" Quand y aura-t-il des observateurs qui nous rendront compte de ce que font nos hirondelles au Sénégal et nos cailles en Barbarie ? "
- Comte de Buffon (France), 1737
" Avoir vu un éléphant n'est pas une question d'âge mais une question d'avoir parcouru la brousse "
- Roger Bila Kaboré (Burkina Faso)

mardi 1 janvier 2013

2013 commence avec une bonne nouvelle... de nos voisins !

Ci-dessus et dessous: 2012 12 27 et 2013 01 2 à Bango, le long de la rigole... / Photos par Eddy Graëff pour Ornithondar

* Mauritanie -

Lire: http://www.slateafrique.com/101011/mauritanie-le-gouvernement-interdit-les-sachets-plastiques

L'année 2013 débute en fanfare ! Notre voisin de l'autre berge vient d'interdire l'importation, la commercialisation et l'usage des sacs plastiques sur l'ensemble du territoire mauritanien. Mesure drastique mais salutaire dans un pays où le moindre sachet lâché des mains s'envole dans le vent et le sable pour vite transformer les épineux et autres broussailles en d'insolites sapins de Noël sahélo-sahariens ! Ou finir, au choix, dans le fleuve Sénégal et les tâmourts limitrophes, ou dans les eaux poissonneuses de son littoral... Quand ce n'est pas dans la cour du voisin, voire dans son chèche - ou dans l'estomac des dromadaires, chèvres et autres moutons sacrificiels ! Et dans les pattes des oiseaux. Bravo. En espérant de tout coeur que cette guerre-là ne soit pas, comme chez le voisin de pallier, seulement faite de mots, rien que des mots...

Nota: le voyageur qui débarque à l'aéroport de Kigali est illico délesté de ses sacs plastiques au profit de contenants biodégradables... Le Rwanda est en effet le premier pays africain, et sans doute l'un des tous premiers au monde, à avoir aboli sur son territoire les sacs plastiques, dès 2007. A la pointe d'un combat obstiné, l'état lilliputien obtient même en mars 2012 de la Communauté économique des états d'Afrique de l'est une loi interdisant la fabrication, l'importation et l'usage desdits sachets sur l'ensemble de son espace: l'Ouganda, le Kenya, la Tanzanie (à Zanzibar, notamment), et l'Erythrée, s'engagent à leur tour à éradiquer (à terme) cette pollution pandémique, accompagnant leurs sanctions d'amendes pouvant atteindre 50 000 dollars américains ! Après l'Afrique du Sud, puis le Gabon en juillet 2010, c'est le Congo et la RDC qui décrètent à l'été 2012. Au nord, le Maroc semble enfin décidé à se jeter dans la bataille, dans le sillage de Rabat - parmi les municipalités les plus performantes du continent en matière de salubrité urbaine .

Le Sénégal à la traîne, avec ou sans Haïdar...

Et quid des initiatives ouest-africaines ? Eh bien, pas grand chose, dans ce domaine comme dans tant d'autres... Il y a bien les sempiternels discours, les colloques et toutes les logorrhées qui ne se concrétisent jamais sur le terrain: une spécificité de la grande famille francophone... Et pourtant, il y a peut-être un frémissement, là-aussi: avant qu'il ne sombre dans le chaos, le Mali "démocratique" avait promulgué sa loi en janvier 2012, applicable au 1er avril 2013 - ce n'est pas une plaisanterie ! Au Burkina Faso, avec les moyens du bord et la discipline chère aux Mossè, Ouagadougou est la capitale la moins sale de la région: "les femmes de Simon", ces bataillons (noctambules) de nettoiement qui travaillent pour le dirigiste maire de la cité, n'attendent pas les embouteillages du matin pour balayer les artères de leurs sable et sachets... Néanmoins, devant l'incapacité de nos leaders charismatiques à mettre en place des régies spécialisées, professionnelles et pérennes, partout le maître-mot c'est "sensibilisation", c'est à dire du vent, s'il n'y a ni carotte ni bâton ! Avec le Bénin, et la cohorte des pays du bloc guinéen, le Sénégal est à la traîne, et ça se voit ! En vrac, les pesanteurs culturelles et les archaïsmes religieux, l'inefficacité administrative,  l'indifférence politique et citoyenne y sont sans doute pour quelque chose - du moment que chez soi c'est propre ! Ici aussi avec l'alternance démocratique d'aucuns auraient pu espérer concrètement du changement, maintenant: nommé à la tête d'un ministère de l'environnement et du développement durable amputé de ressources, le célèbre Haïdar El Ali se fait bien discret depuis qu'il n'est plus l'opposant tonitruant à Wade. Jadis propulsé "parmi les 100 plus grands écologistes de la planète" par la presse-qui-aime-les-classements - on l'a assez chanté sur tous les tons !- le héraut nous a promis, le 1er décembre dernier, un projet de loi interdisant "la vente des sacs plastiques dans les boutiques et les grandes surfaces". Le vieux gorgui l'avait lui-même projeté, entre deux fugacités spirituelles. Trop précis pour être applicable. En attendant, on attend.

Ci-dessous: en rappel, le lac de Bango... (Lire ICI) Bucolique à souhait !
2013 01 2 au matin / Photo par Eddy Graëff pour Ornithondar

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