" Quand y aura-t-il des observateurs qui nous rendront compte de ce que font nos hirondelles au Sénégal et nos cailles en Barbarie ? "
- Comte de Buffon (France), 1737
" Avoir vu un éléphant n'est pas une question d'âge mais une question d'avoir parcouru la brousse "
- Roger Bila Kaboré (Burkina Faso)

mercredi 31 mars 2010

31, une bergeronnette flavéole sur la rive


* Bango. Marigot de Lampsar, coté saumâtre -

Entre le 15 mars et le 15 avril, c'est le pic migratoire prénuptial, pour les bergeronnettes printanières (motacilla flava, yellow wagtail, lavandera boyera) ! On peut les voir en vol "vaguelettes", surtout le soir, dans le sillage des hirondelles rustiques (hirundo rustica), un peu plus haut que celles-ci lors du franchissement du Lampsar. En abordant les plaines alluviales du fleuve Sénégal, elle s'y reposent souvent, le temps d'une nuit, avant de continuer vers le nord pour une autre pause dans le delta mauritanien, avant d''attaquer' le gros morceau du Sahara...


Ci-dessus: motacilla flava ssp. flava en mue nuptiale presque achevée
 Marais de Thiolet, Lampsar nord, 2010 02 25
/ Courtesy photo par François Marmeys, pour Ornithondar, DR

MATIN-
Sur 'ma' 'plage': après le départ de la bergeronnette printanière de la sous-espèce flava (cf. photo ci-dessus) envolée avec le printemps -vue, pour la dernière fois, le 20 mars après-midi -, c'est une bergeronnette printanière de la sous-espèce flavissima (bergeronnette flavéole, motacilla flava ssp. flavissima), en plumage totalement nuptial d'un jaune citron éclatant, qui tente de faire halte aujourd'hui sur la 'berge' maintenue sous l'autorité territoriale de deux bergeronnettes grises de la sous-espèce européenne alba (motacilla alba ssp. alba, white wagtail), la plus commune, également en livrée nuptiale. Celle-ci succède d'ailleurs à une troisième sous-espèce, une iberiae, brièvement en transit sur la 'plage' le 24 mars, en plumage encore d'hiver mais tout de même tacheté sur le poitrail.

Nota: quatre races de la bergeronnette printanière fréquentent le nord du Sénégal, à l'occasion de leur séjour postnuptial en Afrique tropicale. En grand nombre dans les plaines deltaïques du fleuve Sénégal et de ses affluents, elles fréquentent tout particulièrement les terrains légèrement salés en herbes basses, parsemés de buissons de tamarix, non loin des roselières à typhas dont elles se servent comme dortoir nocturne:
- Flava, venue du sud de la Scandinavie et d'Europe centrale, est de loin la plus commune dans le delta du fleuve Sénégal, en nombre considérable dans les plaines alluviales et, le soir lors de leur regroupement, dans les typhaies qui leur servent de dortoir. En général, cette sous-espèce est celle qui stationne le plus longuement sous nos latitudes: dès septembre, jusqu'en avril.
- Flavissima (bergeronnette flavéole), de Grande-Bretagne et des côtes du nord-ouest de l'Europe, est la seconde en nombre et nous quitte à la fin mars ou début avril, en remontant vers le nord par la bande côtière quasi exclusivement.
- Iberiae (bergeronnette espagnole), descendue du Maroc, de la péninsule ibérique et du sud-ouest de la France, est la troisième en nombre mais la moins durablement hivernante, nous quittant avant fin mars.
- Thunbergi (bergeronnette de Fennoscandie), du nord de la Scandinavie et de la Russie, n'hiverne pas dans le delta mais s'y arrête lors des passages d'automne, et surtout de printemps, souvent après le départ des autres sous-espèces, à partir du 20 avril, mais en faibles effectifs !

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