" Quand y aura-t-il des observateurs qui nous rendront compte de ce que font nos hirondelles au Sénégal et nos cailles en Barbarie ? "
- Comte de Buffon (France), 1737
" Avoir vu un éléphant n'est pas une question d'âge mais une question d'avoir parcouru la brousse "
- Roger Bila Kaboré (Burkina Faso)

mardi 28 juin 2011

28, le Sénégal s'enfume...

Ci-dessus: 2011 06 27. Poste de dîme routière de Khor... 
Les ferrailleurs brûlent les pneus de récupération au bord du marigot dévasté, dans le dos des Eaux & Forêts. Les talibés errent... riches d'"avenir"... 
C'est ici la 'grande entrée' de la fameuse ville patrimoniale, une ambiance de fin du monde en guise de Teranga saint-louisienne ! 
/ Courtesy photo par Eddy Graëff pour Ornithondar, DR


* Sénégal -

Le Sénégal des villes (Dakar et ses innommables banlieues, mais aussi Kaolack, Thiès, Mbour) s'enflamme, à bout de patience après plus d'une décennie d'enfumage éhonté de toutes les espérances;  je serais bien imprudent d'en dire plus quand je vois que sous d'autres cieux de cousines escroqueries enfantent les mêmes bonimenteurs de haut vol, engendrent les mêmes scandales, produisent les mêmes ravages. Passons donc...

... voir éclore un " nouveau type de Sénégalais (NTS), qui refuse de monter dans un bus surchargé, ne jette pas de déchets dans la rue, refuse de corrompre un policier, un Sénégalais conscient de ses droits et devoirs "
- Cyrill Touré dit Thiat, "Y en a marre" juin 2011

Ce matin, j'ai remarqué que le gigantesque chott de Khor, presque à sec depuis deux ou trois ans en dehors de la saison pluvieuse, se remplissait à grandes eaux. Les travaux au pont de Khor, sur la RN2 (rond-point à la française, re-bitumage  multi-couches-ou-presque, nouvelle écluse) ont enfin permis la réalimentation de la dépression saumâtre depuis le marigot de Khor (et sa mangrove de Roup), lui-même effluent du fleuve Sénégal. Il y a juste un hic: l'eau s'épand dans une cuvette  jonchée de tous les déchets et sacs plastiques des quartiers limitrophes (Ndioloffene), abandonnés aux rafales de vent. La logique - à l'évidence Descartes n'est pas Sénégalais !- aurait voulu qu'un brin de toilettage de la sebkha y fut effectué préalablement: mais non, dans la cité de Coumba Bang suppliciée, l'ancienne divinité aquatique adulée avant la déferlante des confréries, l'eau sert à cacher, et avale jusqu'à la lie tout ce que la cité exangue sur ses lambeaux de sables lui inflige*.

* Lire et voir: http://ornithondar.blogspot.com/2011/01/29-la-plus-laide-route-du-monde.html

Ci-dessous: 2011 06. Au marigot de Khor, aigrette des récifs et décor aquatique saint-louisien...
/ Photo par Eddy Graëff pour Ornithondar

5 commentaires:

  1. Bonjour Frédéric, qui pneue un peu pneue beaucoup, la photo est superbe,cela me fait penser à Sergio Léon tournant en Espagne une scène méxiquaine :-); il parait qu'il fait aussi chaud à Dakar; Amitiés: thibault

    RépondreSupprimer
  2. Tu as tout compris: c'était mon clin d'oeil aux fumeroles dakaroises... ce matin en ville de Saint-Louis, à 280 km de la mégapole, comme si nous n'étions pas dans le même pays !!?? Drôle d'impression... Faut dire que notre maire (qui est aussi le beauf de l'ami photographe, ah ah...) a pris à sa façon la tête du vaste 'Y en a marre': était parti à Dakar fier comme Toussaint, l'écharpe en bandoulière, s'enchainer aux grilles de l'assemblée nationale pour protester contre cet énième tripatouillage constitutionnel qui a mis le feu... aux pneus ! Amitiés. Frédéric.
    PS: oui oui, en effet, "il était une fois"... la Révolution ?

    RépondreSupprimer
  3. Rebonsoir Frédéric, ses deux photos d'Eddy Graëff sont aussi superbes,la "poste de Dîmes" grandiose!

    RépondreSupprimer
  4. il y a beaucoup de fautes de français,c'est pas de ma faute c'est la faute aux Caves des Vignerons,(je me cherche des excuses)

    RépondreSupprimer

Nombre total de pages vues