" Quand y aura-t-il des observateurs qui nous rendront compte de ce que font nos hirondelles au Sénégal et nos cailles en Barbarie ? "
- Comte de Buffon (France), 1737
" Avoir vu un éléphant n'est pas une question d'âge mais une question d'avoir parcouru la brousse "
- Roger Bila Kaboré (Burkina Faso)

mardi 28 juillet 2015

Sénégal: littoral funéraire sans linceul...

2015 07 au large de Dakar dans les eaux territoriales sénégalaises, la mer jonchée de dépouilles de delphinidés 
/ Courtesy © photo par Christian Rak

* Au large de Dakar- 

Sur Facebook, quelques photos par Christian Rak de delphinidés flottant morts au large de la péninsule dakaroise du Cap-Vert: "Résultat des nombreux filets dérivants sur toutes les côtes sénégalaises... Nous avons croisé 5 dauphins dans le même état ! Et je n'ose imaginer les autres espèces: tortues, raies manta, marlins, sailfish..."

Sur la Grande Côte entre Dakar et Saint-Louis-du-Sénégal, fréquenter la mer et son rivage c'est nager ou marcher parmi les cadavres... Tous les amoureux du littoral sensibles aux charmes et aux rudesses océaniques le constatent, chaque jour qui passe: on ne compte plus les dépouilles qui flottent au gré des vagues et finissent parfois sur l'estran dans des odeurs pestilentielles... On assiste là, littéralement, à un authentique écocide silencieux, dans une indifférence complice absolument effrayante... Il est de bon ton, chez les bien-pensants comme chez les malhonnêtes idéologiques, de faire croire que les coupables de ce grand massacre, direct ou indirect, viennent exclusivement d'ailleurs. Pour avoir bien observé les trafics (sic) de l'armada piroguière à Saint-Louis-du-Sénégal, en mer comme sur le fleuve, je peux dire ici que chacun avec ses moyens ne vise qu'une seule chose: ratisser au plus large, au plus profond, tout ce qui passe, sans faire de détail ! Et si détails il devait y avoir, c'est peine perdue, ce qui remonte dans les gigantesques filets est déjà mort, ou agonisant; on garde au fond de l'embarcation ou on jette par-dessus bord ! Au large, les grandes usines flottantes raclent tout et payent, grassement s'il faut payer. Dans les eaux sénégalaises les moins lointaines des ports d'attache, une flottille pléthorique de pêcheurs certes vaillants mais totalement insensibles voire imperméables à la notion de gestion marine, pille ses propres ressources y compris dans les très virtuelles aires marines protégées (AMP)*, décrétés à Dakar chez ceux-là même qui 'négocient' avec les pêcheries chinoises, espagnoles, françaises, russes, chiliennes etc... Ou qui bombent médiatiquement le torse, une fois, un jour, pour appâter et amadouer Sea Shepherd - un petit tour (de com') et s'en va. Avant de reprendre les juteux business - jusqu'à ce que mort marine s'en suive, les poches et les coffres de certains barons entre-temps bien remplis... A Dakar, à Nouakchott, à Nouadhibou.

* Lire: "Il faut éviter à tout prix l'extinction de nos espèces halieuthiques", in Ndarinfo.com 2017 07 28

Écocide marin

" Loin des regards indiscrets, dans les eaux territoriales du Sénégal, l'écocide, c'est tous les jours ! Pas de tradition féringienne réduite dans le temps, là-bas, juste le grand n'importe quoi quotidien et à l'année, ici, fait de je-m'en-foutisme et de corruption généralisés. La course contre la montre, encore un peu de gâchis, vite, avant que la vie ne finisse définitivement !
'L'avenir de nos enfants, mais on s'en fout, de l'avenir, mon cher monsieur': seuls comptent l'instant, le court terme, un peu la survie beaucoup le xalis - et l'Autre, là-haut, qui est d'accord puisqu'il laisse faire l'orgie funeste..." - In Facebook/Frédéric Bacuez

En rappel, 
ci-après la "liste bien longue" mais "non exhaustive" de nos précédentes notules sur Ornithondar:


Voir:

2015 07 au large de Dakar, cadavre flottant de dauphin.
/ Courtesy © photo par Christian Rak
















Christophe Polo... RIP / Courtesy © photo Seneplus

















* A Dakar-

"Suite à l'agression violente dont il a été la victime jeudi dernier [23 juillet, ndlr.], décès hier de Christophe Polo [26 juillet, ndlr.], grand défenseur du littoral sénégalais, en lutte permanente contre le grignotage illégal, le bétonnage puis la privatisation de la péninsule du Cap-Vert et des Mamelles de Dakar/Ouakam... " - In Facebook/Frédéric Bacuez

Décès d'un grand défenseur de l'environnement sénégalais, 
Christophe Polo, dans le coma 
suite à une agression en bande sur sa personne

"Le phaéthon a perdu une plume. Et pas n'importe laquelle. Il s'agit de celle qui lui servait de boussole, de gouvernail. Celle qui a orienté et dirigé l'envol du phaéthon dans le ciel nuageux de la judiciarisation et de la loi du littoral. La lourde plume Christophe est partie, que son âme repose en paix aux pieds de sa dulcinée, les Mamelles. Et pour lui, l’oiseau gardera le cap et se posera sur le littoral."
- Assane Gueye, in Seneplus.com

Lire aussi: Lettre au président de la République et propositions par la Plateforme pour l'Environnement et la Réappropriation du Littoral (PERL) - Macky et le bradage du littoralin Seneplus.com 2015 02 1


Ci-dessous:  Dakar, péninsule du Cap-Vert et quartier des Almadies, à la pointe la plus occidentale de l'Afrique...
Depuis le phare des Mamelles (105m d'altitude) / 2008 09 7, © photo par Frédéric Bacuez

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