" Quand y aura-t-il des observateurs qui nous rendront compte de ce que font nos hirondelles au Sénégal et nos cailles en Barbarie ? "
- Comte de Buffon (France), 1737
" Avoir vu un éléphant n'est pas une question d'âge mais une question d'avoir parcouru la brousse "
- Roger Bila Kaboré (Burkina Faso)

dimanche 16 octobre 2011

13-16, la vie des varans près des Hommes n'est pas facile

Ci-dessus: 2011 10 16, sur la berge bangotine du Lampsar limoneux, cadavre de varan du Nil tué par l'hélice d'une pirogue à moteur
/ Photo par Abdoulaye pour Ornithondar, DR

* Bango. Marigot de Lampsar, coté limoneux -

Chaque année en fin de saison des pluies, couleuvres (psammophis) et varans (varanus niloticus) fréquentent régulièrement les berges bangotines du Lampsar, jusque dans les cours et jardins riverains du marigot. Et chaque année, ça finit (souvent) mal pour les visiteurs imprudents: les fins serpents d'eau, s'ils ne finissent pas sous les griffes des innombrables chats qui hantent les berges-poubelles des cours d'eau sont vite massacrés à la machette - ici comme ailleurs... Les Hommes sont ici plus indulgents avec les varans - c'est loin d'être le cas ailleurs en Afrique où sa chair est prisée: si les gros 'lézards' pénètrent dans une cour, quelques coups de bâton sur le sol, un caillou ou un "pschitt ! pschitt !..." bras ouverts suffiront à faire fuir le saurien. Malheureusement, en cette fin de mousson, il y a aussi les jeunes de l'année, en septembre à peine plus gros qu'un agame commun des colons (agama agama); et le chat adoooore mâcher du margouillat (le nom vulgaire de l'agame), qui le fait pourtant systématiquement vomir... Mais quand il s'agit de titiller l'instinct félin d'une portée de chatons, un joli varan de 20 cm fera bien l'affaire d'une chatte maternelle...

Ci-dessous: 2011 09 16, Bango, impasse Gustave Pelloux: varan du Nil adulte visitant une cour...
/ Photo par Rozenn Le Roux pour Ornithondar


Pour la première fois en quatre ans, un varan femelle avait pondu sur mon rivage, entre le  marigot et la haie devant la balustrade de Keur Lampsar. C'est un bout de terrain en retrait de l'estran, reconquis de haute lutte sur le 'grand n'importe quoi' pour en refaire un bout de nature viable, pour la biodiversité comme pour les Hommes: plusieurs espèces d'herbes fluviales, un pré verdoyant, quelques tas de branchages et un gros monticule de feuilles mortes dans lequel les varans se réfugient au chaud (!), une vieille pirogue sur cales sous laquelle ils se mettent au frais (!), une épaisse haie protectrice, des terriers de crabes, le tout en partie ombragé par de grands eucalyptus: un idéal refuge pour une reine-mère, deux subadultes, un immature, et au moins trois juvéniles issus d'une ponte in situ !
Malheureusement, des 7 varans repérés sur la berge (premier vu le 2011 08 18), trois sont déjà morts - l'adulte femelle et deux juvéniles: les petits dans la gueule des chats (2011 09 27 et 10 13), l'adulte grièvement  blessé par l'hélice d'une pirogue à moteur, la queue tranchée (2011 10 13-16).  Vu le 13 octobre se déplaçant laborieusement, le varan est retouvé mort le 16 octobre au matin après trois jours d'agonie, gonflé comme une outre et flottant devant la berge (cf. photos en haut et ci-après).

Ci-dessous:
2011 10 16, varan adulte femelle tuée par l'hélice d'une pirogue à moteur / Photos par Abdoulaye pour Ornithondar 
En bas, 2011 09 27, varan juvénile tué par un chat sur la balustrade de Keur Lampsar / Photo par Rozenn Le Roux pour Ornithondar


Ce même 16 octobre à 17h10 dans le jardin, c'est un jeune varan d'une quarantaine de centimètres qui chute d'un papayer ! Voulant sans doute somnoler à califourchon sur une branche, celle-ci lâche comme il en tombe beaucoup en cette saison. Le saurien se retrouve à terre, un peu sonné et perdu, avant de visiter le 'domaine' inconnu. Un peu plus tard, je le revois accroché au tronc du baobab, redescendant la tête vers le haut et les griffes bien plantées dans l'écorce molle... comme un chat... qui venait de l'effrayer ! Sous l'oeil intrigué des amarantes du Sénégal (lagonosticta senegala) et des capucins bec-d'argent (euodice cantans) à l'abreuvoir.

En rappel, voir les notules précédentes:
http://ornithondar.blogspot.com/2011/09/27-un-varan-juvenile-sous-la-dent-dune.html
http://ornithondar.blogspot.com/2011/09/17-21-jouer-avec-les-varans.html
http://ornithondar.blogspot.com/2011/09/11-15-une-petite-crue.html
http://ornithondar.blogspot.com/2011/08/18-le-varan-engloutit-les-poissons-qui.html
Et: http://ornithondar.blogspot.com/2009/09/22-lautomne-dans-leau-1-varan-dansle.html
http://ornithondar.blogspot.com/2009/11/8-le-jeune-varan-est-mort.html

Ci-dessous: varan du Nil 'momifié' sur les bords du marigot de Khor, nouvelle digue de Sor
/ Photo par Eddy Graëff pour Ornithondar

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Nombre total de pages vues