" Quand y aura-t-il des observateurs qui nous rendront compte de ce que font nos hirondelles au Sénégal et nos cailles en Barbarie ? "
- Comte de Buffon (France), 1737
" Avoir vu un éléphant n'est pas une question d'âge mais une question d'avoir parcouru la brousse "
- Roger Bila Kaboré (Burkina Faso)

samedi 20 février 2010

De Bango à Dakar, trafic séné-gaulois de phacos

* Bango et... environs immédiats -

Il me revient qu'un européen à 4x4 écume les brousses de Thiolet et autres Ndoubelane (berges nord du Lampsar, une réserve cynégétique amodiée, en théorie réglementée !) et y abat des phacochères (phacochoerus africanus, warthog), sans s'acquiter des taxes d'abattage en usage, en cheville avec le(s) propriétaires(s) des rizières de Mboubeune (près desquelles le photographe français Alain Fournier et moi-même avions découvert ce trophée macabre, à peine caché sous des tamarix, cf. photo ci-contre) et le(s ?) fils d'un notable grabataire, très versé(s ?) dans tous les petits business qui rapportent (bois et charbon clandestins, vente illégale de terrains, monopolisation abusive des charrettes Setom, dépotoirs aussi illégaux qu'insultants à toute intelligence humaine, même basique, etc.)

Ci-dessus: 2009 02 10. Tête de phaco, près des rizières de Mboubeune, Lampsar 'eau douce' / Photo par Frédéric Bacuez, DR

Les animaux abattus -de nuit; il m'est arrivé d'entendre en effet ces coups de feu- sont décapités sur les lieux mêmes du guet-apens nocturne, souvent camouflés puis acheminés par quelque(s) manoeuvre(s) complice(s) vers le village de Bango, dépecés et préparés en viande 'religieusement acceptable' (non identifiable comme 'viande de brousse' et/ou 'porcine', hirrrr...: hallal ?) pour être vendue à des 'consommateurs au dessus de tout soupçon', souvent montés de la capitale... en véhicules 'tricolores' très bleus ou 'administratifs'... Les concessionnaires de chasse (et gestionnaires ?) de la zone sont-ils au courant de ce braconnage bien-placé ? Ou font-ils semblant de ne rien voir, ne rien savoir, afin de ne pas se fâcher avec les uns et/ou les autres ?

Nota: il est bien désolant que ces zones de chasse amodiées ne soient pas (mieux ?) surveillées: il suffit d'y sortir un peu pour vite se rendre compte que le pillage et/ou le saccage de leurs (maigres) ressources animales et végétales y prospèrent au grand jour... Il fut un temps, pas si lointain, où les phacochères venaient même boire et prendre un bain de boue directement au seuil de Bango, sur les rives de la petite baie de Lampsar-bolong de Khaye. Sans compter ceux qui arpentaient la forêt d'acacias et même la caserne qui s'y trouve... Dans une région qui ne consomme pas de viande porcine, il faudra qu'on m'explique pourquoi ces suidés 'intouchables' se font vite plus rares, depuis quelques années... En tout cas, dans les plaines alluviales, ils sont de moins en moins fréquents, d'année en année: les traces et autres crottins en attestent...  Et quand on les voit, on ne peut pas dire qu'ils n'aient pas peur; bizarre, tout de même, pour des animaux seulement consommables par les Chrétiens du cru (un restau officiel à Saint-Louis; un 'maquis' casamançais officieux à Bango) et les quelques gachettes saisonnières venues d'Europe chez deux ou trois concessionnaires cynégétiques du coin... Vous ne trouvez-pas ?

3 commentaires:

  1. Bonjour Frédéric, c'est curieux comme les hommes peuvent être fraternels dans l'horreur et saigner des deux mains leurs crimes,amitiés de thibault

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  2. Salut Fred !
    Un 'tit mail pour te dire que je n'ai pas oublié les bons moments passés il y a un an en ta compagnie et te féliciter pour l'excellent travail de fond que tu réalises jour après jour sur ton blog.
    A bientôt
    Amitiés
    Alain

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  3. Bien, ton article sur les phacos
    Eddy

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