" Quand y aura-t-il des observateurs qui nous rendront compte de ce que font nos hirondelles au Sénégal et nos cailles en Barbarie ? "
- Comte de Buffon (France), 1737
" Avoir vu un éléphant n'est pas une question d'âge mais une question d'avoir parcouru la brousse "
- Roger Bila Kaboré (Burkina Faso)

lundi 10 janvier 2011

10, du crabier chevelu...

* Bango. Marigot de Lampsar, coté saumâtre -

APREM'-
13h, un crabier chevelu (ardeola ralloides, squacco heron) peu farouche, longuement imobile dans l'eau de mon rivage, à coté d'un poisson-chat mort (cf. photo ci-dessous), et à peu de distance d'un mouton et de 'son maître' en pleines ablutions...


Nota: en hiver, on évalue les populations de crabiers en Afrique de l'Ouest à 350 000 individus, réunissant non seulement des résidents afrotropicaux et des hivernants européens (quelques sites d'Europe et Maghreb méditerranéens, mais surtout de Russie, Ukraine, Roumanie, Bulgarie) mais aussi des migrants venus d'Asie (Turquie, Iran, Azerbaïdjan). Cependant, de récentes études tendent à démontrer que toutes ces populations fluctuent considérablement d'une année à l'autre, car leur nidification hors d'Afrique dépend fortement de l'abondance des eaux de crue - et donc de leurs richesses nutritives !- sur des sites hivernaux aussi importants que le delta intérieur du fleuve Niger. Le petit ardéidé est plutôt commun dans les plaines alluviales, les casiers rizicoles (estimation de 71 000 individus sur les rizières), et même sur le pourtour des lacs de retenue.

Une bizarrerie: le crabier chevelu n'est pas une prise appréciée des 'braconniers' d'oiseaux ! Après avoir remarqué que les petits hérons hameçonnés sur les rives du Lampsar étaient souvent délicatement désamorçés par leurs piégeurs; après avoir vu un vieil homme détourner son chemin pour libérer un crabier pris aux pattes dans les mailles d'un filet abandonné, j'ai cherché quelques explications au phénomène anormal sous nos cieux: réponses floues, croyances probablement anciennes et mécaniquement prorogées; deux hypothèses: la chair de l'oiseau est impropre à la consommation, les ancêtres s'y sont essayé et cassé les dents, et dieu sait que l'option carnée n'est pas très regardante en Afrique ! Autre hypothèse: l'oiseau est globalement assimilé au héron gardeboeufs (bubulcul ibis), lequel n'est pas plus consommé parce que suivant les boeufs pour, dit-on, en manger les vers des excréments; et le ver, c'est ahram...

Ci-dessous et en haut: 2011 01 10, les ablutions du mouton laineux et la pêche du crabier chevelu / Photos par Frédéric Bacuez

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