" Quand y aura-t-il des observateurs qui nous rendront compte de ce que font nos hirondelles au Sénégal et nos cailles en Barbarie ? "
- Comte de Buffon (France), 1737
" Avoir vu un éléphant n'est pas une question d'âge mais une question d'avoir parcouru la brousse "
- Roger Bila Kaboré (Burkina Faso)

lundi 15 mars 2010

15, constat: les balbuzards s'éternisent dans le delta !


* Lampsar 'saumâtre' et fleuve Sénégal, de Roup nord (Sénégal) à Diawas 'hassania' (Mauritanie) -

Ci-contre: position des balbuzards pêcheurs autour de la pointe Thiolene et de l'Île aux Bois, le 15 mars 2010 au matin

Légendes:
- En bleu: balbus observés en 'vol de chasse' (7 ind.) et/ou sur arbre (1 ind.)
- En vert: balbus au sol (2 ind., vus aussi en vol)
- Points: précédemment comptés
- Grand cercle: site privilégié de pose au sol 
- Petit cercle: perchoir habituel des deux balbus du Lampsar
1: passe de Thiolene et delta du fleuve Sénégal
2: steppe de la pointe Thiolene
3: steppe et mangroves de Roup
4: mangroves du Lampsar 'saumâtre' et bolong de Dakhar-Bango
5: Île aux Bois
6: Fleuve Sénégal, grand bras
7: Lampsar 'eau douce'



Ces derniers jours, les deux balbuzards pêcheurs (pandion haliaetus, osprey, aguila pescadora) du Lampsar se font plus discrets au dessus de l'affluent du fleuve Sénégal, en eau saumâtre comme en eau douce. Quelques hypothèses à leur désertion: le reflux saisonnier des poissons vers le delta ? Le dérangement consécutif aux agitations, elles-aussi saisonnières, des milans parasites (milvus migrans ssp. parasitus) qui occupent l'espace aérien voire les blocs de palétuviers, dans la perspective d'une nidification toute proche ? En tout cas, 'mes' balbus ne sont pas partis, seulement repliés vers l'étroite ripisylve de palétuviers du bolong de Dakhar-Bango: l'un occupe tout de même son perchoir favori au bord du marigot et en surplomb des dendrocygnes (dendrocygna viduata) sur les vasières, au soir vers 18h; l'autre se pose plus volontiers en arrière du marigot, dans la mangrove. 

Un petit tour d'inspection, état des effectifs de balbuzards pêcheurs entre Roup nord et Diawas, au petit matin du 15 mars 2010: au moins 8 pandion encore très actifs autour du fleuve Sénégal !
Vers 7h30, 'mes' deux balbuzards (1er et 2e) sont en vol devant la pointe Thiolene, coté Lampsar. Un troisième balbuzard (3e) arrive des confins de  Roup, au sud de la passe de Thiolene. De l'autre coté de la confluence deltaïque, au delà du village mauritanien de Thiong, un autre balbuzard (4e) vole en direction du sud-ouest, vers Bop Thior et l'océan -où certains des rapaces pêcheurs font souvent la navette, fructueuse, entre mer et îles sénégalo-mauritaniennes, par dessus les landes et filaos de Sal Sal. Tous paraissent en première pêche matinale du jour.
En remontant le fleuve Sénégal, contournant l'Île aux Bois par le Petit Bras, coté mauritanien: pas (encore) de balbu(s) au sol dans la belle plaine nue qui court de Thiong à Diawas, où les oiseaux aiment se poser pour manger tranquillement leurs proies en ayant un horizon bien dégagé, souvent à proximité de hérons cendrés (ardea cinerea ssp.) regroupés.
Vers 8h15, au nord du campement saisonnier de pêche et dans la courbe de Diawas 'hassania': un premier balbuzard (5e) juché sur un petit arbre solitaire des berges sénégalaises, qui  s'élance peu après et s'abat sur un poisson à coté de deux pélicans gris (pelecanus rufescens) !
Coté mauritanien, sur l'étroite bande de terre nue entre le fleuve et la dépression humide au pied de Diawas 'hassania', un balbuzard (6e) au sol dépèce un poisson, attirant un compère (7e) qui survole longuement les environs.
De retour dans la passe de Thiolene, toujours deux balbuzards (précédemment comptés) en pêche au dessus des eaux. Vu après avoir accosté la presqu'île de Thiolene:  parmi la dizaine de hérons cendrés (ardea cinerea ssp.) disséminés dans la plaine buissonnante, un seul balbuzard (8e) est au sol, au repos, sans proie. Au coeur de leur hiver sénégalais, les balbus peuvent être ici une huitaine, dispersés au sol dans cette lande comme une langue au milieu des eaux deltaïques. Le couple de pygargues vocifères (haliaeetus vocifer, african fish eagle) qui fréquente assidument la pointe Thiolene (utilisant ses rares arbres solitaires comme perchoirs-observatoires) ne semble pas créer ici de conflits entre les deux espèces piscivores, l'une afrotropicale résidente, l'autre paléarctique migratrice.

Egalement sur: http://balbuzard.over-blog.net/ à la date du 31 mars 2010
Voir aussi:  http://www.ecologie.gouv.fr/IMG/pdf/Plan_national_de_restauration_Balbuzard_pecheur_2008-2012.pdf
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3 commentaires:

  1. Bonjour Frédéric,j'espère qu'ils ont un emplacement pour gens du voyage! mais je ne m'inquiète pas, tu seras leur avocat,Amitiés thibault

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  2. Bonjour Thibault,
    Tu ne crois pas si bien dire... J'ai toujours eu un grand faible pour les gens du voyage et cousins ! En tout cas, mes balbuzards se seraient fait la malle (printanière !) que cela ne m'étonnerait pas. Pas vus depuis le 18 mars au crépuscule... La faute à la piètre visibilité due à un vent d'harmattan sablonneux (et aux fumeroles des déchets de la digue qui se consument en consumant les arbres et l'air...), probablement, on veut égoïstement y croire !
    Amitiés, et joyeux printemps, riche d'inspirations !!
    Frédéric.

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  3. Eh non ! Toujours là, pour le printemps-à-la-sénégalaise!! Vu un balbuzard à 12h20, sorti brièvement des blocs de palétuviers, en plumage de mue très visible, rasant délicatement l'eau de ses serres pour en retirer un poisson !
    Salut, Frédéric.

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