des Pélicans blancs (Pelecanus onocrotalus), la seule attraction en définitive qui permet au sanctuaire de vivoter. Le conservateur-en-chef a beau se démener, accorder des interviews (cf. ci-après) pour tirer la sonnette d'alarme et, comme Ornithondar, dire tout le mal qu'il pense de cet impérialisme rizicole aux mains des étrangers (et des confréries), qui a irrémédiablement foutu en l'air la vallée, menaçant désormais la pérennité du tout petit noyau de nature et de biodiversité de la zone - rien n'y fait: c'est politique. Et anti-populaire que de critiquer l'aberration, aux portes du désert, quinze ans avant le prochain cycle trentenaire sec. La com' sait y faire et a bien fait les choses, comme pour l'autre qui met en coupe réglée les boisements d'Acacias de Diama et maintenant le premier des Trois-Marigots ! C'est pour donner du tra-vail ! Le tra-vail a bon dos pour se faire du blé, en ne respectant aucune règle environnementale (à part les certifications écolo-bio-développement durable dont on sait, avec Élise Lucet et un certain Cash Investigation sur la filière bois qu'elles sont bidon, et que ça s'achète, un label vert, autant qu'un permis de conduire en Afrique !)... Je ne sais pas où va le fameux troisième parc ornithologique au monde mais il y va, malgré lui, et aussi en partie avec lui... Cela fait des années que le sanctuaire se laisse envahir par le bétail pléthorique des villages riverains qui n'ont plus de pâturage depuis qu'on leur vend le mirage vert et... qu'ils sont fiers de manger la céréale patriotique (qui rapporte à d'autres quand même, sur leurs ventres). Des années que les braconniers pillent les lacs et marigots du patrimoine. De temps à autre, si les agents, peu soutenus par un état très lointain, interviennent, cela finit en jacqueries et en incendies... Avec la démographie explosive, la prédation des terres par les puissants, la situation va de mal en pis: la semaine dernière encore, c'est une équipée de pêcheurs hors la loi qui a été véhément interceptée, et ça ne s'est pas gentiment passé: du coup, les agents ont brûlé la pirogue des récalcitrants et exposé la relique en lisière de la steppe de Gainthe, pour l'exemple (cf. photo ci-dessous)... Au niveau de l’accueil, entre hôtel délabré et bicoques administratives - ah, la guérite des taxes, c'est quelque chose !-, l'enclos qui servit jadis à la réintroduction des Gazelles (à front roux et Dorcas) dans la steppe de Gainthe, et où elles sont devenues aussi improbables que le dernier Lion abattu par un Bangotin peu après l'Indépendance, des dizaines et des dizaines de bovins sont parqués, ramassés dans le parc national et attendant que leurs propriétaires viennent les récupérer contre une amende... Hélas, on en a croisé quelques unes, de ces calamités planétaires, et du coté de Gainthe, au coeur du parc national, et du coté du lac de Khar, des "devenues sauvages" me dit ingénument Yali, notre écoguide... Et elles bouffent, elles bouffent, finissant prématurément les herbages, piétinent tout, tassent les sols - mais Dieu est grand, il fera bien pleuvoir... Ah oui, croisé une belle charrette pleine de bois morts, bien rouge pour du bois mort, ha ha ha... Allez, on croise les doigts, on y croit, ça va aller, les écogardes nous font des tas d'enfants, eux aussi... "Sensibilisés".

Lire:
La moitié des sites naturels du Patrimoine mondial est menacée, selon WWF, dont le Djoudj...
par Antoine Juffin, in RFI 2016 04 6

Ci-dessous, de g. à d.,:
steppe et bois de Gainthe - barque de balade sur le marigot de Khar - les palissades d'un mirador, Grand Lac
Parc national des oiseaux du Djoudj (PNOD) 2017 05 16 matin / © Photos par Frédéric Bacuez [tél. Samsung]
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Trois Phacochères - Phacocherus africanus, traversent le Grand Lac totalement à sec 
PNOD 2017 05 16, 11h15 / © Photo par Frédéric Bacuez

Nouveaux tarifs et écoguide pour tous ! Même pour le vrai faux-guide toubab sans carte professionnelle...

C'est désormais la règle, dans tous les parcs nationaux et réserves naturelles (ou spéciales !) du Sénégal, enfin à ce qu'il paraît: on n'y circule plus sans être chaperonné par un écogarde derechef promu écoguide, payant de surcroît - 6 000 balles ! Je vous rassure: les Big Five ne sont pas de retour, et ne seront plus jamais de retour; déjà que les gazelles de Gainthe sont fantomatiques, peut-être un mirage... Le garde-chiourme n'est donc pas en armes, pour vous protéger contre les fauves; même l'Awash éthiopien est plus dangereux, plus pour ses Hommes que pour ses bêtes... Au Djoudj sénégalais, il y aurait pourtant de quoi faire des cartons, avec tout le bétail de la région qui a pris comme là-bas ses quartiers dans le parc 'national' transformé en pâture - il n'y a plus que là qu'il reste de l'herbe et des arbres ! 'Vont pas aller bouffer le sacro-saint riz, tout de même, ils s'empoisonneraient ! Bref... Et pourquoi pas un guide avec patente et tout son savoir, même empirique, hein ? Si cela peut permettre aux villages riverains des enclaves 'protégées' de gagner un peu de xalis pour se sentir concernés par ladite protection... C'était opportunément l'objectif, en laissant émerger les GIE d'écogardes (ou écoguides, maintenant). Il semble que dans le cas du parc national du Djoudj, quelques roublardises de touristes et de résidents passe-droits ont fini par énerver les autorités, et on les comprend volontiers. Les poussant à passer de guide suggéré à guide imposé. Difficile d'en savoir beaucoup plus sur les raisons objectives qui ont prévalu à cette décision. Une rocambolesque histoire de drones asiatiques (des Coréens ?) aurait été la goutte qui a fait déborder le vase... Les chinois s'étaient mis en tête de filmer le sanctuaire à l'aide de leurs joujoux sans en avoir averti qui de droit ni avoir réglé (cher) d'éventuelles autorisations sonnantes et trébuchantes... Il y eut, cela fait un moment, ces Phacochères poursuivis par nos-amis-les-chasseurs jusque dans le périmètre du parc national pour y être dessoudés (ou pas); soit, ceci est un malheureux incident bien prévisible - il n'y a plus de zone tampon entre le sanctuaire, 16 000 hectares exsangues, et les villages et périmètres rizicoles limitrophes, encore et toujours le riz... J'apprends enfin qu'un vrai faux-guide toubab sans le sou ni autres talents que ses sandales et son bagout a eu sa petite mésaventure avec les agents du parc national - pas la première, pas la dernière, en attendant le bouquet final ! Monsieur guide sans carte d'accréditation officielle de guide et en se croyant, depuis qu'il s'initie au jazz ndar ndar, dispensé de tous droits... de visite... Et pas qu'au Djoudj ! Palabre et amende à la charge de sa cliente ensorcelée par l'"agence de visites" "hors des sentiers battus" du pauvre hère comme seule l'Afrique peut les avoir aux basques, hélas. "C'est mon professeur !", s'exclame l'écogarde Yali - on ne pouffe pas de rire, s'il vous plaît !-, dont on ne sait si la confidence vise à flatter une hypothétique fibre épidermique, ou si elle est sincèrement naïve... Ce qui serait grave, mais logique tant, une fois de plus hélas, au pays des aveugles les borgnes sont (vite) rois (mais tombent aussi vite de leur piédestal)... Car, ici comme partout en Afrique noire francophone, le niveau des connaissances est si dramatiquement faible, il faut le vivre pour le croire, et ça ne s'arrange pas, que le plus ignorant des nôtres peut tromper tout son monde, il suffit d'avoir le culot et de se la jouer 'je suis des vôtres', en veillant tout de même à (sur)vivre dans une impasse européenne (sic) et à fricoter avec ces mauvais Blancs, enfin les Bons, ceux qui ont le niveau pour adoooorer leur agora d'adoption - et en tirer une bien pathétique gloriole... ! L'imposture, si elle n'est pas argentée, avec force redistribution, ne dure qu'un temps, sous ces cieux, même pour un "baroudeur" (sic, lol)... Le mensonge à cet âge, sur soi-même, aux autres, rien ne m'afflige plus. Le sexagénaire comme un môme. On voit mal, dès lors, comment notre guide toubab va guider ses quelques touristes jusqu'à l'embarcadère-à-pélicans, en sus du chauffeur de taxi brinquebalant, s'il doit à son tour être guidé par un guide du terroir... Ah l'Afrique éternelle, des Noirs et de leurs Blancs en perdition...

Au Sénégal (et ailleurs en Afrique occidentale)
un écogarde monte dans votre véhicule en professeur et en ressort élève...
- Et jamais gêné d'avoir empoché tout de même son aumône

Le nôtre, d'écogarde, aujourd'hui, s'était mis en tête d'expliquer à ma journaliste ce qu'est un mirador... Si si ! Car amis lecteurs, le visiteur occidental vient au Djoudj, 160 km2 riquiqui mais "troisième parc ornithologique au monde" (fumisterie éhontée qui tourne en boucle et paresseusement sur la toile depuis des décennies, pour rien !) parce que chez lui il n'y a rien de toutes ces merveilles (émergentes) que cette Afrique-là montre à la face niaise et ébaubie du monde blanc... Sauf que s'il n'y avait pas nos oiseaux à nous, du Paléarctique, à part Njagabaar, le Pélican en langue wolof, de fin Octobre à fin Mars, il serait comme maintenant, en Mai, plutôt vide, le fameux sanctuaire... Il est vrai que des observatoires avec des appuis-coudes pour gens de 2m50, avec des volets qui vous claquent à la gueule, on n'a pas, chez nous; que nos hôtes "réfractaires à l'universel" (comme me répétait à l'envi, au Burkina Faso, l'ami Rinaldo, d'International Crisis Group) aillent voir ce qu'est un observatoire, costaud et spartiate comme aux temps des Soviets, chez les Polonais de Bialowieza, tiens ! Que le dernier chef d'oeuvre d'architecture du cru, deux saisons et tôt ou tard dans le marigot de Khar, une espèce de tour branlante en troncs d'eucalyptus vaut à lui seul le détour, et la photo ! Certains ont du s'en mettre quelques biftons dans la poche, tiens !...

Bref, le villageois Yali est à la peine, se laissant trimbaler, à deux doigts de piquer l'immanquable roupillon. Je dis souvent à mes camarades ornithologues, occidentaux, professionnels comme amateurs, qu'au Sénégal un écogarde monte dans votre véhicule en professeur et en ressort élève... Ce n'est pas l'envie qui manque, mais la volonté, et le contexte, qui ne favorisent pas la connaissance... Il y en a qui le concèdent volontiers, comme Bressy, qui veut apprendre, encore apprendre, pour mieux faire, être à la hauteur... Car le problème, c'est le vrai ornithophile, confondu avec toute la beaufitude du monde, désormais contraint de se coltiner un brave bougre, ou l'un de ses clones, comme tous les autres... Car ici comme dans tout le pays, le tourisme c'est plutôt le style Fram, bedaine en avant et bob 'Ricard' sous le cagnard... Un choix de l'état sénégalais, qu'il faut assumer. Il envisagerait d'adopter une politique radicalement contraire qu'il ne le pourrait pas - trop tard, les places sont prises, y compris en Afrique: il eut fallu entretenir et sauvegarder l'héritage du père Dupuy, déjà, valoriser le patrimoine naturel au lieu de le laisser se faire piller sans vergogne, par tous. Et pour réellement "sensibiliser", il eut fallu miser sur l'enseignement et la transmission prioritaire des savoirs, d'abord en ayant des passeurs compétents - c'était il y a longtemps. Faire son introspection collective, ça ne fait jamais de mal, en finir avec l'onirisme échevelé et plutôt lire le niak Etounga-Manguelle que l'épistémê felwinien - ne parlons même pas du traître Yambo Ouologuem, pour ceux qui se plongent dans autre chose que leur smartphone ! Travail de longue haleine vain, plus de l'époque, on est dans l'immédiateté, l'urgence, l'émergence, à quelque dix à trente ans du chaos. Vite et mal. Qu'importe si l'école sénégalaise est devenue l'une des pires du continent, y compris dans la formation de ses fonctionnaires... Il suffit de constater le nivellement des connaissances, et de l'enthousiasme, dans le petit monde de l'Environnement. Les cheveux blancs, comme les bibliothèques (virtuelles) s'en vont aller avec la vocation et les compétences... Place au bizness ! Si nos brillantes intelligences du Ministère croient que les vrais ornithos étrangers qui connaissent, je les connais, vont se taper du guide ignorant pendant une journée, elles vont vite déchanter !


Que les honnêtes-gens-à-pélicans-j'aime-les-oiseaux-c'est-beau-c'est-coloré-et-c'est-gentil n'y voient que du feu, comme avec le Jean-Marie toubab - même niveau que les écoguides, je dirais même moins que certains; si ceux-là acceptent de se faire bouffer leur pain, c'est leur problème-, ce n'est pas grave ! Gugusse 1er (comme je le surnomme) n'a pas les codes, les mots et encore moins la bienveillance des vrais ornithologues pour changer la face, même locale, de l'ornithologie. Combien même, "à la demande des lecteurs" (lol, sic) le voilà qui se met à la terminologie latine, évidemment erronée dès le premier jour, sur son site, enfin sa page FB... On ne va pas lui donner les adresses officielles et 'scientifiques', il s'y perdrait et perdrait ses pourboires, ni lui expliquer comment ça marche, la taxonomie, les coches et l'homologation d'une donnée, ha ha ha ! 'Faut pas pousser, qu'il fasse son copier-coller et persévère à se mettre dans les traces d'autrui, en les camouflant à ses gogos, c'est déjà suffisant, on lui garde notre pitié, de Nouakchott à Mbour. Ce douloureux manque d'affection, ça doit être terrible, l'homme veut tellement être aimé, et reconnu de tous. La rouerie, les approximations, les erreurs d'identification grossières, l'affabulation ne changent rien à la donne. Juste un gagne-pain comme un autre, une question de survie. Les ornithologues et la contrainte de leur encadrement, ça c'est une autre paire de manches, au Djoudj vouée à l'échec ! Je doute que leur philosophie d'indépendance accepte le cornac indigène sans qu'il n'y ait quelque clash, et de lourdes défections... La LPO, chez nous, pourrait confirmer mes propos: elle doit sans cesse composer avec l'orgueil, et un atavique goût pour la liberté de ses membres, scientifiques, collaborateurs, bénévoles... Pas toujours une mince affaire. Il restera à Saint-Louis Gugusse 1er, enfin seul, authentiquement et officiellement seul 'explorateur' de la contrée ! Car le bonhomme, lui, n'a pas cette fierté, il bouffe à tous les râteliers et y va au culot, du coup des Tortues marines à celui de la Librairie, viré ici, remercié là, mais renaissant toujours tel un Phoenix, comme dans un rêve, le rêve d'une vie sans passé; et, le pire, c'est qu'il s'y croit, le loustic, vraiment, (presque) innocemment. Un enfant, disent les filles, toujours plus perspicaces (et maternelles à part certaines harpies) que les hommes.

Ci-dessous:
Hôtel du Djoudj, hors saison(s)...
Parc national des oiseaux du Djoudj (PNOD) 2017 05 16 / © Photo par Frédéric Bacuez


Additif:
Si on a bien compris les explications alambiquées des uns et des autres...
Entrée au PNOD: 5 000 F cfa par tête de pipe
Entrée d'une voiture: 10 000 F cfa
Ecoguide obligatoire: 6 000 F cfa
Pirogue du GIE pour l'accès au nichoir des Pélicans: 4 000 F cfa
Soit de 21 à 25 000 F cfa - 32 à 38 Euros la promenade. Sans compter l'éventuelle hôtellerie, roots ou décatie, et sa bouffe de classe patrimoniale...
Bienvenue ! Et bonne balade...

En comparaison, tarifs 2017 pour le Parc du Marquenterre (France), dans cette Baie de Somme qui fait beaucoup, et ce qu'elle peut, parmi tant d'autres contributeurs, pour ce Djoudj-là...
http://www.baiedesomme.fr/lieu/2-1602-14-1-horaires-et-tarifs-parc-du-marquenterre
Ou, le plus ancien parc national au monde, le Yellowstone américain: 25 dollars par véhicule ou 12 dollars par personne à pied, soit 14 500 F cfa ou 7 000 F cfa...
Ou, le plus ancien parc national d'Afrique avec celui des Virungas (RDC), le Kruger sud-africain: de 132 à 264 Rands par personne étrangère soit de 5 900 à 11 800 F cfa par personne...
Quant à l'Ouganda, devenu en 2016 la première destination écotouristique du continent, il faut pouvoir, mais on en a pour son argent (jusqu'à la disparition de l'autocrate et l'invasion des sanctuaires par la foule surpeuplée), et il faut croire que beaucoup en ont, des dollars pour l'Ouganda plus que du CFA pour le Sénégal et sa Teranga. Mon frangin m'écrit, depuis Kampala: "pour des étrangers non résidents, il faut compter entre 30 et 40 $ par jour (28 et 38 Euros), sans la voiture (10 $ si c'est une voiture locale, plus de 100 si c'est une voiture étrangère). Il y a un tarif spécial pour les singes: les Chimpanzés, entre 100 et 250 $; les Gorilles, entre 400 (en saison des pluies) et 600 $ la visite d'une heure (mais il faut marcher entre une et quatre heures pour les atteindre et se faire charger par un dos argenté)."

Il fallait oser... Le Sénégal l'a fait. Rencontrer des boeufs derrière chaque touffe de Sporobulus, croiser des Pélicans qui stationnent à l'année autour de Ndar; des Flamants roses et des Phacochères qu'on voit gratuitement ailleurs... Le pays se berce d'illusions, et n'en fait qu'à sa tête - c'est son identité, son épistèmê dirait l'autre, et son droit le plus absolu.

Les Phacos qui déambulent au milieu des voitures à l'embarcadère 
- comme les Lions qui pissent sur les roues, ailleurs...
Ah zut, 'fallait pas le dire, JMD vous avait faire croire qu'il les approchait dangereusement, lui seul, 
avec témérité mais bientôt adopté par les fauves... 
Mince, encore une belle histoire fichue en l'air... 
Et la grande 'exploration' de son wild wild west africain, et de sa "savane", hein ?! 
Pffffff, pas romantique pour deux cauris, l'Ornithondar
Savoir vendre un produit, et son ego, c'est tout un art...

Ci-dessous:
Phacochères familiers à l'embarcadère du Djoudj (9h48-51, à g. et à d.) - Phacochères moins familiers sur le Grand Lac asséché (11h15, au centre)
Parc national (des oiseaux) du Djoudj (PNOD) 2017 05 16 matin / © Photos par Frédéric Bacuez
- Cliquer sur les photos pour agrandir -

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