" Quand y aura-t-il des observateurs qui nous rendront compte de ce que font nos hirondelles au Sénégal et nos cailles en Barbarie ? "
- Comte de Buffon (France), 1737
" Avoir vu un éléphant n'est pas une question d'âge mais une question d'avoir parcouru la brousse "
- Roger Bila Kaboré (Burkina Faso)

vendredi 20 mars 2015

20, Journée mondiale... du moineau !

2015 03 20 midi à Bango, moineau doré mâle / © Photo par Frédéric Bacuez

* Bango-

20 mars, Journée mondiale du moineau
- mais aussi du conte, du bonheur et... sans viande...

Cinq espèces de passeridae - la famille des moineaux-  peuvent être observées au Sénégal. Une sixième espèce strictement saharienne (moineau blanc, passer simplex ssp. saharae) pourrait occasionnellement atteindre le voisinage du bas-delta, coté mauritanien - elle a même été notée de Gambie en décembre 2004 ! De ces cinq espèces résidentes ou partiellement nomadiques, trois sont plutôt anthropiques (moineau domestique, moineau doré, moineau gris), les deux autres étant inféodées aux petites brousses et aux zones d'agriculture extensive (petit moineau, moineau à point jaune).
  • Le moineau domestique (passer domesticus ssp. indicus, house sparrow) est un immigré qui n'a d'ailleurs pas totalement achevé son implantation dans l'ensemble du Sénégal. La race indicus de l'espèce indique que la colonisation du Sénégal s'est probablement faite à partir du port de Dakar, où notre voyageur clandestin a vraisemblablement débarqué de navires provenant d'Afrique du Sud dont est originaire cette sous-espèce. Repéré dans la péninsule dakaroise du Cap-Vert dès 1971, le premier couple nicheur a été néanmoins identifié à Saint-Louis le 6 mai 1979 par B. Ndao. Depuis, le moineau domestique s'est répandu dans toutes les villes de la façade atlantique du Sénégal (conurbation dakaroise vers la Petite Côte et Kaolack, vrs Thiès, puis Louga, Richard-Toll et au delà vers l'amont du fleuve Sénégal, etc.) atteignant Banjul (Gambie), au sud, à laube des années '80.
  • Le moineau doré (passer luteus, Sudan golden sparrow, cf. photos en bas et en haut de notule) est le moineau subsaharien par excellence; et comme quelques arbustes même au milieu des sables suffisent à son épanouissement, il atteint au nord-est de son aire de répartition le Tibesti tchadien comme au nord-ouest les confins mauritano-marocains de Oued ad-Dahab. Hors de sa saison de reproduction, emmenés par les mâles polygames dominants, la troupe et le harem peuvent vagabonder jusqu'au seuil gambien. C'est en hiver que les moineaux dorés, qui ont l'art de se joindre à la ronde d'autres granivores, viendront jusqu'au cœur de la cité des Hommes glaner dans les poulaillers, les parcs à bétail, les jardins privatifs et les hôtels où la table a de beaux restes... En saison de reproduction, pendant et après l'hivernage (la saison des pluies), les moineaux dorés retrouvent la campagne/la brousse et peuvent alors former d'immenses et voraces troupes mixtes avec les travailleurs à bec rouge (quelea quelea) - l'oiseau le plus abondant au monde.
  • Le moineau gris (passer griseus, northern grey-headed sparrow) est le contraire absolu du moineau doré: pas grégaire, monogame, discret, plutôt sédentaire, affectionnant les centres urbains, plus les villages que les villes, mais aussi les fermettes et campements d'éleveurs en brousse.
  • Petit moineau (gymnoris - ex petronia- dentata, bush petronia) et moineau à point jaune (gymnoris - ex petronia- pyrgita ssp. pallida, yellow-spotted petronia) sont des passeridae typiques de la brousse ouest-africaine, plus arboricoles que terrestres. Le petit moineau (soulcie) est plus soudanien que son cousin à point jaune, aussi erratique que le moineau doré en dehors de sa saison de reproduction; le moineau à point jaune a une distribution réduite à une étroite bande sahélienne juste au sud du Sahara. Dans notre région, on aura la possibilité d'observer les deux espèces tout particulièrement dans le Ferlo nord et ouest (Voir ICI sur Ornithondar, 2014 01 25).
 
Ci-dessous: 2015 03 6 (au centre) et 20 (à g. et à d.):
moineaux dorés (passer luteus), mâles et femelle, à Bango / © Photos par Frédéric Bacuez
 

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