" Quand y aura-t-il des observateurs qui nous rendront compte de ce que font nos hirondelles au Sénégal et nos cailles en Barbarie ? "
- Comte de Buffon (France), 1737
" Avoir vu un éléphant n'est pas une question d'âge mais une question d'avoir parcouru la brousse "
- Roger Bila Kaboré (Burkina Faso)

samedi 24 mars 2012

24, une migration prénuptiale précoce et massive


Ci-dessus: 2012 1 15 soir, cigognes noires au-dessus de la plaine alluviale du fleuve Sénégal lors du comptage annuel des oieaux d'eau pour Wetlands International / Photo par Rozenn Le Roux pour Ornithondar

* Sénégal-Maroc -

Après une mousson 2011 parcimonieuse sur toute la zone soudano-sahélienne qui court de l'Atlantique à la Mer Rouge au sud du Sahara, avec des pluies mal réparties, Ornithondar l'avait envisagé: dès les premiers jours de l'hiver tropical, les oiseaux d'eau délaissaient les marigots et autres bas-fonds de l'hinterland sahélien en cours d'assèchement, malgré un hiver plutôt frais sur le littoral sénégalais, pour se rapprocher des grands cours. Nous avions remarqué que les vasières du fleuve Sénégal et de son affluent le Lampsar étaient, plus que les années précédentes, très occupées par des troupes plus fournies de grands gravelots (charadrius hiaticula), de bécasseaux minutes (calidris minuta) et d'échasses blanches (himantopus himantopus). Nous avions remarqué que la migration prénuptiale des hirondelles rustiques (hirundo rustica) et, plus encore, des hirondelles de rivage (riparia riparia) avait une dizaine de jours d'avance: dès la dernière décade de janvier, les premiers passages au ras des eaux du Lampsar avaient débuté. Aux tout premiers jours de mars, c'est la débandade ! Savanes et campagnes du centre et du sud, steppes du nord, plaines alluviales des grands fleuves, le top départ de la migration 'printanière' est soudain, groupé, rapide.


Faute d'observateurs au Sénégal et en Mauritanie, c'est au Maroc que les premiers constats d'un passage massif exceptionnel se font, en mer comme sur terre: au Sahara occidental, F. Chevalier n'a jamais vu autant de rapaces passer d'un coup au-dessus de Dakhla: aux premiers jours de mars, les premiers milans noirs et busards des roseaux, ainsi que quelques cigognes blanches et un groupe de 25 hérons cendrés y sont bien remarqués en vol sud-nord. Mais c'est à la mi-mars que de gros bataillons filent vers le nord, en particulier les faucons crécerelles, les busards des roseaux, les busards cendrés, un premier aigle botté (4 et 5 mars, obs. F. Chevalier). Les petites espèces ne sont pas en reste et remontent dare dare vers le nord: huppes fasciées, guêpiers d'Europe, gorgebleues à miroir, deux hérons pourprés, 1 gallinule poule d'eau, 1 hirondelle rousseline (obs. F. Chevalier). A Sidi Ifni, sur les marges du Sahara, 80 fauvettes passerinettes, 2 gorgebleues à miroir, des pipits, des bergeronnettes printanières de trois sous-espèces, les trois espèces de traquets les plus communs au Sahel hivernal (motteux, oreillard, isabelle) sont observés en migration prénuptiale (16 mars, obs. Andrea Corso). Encore plus au nord, au pied de la barrière de l'Atlas, le goulet d'Aoulouz voit passer le 17 mars en moins d'une heure: 1700 milans noirs, 32 busards des roseaux, 25 circaètes Jean-Le-Blanc, 9 aigles bottés, 5 busards cendrés, 3 aigles de Bonelli, 1 percnoptère d'Egypte (17 mars, obs. Andrea Corso) ! Encore quelques jours, et dans les plaines atlantiques du nord marocain, à l'est de Casablanca-Rabat, en trois heures de temps, 118 busards des roseaux, 96 busards cendrés, 62 milans noirs, 18 spatules blanches, 2 cigognes noires sont notés en vol sud-nord tandis que le lendemain 150 milans noirs, 100 sarcelles d'été, 22 cigognes noires, 2+ bécassines sourdes et 1 busard pale sont encore aperçus (22-23 mars, obs. E. Durand). Sur la côte et au large, à Akhfennir au sud (3-4 mars, obs. Ernesto Occhiato) comme à Sidi Moussa-Salé au nord (3 mars, obs. Imad Cherkaoui, Adel Bouajaja, Said Lahrouz), à peine commencé le mois de mars voit remonter les fous de Bassan, les grands labbes et les labbes parasites, les sternes caugeks, les huîtriers pies et les tournepierres à collier et... 1 balbuzard pêcheur- au large de la jetée de Medhia- qui ont pour la plupart hiverner sur le littoral sénégambien.

Sources, voir: http://www.go-south.org/

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