" Quand y aura-t-il des observateurs qui nous rendront compte de ce que font nos hirondelles au Sénégal et nos cailles en Barbarie ? "
- Comte de Buffon (France), 1737
" Avoir vu un éléphant n'est pas une question d'âge mais une question d'avoir parcouru la brousse "
- Roger Bila Kaboré (Burkina Faso)

lundi 9 décembre 2013

9, un épervier shikra bien culotté

2013 12 9, épervier shikra - juvénile en mue de premier plumage d'adulte- à l'affût sur la margelle du puits
/ Photo par Frédéric Bacuez

* Bango, impasse Gustave Pelloux. Chez 'Eddy & Fatou' -

Lorsque les bulbuls des jardins (pycnonotus barbatus) commencent à jacasser sans interruption, au bord de l'hystérie, c'est qu'il y a menace dans les parages: et le danger, dans les parcs et jardins des agglomérations humaines, c'est le plus souvent que l'épervier shikra (accipiter badiusshikra) est à l'affût, immobile dans le feuillage, sur une branche, un muret ou une antenne télé, prêt à fondre sur sa proie !
L'épervier shikra est le plus commun des petits rapaces d'Afrique - et d'Asie. Il est à la fois répandu, familier et peu farouche, partout au sud du Sahara. Des confins désertiques, au nord, où il se montre plutôt à la faveur de la mousson, au Cap de Bonne Espérance, au sud du continent, ce petit épervier bleu et roussâtre est aussi l'accipiter le plus fréquemment capturé par les enfants, au nid quand il est poussin, ou par les inventifs appâts piègeants dont les garnements ont le secret. La confiance du shikra le rend souvent fort imprudent...

APREM'-
Dans le jardin, cela fait quelques semaines qu'un jeune shikra (de la sous-espèce sphenurus, l'une des deux races africaines) perturbe quotidiennement le ballet des petits oiseaux autour des abreuvoirs qu'Ornithondar avait installés dès son retour à Bango. Le rapace avait tôt fait de comprendre le parti qu'il pouvait tirer de ces privilèges accordés aux passereaux des lieux (tisserins, bulbuls, amarantes, pouillots, choucadors, cratéropes, moineaux) ! Certains jours, il se perche sur l'apatam qui couvre la terrasse, en surplomb des petits bassins d'eau, d'autres jours ce sont les grosses branches des vénérables prosopis voisins qui feront office de tour de guet. Aujourd'hui, l'épervier tente de saisir un bulbul au vol, mais sans conviction: du coup, il se pose au sol, dans le sable, penaud... Puis il remonte dans les palmes des cocotiers, avant de redescendre sur le chapeau de paille qui faisait office de toiture au puits. Tous les oiseaux ont regagné la frondaison des grands arbres; les innombrables jeunes lézards (agama agama), autres victimes du chasseur*, en ont fait de même... Plus âme qui vive: le shikra s'envole et s'éloigne... A plus tard !

* Le régime alimentaire du shikra est varié: passereaux et autres oiseaux jusqu'à la taille des tourterelles et des drongos; petits mammifères jusqu'à la taille du rat de Gambie et de l'écureuil terrestre; reptiles divers dont les lézards et tout particulièrement les agames; et un riche assortiment de petites bêtes comme les locustes, les libellules, les mantes religieuses, les termites ailés, ainsi qu'orthoptères et chenilles. On n'oubliera pas que cet épervier, lors de sa période de reproduction, est un redouté prédateur des poussins de basse-cour, bien connu des paysans...

Ci-dessous: le chasseur et la proie... sur le même perchoir du puits: épervier shikra (à g.) et bulbul des jardins (à d.) / Photos par Frédéric Bacuez

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