" Quand y aura-t-il des observateurs qui nous rendront compte de ce que font nos hirondelles au Sénégal et nos cailles en Barbarie ? "
- Comte de Buffon (France), 1737
" Avoir vu un éléphant n'est pas une question d'âge mais une question d'avoir parcouru la brousse "
- Roger Bila Kaboré (Burkina Faso)

mercredi 18 décembre 2013

18, il pleut sur Saint-Louis*... depuis minuit !



Ci-dessus: 2013 12 18, à 8h du matin il pleuvine encore sur Bango... / Photos par Frédéric Bacuez

* Bango. Impasse Gustave Pelloux -

MATIN, 6h40-
Contraste météorologique saisissant en l'espace de quelques heures... Depuis le 16 décembre, un premier harmattan soufflait sur le delta, de plus en plus fortement, après avoir enveloppé les pays de l'hinterland de son désagréable linceul gris-orange de 'particules fines'... Hier soir, le célèbre vent venu des lointains tchadiens s'était mis aux bourrasques au milieu desquelles quelques goutelettes marines s'infiltraient, allez savoir pourquoi et comment !? Autour de minuit, le vent a viré brutalement au sud-ouest, les forces océanes gagnaient la partie, dans ce choc frontal entre harmattan et alizés: depuis, une pluie de contre-saison, dite pluie de heug, à la française, tombe sans discontinuer sur Saint-Louis-du-Sénégal et ses environs ! Pluie de heug qui en réalité n'en est pas une, car celle-là, venue du Maghreb et chargée du froid nocturne du Sahara est une pluie redoutée par les populations de la vallée, tant humaines qu'animales. La mémoire des averses glaciales de janvier 2002 reste vivace: celles-ci avaient décimé le cheptel et tué, entre autres, des dizaines de milliers d'hirondelles de rivage (riparia riparia). Aujourd'hui, il s'agirait plutôt d'une énième et 'accidentelle' remontée des flux d'une mousson qui s'était déjà attardée sur le Sahel en octobre, provoquant des inondations à Nouakchott (Mauritanie), avant sa redescente saisonnière vers le Golfe de Guinée...

* 'Il pleut sur Saint-Louis', nouvelles, de Louis Camara, Nouvelles Editions Africaines du Sénégal, 2007

Ornithondar, qui doit embarquer ce matin pour un dénombrement de balbuzards pêcheurs (pandion haliaetus, osprey) sur 26 kilomètres de fleuve entre Bango et le barrage de Diama, en amont, attend patiemment que la pluie s'estompe, tout doucement, avec le point du jour, et qu'elle s'évapore, comme si de rien n'était, dans les heures prochaines... 

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