" Quand y aura-t-il des observateurs qui nous rendront compte de ce que font nos hirondelles au Sénégal et nos cailles en Barbarie ? "
- Comte de Buffon (France), 1737
" Avoir vu un éléphant n'est pas une question d'âge mais une question d'avoir parcouru la brousse "
- Roger Bila Kaboré (Burkina Faso)

mercredi 27 novembre 2013

27, premier brouillard océanique de la saison

2013 11 27 7h50, repoussé par la levée du soleil, le brouillard marin se dissipe sur le fleuve Sénégal / Photo par Frédéric Bacuez

* Plaine alluviale du fleuve Sénégal. Des marais du Lampsar au débouché du bolong de Khaye -

MATIN, jusqu'à 8h maximum...-
Dans le bas-delta du Sénégal, Ornithondar continue ses repérages de balbuzards (pandion haliaetus) bagués ou/et 'satellisés': ce matin, petite virée sur la berge du grand fleuve, toujours coloré des limons d'une saison des pluies généreuse, une fois de plus... Avec l'épais brouillard de l'aube, qui se dissipe rapidement dès l'apparition du soleil, les eaux prennent des reflets violacés du plus bel effet. Dans les marais du Lampsar qu'on longe avant de gagner les rives du fleuve, les crabiers chevelus (ardeola ralloides) sont encore perchés sur les arbustes immergés, bientôt rejoints par une troupe d'ibis falcinelles (plegadis falcinellus)*. L'ambiance est trompeuse: avec cette brume humide, venue de l'océan à quelques kilomètres d'ici, on se croirait presque dans l'univers marécageux d'un pays équatorial... ou européen ! Les herbes sont mouillées, les tamarix senegalensis brillent sous les gouttes de rosée qui s'acrochent longuement aux branches. Dans la steppe alluviale qui ouvre l'accès au fleuve, la boue craquèle mais la végétation rampante et rustique regagne de 'saison' en 'saison' le terrain perdu lors des années sèches... Car nous demeurons bel et bien au Sahel, à vol d'oiseau à quelques encablures du rougeoyant Trarza mauritanien !...

* Voir aussi: ICI sur Ornithondar

le brouillard océanique, une rareté dans le delta

C'est le premier brouillard de l'hiver tropicalisé, cette année. Un événement peu fréquent dans le delta sénégalais, accompagné d'une forte rosée, celle-ci bien moins rare dès que les alizés de l'Atlantique portent l'humidité océane vers l'intérieur des terres. A l'aube, les arbres dégoulinent comme s'il avait plu. Le sable, tassé par l'humidité, est anormalement facile à traverser. Dans la plaine alluviale comme dans les marais et autour des tannes, les plantes du Sahel retiennent autant qu'elles le peuvent, et elles sont armées pour cela, ces goutelettes d'eau indispensables à leur survie. Les tamarix tout particulièrement sont les arbustes qui conservent le plus longtemps dans la matinée, bien après la dissipation des brumes et l'évaporation, les particules aquifères qui les rendent tout gris.

Pendant ce temps, à moins de dix kilomètres d'ici, à l'aval du fleuve...:
Lire sur NdarinfoLes côtes de Ndiébène Gandiol attaquées par des vagues fracassantes (28 11)
Et voir sur Francetvinfo, une vidéo de France2:  Saint-Louis menacée par la montée des eaux (25 11)

Ci-dessous, de g. à d. et de haut en bas:
- l'embarcadère de Bango, sur le Lampsar saumâtre (à g.), l'oasis bangotine et le Lampsar d'eau douce dans le brouillard 
- le brouillard et la rosée sur la plaine marécageuse de Biffeche, le vol du héron cendré  et la rosée sur les buissons de tamarix senegalensis
- les tannes et les marais du Lampsar 'doux' au lever de soleil 
- le fleuve Sénégal et l'île aux Bois dans le brouillard océanique
/ Photos par Frédéric Bacuez
- Pour agrandir, cliquer sur les images -





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