" Quand y aura-t-il des observateurs qui nous rendront compte de ce que font nos hirondelles au Sénégal et nos cailles en Barbarie ? "
- Comte de Buffon, 1737
" Mal nommer les choses, c'est ajouter au malheur du monde "
- Albert Camus

samedi 1 mai 2010

1, il y a trente ans, le crocodile du Maroum diassik

1991 06. Au Gabon, sur la route de Lambaréné... / © Photo par Frédéric Bacuez 

* Bango. Lampsar, des deux cotés -

Il y a tout juste trente ans, le 1er mai 1980, un crocodile du Nil (crocodilus niloticus, nile crocodile) de 4 mètres était pris dans les filets d'une des plus grandes familles de pêcheurs bangotins. Dans le Lampsar en eau douce, au débouché du ruisseau dit de Maroum diassik (littéralement la mare du crocodile) s'écoulant de la plaine marécageuse des berges nord dans le marigot, le saurien fut ficelé comme un gigot non sans avoir mordu un des pêcheurs d'eau douce qui s'étaient jetés sur le cuir -il n'y a pas de 'chasseur de crocos', par ici-, passé de la rive sauvage à la berge villageoise, égorgé puis dépeçé sans protocole. Deux mois après le sacrifice, une pirogue de la famille chavirait avec tout son armement, faisant deux morts. La nombreuse smallah - 150 personnes au moins- connut alors de durables divisions internes...
Vers 1970-1972, cette fois du coté saumâtre du Lampsar, au pied de la résidence du colonel commandant à l'époque la célèbre caserne de Bango (il y avait encore là une hostellerie...), un autre crocodile avait été accidentellement pris dans les filets. J'imagine que l'accident fut vite une occasion. Il y a tant d'accidentés dans les mailles sénégalaises, neuves ou anciennes...

" Un tronc d'arbre a beau séjourner dix ans dans le fleuve,
il ne devient pas pour autant crocodile
"

- Dicton d'Afrique


En rappel, outre les rumeurs (hallucinées) de présence du saurien, tantôt ici (mangroves de Roup), tantôt là (il y a d'autres Maroum diassik au long du fleuve, toutes nettoyées de leurs sauriens depuis au moins trente ans...), il faut rappeler aussi que la dernière fois qu'on vit un lamantin dans le bas-delta (au sud du barrage de Diama), ce fut au large du village mauritanien de Thiong, en 1991. Quant à la loutre, alors là !? Je ne sais même pas si son nom en wolof a même connu, un jour, les honneurs d'un dictionnaire de la langue nationale...

3 commentaires:

  1. Bonjour Frédéric,superbe article, le croco deale à cuir mais l'on n'en saura rien ,bon Dimanche à toi

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  2. Laurent Duroudier, HI Dacca8 mai 2010 à 13:35

    Hi mister l'Ornithologue !
    Comment vas-tu ? Où en es-tu de ta préparation au départ ? Je vois qu'en attendant tu continues tes périples. Super la photo du croco... Tu l'as acheté je suppose ? Ahahahahahah !
    Ici, rien ne change, la pluie commence à faire ses apparitions mais cela reste très modéré... J'attends avec impatience les vraies trombes d'eau ! Ce n'est pas encore le cas et il ne pleut même pas toutes les semaines... C'est dire... En fait on est loin de ce que j'imaginais. Il pleuvait plus au Gabon... pour le moment.
    A plus.
    Lolo, depuis Dacca, Bangladesh.

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  3. En même temps, Lolo, c'est difficile de faire plus arrosé que le Gabon ou le sud du Cameroun, aussi ! Souviens-toi un peu...
    Pour ma part, pas assez vécu dans votre jungle pour croquer dans le cuir crocodilien ! Même si le mini poisson plein d'arêtes dans de l'huile au riz commence à me rester sur l'estomac... Sidiki, nostalgique, évoque souvent les côtes de porc du Marina Market, hi hi.

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