" Quand y aura-t-il des observateurs qui nous rendront compte de ce que font nos hirondelles au Sénégal et nos cailles en Barbarie ? "
- Comte de Buffon, 1737
" Mal nommer les choses, c'est ajouter au malheur du monde "
- Albert Camus

mardi 2 juin 2009

2, la route tue aussi les animaux !


* Nord du Sénégal -


Les routes africaines ne sont pas seulement dangereuses pour les Hommes et les animaux domestiques qui laissent un lourd tribut à la mauvaise qualité des routes et pistes, à la déliquescence du parc automobile, et au fatalisme des premiers. Les automobilistes sénégalais ne sont pas, loin s'en faut, les plus mauvais conducteurs du continent; cependant, la présence permanente de boeufs, d'ânes, de caprins et d'ovins sur les bas-cotés des routes, au Sahel tout particulièrement, joue en permanence avec l'effet de surprise, le hasard, notre destin... On ne compte plus le nombre de carcasses entre Kébémer et Gandon, qui attirent des dizaines de vautours, dont certaines espèces devenues rares dans le monde, à leur tour fréquemment percutés par les véhicules. Si les chauffeurs sénégalais, à la différence par exemple de bien des automobilistes burkinabè, ne prennent pas un malin plaisir à écraser les animaux, à poil ou à plumes, qui se retrouvent face aux pare chocs ou aux pare brises -tout de même très souvent fissurés !-, les accidents avec la faune sont innombrables. Outre les rolliers d'Abyssinie, le jour, les engoulevents, la nuit, chez les oiseaux, les petits mammifères sont les premières victimes de la route : les écureuils terrestres (du Sénégal; euxerus erythropus, striped ground squirrel), le jour, les genettes communes (genetta genetta, common genet), la nuit. Parfois, des espèces 'noctambules' plus grosses comme les chacals sp., voire les civettes d'Afrique (cf. rapport de 2009 06 2 suivant) sont percutées et agonisent sur le bord des routes et des pistes. Plus étonnant : il y a quelques années, c'est une hyène tachetée (crocuta crocuta, spotted hyaena) qui a été tuée au carrefour de la route qui va de Richard Toll à Rosso. Quant à la petite route goudronnée qui court à travers la forêt d'acacias depuis l'aérodrome jusqu'au village de Bango, il est fréquent d'y voir les dépouilles déchiquetées d'écureuils et même de genettes (janab en langue wolof; cf. photos ci-après), victimes de la vitesse excessive des automobilistes nocturnes.














Ci-dessus : crâne de genette commune (ou genette d'Europe; genetta genetta, common genet), récupéré sur le cadavre d'un animal écrasé sur la route de Bango. C'est la seule espèce de genetta présente en zone sahélienne, la même qu'au Maghreb et qu'en Europe méditerranéenne
/ Photos par Inno

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