" Quand y aura-t-il des observateurs qui nous rendront compte de ce que font nos hirondelles au Sénégal et nos cailles en Barbarie ? "
- Comte de Buffon (France), 1737
" Avoir vu un éléphant n'est pas une question d'âge mais une question d'avoir parcouru la brousse "
- Roger Bila Kaboré (Burkina Faso)

mercredi 22 février 2017

22, Bango-barrage: une Mangouste des marais, dans le jardin de mon ancienne maison !

Ci-dessus:
une Mangouste des marais - Atilax paludinosus, en visite dans le jardin de mon ancienne maison
Berge bangotine du Djeuss saumâtre 2017 02 22, ~22h / Courtesy © photos par Abdoulaye Sow pour Ornithondar

* Bango-barrage, berges du Djeuss coté saumâtre -

NUIT, ~22h-
Abdoulaye S. m'envoie une série de photos prises avec son Smartphone dans la cour de mon ancienne maison des rives du Djeuss en sa partie avale et saumâtre, en face de la mangrove de Thiolet. Sur les images, une Mangouste des marais (Atilax paludinosus, Marsh Mongoose) gambade nuitamment autour de mon ex résidence bangotine (2008-2012), dans le jardin. L'herpestidé semble tout spécialement s'attarder sous les sapotilliers. Abdoulaye suit l'animal à pas feutrés, sans faire de gestes brusques, à peu de distance: la mangouste n'est pas effrayée et s'arrête même pour regarder sans affolement le bipède qui la suit dans la pénombre (cf. photos en haut de notule).

Nota 1: première donnée (bangotine) d'une Mangouste des marais dans l'enceinte de mon ancienne demeure...  A l'époque, nous avions ouvert une chatière dans le muret qui fait office aussi de balustrade, sur l'estran herbacé souvent occupé par les pirogues, avec large panorama sur le marigot et les palétuviers de l'autre rive. Peut-être la mangouste a-t-elle utilisé la meurtrière pour venir marauder dans le jardin ? Nous avions déjà eu le passage, une fois ici et plusieurs fois dans un autre jardin, d'une Genette commune d'Afrique (Genetta genetta ssp. felina); et de deux Phacochères communs (Phacochoerus africanus) dont l'un avait eu la malencontreuse idée de s'aventurer dans le quartier par une venelle voisine et d'aller se faire charcuter à grands coups de machettes dans l'enceinte de la caserne proche, tandis que le second suidé avait échappé à la curée en rebroussant chemin, à la nage par le Djeuss pour disparaître dans la jungle sécurisante de la mangrove... Notre visiteuse du soir, excellente nageuse, nous arrive elle aussi de la mangrove d'en face, sans aucun doute. 
Notre short list des mammifères du bas-delta s'enrichit, petit à petit, de ces quelques données épisodiques de noctambules fort discrets, mais pas obligatoirement farouches. Tout près d'ici, sur la digue qui quitte le village pour traverser les marais et la plaine alluviale, j'ai à plusieurs reprises deviné dans les premières lueurs de l'aube la Civette d'Afrique (Civettictis civetta), profitant de la marée basse sur le bolong de Kaïgga pour faire orgie de gastéropodes, en l'espèce de Tympanotonus fuscatus, reposant par milliers sur les vases deltaïques. La mangrove en zone saumâtre et les typhaies en milieu doux permettent à tous ces petits promeneurs noctambules de trouver refuge même à proximité des Hommes, le jour, sans être trop inquiétés ni dérangés.

Trois espèces de Mangoustes de 'grande taille', 
dans la basse vallée du fleuve Sénégal:
Atilax paludinosus, Ichneumon albicaudaHerpestes ichneumon 

Nota 2: avec cette documentation de Mangouste des marais à Bango, il se confirme que trois espèces d'Herpestidés sont (plutôt bien) distribuées dans la vallée du fleuve Sénégal: la Mangouste ichneumon (d'Egypte, Herpestes ichneumon), la plus commune et la plus fréquemment observée de jour; la Mangouste à queue blanche (Ichneumon albicauda), la plus grande et sans doute la plus rare dans notre région (alors qu'elle est bien commune sous les latitudes soudano-guinéennes), que nous avons eu la chance de rencontrer, avec nos camarades helvètes en novembre 2016* au sud du Gorom (PNOD); et la Mangouste des marais (Atilax paludinosus), probablement la moins vue car la plus... paludicole, mais peut-être pas si rare quand le biotope lui est favorable. Nos visiteurs suisses avaient d'ailleurs noté un cadavre de l'animal sur la route nationale qui longe la réserve naturelle du Ndiaël; Ndiaël dans lequel une équipe de 'chercheurs' du rarissime Phragmite aquatique, à tout le moins de sites potentiellement accueillants pour l'hivernage ouest-africain du plus rare des passereaux d'Europe, avait aussi relevé la présence d'Atilax paludinosus, en 2015. 

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