" Quand y aura-t-il des observateurs qui nous rendront compte de ce que font nos hirondelles au Sénégal et nos cailles en Barbarie ? "
- Comte de Buffon (France), 1737
" Avoir vu un éléphant n'est pas une question d'âge mais une question d'avoir parcouru la brousse "
- Roger Bila Kaboré (Burkina Faso)

mercredi 25 janvier 2012

24-25, la vague(lette) de froid décime les hirondelles


Ci-dessus: 2012 01 25 aprem', hirondelle de rivage morte sur les berges du Lampsar saumâtre / Photo par Frédéric Bacuez

* Bango. Marigot de Lampsar, coté saumâtre -

Collecté plusieurs cadavres d'hirondelles de rivage (riparia riparia, common sand martin) et d'une hirondelle rustique (hirundo rustica, barn swallow) à l'intérieur comme à l'extérieur immédiat de Keur Lampsar. Deux d'entre elles étaient décapitées, après être passées dans les pattes des chats qui avaient trouvé sur la berge les petits corps chauds mais sans vie. D'autres possédaient encore leur petite tête, prouvant que les félins n'étaient pas, pour une fois, les insupportables tueurs d'oiseaux ! Il est possible que les oiseaux, très fragiles aux variations soudaines des températures climatiques, ont été saisis par les frimas nocturnes qui ont envahi le Sénégal littoral, de Dakar à Saint-Louis, depuis le 21 janvier: de 11 à 13° au matin, sans doute nettement sous la barre des 10° au coeur de la nuit et des roselières où dorment les hirondelles. Rien à voir, évidemment, avec l'hécatombe de janvier 2002*1 quand des pluies dites de "heug" (hors saison, en langue wolof, plus de 100 mm d'eau à Podor !) accompagnées d'une vague de froid exceptionnelle avaient  décimé plusieurs dizaines de milliers des 2 millions d'hirondelles de rivage qui hivernent dans le delta du fleuve Sénégal. Autre possibilité: la teneur en sel des eaux du bas-delta a fortement augmenté ces derniers jours, après la tempête marine du 19 au 21 janvier, la brèche artificielle dans la Langue de Barbarie permettant depuis 2003 à l'océan de pénétrer à grands flots salés dans le lit du fleuve. Les hirondelles de rivage (surtout à partir de la fin de la matinée) et les quelques hirondelles rustiques (en fin d'après-midi) qui remontent déjà vers le nord boivent au passage et pourraient pâtir de la forte salinité du Sénégal et du Lampsar à l'aval de la digue, actuellement.
Un constat: la transhumance prénuptiale des hirondelles se révéle encore plus précoce que les années précédentes - quasiment dix jours d'avance !, avec un nombre de passagères anormalement important dès le début de la migration 'printanière'... en janvier !

Ci-dessous: à g., 2012 01 25 aprem', hirondelle de rivage morte - à d., 2012 01 24 soir, hirondelle rustique décapitée
/ Photos par Frédéric Bacuez



















*1 En rappel: lire, sur les intempéries de janvier 2002:
http://www.afrik.com/article3936.html

2 commentaires:

  1. Bonjour Frédéric, hum hum il me semble que ce n'est pas un jour à faire voler des oiseaux chanteurs... amitiés: thibault

    RépondreSupprimer
  2. En effet, malgré la fraicheur, le fond de l'air est éruptif, parait-il... Car dans ma brousse à cette heure, seules les vocalises des (autres) idolâtres chauffent l'atmosphère !... Amitiés. Frédéric.

    RépondreSupprimer

Nombre total de pages vues