" Quand y aura-t-il des observateurs qui nous rendront compte de ce que font nos hirondelles au Sénégal et nos cailles en Barbarie ? "
- Comte de Buffon (France), 1737
" Avoir vu un éléphant n'est pas une question d'âge mais une question d'avoir parcouru la brousse "
- Roger Bila Kaboré (Burkina Faso)

vendredi 1 février 2013

1, les particules de Tombouctou...

2013 02 1 10h45, l'harmattan enveloppe le Lampsar et les typhaies de ses 'particules' orientales...
/ Photo par Frédéric Bacuez

* Bas-delta du fleuve Sénégal -

« Au bout de la patience, il y a le ciel »
- Proverbe africain

Venue du nord à saute-moutons par-dessus l'Algérie, la bruine malienne des 28 et 29 janvier a mis à terre les poussières de Timbuktu. C'est là-bas, pour beaucoup, une de ces étrangetés divines qui accompagnent la précaire destinée des Hommes*, pour quelques autres les conséquences raisonnées de flux d'air et de chocs entre masses chaudes et froides. La pluie, et même la neige, ne sont pas (que) des signes, au Sahara; juste des excentricités d'un ciel insondable comme les sables, les roches et les hères qu'il surplombe. Bref, avec le retour prévisible de l'assommoir sahélien, les rezzous tchadiens de l'harmattan reprennent vite leurs habitudes, balayant de rouge les steppes grises, d'est en ouest, jusqu'à l'Atlantique. Dès le 30 janvier, les errances climatiques atteignent le delta sénégalais, au bout du souffle: le taux d'humidité grimpe brièvement à 47%, pouah... et le vent brouille l'atmosphère - et les narines- de cette indissociable particularité sahélienne, le grain de sable en suspension, ici moins prégnant que dans la cité de banco aux 333 saints-moins-quelques-uns, ou qu'à Niafunké, Diabali, Niono, Nioro, Douentza, Konna, Sévaré - et Bamako, Ouagadougou, Niamey... Sur le Lampsar il fait donc poussiéreux, jaunâtre, et chaud... Le baromètre norvégien d'Ornithondar, autrement moins frileux que l'impayable météorologie internet de l'Etat sénégalais, dont les relevés pluviométriques se sont évaporés au cours de la mousson... 2011, prédit une semaine de "fortes concentrations de particules fines", oscillant entre 30 et 32°... Le thermomètre s'est enflammé à 34°, aujourd'hui, et il faisait encore 25° à l'heure des incantations du soir. Un vague parfum des "miasmes" décrits par Loti... Le mouton d'à coté bêle comme un forcené.

* Digression: http://www.slateafrique.com/102869/mali-face-aux-occupants-tombouctou-avait-choisi-de-sen-remettre-dieu

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