" Quand y aura-t-il des observateurs qui nous rendront compte de ce que font nos hirondelles au Sénégal et nos cailles en Barbarie ? "
- Comte de Buffon (France), 1737
" Avoir vu un éléphant n'est pas une question d'âge mais une question d'avoir parcouru la brousse "
- Roger Bila Kaboré (Burkina Faso)

vendredi 11 novembre 2011

11, l'étang de Toddé, un reposoir dans l'écrin du soir

Ci-dessus: 2011 11 11 18h, guêpier de Perse, bouquets d'euphorbes au-dessus de l'étang de Toddé, au couchant 
© Photo par Rozenn Le Roux pour Ornithondar

* 'lac' de Toddé et environs -

SOIR-
Le 'lac' de Toddé est une grande étendue d'eau saisonnière, récemment constituée sur le site d'un ancien village peuhl qui avait rejoint les banlieues de Saint-Louis bien avant la formation de l'étang. C'est probablement une rupture dans les berges de la rivière Ngalam, juste au sud du lac, qui en est accidentellement à l'origine. On le voit: il n'y a pas encore d'invasion par les végétaux aquatiques, qui assèchent et asphyxient les plans d'eau partout dans le delta du fleuve depuis que les anciennes remontées saisonnières des eaux marines sont bloquées par les barrages, les digues et les vannes. Plus fortement qu'ailleurs en Afrique, ces aménagements ont modifié la biodiversité et les paysages d'antan.
En cette saison post-mousson, l'eau peu profonde mais bien étale permet d'accueillir quelques troupes d'oiseaux qui utilisent les espaces dégagés de l'étang pour s'y reposer. Pas moins de 200 spatules blanches (platalea leucorodia), des dizaines de sternes caspiennes (sterna caspia) et une foultitude d'échassiers et de limicoles (avec une majorité de bécasseaux minutes, calidris minuta) y stationnent plus qu'ils ne s'y nourrissent (cf. photo en bas à g.): l'étang n'est pas encore très riche en poissons comme en micro vie aquatique. Avec l'hiver, quelques canards souchets migrants (anas clypeata) y barbottent cependant, remuant les fonds à l'aide de leur bec comme celui des spatules. Des bécassines (gallinuga gallinuga) immobiles en lisière du plan d'eau, dans le rideau d'herbes aquatiques, croient souvent qu'on ne les voit pas, avant de partir en vrombe à quelques mètres de nous. Beaucoup moins de balbuzards pêcheurs (pandion haliaetus) et de busards (circus sp.) qu'au marigot de Khant voisin mais il est évident que Toddé sert de reposoir utile en cas de dérangement au Khant - et vice et versa. Depuis les deux collines dunaires qui enchassent l'étang, boisées de vénérables euphorbes, de quelques acacias et salvadora persica en bon état, le panorama au coucher du soleil a quelque chose d'apaisant comme l'air du soir venu de l'océan, réconfortant (cf. photo ci-après).


Ci-dessous: 2011 11 11 vers 18h, l'étang de Todé vu depuis la colline sud-est.
En bas: à g., 2011 11 11 18h, spatules blanches et sternes caspiennes au reposoir de Toddé - à d., 2011 10 30, Cheikh Aïdara devant l'étang de Toddé.
/ © Photos par Rozenn Le Roux pour Ornithondar

1 commentaire:

  1. Bonsoir Frédéric, biodiversité...rien ne me révolte plus que d'entendre dire "la nature reprendra ses droits", alors que ces "aménageurs" (cela sonne comme un mot Rwandais), savent parfaitement qu'ils font et feront disparaître des espèces et des essences pour toujours; amitiés

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