" Quand y aura-t-il des observateurs qui nous rendront compte de ce que font nos hirondelles au Sénégal et nos cailles en Barbarie ? "
- Comte de Buffon (France), 1737
" Avoir vu un éléphant n'est pas une question d'âge mais une question d'avoir parcouru la brousse "
- Roger Bila Kaboré (Burkina Faso)

vendredi 18 mars 2011

18, joie: un jeune milan sauvé de la noyade


* Bango. Marigot de Lampsar, coté saumâtre -

APREM', 12h45-15h25-
Aux jumelles j'observe un milan parasite (milvus migrans ssp. parasitus, yellow billed kite) en train de se débattre dans l'eau, près des bosquets de palétuviers (12h45). Le rapace qui boit la tasse est 'réactivé' par d'autres milans qui arrivent en nombre et font des passages serres pendantes au dessus de leur congénère en mauvaise posture afin de lui redresser la tête hors de l'eau. Toutes ailes ouvertes, le milan réussit laborieusement à ramer pour se rapprocher des racines aériennes des palétuviers les plus proches, et ne pas être emporté au large par les courants du marigot. J'envoie le jeune Abdoulaye vers la digue des deux Lampsar pour demander aux enfants de pêcheurs s'ils peuvent se porter au secours de l'infortuné. Moyennant quelques dédommagements sonnants et trébuchants, les gamins acceptent de déporter leur pirogue vers la mangrove ("- Autrement, nous, on le laisse..." - ils ne mangent pas l'éboueur des airs...), pour tenter de sauver l'oiseau. C'est un jeune milan qui n'est pas encore l'expert es voltiges que sont ses parents: j'imagine que le rapace a voulu ramasser un poisson mort à la surface du marigot mais que ce poisson  retenu par un fil de nylon l'a attiré violemment à l'eau avant que le jeune milan n'ait le réflexe de lâcher prise. Trempé et épuisé, le maladroit - qui n'a rien de cassé-, est ramené à la maison sous une nuée de congénères qui crient et amorcent des piqués sur la pirogue des gosses (cf. photo ci-dessous).














Séchage ailes ouvertes en plein soleil; un peu d'eau douce pour chasser l'absorption de sel; séance de 'destress', et reprise de forces: à l'aide de baguettes chinoises j'enfonce jusqu'à la glotte du juvénile qui ne refuse pas la becquée, bien au contraire, un mélange humide de mie et de sardines. Vers 15h, je juche le milan sec et apaisé sur une branche du flamboyant. Souïmangas et bulbuls arrivent aussitôt à proximité (cf. photo ci-dessous à g.), peu enthousiasmés par la présence inopinée du rapace. Moins d'une demi heure plus tard (15h25), je vois le milan prendre son envol, s'élancer au dessus du Lampsar, amorcer un large demi cercle (cf. photo en bas), survoler le quartier et rejoindre les acacias de la 'forêt' voisine de la caserne militaire. Hourra !


Ci-contre et ci-dessous: un milan repêché avant noyade... Séchage, réconfort alimentaire, repos puis envol...
/ Photos par Frédéric Bacuez

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