" Quand y aura-t-il des observateurs qui nous rendront compte de ce que font nos hirondelles au Sénégal et nos cailles en Barbarie ? "
- Comte de Buffon (France), 1737
" Avoir vu un éléphant n'est pas une question d'âge mais une question d'avoir parcouru la brousse "
- Roger Bila Kaboré (Burkina Faso)

samedi 11 décembre 2010

11, de l'origine des faucons pèlerins dans le delta du fleuve Sénégal, 1/2

2011 11 13. Faucon pèlerin à l'hôtel Ngor Diarama de Dakar, Sénégal
/ Courtesy photo par Flemming Quist pour Senegalwildlife.org, DR


* Delta du fleuve Sénégal. Plaine rizicole de Mboubeune et Lampsar -


APREM'-
Sur ses rives nord, le Lampsar 'doux' est difficile d'accès, entre le pont de Mboubeune et la digue de Bango. A quelques encablures du 'camp de base' des riziculteurs bangotins, il y a une fenêtre de quelques mètres de large qui permet de voir la rivière et sa confluence avec le Ngalam, là où s'ébattaient encore deux hippopotames, avant la mousson (cf. photo ci-dessous).
















Ci-contre: la trouée au bord du Lampsar à ras bord...
 / 2010 11 12 16h, photo par Frédéric Bacuez



J'étais assis dans l'herbe grasse, à observer les rares passages de sternes au dessus de la rivière quand soudain, d'un vol direct et conquérant 2 faucons pèlerins (falco peregrinus, peregrine falcon) ont traversé le Lampsar, venant de Sanar (du campus universitaire ?) à basse altitude; en quelques secondes, accélérant leur vol devant moi par la trouée riveraine (cf. photo ci-dessus) ils ont frolé les quelques arbres avant de fondre sur les environs des casemates du campement rizicole, abandonné en cette période.
J'avais déjà observé un faucon pèlerin dans la plaine rizicole, apparaissant soudainement en piqué sur la multitude d'oiseaux qui fréquentent les lieux riches de graines et de petits rongeurs. Les deux faucons de cet après-midi (15h58 !) y ont visiblement leurs habitudes alimentaires, leur approche stratégique du terrain de chasse en témoigne...

Ci-dessous: faucon pèlerin de la sous-espèce eurasienne calidus, Djoudj (PNOD) 2008 01 / Photo par Nik Borrow pour African Bird Club
*1 Voir la photo d'un faucon pèlerin au balcon, prise dans le quartier résidentiel des Almadies à Dakar, à la pointe extrême de la péninsule du Cap-Vert, par Christophe Sauveur (2010 01):
http://www.oiseaux.net/photos/christophe.sauveur/faucon.pelerin.2.html

Nota: les faucons pèlerins observés en hiver au Sénégal sont (tous ?) des migrateurs venant d'Europe du Nord, de la sous-espèce peregrinus, ou de la toundra eurasienne, de la sous-espèce calidus. Les effectifs traversant le Sahara sont très faibles*2, mais les efficaces protections dont le rapace a été l'objet depuis trente ans en Europe*3 autorisent des observations de plus en plus fréquentes, en particulier sur la façade atlantique du continent africain. Les hypothèses de résidence par la sous-espèce minor n'ont jusqu'alors jamais été corroborées, bien que celle-ci niche dans le Fouta Djalon guinéen et a été aperçue dans le sud-est du Sénégal frontalier. Les faucons hivernants (en général de début novembre à fin mars) se concentrent essentiellement près des côtes et peuvent être observés jusqu'en ville: à Dakar*1, le pèlerin est bien présent tout au long des corniches de la capitale, depuis le Cap-Vert jusqu'au centre-ville du Plateau - ainsi que sur les îlots du parc national de la Madeleine, au large des pêcheries de Soumbedioune. A Saint-Louis dès les premiers jours de novembre (Emmanuel Cosson et Matthieu Cupillard, obs. pers. 2010 11 11-14), on peut l'entendre et l'observer criant depuis les hauteurs de la pointe nord de l'île patrimoniale: sur les relais de la radio télévision nationale (RTS), ou dans les grands arbres riverains du club de tennis (obs. pers. hiver 2008-2009). Près de Bango, je pense qu'au moins un couple prend ses quartiers d'hiver dans les bâtiments de l'université Gaston Berger, à Sanar, d'où il part chasser dans la plaine rizicole, de l'autre coté du Lampsar (cf. ci-dessus). On peut aussi le voir au Djoudj chasser à proximité des infrastructures hôtelières et environnementales (cf. photo ci-contre). Il semble d'ailleurs que la sous-espèce calidus ait, dans le delta du fleuve Sénégal comme ailleurs*4 un faible pour les marais côtiers à condition qu'il y ait à proximité des perchoirs élevés: à défaut d'arbres de taille respectable dans le delta sénégalais, certains édifices et 'mobiliers' techniques des Hommes remplacent judicieusement la rareté végétale - et l'absence rocheuse.

*2 "in autumn a total of only a few dozen birds cross between end August and early November, though mainly in October", Pinaud & Giraud-Audine 1979 in 'Les oiseaux de la péninsule tingitane'
*3 100 000 couples dans le monde, dont 7000+ couples nicheurs en Amérique du Nord, 1200 couples en Grande-Bretagne et Irlande, 4700-6000 couples dans l'Union européenne (2005) dont 1500 couples en France (estimations juin 2004).  
*4 "(in winter), calidus occurs mainly in coastal wetlands along mediterranean coast ", in 'The birds of Morocco', par Thévenot M., Vernon R., Bergier P., 2003

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